AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Enfin les réponses

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Enfin les réponses   Lun 10 Sep - 17:17

Voici donc les réponses tant attendues. Du moins les cinq premières. J'espère encore deux textes, dont celui d'Orlamonde.

J'ai eu un jour une prémonition : "le jour où Orlamonde ne répondra pas, ce sera la fin du jeu et du forum". J'espère que ce jour n'est pas déjà arrivé. Surtout pas alors que je suis le maître du sujet.

A ce sujet, justement, quelqu'un veut reprendre le flambeau? Être le prochain à mener la barque? Si oui, veuillez postuler par message perso. J'ai déjà quelqu'un d'interressé, mais si vous convenez mieux au poste vous avez une chance.

Au sujet des réponses : Amy a finalement trouvé. Le tiercé est bien Chat, Amy, Tchoumy. Mais je mélange sinon ça fera trop d'un seul truc à la suite - je me comprend.
Voilà, je poste et ensuite je lis. J'ai attendu que vous aussi vous puissiez lire avant de voir ce que mon sujet a donné.

Enjoy.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Réponse du Chat : Discours au conseil des jeux   Lun 10 Sep - 17:19

Mes amis du conseil des jeux,

Nous sommes venus ici
Nous devions repartir
Mais personne n’est venu nous chercher
Nous avons attendu
Quelques uns sont partis par leurs propres moyens
Mais personne n’est jamais revenu
Personne ne revient
Jamais.
Rien de tel que de jouer
Ils disaient


Ces mots, gravés sur le rocher noir de la plage, ont été écrits par les premiers.
Ils étaient 15, d’après notre grand arbre généalogique.
Ils disaient en riant, « Rien de tel que de jouer ».
Le mail sacré de Jérôme leur a demandé de venir ici et la grande histoire a débuté.
Les reliques sont dans la grotte des souvenirs pour ceux qui doutent toujours de la seule vérité. On y trouve les derniers papiers(1), qui résistent au temps grâce aux soins des gardiens de l’histoire. Vous pouvez lire, de la main de Jérôme lui-même : « Orlamonde … idée … la noix … sacré mail … jeu … conduit ici … »
Plusieurs générations se sont succédé depuis « l’arrivée ». Nous vivons simplement et en paix malgré nos différentes communautés.
Nous sommes 1722 aujourd’hui sur l’ile, et personne ne peut partir.
L’horizon mange les téméraires. Le fils d’Ariane, a tenté de rejoindre l’ancien continent, il y a 23 ans, mais personne ne revient jamais, et il a disparu, comme tous ceux qui ont tenté l’horizon.
Les mots sur le rocher sont la seule vérité, le monde n’existe plus au-delà de ce que nous pouvons voir.
Qui dépasse la limite tombe dans les abîmes, c’est une volonté divine.
Et si Dieu a décidé de nous laisser seul ici, c’est pour une seule raison.
Nous devons jouer.
Les rabat-joie devront quitter l’ile.
Rien de tel que de jouer.
Si je prends la parole aujourd’hui, c’est pour vous faire part de mon inquiétude quant à notre histoire. Notre histoire, la seule véritable histoire qui permettra aux générations futures de savoir d’où elles viennent.
Il est de tradition de se raconter des contes sur cette île. Ces légendes se mêlent à l’histoire et la vérité se perd parmi d’innombrables inventions.

Les anciens, gardiens du forum, transmettent l’histoire des 15, celle de nos idoles, désignées par dieu et par mail, pour faire renaitre l’humanité sur l’ile.

Les descendants des chevaliers de Sed cultivent une mythologie qui prend de plus en plus d’ampleur dans le conscient collectif. Les jeux de rôles meurtriers ont heureusement été arrêtés, et nous ne pouvons empêcher que les chevaliers jouent avec leurs propres règles. Mais je trouve inquiétant d’entendre les mythes de Sed se raconter jusqu’au village bio.
« Rien de tel que de jouer aux jeux » reste notre devise, mais nous devons prendre garde à ce que les chevaliers n’attirent pas, par leurs magies noires, les flammes de quelques dragons.

Nous ne pouvons plus brûler des villageois comme par le passé, les loups garous n’existent pas sur l’ile.
Toutes les communautés de l’ile véhiculent son lot d’imaginaire. Les bios ont, eux aussi, leurs contes, qu’ils appellent radioactifs, qui se mélangent à la véritable histoire, et qui n’ont de fondement que les tergiversations des premiers descendants des 15. On ne peut pas désapprouver leurs règles de jeux, ils vivent nus et heureux. Mais les bios, comme les autres communautés, développent des croyances qui leur sont propres et qui s’éloignent d’une histoire commune. Ainsi, le rôle des idoles Amy et Plaf dans l’histoire bio, est très différente de celle des adorateurs de Jérôme. Et pour les bios, Jérôme n’est pas au centre, mais quand même à droite… On ne sait plus.
Nous devons inventer des contes pour nous distraire, c’est culturel, mais nous ne devons pas risquer de vexer les dieux, en mélangeant réalité et fiction. Il m’est arrivé d’entendre des fables contant les méfaits des démons Sarko et Bush. Avons-nous oublié qu’ils nous espionnent depuis les abîmes, avec leurs satellites, et qu’ils peuvent d’un mot, nous expulser de notre monde ?
Certains se demandent même aujourd’hui si le chat a bien existé ou si c’est une invention.

Chers membres du conseil des jeux, comprenez que ça ne peut plus durer, l’histoire se dilue dans un jus de contes et légendes. Je vous demande humblement, de réfléchir à la possibilité de travailler ensemble sur ce problème.
C’est un jeu.
Nous devons graver dans la pierre, et à jamais, la seule et véritable histoire, celle du sacré mail de Jérôme.

Merci pour votre attention.




(1) Les premiers étaient arrivés avec beaucoup de papiers manuscrits, des livres et des journaux, mais ils espéraient repartir et n’accordèrent pas d’importance à ces feuilles qui servirent à des usages peu glorieux. Le monde fut sacrifié pour cause de tourista.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Réponse de Jérôme : Île faut jouer aux jeux, partie 1 de 2   Lun 10 Sep - 17:21

Jeudi 2 août.
Je me décide enfin à laisser une trace de ce périple. Cela fait bien une semaine que nous sommes sur cette île – si c’en est une – et nous n’avons toujours vu personne passer. Pas d’avion, pas de bateau, pas d’OVNI ou de véliplanchiste… Nous devons être trop loin des routes maritimes habituelles. Ou alors nous devrions commencer à scruter la mer au loin, et faire du feu la nuit, un truc comme ça. Bref, je pense que nous allons passer un bon bout de temps ici.
Je suis Jérôme, et je vais écrire le journal de l’épopée du forum. Et je vais plutôt commencer par le commencement. Oui.

