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 Orlaconte (réponse de Jérôme)

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Orlamonde

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Localisation : Lyon
Date d'inscription : 01/05/2006

MessageSujet: Orlaconte (réponse de Jérôme)   Dim 15 Avr - 14:01

Je vous conseille vivement de lire directement le conte de Jérôme sous word, ce sera à mon avis plus lisible :
http://riendetel.free.fr/Sujet15/Sujet%2015,%20Orlaconte%20(word).doc

Sinon voici la version du forum mais il reste malgré mes efforts quelques erreurs de mise en page :


------------------------------------------------------------------------

Toc toc toc !

Sans attendre de réponse, Jérôme ouvre la porte de la chambre d’Orlamonde, se dirige vers le lit, dépose sur le sol une liasse très épaisse de feuilles (plusieurs milliers de pages, en fait) ainsi que son sac à dos, puis s’assied sur la chaise placée près de la tête du lit.

« Il était une fois dans une ville très très lointaine une petite fille. Elle était malheureuse car son pays était en guerre, et toute sa famille venait d’être égorgée par une faction politique subversive qui… »

« Ne te fatigue pas, je ne suis pas encore couchée ! » lui lance Orlamonde du fond de la salle de bain.
Jérôme jette un rapide coup d’œil sur le lit. Vide. Il décide d’attendre.
Après quelques courtes minutes (horaire féminin, donc trois quarts d’heure pour l’équivalent masculin)
Orlamonde sort de la salle de bain et aperçoit Jérôme.
« Tiens, c’est ton tour aujourd’hui ? »
« Oui, tu as déjà épuisé pas mal de gens. Plaf a tenu quatorze heures avant de s’écrouler, Amy souffre toujours d’une extinction de voix pour t’avoir tenu la jambe toute la nuit, le Chat des Voisins est toujours caché sur son île de Zanzibar pour éviter de subir ton courroux [1], Zhoul est retourné dans son plan infernal pour soigner ses blessures à l’amour propre, on est sans nouvelles de Stou et François qui ne sont jamais ressortis de ta chambre, Romain se prend pour Jebbediah Moosh et d'ailleurs t'appelle
'Capitaine Crochet'
… Quant aux petits nouveaux, papillons et libellules
compris, ils ont déserté après que le cerveau de Yannick ait implosé sous la
pression. Bref ils m’ont désigné comme sacrifice humain volontaire afin que tu retrouves le sommeil. Et je crois bien que j’y arriverai. »
« Tu as tellement confiance
dans tes talents de conteur ? » demande Orlamonde, soupçonneuse.
« Pas que, pas que. J’ai aussi ça. » répond Jérôme, sortant de son sac à dos une batte de base-ball en acier sur laquelle est marqué « Assomme-nifère. Posologie : un coup sur l’arrière du crâne. Réitérer jusqu’à sommeil ou coma. »
« Aux grands maux, les grands remèdes. » termine Jérôme.
« Aux grands mots, les grands malades. » lui répond Orlamonde en se couchant puis en rabattant la couette sur elle-même (tout en s’assurant que son spray au poivre est bien caché sous son oreiller).

« Et puis change de conte. Je n’aime pas celui-là, avec la famille égorgée. Ca m’a l’air trop politique.Et puis pour me flanquer le cafard je peux toujours regarder TF1. » ronchonne Orlamonde.
« Ok ok. Ce n’est pas grave, j’ai des munitions. Voyons voir… » dit Jérôme en jetant derrière lui les feuilles qu’il avait en main et en prenant une autre poignée de feuilles sur le tas gigantesque qu’il avait posé avant.

« Il était une fois en Belgique… »
« Si c’est juste pour faire une blague sur le prétendu « une fois » que diraient les Belges, ce n’est vraiment pas la peine. »
« Bon, bon… »
Autre poignée de feuilles.

« Il y a une trentaine
d’années, à St Cloud, une ménagère de moins de cinquante ans faisait
des… »


« Tu te sens bien ? » demande Orlamonde.
« Euh, je me demande si je ne m’étais pas cogné la tête avant d’écrire ce conte. Je change, je change… »

« Il y a bien longtemps,
dans une forêt profonde et ombrageuse, un ogre rêvait qu’il était humain. Le plus bizarre dans ceci était que dans son rêve, son soi humain mangeait des ogres… »


« Tu sais, d’après Freud… » commence Orlamonde.
« Tu sais, d’après moi… » s’énerve Jérôme en jetant en l’air les feuilles qu’il avait en main,
« si tu continues à m’interrompre on ne va pas y arriver ! »
« C’est dommage » commente Orlamonde en regardant les feuilles voler « je sens que je l’aurais aimé ce conte. »
« Trop tard. Bon, j’arrive à court de contes, mais serais-tu intéressée par le scénario d’une série en cinq saisons de vingt-deux épisodes qui raconte le début, le milieu et la fin d’une invasion mondiale de zombies ? » demande alors Jérôme, les yeux pleins d’espoir.

Le ‘non’ sans équivoque que lui lance Orlamonde le jette alors dans un abîme de désespoir. Il se penche sur sa grande pile de papier, la prend presque en entier et jette le tout dans une cheminée qui passait par là. Il ne reste sur le sol que quelques feuilles de papier agrafées ensembles.

« Il ne me reste que ce conte-ci. Mon dernier. Mon arme secrète. Mon bébé chéri. Mon- »
« Bon, tu la racontes ton histoire, que je la ridiculise et que t’ailles te faire pendre ailleurs ? Il y a une bonne émission qui va bientôt commencer sur Arte. »
« Grmbl. Sans coeur. »
« Tricheur au Monopoly. »
« Tricheuse au Quems. »

Alors…
« Il était une fois, il y a bien longtemps dans un pays fort, fort lointain, une bande de jeunes rebelles qui combattaient l’Empire maléfique qui faisait régner la terreur dans leur royaume autrefois paisible. Leur lutte durait depuis bien longtemps, et pour en finir une bonne fois pour toutes les champions des deux factions avaient décidé de s’affronter.
Le champion des rebelles, un homme jeune, certes, mais cependant sage, avait rejoint la citadelle noire de l’Empereur. Ses fidèles amis l’avaient suivi pour le soutenir, mais étaient restés en dehors pour combattre les armées régulières de l’Empire.
Dans la citadelle, le chef des armées de l’Empereur attendait le jeune freluquet de pied ferme. Il était vêtu des pieds à la tête d’une armure aussi noire que son âme, et il était bien décidé à user de toutes les tricheries et de tous les coups bas qu’il connaissait pour le cas improbable où il n’aurait pas la force de gagner à la loyale.

A peine le héros était-il entré dans la citadelle qu’il fut conduit manu militari devant le trône de l’Empereur, son homme de main à sa droite attendant les ordres.

L’Empereur tenta d’abord de rallier le jeune homme à sa cause, mais, voyant que son âme était aussi pure que [insérer ici le nom d’un truc très pur] il ordonna à son second de le tuer.

Ainsi le combat commença. Les deux champions étant tous les deux de puissants mages, ils sortirent de leurs fourreaux des épées magiques flamboyantes, l’une bleue comme le ciel l’autre rouge comme l’enfer. A chaque fois que les lames s’entrechoquaient, de grandes
étincelles jaillissaient en l’air, et le bruit de la foudre se faisait
entendre.

Le combat fut acharné et dura longtemps. Bien que plus expérimenté, le champion de l’Empire finit par céder devant la rapidité de la jeunesse, et le héros du bien lui trancha la main qui tenait son épée rougeoyante… »


« Et après, Luke Skywalker se fait frire par l’Empereur qui fini par se faire jeter dans le puits par Vador… » interrompt Orlamonde.
« Euh, ben… En gros oui… » répond Jérôme, tout penaud.
« Si c’est pour me raconter Starwars, ce n’est pas la peine. Je l’ai déjà vu à la télé. »
« Non mais en fait c’est juste l’intro. Après c’est du tout nouveau tout beau. » l’assure Jérôme.
« Eh bien, il faut espérer,parce que jusqu’ici, hein… » soupire Orlamonde.

« Donc, après ce combat épique qui vit mourir et le champion du mal et l’Empereur, le héros des justes et des opprimés eu juste le temps de sortir de la citadelle avant que celle-ci n’explose dans un déluge d’effets spéciaux retouchés tous les cinq ans pour une énième ressortie en DVD. Seulement voilà, l’épée flamboyante du méchant était restée dans cette citadelle, et elle fut projetée à travers les cieux par le souffle de l’explosion. Etant magique elle résista à ce traitement et entama alors un long voyage dans la froideur de l’espace. »

« Mais dis-voir, les Jedi n’étaient pas des sorciers envoûteurs… Leurs sabres lasers n’étaient ni magiques ni spéciaux ni rien, juste des morceaux de métal avec un bouton on/off dessus. Même moi j’ai compris ça. » interrompt Orlamonde.