Premier jour : mardi 10 juillet.
Orlamonde, notre bien-aimée chef à tous (en tout cas c’est elle qui a commencé et personne n’a jamais réclamé le titre, alors on la considère comme telle, comme dirait Guillaume – Guillaume Telle, haha) avait décidé de nous faire nous rencontrer. Tous. Plus de petites réunions à sept ou huit, plus de discussions uniquement sur Internet, non. Elle voulait tous nous rassembler, en vrai. Les auteurs du jeu d’écriture, les lecteurs, même ceux qui n’étaient passés qu’une seule fois juste pour voir.
Et pour nous motiver, elle a réussit à convaincre Le Chat d’utiliser le peu d’argent qu’il lui restait du Loto (cf sujet 5 – quoi, vous pensiez qu’il blaguait ?) pour louer un yacht afin que l’on fasse une croisière dans les chaudes mers du sud.
Bizarrement, tout le monde était libre de suite. C’est très étonnant quand on sait que personne ne peut se libérer quand on fait une réunion à Lyon.
C’est donc le 17 juillet, quelques minutes après que le message d’Orlamonde ait été posté, que tout le monde répondait favorablement à son idée de croisière. Départ le jeudi 19 juillet du port de Prentun-Napéro (près de Marseille).

Samedi 14 juillet.
Ils sont bien les épisodes de Heroes.

Jeudi 19 juillet.
Nous nous sommes tous retrouvés devant le « yacht » loué par Le Chat. Il s’agissait en fait plus d’une sorte de péniche avec une grosse voile dessus. Apparemment Le Chat a moins d’argent en reste que l’on pensait. Mais ce n’était pas grave, il avait une grosse réserve de fioul et on aurait dû pouvoir naviguer jusqu’aux îles Teuplait (pas trop loin des îles Leufo). Et une fois là : bronzette, farniente, châteaux de sable, pêche au crabe et chasse au trésor.

Vendredi 20 juillet.
Le moteur du yacht est réparé. Départ.

Du samedi 21 au vendredi 27 juillet.
Tout allait bien. L’odeur de mazout que dégageait la péniche était un peu pénible, mais c’était supportable.

Samedi 28 juillet.
Mince. L’anniversaire de mon frère. J’ai oublié ! Je vais me faire tuer au retour !

Dimanche 29 juillet.
Le Chat, fatigué, a cédé aux suppliques d’Amy et de Tchoumy. Il les laisse aux commandes de la péniche, le temps de dormir un peu. Nous autres étions occupés à jouer à divers jeux des Parker Brothers, et nous ne pouvions pas nous douter du drame qui allait se jouer.
En a peine deux heures, Tchoumy (aidé par les conseils d’Amy) avait fait dérivé la péniche à plus de trois mille milles de notre parcours prévu. Nous étions alors perdus en pleine mer. Je n’en croyais pas Mézieu.
Pour ne rien arranger, c’est le moment qu’a choisit le réservoir pour être vide. Enfin, il n’avait pas le choix, mais quand même il aurait pu prévenir ! C’était cette sacrée aiguille de la jauge de carburant qui était coincée.
Nous nous retrouvions donc très loin de l’endroit prévu, en pleine mer, sans carburant, sans radio (Plaf l’avait cassée en essayant de mettre Radio Melodie) et sans carte (j’avais froid une nuit, et il n’y avait plus de bois pour le feu…).
C’est alors que nous avons entendu la voix de Romain, venant d’en haut de la voile.
« Terre ! Terre ! »
« On se doute bien qu’on n’est pas sur Mars ! »
« Non, je veux dire : Terre ferme ! »
« Où ça ? »
« Juste dev- »
Et c’est là que nous avons percuté les récifs. La péniche a vite sombré, à pic (ce n’est pas fait pour la mer, les péniches, en principe), et nous n’avons eu que le temps de sauter à l’eau sans prendre nos affaires pour tenter de rejoindre le rivage à la nage.

Du lundi 30 juillet au mercredi 1er août.
Vacances. Nous avons fait contre mauvaise fortune bon cœur, et nous avons passé ces quelques jours à nous prélasser au soleil. Le temps est clément, il y a des fruits dans les arbres, bref tout travail serait futile, fût-il agréable.
C’est hier que certains d’entre nous ont commencé à s’inquiéter de l’absence de passage dans le coin. Des vacances forcées ne sont plus des vacances, non ? Alors si nous sommes coincés sur cette île – si c’en est une – elle devient une prison.
Stou et Vinz parlent de longer le rivage le plus loin possible – chacun de son côté – pour voir si nous sommes sur une petite île ou une grande – ou même un continent, vu la dérive.
François a voulu partir à la nage et tenter de rejoindre un autre rivage. Orlamonde a bien tenté de le dissuader, mais rien n’y a fait. Il est parti juste après la sieste.
Le Chat, lui, a essayé d’expliquer aux perroquets locaux que s’ils préviennent des gens que nous sommes là, il leur donnerait plein d’argent. Apparemment les perroquets ne connaissent pas la carte American Expresso, parce qu’ils se sont envolé en riant (c’est très étrange de voir des perroquets essayer de décoller tout en se tenant les côtes à force de rire).
Sed, contaminé par toute cette agitation, a commencé à bâtir un fort en sable et noix de cocos. C’est un effort louable, destiné à nous protéger d’éventuels agresseurs, mais vu l’endroit où il le bâtit il aura disparu à la prochaine marée.

Jeudi 2 août.
Je commence ce journal. J’écris sur des feuilles de palmier avec du jus de goyave mélangé à des déjections de crabe.
Le fort a fondu.
Stou et Vinz sont partis au matin, Stou à gauche et Vinz à l’autre gauche (personne n’ose dire « droite » depuis le 6 mai). Nous espérons tous les revoir.
Plaf et Playm viennent de commencer leur grand projet : faire du fromage à partir de lait de coco. Ils se sont installés dans une cocoteraie proche de notre groupe et on peut les entendre rire de temps à autre. Je ne sais pas si on aura bientôt du fromage, mais en tout cas ils s’amusent bien.
Mais je n’ai pas encore décrit notre groupe.
Nous sommes installés sur le rivage, là où nous avons touché terre. Pourquoi aller plus loin, au fond ? Nous nous sommes fait des tapis de feuilles pour dormir et faire la sieste, des trous dans le sol pour garder les fruits au frais, des noix de coco vides nous servent de gourdes pour l’eau d’un petit ruisseau qui se jette dans la mer à quelques mètres de là, et des palmiers nous font de l’ombre quand le soleil est chaud. Amy et Tchoumy nous répètent que c’est encore mieux que les îles Teuplait et que c’est tant mieux si on a échoué là.
Orlamonde et Le Chat nous servent de GO (gentils organisateurs), étant donné qu’ils avaient tout organisé. Ils gèrent la nourriture et résolvent les conflits qui apparaissent parfois.