« C’est un conte. Si je dis que ce ****** de sabre laser rouge grenadine est une épée magique flamboyante enchantée invulnérable, alors c’est une ******* d’épée magique flamboyante enchantée invulnérable ! »
« Bon, bon… »

« L’épée magique vogua ainsi pendant de longues années, des siècles, des millénaires, des millions voire même des milliards d’années. Elle traversa des galaxies, des nébuleuses, des régions inconnues de l’univers, elle croisa les orbites de millions de planètes étranges et magnifiques, elle frisa le gouffre abyssal et obscur de l’ignorance humaine – ou du moins ce qui y ressemblait – et son voyage l’amena ainsi dans un système solaire tout beau, tout neuf. Dans ce système traînait une petite planète bleue et verte, avec un peu de rouge, de jaune et de blanc quand même,
ça fait automnal, et c’est là que l’épée magique finit son épique voyage.
Son entrée dans l’atmosphère, à une vitesse proche de celle de Laure Manaudou quand elle remporte une médaille de platine en affrontant un dauphin sur-dopé, eut l’apparence d’une étoile filante aux yeux des peuplades primitives qui en furent témoin. Certains y virent même le signe de la naissance d’un roi, et ainsi trois mages se mirent en route vers une étable.
La naissance, la vie et la mort de ce roi sont contées dans un autre livre, qui est encore aujourd’hui LE best-seller historique toutes catégories.
L’épée magique, elle, resta dansson coin. Elle était tombée dans une région rocailleuse à l’ouest de l’Europe où il n’y avait que des moutons. Il se passa ainsi plusieurs siècles avant qu’un homme la retrouve par hasard.

Et pas n’importe quel homme, mais bien un fier Chevalier de la Table Ronde ! En effet le chevalier Baylo venait de Camelot dans ce coin du Pays de Galles pour y combattre un dragon qui terrorisait les villageois. Les indications qu’on lui avait données s’étant révélées peu fiables, il se retrouvait à crapahuter dans les cailloux comme un idiot, et au détour d’un chemin, il vit… »


« L’épée magique. » l’interrompt encore Orlamonde.

« … Il vit un cylindre de
métal fiché dans un rocher. La scène lui était familière car il avait assisté à
la prouesse du Roi Arthur le jour où il avait sortit l’Epée du rocher [2] et
était devenu Grand Roi de Bretagne.


Le chevalier Baylo se mit alors à réfléchir. S’il s’agissait réellement d’une épée, enfoncée jusqu’à la garde dans le rocher, il ne pouvait s’agir que d’une épée magique, enchantée ou ensorcelée. Ou, à la limite, de l’épée de quelqu’un de vraiment maladroit. Mais si cette épée avait quelque pouvoir, lequel ?


Donnait-elle titre de royauté et possession d’un royaume ? Si tel était le cas, mieux valait qu’il passe son chemin. Il n’y avait rien d’autre que des cailloux et des moutons à perte de vue, et il n’avait aucune envie d’y passer sa vie à régner sur un peuple d’ovins faméliques.


Donnait-elle des pouvoirs à son porteur, telles que force, rapidité ou intelligence surhumaine ? En ce cas il n’était point nécessaire de perdre son temps. Le chevalier Baylo se trouvait très bien tel qu’il était.


Sortir cette épée allait-il faire apparaître quelque monstre, démon ou dragon qu’il faudrait combattre ? En ce cas, mieux valait tout de suite s’en occuper. Le chevalier était bien mieux préparé pour affronter un être surnaturel que ne l’étaient les garçons de ferme et les ménestrels de passage susceptibles de tomber dessus un jour.

Il rassembla donc tout son courage, ce qui prit longtemps tellement il en avait [3], puis saisit le cylindre de métal et tira de toutes ses forces vers le haut.

Il en tomba à la renverse.

Il n’y avait point de lame, il s’agissait juste d’un cylindre posé sur le rocher [4]. Par acquis de conscience le chevalier Baylo vérifia qu’il n’y avait pas de lame fichée dans le rocher, mais non, rien, ah bon.

Baylo examina donc sa trouvaille.
Le cylindre n’était pas uniforme, il présentait des aspérités, des rainures,
des traces de brûlures, de curieuses formes géométriques ainsi qu’un bouton. Un sursaut de génie lui fit appuyer sur ce dernier [5].

Fwoum !

Devant les yeux ébahis du chevalier Baylo, la lame rouge faite de lumière émeraude apparut au bout de la poignée. Il se signa rapidement devant cette apparition de la couleur du démon, mais comme il ne sentait pas son âme se corrompre [6] il se rasséréna et essaya son épée magique.

C’est un énorme rugissement qui lui fit arrêter les passes d’armes auxquelles il s’adonnait. Le dragon n’était pas loin du tout finalement et venait juste de se réveiller.
Armée de sa nouvelle épée, le
chevalier Baylo s’en alla combattre la bête.

Mais qui est donc le chevalier
Baylo ? En effet, si vous parlez de ce nom à Vicky [7], elle vous dira
qu’il n’a jamais existé. Que nenni ! Il a figuré au premier plan dans la
quête du Graal.

Tout d’abord, qu’est-ce que le Graal ? Il s’agit de la coupe dans laquelle le sang du Christ (le roi dont je parlais avant, vous voyez comme tout est lié ?) a été recueilli par Joseph d’Arimathie. Cette coupe [8] a ainsi gagné de fabuleux pouvoirs, dont celui de guérir les blessures les plus graves et de donner l’immortalité à quiconque boirait dedans. Pressentant qu’un tel objet attiserait les convoitises des plus grands despotes et des criminels les plus vils, Joseph d’Arimathie partit loin, très loin et cacha le Graal dans un endroit connu de lui seul.

Et ainsi le Graal disparut de la surface du globe.


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MessageSujet: (suite)   Dim 15 Avr - 14:03

Seulement voilà un jour Arthur, fils d’Uther Pendragon, devint roi de Bretagne. L’une des charges qui allait avec ce poste très convoité était de retrouver justement ce même Graal, afin de permettre à la chrétienté de bien s’implanter dans l’île [9]. Le roi Arthur avait donc rassemblé autour de lui les meilleurs hommes du royaume, les plus forts, les plus intelligents, les plus cultivés, et surtout ceux qui savaient le mieux monter à cheval. Il s’agissait de chevaliers, tout de même.

Parmi ces chevaliers, rassemblés autour d’une Table Ronde pour des soucis d’égalité autant que de Feng-Shui [10], se trouvaient Lancelot du Lac, fils de la Dame du même lieu, Gauvain, Perceval, Yvain, Bedivere, Bohort, Tristan, Galaad, Calogrenant, et quelques autres. Tous des hommes respectés dont les noms sont encore connus de nos jours.

Mais aussi et surtout il y avait le chevalier Baylo. Il n’était déjà pas très connu à son époque, car il préférait répandre le bien plutôt que de soigner son image de marque, et de nos jours plus personne ne s’en souvient. C’est pourtant grâce à lui que la Quête du Graal a duré plus de vingt minutes.

En effet déjà lors de la première réunion autour de la Table Ronde des dissensions naquirent. Personne n’arrivait à se mettre d’accord sur la façon de chercher de le Graal, ni où le chercher, pourquoi, qu’en faire une fois qu’on l’aurait, sur quelle cheminée l’exposer, à quelle heure on mange...

Ce fut Baylo qui sauva la situation, en se mettant debout au milieu de la Table et en parvenant à un compromis avec tous les chevaliers présents, les faisant tous travailler ensemble. Chacun allait chercher dans son coin, comme il le voudrait, puis le ramènerait ici à Camelot pour discuter par la suite de ce qu’on en ferait.

C’est ainsi que la Quête commença
[11].

Cet évènement est représentatif de la vie de Baylo. Depuis sa naissance ou presque, cet homme roux et calme avait toujours été le modérateur de toutes les disputes. Chaque fois qu’un conflit éclatait il intervenait et, en prenant les meilleurs côtés de chaque opposant, il créait un front uni et efficace contre les adversités futures.

Baylo avait été remarqué par Merlin un jour où le chevalier noir avait provoqué en duel le chevalier blanc.
Juste avant que les premiers coups d’épée ne fussent portés, Baylo était
intervenu. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ou alors pas
beaucoup plus, deux chevaliers à l’armure grise quittaient le champ de
bataille, bras dessus bras dessous, sous l’oeil réjouit de Baylo et le regard
médusé de Merlin.

A force de ne jamais choisir de camp et de toujours s’interposer entre les belligérants, et aussi parce qu’il s’était mis au milieu de la Table Ronde alors que c’était formellement interdit, il fut rapidement surnommé « Baylo, le chevalier du milieu ». Et, ma foi, il aimait bien ce nom [12].

C’est donc pendant la quête du Graal que Baylo, chevalier du milieu, trouva l’épée magique et pourfendit facilement le dragon susnommé. Ainsi armé il parcouru tout le pays en redressant les torts et en mettant tout le monde d’accord. Par exemple, plutôt que de défendre la veuve et l’orphelin contre les bandits, il réussissait à convaincre les bandits d’épouser les veuves et d’adopter les orphelins tout en optant pour un style de vie plus honnête.