Tiens, Noun et Romain doivent avoir peur de ne jamais partir. Ils sont en train de graver leurs testaments sur l’écorce de pins parasols.

Vendredi 3 août.
Igor est parti ce matin, mais il vient de revenir. Il voulait voir d’où vient le cours d’eau, se disant que si cette île est habitée il y a des chances que ce soit à proximité d’eau douce. Il n’a pas pu remonter loin car l’eau vient d’une cascade et la falaise est haute, mais il dit qu’au pied de la cascade il y a un petit lac.
Chouette, une piscine !
Dans un autre registre, nous avons envoyé des noix de coco au loin après avoir mis des messages de détresse dedans. Comme des bouteilles à la mer, mais biodégradables, ce qui a beaucoup plu à Amy.

Samedi 4 août.
Line et Elodie en ont marre. Elles n’arrêtent pas de répéter qu’elles n’auraient pas dû venir, surtout qu’elles n’ont rien écrit dans le jeu d’écriture depuis des mois. Benoît, Jean-Seb et Quetschie se sont joint à elles.
P’tit Papillon s’est proposée pour les masser afin de les détendre. Etant donné qu’elle est kiné, ça devrait marcher.




Addendum.
C’était un piège. Benoît était le premier pour se faire masser, et Papillon lui a fait une clé au bras. Elle a dit que le prochain qui râlait y aurait droit aussi, et que les nouveaux comme elle, Michmaa, Kiémantine et Tchoumy aussi n’avaient rien écrit mais ne râlaient pas.

En parlant de ça, où sont donc passés Michmaa et Kiémantine ? Je ne les ai pas vu depuis avant-hier.

Dimanche 5 août.
Des objets ont échoué sur le rivage, dont un appareil photo et un jeu. Cumulo s’est emparée de l’appareil et a tout de suite commencé à nous photographier pour garder une trace de notre aventure. Ca servira aux générations futures selon elle (et pour faire jouer les générations futures elle va mélanger les photos. A nos descendants de les remettre dans l’ordre pour comprendre ce qui s’est passé).
Quand au jeu, eh bien c’est mon Monopoly. Je l’avais ramené sur la péniche au cas où on n’aurait rien pour passer le temps, mais les autres me l’avaient confisqué, disant que personne n’aime le Monopoly. Maintenant ils sont tous en train d’y jouer. Ils sont en manque, tous les autres jeux ont péri noyés, et le seul autre jeu sur cette île c’est « footcoco », inventé par Plaf et Yannick (comme le football mais avec une noix de coco. Et comme nous avons perdu nos chaussures dans le naufrage, Plaf et Yannick se sont explosé les pieds).
La Fan Absolue semble bien s’amuser derrière les buissons. Elle ne participe pas beaucoup, mais elle dit qu’elle prend beaucoup de plaisir à nous regarder nous occuper et qu’elle attend avec impatience de lire ce qu’on écrira sur cette aventure.

Toujours pas de nouvelles de Stou, Vinz, François, Michmaa et Kiémantine.

Mardi 7 août.
Nos noix de coco sont revenues avec leurs messages dedans, non lus. Dessus était écrit « affranchissement insuffisant, retour à l’envoyeur ».
Satanées PTT !!

Mercredi 8 août.
Vinz est revenu par la gauche. Il a fait le tour de l’île, et elle est pas mal grande. Aucun signe de civilisation, pas d’habitations, pas de port, pas de bateau, pas de bras pas de chocolat.
Ce qui est inquiétant c’est qu’il n’a pas croisé Stou, qui faisait le chemin en sens inverse. Où a-t-il bien pu passer ?
Mais la bonne nouvelle, c’est que Vinz nous ramène François. Le courant, taquin, l’avait emporté jusqu’à l’autre bout de l’île, mais le voici de retour !
Pour fêter ces retrouvailles, Playm et Plaf sont venus nous apporter du fromage de coco, première cuvée. Ils ont passé les derniers jours à en commencer la production en cachette. Ce n’est pas si mauvais, si on ne fait pas trop attention à la croûte rouge-vert du fromage. Et pour faire descendre le tout, Le Chat nous a donné de l’alcool de papaye qu’il a fait avec Yannick (ce dernier ne tenant plus sur ses pieds après avoir servi de cobaye pour la dégustation).

Addendum.
L’alcool de papaye servira pour désinfecter les blessures. Il doit titrer environ 97 degrés, et fait fondre les noix de coco qui nous servent de verres.

Jeudi 9 août.
La Fan Absolue et moi sommes d’accord : nous ne sommes pas seuls. Depuis quelques jours elle entend des murmures venant de loin derrière ses fourrés à elle, dans la partie obscure de la jungle. Moi-même qui ai l’oreille sensible j’entend des conversations lointaines la nuit, quand j’insomnie et que les autres dorment.

Il y a des Autres !

Vendredi 10 août.
C’est décidé, nous allons faire des tours de garde. Jour et nuit, il y aura toujours quelqu’un pour surveiller le large et faire un feu au cas où un bateau viendrait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Réponse de Jérôme : Île faut jouer aux jeux, partie 2 de 2   Lun 10 Sep - 17:25

Samedi 11 août.
Honte à nous. Nous aurions dû le faire plus tôt. Alors nous le faisons maintenant.
Quoi ? Construire un bûcher bien sûr !
Hier soir, quand Lally.Bellule surveillait le large, elle a vu un paquebot. Elle a donc voulu faire du feu, mais sans rien à brûler, sans briquet, sans allumettes, bref sans rien, elle n’a rien pu faire. Le temps de réveiller tout le monde et le paquebot était parti.

Le bûcher est fini. Benoît nous a donné une boîte d’allumettes, en prime. Nous sommes prêts. Le prochain bateau qui passe nous verra, c’est obligé !