Et ceux qu’il ne parvenait pas à convaincre ? Eh bien il avait son épée magique pour les faire taire. Ainsi armé il terrassa la vieille sorcière du froid et son apprenti, il décapita le cyclope wisigoth, il mit en fuite le dragon nain et la sorcière blanche, il botta le derrière de l’ogre belliqueux, en bref il débarrassa l’île de Bretagne de tout ce qui était surnaturel [13].

Puis arriva le jour tant attendu : Perceval revint à Camelot avec des informations très précises sur l’endroit où reposait le Graal. Tous les chevaliers furent appelés des quatre coins du monde connu pour participer à la dernière ligne droite. Ce fut donc une colonne de fiers chevaliers qui se mit en marche vers les marais de Kaer Fan’kaloch.

Seulement voilà, après avoir suivit scrupuleusement les indications données à Perceval par le quatrième roi pêcheur, Arthur et ses chevaliers se retrouvèrent non pas devant le Graal, mais devant une bifurcation. Le Saint Graal ne devait pas se trouver loin, mais dans quelle direction ? A gauche, à travers la forêt sombre et humide ? A droite, par le petit sentier étroit coincé entre une falaise à pic et un précipice sans fond ?

Il fallait en discuter, mais la discussion s’envenima vite. La moitié des chevaliers voulait aller d’un côté, l’autre de l’autre. Lancelot accusait Arthur d’avoir peur du noir, Arthur répliquait par des accusations de vertige. Et les chevaliers, en colère, se séparèrent en deux groupes distincts malgré les supplications de Baylo, effondré.

Pour la première fois de sa vie, il n’avait pas réussit à concilier les deux camps opposés. Il lui fallait maintenant choisir entre la droite et la gauche. Mais, fidèle à ses idées et à son surnom, il décida d’aller tout droit, à travers un mur impénétrable de ronces.

Il marcha ainsi de longues heures, luttant contre l’enfer végétal à chaque instant, avançant centimètre après centimètre, rayant son armure et déchirant sa peau.
Mais il n’abandonna pas et finit par ressortir de l’autre côté.
Et là il tomba à genoux.
Devant lui se trouvait le Graal.

Au milieu d’une clairière, sur un rocher finement taillé, trônait la sainte relique. Le chevalier n’en croyait pas ses yeux. Tremblant, il se releva et se dirigea vers la coupe, puis la prit en murmurant une prière.

Et juste pas acquis de conscience, il versa un peu d’eau de sa gourde dans le Graal et la but. Oui, pas de doute, ce petit goût de sainteté ne trompait pas, il s’agissait de l’article authentique. Pas question de rapporter de la camelote à Camelot.

Ainsi rassuré, il se remit en chemin en sens inverse pour rapporter son butin. La traversée des ronces fut cette fois aisée, les végétaux autrefois hostiles semblaient s’écarter de son chemin. Les quelques petites égratignures qu’il reçut guérir presque instantanément du fait de l’action du Graal.

Arrivé à la bifurcation le chevalier du milieu n’arriva pas à se décider de quel côté aller. Quel groupe prévenir en premier de sa découverte ? Le choix logique aurait été d’aller vers Arthur, son roi, mais il sentait que s’il faisait cela Lancelot s’en sentirait meurtri et risquait de s’en aller, causant ainsi une scission de la chevalerie. Par contre il n’était pas possible d’aller non plus vers Lancelot, ce qui risquerait d’être considéré par Arthur et ses proches comme une trahison…

Baylo, qui arrivait pourtant toujours à concilier des camps opposé, se retrouvait toujours désemparé lorsqu’il devait prendre des décisions tout seul…

Il choisit alors une fois de plus d’aller au milieu (on ne se refait pas) et de retourner à Camelot. Ainsi aucun des deux groupes ne prendrait ombrage, espérait-il.

Chemin faisant, le chevalier du milieu sentit son corps subir des changements. Boire à même le Graal l’avait changé au plus profond de lui-même, il le savait, mais il ne pensait pas que son apparence en serait modifiée aussi. Le fait de guérir instantanément des égratignures tantôt l’avait déjà étonné, mais que ses cheveux passent du roux au brun foncé le laissa pantois. De même son visage retrouva une jeunesse qu’il n’avait jamais connue [14].

C’est donc un chevalier tout beau tout neuf –
même son armure était redevenue étincelante – qui arriva devant Camelot.

Ou plutôt ce
qu’il en restait…

Pendant l’absence d’Arthur et de ses chevaliers, les Saxons avaient profité de la défense affaiblie du château cité pour l’attaquer en force. La grande porte gisait maintenant au sol, enfoncée, les toits de chaume avaient tous brûlé, les murs avaient été enfoncés par les hordes de brutes ivres de destruction, et les réserves de nourriture et d’or avaient été pillées. Partout gisaient (du verbe gésir) les corps des hommes, femmes et enfants qui étaient restés à Camelot.

Baylo en pleura.


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MessageSujet: (suite)   Dim 15 Avr - 14:04

Ne sachant quoi faire d’autre, le chevalier du milieu resta sur place à attendre le retour
des autres chevaliers. Il enterra les cadavres et se fit un petit abri en bois
car la pluie menaçait de tomber.
Et il attendit.
Il attendit encore.
Et encore.
Un jour des marchands ambulants arrivèrent, voulant voir de leurs yeux l’ancien site de Camelot. Le chevalier du milieu les interpella et leur demanda s’ils savaient ce qu’était devenu le roi.
Il lui fut répondu qu’il n’y avait plus de roi. Peu après la bifurcation devant les ronces, les deux chemins se rejoignaient de nouveau. Les deux groupes de chevaliers s’étaient donc rencontré et avaient continué leur dispute. Le ton était monté très rapidement en l’absence de Baylo et les chevaliers, doté d’un tempérament très chaud, en étaient venus aux armes. Gauvain y avait trouvé la mort, et Arthur et Lancelot s’étaient définitivement séparés, ennemis.
Puis comme si cela ne suffisait pas, Mordred était apparut. Fils d’Arthur et de sa sœur Morgane la Fée [15], il avait juré de tuer son père. Il avait levé une armée qui avait attaqué sans prévenir le groupe du roi qui a ainsi, après une bataille qui restera dans les annales, trouvé la mort.

Lancelot, en apprenant cela, comprit qu’il était à blâmer dans cette histoire. S’il était resté auprès d’Arthur avec tous les chevaliers, jamais Mordred n’aurait gagné.
C’était sa faute si l’île de Bretagne se retrouvait sans roi. Honteux, fou de
douleur, il avait prit la fuite et jamais plus on ne le revit.
Les autres chevaliers survivants, ayant apprit le sort funeste de Camelot et se retrouvant désormais sans roi, sans Lancelot et sans Baylo, se séparèrent pour suivre leurs destinées propres.
La chevalerie n’était plus.

Ce qui étonna le plus Baylo, une fois qu’il fut remit du choc, fut que tout cela s’était passé plus de cinquante années auparavant. Il avait passé moins d’un an dans les ruines de Camelot, de cela il était sûr. Qu’avait-il bien pu se passer ?

Le Graal. Cela faisait partie des défenses autour du Graal. La clairière dans laquelle il reposait avait été séparée du temps afin de protéger la relique des ravages du temps. S’il avait prit le temps de bivouaquer dans cette clairière, il se serait passé plusieurs siècles, plusieurs millénaires, même, avant qu’il n’en ressorte.

Les autres chevaliers étaient morts, pour sûr. Il était le dernier. »


« Puis il se maria, eut beaucoup d’enfants, et vécu heureux longtemps dans la clairière jusqu’à ce que le soleil explose. » raille Orlamonde.
« Ils te supportent, tes élèves ? »
« Ils n’ont pas le choix. »

« Etant le dernier chevalier, il était aussi le dernier garant du respect
des traditions de la chevalerie. Il quitta donc les ruines de Camelot sur le
dos de son cheval (le plus vieux cheval du monde, vu qu’il avait cinquante ans passés) avec son épée magique à sa taille et le Graal dans son sac, et commença à arpenter le monde en redressant les torts afin de faire triompher le bien.
Son errance dura plusieurs siècles. Avoir bu au Graal l’avait réellement rendu immortel, ou peu s’en faut. Il arpenta les terres de Bretagne, de France, de Prusse, d’Asie, d’Amérique, d’Afrique, et d’un peu partout entre, aussi.
Il lui fallut maintes fois changer de monture, les chevaux ne vivant pas éternellement. Il vint un jour où il troqua la gente équestre pour une voiture, une de Dion-Bouton. Ce jour là il compris que le vent changeait. Le monde n’avait plus besoin de chevaliers... Il avait besoin de héros. De super-héros, même. »


« Tu ne vas pas me dire que Batman ou Superman étaient en fait chevaliers de la Table Ronde, non ? » demande une Orlamonde incrédule.
« Non, non. Enfin, pas à ma connaissance. »

« Il décida de travailler en secret et non plus à découvert. Il dormait le jour et combattait le mal la nuit, endurant sans peine le feu des fusils-mitrailleurs et les explosions que la science avait rendu maintenant communes. Toujours son épée flamboyante lui assurait la victoire.
Puis un jour vint le nazisme. Ce jour là, Baylo commença à faire des journées de vingt-deux heures tellement il y avait à faire.
C’est très dur de combattre un génocide, savez-vous ?