Dimanche 12 août.
Igor a convaincu Noun et Sev de l’accompagner dans la jungle qui semble recouvrir la quasi-totalité de l’île (Plaf a calculé, d’après la vitesse de marche de Vinz, que l’île fait près de 7000km carrés – ce n’est pas une île de poche). Il a en effet lui aussi entendu des voix bizarres, et veut savoir qui en est à l’origine. Peut-être y a-t-il une civilisation ici ? Une ville d’asociaux ? Une ethnie jamais découverte ? Un parc d’attraction pour grands timides ? Bref, il y a une chance de trouver auprès de nos parleurs inconnus un moyen de revenir sur notre continent de départ.
Sev, Noun et Igor sont donc partis ce matin droit vers le centre de l’île. Je leur souhaite bon courage. Je les aurai bien accompagné, mais, euh, j’ai un journal à tenir.

Le trio est revenu quelques heures plus tard, apparemment après avoir bravé maints dangers et enduré moult aventures (dont une couture de T-shirt déchirée). Ils ont ramené Stou, Kiémantine et Michmaa. C’était eux, les voix dans la jungle. Il semblerait que Stou en ait eu marre de ne pas savoir qui étaient Kiémantine et Michmaa (ces deux-là faisant grand mystère de leur identité et de leurs occupations) et ait décidé de les torturer pour tout leur faire avouer.
En fait il a passé quelques jours à leur chatouiller les pieds (on est loin de 24H chrono). Cela n’a pas eu grand effet, et on ne sait toujours rien à leur sujet.
Pour punir Stou, le clan à voté : il est banni. Il quittera donc l’île dès que possible.

En même temps que nous, quoi.

Lundi 13 août.
Nous venons de recevoir trois noix de coco ce matin (dûment affranchies). La première était une facture EDF de 0Euros (mais il faudra envoyer un chèque quand même sinon ils feront venir les huissiers en pirogue), la deuxième concernait le loyer de l’île, et la troisième était la taxe foncière.
Le Minefi réussira toujours à retrouver quiconque lui doit de l’argent…

Plaf et Playm ont abandonné la production du fromage de coco affectueusement surnommé cocomemberg (malgré ma suggestion de l’appeler Christophelemberg, en hommage à Greystoke). Ils ont en effet vu trois de leur fromage tenter de s’échapper en rampant pendant la nuit, ce qui les a définitivement écoeuré.
Orlamonde, la Fan Absolue et moi en avons adopté chacun un. Ils sont mignons maintenant que leurs poils poussent…

Jeudi 15 août.
Il ne s’est rien passé hier.
Aujourd’hui non plus.

Vendredi 16 août.
Le mystère des noix de coco est expliqué : il s’agissait de Christelle qui, pour arrondir ses fins de mois, nous faisait parvenir de fausses factures par noix de coco. Par contre elle nie les faits concernant les noix de coco que nous avions nous-même envoyées. Il faudra enquêter.
Plus qu’à attendre que l’inspecteur Colombo gare sa voiture sur la plage.

Yannick continue tant bien que mal à essayer de faire de l’alcool de papaye buvable. On craint pour la vie de Meso qui s’était porté volontaire…

Samedi 17 août.
Pour passer le temps, Caro s’est mise à faire des bonhommes de sable. Ils sont très réussis, de l’avis de tout le monde. Deux d’entre eux, par vote unanime, ont été baptisés « MissKat » et « Mario Macho Lover ».
Sed a recommencé à bâtir un fort en sable, plus loin de la mer et près des bonhommes de sables. C’est son « Fort de Lug numéro 46 », après que les marées, le vent, les singes, les perroquets et un cocomemberg aient détruit les 45 autres. Il a de la suite dans les idées.

Dimanche 18 août.
Concours de sieste toute la journée, avec une heure de pause à midi pour ne pas trop se fatiguer.

Lundi 19 août.
François a lancé un jeu d’écriture aujourd’hui. Après avoir bien étudié les mouvements de marées, il a commencé à écrire un texte dans le sable. Juste deux phrases (je crois que c’est une citation de Victor Hugo, ou alors une publicité pour Hugo Boss, je ne me rappelle plus trop bien), au-dessus de l’endroit où les vagues les plus hautes finissent de mourir. Maintenant à nous de continuer le texte.
Deux personnes par jour peuvent écrire, maximum. A chaque marée basse. La marée haute finira par recouvrir le texte, jusqu’à à peu près les deux premières phrases. Nous auront donc deux textes à lire par jour (si on se dépêche avant que tout ne soit effacé, et c’est d’ailleurs la fin qui est effacée en premier), avec un début plus ou moins fixe (il est possible que plus de deux phrases restent lisibles au début, ou même qu’une grosse vague efface le tout, cela donne un effet aléatoire piquant). C’est une idée marrante. Amy a tout de suite commencé à écrire le premier texte.

Mardi 20 août.
Le Chat et Tchoumy m’ont secouru de la noyade in extremis. Je m’étais attelé à l’écriture du matin, sur la plage (un petit texte, pas plus de 45 ou 50 pages sous Word), et malgré le fait que la marée ait été basse sur le moment je me suis bien vite retrouvé à écrire sous l’eau en apnée. Ma phrase du moment était un peu trop longue, et j’ai perdu connaissance à trois mètres sous la surface…
Pourtant j’avais écrit le plus petit possible, avec des lignes serrées… J’écris trop, et ça me perdra (ah ben justement ça a failli !).

Mercredi 21 août.
Papillon a essayé aujourd’hui de prendre le large sur un radeau en noix de coco qu’elle a elle-même confectionné (avec l’aide de plusieurs de nos membres qu’elle avait menacé d’un « massage bulgare avec torsion-extorsion »). Les noix de coco sont reliées entre elles par leurs poils, soigneusement tressés et noués.

Réflexion faite, après naufrage, ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça.

Jeudi 22 v’la les flics.
Vinz et Romain nous ont donné une représentation de Hamlet (d’un Chat qui expire), avec une noix de coco dans le rôle de Yorick. Personnellement j’ai trouvé ça bien, mais il y a des mauvaises langues (suivez mon regard) qui disent que la noix de coco était de loin le meilleur acteur.
Il y a quelque chose de pourri au royaume du forum…

Vendredi 23 août.
En creusant les douves de son « Fort de Lug numéro 935 », ce matin, Sed a déterré un câble électrique qui courrait sous la plage. Il a immédiatement rameuté tout le monde.
Il a été décidé de voir jusqu’où il menait, nous nous sommes donc séparés en deux groupes pour explorer les deux directions.
L’une des extrémités du câble menait à une caméra camouflée en ananas dans un arbre (un goyavier, d’ailleurs). L’autre menait à une grosse boîte enterrée, pleine d’électronique, de laquelle partaient plusieurs dizaines d’autres câbles souterrains.
Quelle surprise ! Nous serions donc surveillés ? Mais par qui ? Et comment ont-ils su que nous étions là ? Et pourquoi nous observer sans nous secourir ? Et comment ont-ils fait pour installer tout ceci sans que nous ne nous doutions de rien ?
Mystère !
Nous nous sommes tous séparés afin de chercher d’autres appareils, et avons trouvé des dizaines d’autres caméras, des micros, des fusibles, des émetteurs, un radar… Le tout camouflé en pierres, fruits, faux perroquets, singes animatroniques, arbres factices, poissons téléguidés, crabes numériques, et même un nain de jardin posé en bordure de plage (une erreur de commande dans le catalogue de télésurveillance « les trois zéro zéro suisse », sans doute).
Qui donc pourrait vouloir nous surveiller à ce point ?
(Pour répondre à votre question : oui, nous sommes sûrs d’être le but de cette surveillance. Il n’y a rien d’autre sur cette île, c’est donc forcément pour nous surveiller que tout a été installé.)