C’est donc grâce au chevalier Baylo du milieu et à ses actions secrètes et souterraines que la progression des Nazis pu être stoppée. Son action fut tellement efficace que tout ce qui était rouge (tel son épée) était désormais considéré comme ennemi par les Allemands. Ce qui fait que les Nazis attaquèrent aussi les communistes russes. Cela fit bien rire le chevalier super héros insomniaque.

Puis un jour une rumeur vint à ses oreilles : Hitler, toujours passionné par
l’occultisme, venait d’acquérir la Lance de Longinus. Cette lance, celle qui
avait percé le flanc du Christ, avait le pouvoir de rendre son possesseur
imbattable. Si la rumeur était vraie, le monde entier était en danger. Et seul Baylo pouvait s’y opposé, car il détenait un autre objet qui avait été en contact avec le sang du Christ : le Graal. Sans doute l’un pouvait-il
annuler les effets de l’autre [16].
Il se mit donc en marche vers Berlin et s’introduisit dans les quartiers du Führer. Ce dernier s’en aperçut malheureusement, et il s’empara de la Lance pour attaquer Baylo. Le chevalier se défendit du mieux qu’il pût, attaquant de la main droite avec l’épée et se défendant de la gauche avec le Graal comme bouclier.
Rappelons
qu’Hitler, lui, avait en plus de la Lance une soixantaine de Stormtroopers
[17]...

Le combat fut long, rude et acharné. Il était évidement hors de question de convaincre l’Autrichien de changer, et comme Baylo était beaucoup plus fort en conciliation qu’en duel, il était à son désavantage. Néanmoins au bout de plusieurs heures, il réussit à vaincre.
Ou, plutôt, à faire perdre Hitler.
Ce dernier avait réussit à porter un coup fatal à Baylo pendant que celui-ci était occupé à tailler une quinzaine de S.S. en pièces-esses, perçant le Graal au moyen de la Lance et atteignant en même temps le coeur. Baylo eut un sursaut, et bondit par réflexe par la fenêtre, emportant dans sa chute les deux reliques [18]. Il chûi dans un fleuve (le Rhin, le Danube, ou je ne sais pas ce qu’il peut bien y avoir comme fleuve à Berlin ni même si cette ville a un cours d’eau) et disparut. Le Führer laissa alors éclater sa fureur : jamais il ne pourrait dominer le monde.
En effet le nazisme pût alors être vaincu. Hitler se suicida quelques temps plus tard, sa dernière pensée étant « Mince alors, j’ai totalement oublié de parler de cette épée flamboyante à mes successeurs... ».

Baylo, lui, survécut. Le Graal, une fois percé par la Lance, avait explosé, détruisant par là même la Lance de Longinus. Il restait à peine assez de pouvoir régénérateur à Baylo pour guérir de sa blessure mortelle et revenir à la surface.

Il passa alors plusieurs années à errer, hébété, dans la campagne. Maintenant le Graal détruit, il n’était plus immortel et commençait à vieillir à nouveau, même si c’était plus lentement que la normale. De même ses blessures ne guérissaient plus. Il était normal.

Il finit tout de même un jour par reprendre ses esprits. Il se trouvait alors en Pyrénées-Atlantiques, et comme il s’y plaisait, il décida d’y rester. Il prit
une autre identité, car il était possible que le nom de Baylo puisse être
reconnu. Se souvenant de son ancienne couleur de cheveux, il prit le nom de Bay-Roux. Ou Bayrou, en plus court.
Il fonda alorsune famille et eu six enfants, tous roux. Comme quoi, les gènes, hein...
A force de vivre en France, il en vint à aimer ce pays. C’est pourquoi il souffrait grandement de le voir malmené par sa classe dirigeante, affligeante de nullité.
Il décida donc de quitter les tracteurs – car il avait eu envie de goûter à la
vie paisible des paysans – pour rejoindre le monde sans pitié de la politique et y faire régner l’ordre.
Bayrou enfourcha donc son nouveau fidèle destrier – son bus au colza – et fonda un nouveau parti : le parti du milieu. Ou du centre, si vous préférez. Il voulait mettre la gauche et la droite d’accord afin d’arriver à un système où, au lieu de lutter les uns contre les autres, les dirigeants pourraient
collaborer pour le plus grand bien du peuple.

Comme d’habitude quand une bonne idée profitable émerge, cela ne marcha pas. Tout le monde railla cette idée de conciliation. Comme si on pouvait faire avancer les choses sans, pour ce faire, perdre de nombreuses années à se tirer dans les pattes.