Samedi 24 août, matin.
En me réveillant, j’ai tout compris. Je sais qui est derrière tout cela ! Je vais prévenir les autres.
(Dix minutes plus tard)
En fait les autres avaient déjà compris, j’ai trouvé Orlamonde, Le Chat, Amy et Tchoumy ligottés et questionnés par le reste du forum. Ils ont rapidement avoué.
Afin de ramener plus de monde sur le forum, et vu que le blog ne marche pas encore très bien (depuis le mal que j’en ai dit), Amy et Tchoumy ont eu l’idée de surfer sur la vague de la télé-réalité poubelle et de nous mettre tous en scène dans une sorte de mixe entre « les Robinsons du Loft » et « Secret Story Academy de l’île ». En nous filmant tous en train d’évoluer sur une île déserte et en passant les images dans un nouveau sujet du forum, ils espéraient rameuter les foules. Parmi tous les voyeurs que ça aurait ramené, on aurait bien trouvé quelques dizaines de lecteurs et pourquoi pas quelques participants de plus…
Ils ont donc contacté en secret Orlamonde notre cheftaine pour avoir son aval et Le Chat qui avait encore quelques millions d’euros à dépenser. A eux quatre ils ont ensuite monté un plan diabolique pour nous piéger : l’attrait d’un yacht, de vacances au soleil, et une fausse panne.
Ils ont d’abord loué une île pas trop chère, loin de la plupart des trajets de bateaux. Dessus ils ont placé pour plusieurs centaines de milliers d’euros de matériel de surveillance, le tout émettant sur une fréquence sécurisée vers un centre d’enregistrement en plein Paris. Là une équipe de professionnels étaient chargés de regarder les milliers d’heures enregistrées chaque jour, d’en tirer le meilleur, de faire un montage attrayant, et de placer le tout en ligne sur le forum.
Mais comme tout ceci commençait à faire très cher, ils n’ont pu louer qu’une péniche à la place d’un yacht. Une fois au large, ils ont tout de suite mit le cap sur l’île, sachant très bien qu’aucun de nous autres ne pouvait faire la différence entre une croisière en pleine mer et un trajet à toute vitesse vers un point donné.
Vers la fin du voyage, Amy et Tchoumy ont fait semblant de faire dériver le bateau. Puis le bateau lui-même a fait semblant de tomber en panne au large de l’île (le traître !). Pour terminer Le Chat a dirigé la péniche vers de faux écueils pendant qu’Orlamonde déclenchait le dispositif qui visait à simuler un naufrage (je me disais bien que la péniche avait sombré bien vite).
Nous nous sommes donc retrouvés sur la plage, surveillés à notre insu, conformément à leur plan.

Maintenant, nous en avons marre. Il est temps de rentrer !

Dimanche 25 août.
Le Chat a appelé le centre à Paris à l’aide d’un bigorneau-téléphone. Ils enverront un hélicoptère dès demain (aucun pilote ne veut écourter son week-end).
Les quatre comploteurs ont l’air très gênés.

Lundi 26 août.
L’hélicoptère est en vue.

Ca y est, nous sommes montés. C’est un grand hélicoptère de convoi de troupes de l’armée, il y a de la place pour tout le monde. Dedans se trouvait un caméraman, chargé de filmer notre retour en France. Il me regarde d’un drôle d’air, pendant que j’écris sur cette feuille de cocotier avec mon mélange « jus de mangue/guano ». Mais pourtant le jus de guano sert à stabiliser le jus de mangue… Sans ça tout s’efface…
Nous serons bientôt de retour dans l’hexagone. Nous avons déjà des nouvelles du forum : plus de 600.000 personnes suivaient nos aventures chaque jour. Certains d’entre eux (plus de 20.000) se sont inscrits, et chacun de nos anciens sujets a déjà vu plus de 4000 nouvelles réponses s’ajouter aux nôtres. Quel succès !
On voit même un peu partout sur le net des forums similaires se créer. On dit que l’imitation est la forme la plus sincère de la flatterie…
Ah, attendez, ça secoue trop pour que je continue d’écrire.

Mince, on perd de l’altitude.

Le caméraman vient de vomir sur sa caméra. Il sourit, il dit que ça passera en boucle au zapping de Canal+.



Nous avons tous survécu au crash, il me semble. Même mon cocomemberg. Nous soignons les blessés avec un peu d’alcool de papaye.

Mardi 27 août ? Mercredi 28 août ?
Orlamonde, Amy, Tchoumy et Le Chat – appuyés par le pilote, le copilote et le caméraman – nient toute implication dans le crash de l’hélicoptère. Selon eux, autant ils étaient coupables dans le faux naufrage, autant ils sont innocents dans ce vrai accident aérien. Certains d’entre nous sont tentés de les croire, mais nous sommes nombreux à fouiller notre nouvelle île, à retourner tous les cailloux, à sonder tous les fruits, à renifler chaque feuille de chaque arbre à la recherche de caméras, micros, émetteurs ou distributeur de boissons.
Pour l’instant rien.
Néanmoins nous entendons parfois de drôles de bruits venant de la jungle. Comme un bruit de déchirement métallique accompagné de déracinements d’arbres. Il faudra aller voir de quoi il s’agit, mais personne ne semble emballé à cette idée.
Mais notre survie en dépend peut-être. D’ailleurs Benoît et Line vont



Tiens, un ours blanc.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Réponse d'Amy : A la recherche du forum perdu   Lun 10 Sep - 17:30

A la recherche du forum perdu.



Pourquoi n'y a-t-il plus personne sur le forum ? Compte-rendu de la situation par Amy, envoyée spéciale pour "rien de tel".

Le 25 mai 2007, Orlamonde et le chat des voisins ont organisé une grande rencontre forumienne chez eux, à Lyon. Après quelques tours et détours insignifiants, Jérôme, notre auto-stoppeur, Tchoumy et moi-même arrivâmes tardivement chez nos hôtes. Ces derniers avaient déjà bien entamé l'apéro en compagnie de Sed, Tit-vinz, François et Anne-Marie.

Nous avons fait connaissance devant un délicieux repas. J'ai pu constater à cette occasion que mon pseudo, comme je me l'étais imaginé, était très mal choisi pour un environnement francophone [1]. Puis, l'euphorie du moment aidant (ainsi que le vin pour certains), une idée folle nous est venue : partir, tous ensemble.

Une fois esquissées les bases de notre extravagant projet, tout alla très vite. Nous prîmes la peine de laisser sur le forum un message résumant les grandes lignes de ce voyage insensé : monter à bord d'un navire quelconque, nous laisser guider par les flots et que vogue la galère vers la destination de son choix. Un voyage somme toute expérimental et pour le moins aventureux.

Quelques jours plus tard, nous prîmes le départ à bord d'une embarcation bretonne. Notre équipage de matelots débutants était constitué du noyau dur du forum. Orlamonde, notre capitaine, donnait les ordres. François, son second, l'assistait dans cette éprouvante fonction. Lavant plus blanc que blanc, Le Chat des voisins, notre Skip-eur, nous mettait dans de beaux draps en enlevant toutes les taches, quelle lourde tâche ! Tit-vinz, la vigie, signalait les récifs et bateaux à éviter. Sed, le porte-drapeaux, hissait nos couleurs. Jérôme, notre mascotte, organisait les distractions. Plaf, le mousse, plafait. Ce qui, en langage marin, signifie briquer et faire briller le bâtiment. Quant à moi, moussaillonne Amy, en tant que cuisinière officielle de ces joyeux lurons, je me devais de bien les nourrir, alors que nous étions tous les jours vendredi... Un poisson différent tous les jours. Une préparation différente tous les jours. Quel travail ! Imaginez-vous bien, ces milliers d'arrêtes et d'écailles à enlever !

Un matin, alors que j'écaillais justement une lotte (en me les caillant, car nous approchions du Pôle), j'entendis un horrible gémissement. Je m'élançais au dehors et y retrouvais les autres. Nous venions de heurter un iceberg. La coque étant fendue, nous prenions l'eau. La P'tite Annick était en train de sombrer. Notre embarcation fut très rapidement engloutie par les flots. Dix minutes plus tard, il n'en restait plus rien. Sauf son équipage. La panique put faire place au soulagement.

Les intrépides voyageurs que nous étions étaient sains et saufs... et frigorifiés. Dans l'agitation générale nous nous étions raccrochés aux seuls éléments flottants des environs [2] : de petits blocs de glace qui s'étaient détachés de l'iceberg. Malheureusement, nous dérivions à présent vers le Sud et les effets du Gulf Stream additionnés à ceux du réchauffement climatique accéléraient la fonte de nos canots de fortune. Un peu comme cela aurait été le cas pour les glaçons d'un verre de pastis laissé en plein soleil à midi au mois d'août. Alors que nos bouées improvisées prenaient des dimensions d'apéricubes, nous aperçûmes une île. Nous fîmes tant bien que mal, à la nage, le demi kilomètre qu'il restait à parcourir et échouâmes, épuisés, tels des cachalots centenaires, sur une plage de sable gris.

Après avoir retrouvé nos esprits et nos forces, nous décidâmes de faire le tour de ce qui semblait être une île. Une équipe partit à gauche, l'autre partit à droite, Jérôme prit la direction du centre.
Moins de dix minutes plus tard nos trois équipes se rencontrèrent. En considérant notre fatigue, l'île, car c'en était une, devait faire environ un kilomètre carré. A part la petite plage par laquelle nous étions arrivés, qui était d'ailleurs assez jolie, il y avait de la verdure et des arbres partout. L'îlot était visiblement désert. Ou peuplé de gens timides et très discrets. Nous espérions qu'elle n'abritait ni militaire en camouflage, ni bête sauvage, ni cannibale, ni résidence de vacances de I Muvrini, ni aucune autre présence hostile.

En bon centriste, Jérôme était passé par le coeur de l'île et y avait découvert une grande quantité de fruits et légumes sauvages, mais comestibles. A des fins de contrôle-qualité, notre chef Orlamonde désigna Plaf comme goûteur officiel. Je tiens à préciser que, alors que j'écris ces quelques lignes, il est toujours en parfaite santé.

Une coquette grotte de plain pied exposée plein sud, avec quelques ouvertures à l'est et à l'ouest, était située à deux pas de ce marché libre-service. C'était l'abri de fortune rêvé. Cependant, en l'explorant, nous tombâmes nez-à-nez avec un ours blanc... qui se prît aussitôt d'amitié pour Jérôme. Leur jeu préféré dès cet instant fut de courir l'un après l'autre. Je dois avouer que, le plus souvent, Jérôme est devant. Lors de ces moments magiques, le bruissement des feuilles dans les arbres et le chant des oiseaux prennent une sonorité différente et rappellent le thème musical de Benny Hill, accompagnant à merveille ces courses-poursuites.

La nuit, l'ours dort avec nous. Nous avions d'abord songé à le manger. Pas facile de devenir végétalien sans préavis. Nous rêvions tous d'un dernier repas de carnivores. Toutefois, François, qui s'était imposé comme sage du village, nous l'avait fortement déconseillé. Qui nous tiendrait chaud si l'hiver était rude sous cette latitude inconnue ? Nous nous étions alors rabattus sur de la viande de chat, mais ce fut au tour d'Orlamonde de poser son veto. Qui lui tiendrait chaud si l'hiver était rude sous cette latitude inconnue ?

Afin de nous sentir davantage chez nous, nous décidâmes le premier soir de baptiser l'île. La première proposition, un trait de génie de Tit-vinz, fut adoptée rapidement et à l'unanimité par Orlamonde. Notre nouveau chez-nous s'appellerait désormais Rien de terre. Cet hommage au forum qui nous avait guidé en ces lieux fut probablement la cause des étranges événements nocturnes qui suivirent.

La première nuit, les fantômes du forum apparurent. Tous les anciens participants répondaient enfin présents. Tonton Stou, Caro, Playm, Christelle, la fan absolue... Ils étaient tous là. Ils apparaissaient chaque nuit, de minuit au lever du jour.