Mais cela changea lorsqu’un jour, à Strasbourg (la ville au centre de l’Europe), un jeune garçon tenta de lui faire les poches. Il avait en effet repéré un cylindre brillant accroché à la ceinture de Bayrou : il s’agissait de son épée magique, qu’il gardait toujours sous la main comme porte-bonheur et aussi au cas où un dragon de type Graoully referait surface.
Le réflexe de Bayrou fut foudroyant, mais néanmoins clément. Au lieu de dégainer son épée et de trancher ce manant en deux comme tel était son droit, il lui décocha une mandale qui fit vibrer les dents du jeune détrousseur jusqu’aux législatives.
Le public vit alors que, loin d’être un pacifiste rêveur et faiblard, Bayrou
était en fait un homme calme, posé, mais ayant du répondant lorsqu’il le
fallait.
Son envol pût alors commencer.

Certes il ne fut pas élu président cette fois-ci – beaucoup trop de candidats dans tous les coins, même Schwartzenegger avait tenté de se présenter – mais ce n’était que partie remise.

Cinq ans plus tard, il mit les bouchées doubles pour contrer les plans du machiavélique Sarkolène – l’être mi-femme qui s’était scindé en deux – et fut enfin en bonne position pour parvenir à son but.

Juste pour être sûr, il distribua des baffes à tous ses opposants ainsi qu’à tous les inefficaces des autres pays, tels G. W. Bush et John Howard.

Et, le 6 mai 2007, il fut élu président de la République Française. Il mit un terme à la scission droite/gauche/extrême droite/extrême gauche/ extrême droite/extrême gauche/ extrême droite/extrême gauche/vert/vert/vert/vert foncé presque kaki, résolût le problème du chômage, celui des fonds de retraites, des 35 heures, du service militaire, de la délocalisation, de l’Europe et bien d’autres encore.

Quelques années plus tard, sur ses conseils avisés, un gouvernement planétaire uni fut fondé, et il fut élu à l’unanimité moins une voix et demi [19] grâce à son travail au Darfour.

Et tout le monde entier se maria, eut beaucoup d’enfants, et vécut heureux pour le reste de l’éternité. »


«Zzzzzzzzz… »
« Ah, ben quand même. Je savais que je réussirai. Même si ce n’est pas la position que j’espérais… » murmure Jérôme.
En effet, suite à la conclusion de ce conte, Orlamonde s’était relevée toute droite sur son lit, puis était tombée endormie dans cette position.
Eh oui...
Jérôme, le roi des contes à dormir debout.

Fin.

[1] courroux, courroux, il aurait mieux fait d’aller en Guyane… Au fait : bonjour ma colère, salut ma hargne, et mon courroux : coucou !
[2] Il ne s’agit pas d’Excalibur, je tiens à le préciser. Celle-ci lui avait été donné par la Dame du Lac. Il n’était pas rare à l’époque de se balader avec plusieurs épées.
[3] Du courage.
[4] C’était tombé comme ça, par pur hasard. Si. C’est un conte, lâchez-moi.
[5] Je rappelle que les boutons n’existaient pas à l’époque. Ca aurait été un levier, ok, mais un bouton poussoir...
[6] Spider-man a son spider-sense qui le prévient des dangers à l’avance. Les chevaliers de la Table Ronde avaient leur knight-sense qui leur permettait d’avoir à tout moment en temps réel accès à l’état de leur âme ainsi que leur réservation d’une place au paradis. Si, si.
[7] Vicky Pédia, faut suivre.
[8] pour savoir d’où vient le nom « Graal », demandez à Robert Langdon.
[9] Ce qui est paradoxal quand on sait que c’est la Dame du Lac, représentante d’un culte païen haït par la chrétienté, qui l’a chargé de cette quête.
[10] Une grande table carrée dans une tour ronde, ça le fait pas.
[11] La quête, la recherche du Graal, quoi. Pas la récolte de l’argent des dévots lors de la messe. Je sais bien qu’ils étaient chrétiens, mais quand même…
[12] C’est toujours mieux que « le rouquin ».
[13] Il a fait un tellement bon boulot que de nos jours on croit que ces créatures n’ont jamais existé.
[14] Mettre fin à toutes les querelles l’avait prématurément vieillit.
[15] Autre parallèle avec StarWars.
[16] Si je vous le dit.
[17] Non, pas les stormtroopers de StarWars. Demandez à Vicky [7].
[18] Le Graal et la Lance ressemblaient à un pin’s sur sa poitrine.
[19] La voix de Sarkolène.
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