Peu de temps après notre "découverte" de l'île, nous eûmes de nouveaux arrivants. Nous avions d'abord cru à des secours, mais n'ayant pas de GPS, c'était impossible. Finalement, nos espérances furent dépassées. Les nouveaux du forum étaient venus eux aussi, au grand complet : Sev, Romain, Noun, Qu'es aco?, Laly.bellule, Meso, Vincvial, P'tit Papillon, Kiemantine, Tchoumy, Michmaa, accompagnés de quelques robots. Ils avaient suivi le "plan" que nous avions laissé sur le forum, coulé en Antarctique à bord du voilier Le titane pique, puis dérivé comme nous, agrippés à des fragments d'iceberg et s'étaient retrouvés au même endroit que nous. Il devait très probablement y avoir non loin un courant favorable aux voyages expérimentaux et aux amateurs de jeux d'écriture.

Nous fîmes une grande fête pour accueillir les nouveaux, puis la vie reprit son cours.
La nuit, de grands jeux d'écriture orale sont organisés et tous y participent, sans exception, quel que soit le sujet, quelle que soit la saison. Plus de travail, plus de vacances, plus aucune excuse pour nous empêcher d'inventer de fabuleuses histoires.
Le jour, pendant que les robots cultivent la terre, pêchent et préparent notre nourriture, nous dormons et nous nous livrons à des joutes verbales, mais cette fois sans les spectres des anciens. Bref, nous sommes heureux là où nous sommes (mais où sommes nous ?).

Si vous lisez ces quelques lignes, c'est parce que je m'inquiète pour le forum qui n'a pas été mis à jour depuis bien longtemps. Alors je vous demande, vous qui avez trouvé cette bouteille à la mer, d'y faire quelques mises à jour, de lui redonner vie. Vous pouvez aussi y résumer notre histoire pour que nos familles et nos amis sachent que nous allons bien et comment nous rejoindre.

Voilà. Inscrivez-vous et lâchez-vous.
Bonne chance.

Amy.

[1] Amy étant un prénom anglo-saxon, il ne se prononce pas comme "ami". D'autant plus que cette prononciation me donne froid dans le dos. Mais c'est parce que j'ai trop lu l'excellent manga 20th century boys qui relate l'histoire d'un cinglé nommé Ami (au sens propre du terme). A l'oral, le -a- de Amy est un -a- anglais, à savoir -é- ou -éi- (comme dans "hey", sans le -h-, ou comme dans "éi, bi, si, di, i..."), mais pas -a-. Ca se lit à mi-chemin entre -émi- et -éimi-. Fin de la parenthèse phonétique.
[2] Comment voulez-vous que nous puissions nous raccrocher à quoi que ce soit ? N'avez-vous jamais remarqué que, dans un bateau, tout ce qui est susceptible de se détacher est toujours vissé ? C'est certes mieux quand ça tangue, mais si on coule ? Le nombre de bouées en cas de naufrage est fortement limité. Ca nous apprendra à mieux réfléchir quand le nom de notre embarcation nous rappelle quelque chose. (J'ai déjà entendu une histoire avec un bateau qui portait un nom comme ça, impossible de me souvenir laquelle...)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Réponse de Tchoumy (sa première!) : Lost in rédaction   Lun 10 Sep - 17:34

Lost in Rédaction

Un rouleau compresseur. Ou alors un marteau-piqueur. Oui, il fallait que ma tête soit au moins passée sous un de ces outils pour qu’elle me fasse autant souffrir. Je prend une grosse bouffée d’air : de l’iode. J’ouvre les yeux doucement. Un soleil aveuglant me transperce les pupilles et vient irradier ma petite cervelle endormie. La douleur se fait ressentir de plus belle. Après quelques secondes d’adaptation, je découvre la scène magnifique qui se trouve devant moi. Je réalise soudain que le ronflement que j’entendais était en réalité le doux ressac de l’océan. Les vagues s’écrasent sur la plage et me mouillent les pieds.

Bizarre… je n’ai pourtant pas le souvenir d’être parti en vacances. Vu l’état actuel de mon compte en banque, je n’aurai de toute façon pas pu me payer mieux qu’un week-end à Sarreguemines ! Alors autant rester à la maison avec un bon bouquin.

Après un rapide tour d’horizon, j’élimine définitivement la possibilité des vacances. Il n'y a pas un chat (des voisins) dans le coin et même pas un hôtel du Club Med, bref pas le moindre signe de civilisation aux alentours. Troublé et encore légèrement sonné, je décide de me lever et d’explorer les environs. Grand fan de Lost devant l'Eternel, je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec la première scène de cette série culte. L'idée m'amuse, je rêvasse les pieds dans l'eau sans vraiment faire attention à ce qui se passe autour de moi. Soudain, je suis tiré de mes pensées par des cris stridents. Une silhouette se profile au loin en agitant les bras. On aurait dit que le pauvre bougre avait le diable à ses trousses. Je commence à voir doucement les poursuivants de l’infortuné se dessiner à l’horizon et manque de m’étouffer de rire. Une véritable armée de pingouins s’était arrêtée à l’horizon, pestant contre quelqu’un qui n’était autre que Jérôme.

On devait être dans la version française… avec un peu de chance c’est moi Jack. Maintenant, il ne reste plus qu'à retrouver la carcasse de l'Airbus du vol Brest-Toulouse. Logiquement on devait alors être sur l'île de Ré. Ca perd quand même pas mal de son glamour…

Sans doute attirés par les cris de guerre des féroces volatiles, d’autres personnes firent ensuite leur apparition. Orlamonde, suivie de près par le Chat Des Voisins et d’autres têtes familières, émergent de la verdure. On aurait dit une tribu, tous portaient la même tunique noire et blanche. D’après la couleur et la texture de celle-ci j’aurais pu jurer que c’était de la peau de pingouin. La théorie me paraît saugrenue, mais elle a au moins le mérite d’expliquer la présence et la colère de l’étrange colonie d’oiseaux polaires. Le petit groupe d’humains, apparemment heureux de me trouver là, me souhaite la bienvenue. En fin de compte je suis chanceux dans mon malheur, j’ai au moins échappé aux cannibales réducteurs de têtes. Bizarrement, aucun de mes nouveaux amis, qui dans mes souvenirs habitaient à Lyon ou ailleurs en France, ne semblait surpris ou inquiet de se trouver sur une île sauvage perdue en plein milieu de l’océan. Je suppose que c’est une île, car aucun gouvernement décent ne laisserait des gens circuler dans des tenues pareilles. Je demande quelques explications à mon comité d’accueil, qui, contrairement à moi, semble se trouver très à l’aise dans cet environnement hostile. On me dit alors de patienter encore un peu, on m'expliquera tout au campement. Une fois sur place, je suis encore plus étonné qu’avant. Ce ne sont pas quelques tentes de fortune, faites de feuilles de bananier et de branches sèches, que j’y trouve, mais de belles cabanes en bambou d’apparence très solide. Un vrai petit village en somme. Mais je ne suis pas au bout de mes surprises. Toutes les personnes que je croise ont un point commun : elles font partie du forum !

Si je suis encore dans "Lost" je crois que j'ai du rater quelques épisodes, voire quelques saisons.

Tant de questions m’assaillent en même temps que je reste paralysé à l’entrée du village, incapable d’en formuler une seule. Orlamonde et le Chat Des Voisins me prennent alors par les bras et me conduisent dans ce qui semble être la plus grande cabane du village. Après m’avoir assis et fait boire un faux rhum à la mangue, mes hôtes organisent un grand rassemblement. Je reprends progressivement mes esprits et commence enfin à me détendre au sein de cette foule amicale. Au fil de la discussion, j’apprends les fonctions et métiers de chacun. Les tuniques ont été cousues par Amy pendant ses loisirs, à partir de peaux de pingouins issus de l'élevage de Plaf. L'incident de tout à l'heure était en réalité les conséquences d’une blague de Jérôme ayant mal tourné. La véritable occupation du farceur qui avait libéré par inadvertance la totalité du troupeau était barman. Amy, traductrice de son état, s’acharnait en temps normal à traduire d’anciennes inscriptions d’une grotte qui se trouvait au Nord de l’île, pensant qu’il s’agissait de fables antiques. Tit-Vinz, le bibliothécaire du village, s’amusait à cacher ses livres dans les endroits les plus incongrus, tandis que François, le grand sage, prenait plaisir à les découvrir et à les dévorer. Le Chat Des Voisins, quant à lui, était l’architecte de ce fameux village. Bref, chacun avait son rôle à jouer au sein de cette petite communauté sur laquelle la grande Orlamonde régnait en maître incontesté.

Une dizaine de verres plus tard dans la soirée, je finis par apprendre la raison de ma présence sur l’île. Tout était arrivé après m’être inscrit. Le premier sujet auquel je devais participer avait déterminé le thème de mon emprisonnement… merci Jérôme !! Mon sujet ayant été rendu en retard, la malédiction ne prendrait donc jamais fin. Mais bon, finalement, la tunique ne me va peut-être pas si mal !


(Prochainement, la saison 2 : Forum Break)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Réponse de Jérôme : Asîle politique, partie 1 de 2   Lun 10 Sep - 17:36

Un jour, aux alentours de février 2007.

Les membres de l’UMP ont décidé, pour relaxer le candidat Sarkozy (surmené par sa tentative de rester serein jusqu’à l’élection), de tous partir en croisière dans l’océan Atlantique. Pour cela ils ont emprunté un yacht à l’un des amis de Sarkozy, milliardaire de son état et l’y ont emmené de force (il ne voulait pas laisser Cécilia toute seule à terre, et encore moins la horde de journalistes domestiqué qu’il avait à sa charge) avant de larguer les amarres. Direction le soleil et la mer !
Sont présents tous ceux de l’UMP qui sont un peu connus des médias et mêmes certains autres. Sarkozy, Juppé, Villepin, Fillon, même Chirac est là (en même temps il est toujours partant pour des vacances au soleil). Ca va être la fête non-stop sur le yacht...

A peu près au même moment, quelque part en mer…
« Mais enfin, bibiche, il étaient tous d’accord… Tous les membres influents du parti socialiste se sont cotisés pour louer ce bateau de pêche pour t’offrir une petite croisière dans l’océan Indien, le moins qu’on pouvait faire c’était de les laisser venir avec nous… »
« Tu l’as dit, François, ils se sont cotisés pour M’offrir, à MOI, une croisière. Qui t’as dit de venir ? »
« Mais tu sais bien qu’on doit paraître unis, pour les médias. »
« Les médias, c’est pour Sarkozy. Nous, nous sommes pour une France plus juste, pour la France d’en bas, pour les pauvres, les sans- »
« Oui, c’est bon, on connaît. Arrête ton char les journalistes sont restés à quai. Et puis descend dans la cale, on va faire un scrabble. Straus-Kahn voulait faire un jeu de maths, mais Lang l’a calmé et convaincu. Allez, viens. »
« Va te – »

Mais laissons là cette tendre scène conjugale et revenons en France.
Dring !
Dring !
« Oui, allo ? »
« Allo, Arlette ? »
« Oui, c’est qui ? C’est pour une adhésion à Lutte Ouvrière ? »
« Non, c’est juste pour te faire bisquer. Qui dirige la France, maintenant que la Droite et la Gauche sont partis en mer ? »
« C’est toi Olivier ? »
« Mais non, franchement, est-ce que j’ai l’air d’un facteur… C’est moi, Philippe de Villiers ! »
« Ils t’ont laissé en charge du gouvernement ? »
« … Pas vraiment, mais en leur absence, qui d’autre que moi peut régner sur ce pays de d- »
« Si tu es qualifié, alors n’importe quel crétin l’est aussi. Bonne journée, Philippe. »
Et Arlette raccroche vigoureusement le téléphone, laissant de Villiers interdit à l’autre bout du fil.

Quelques temps plus tard, au large de la pointe sud de l’Amérique du sud.
« Mais qu’est-ce que tu fous à la barre, Nicolas ? »
« Ah, monsieur Chirac. En tant que représentant de la Droite, j’ai pris la décision de toujours aller plus à droite que la droite elle-même. Donc, barre à droite ! »
« On dit ‘Tribord’ en mer, mon petit Nicolas. Et maintenant avec tes conneries, d’après la carte nous sommes paumés dans l’océan Pacifique. »
« On ne peux pas s’y fier à cette carte. »
« Et c’est bien parce qu’on ne peut pas s’y fier que nous sommes dans le Pacifique. »
« … Il était temps que vous partiez à la retraite… »
« Jeune con. »
« Vieil ivrogne. »
« Toujours d’accord pour l’amnistie contre mon soutien ? »
« Bien sûr. »
« A plus. »

Environ au même moment, au large de la Nouvelle-Zélande (et donc pas très loin de l’Ancienne Zélande, je suppose), un ancien thonier reconverti fait route toujours plus à gauche. Fabius, Ségolène, Lang et Cresson regardent sévèrement François Hollande, à la barre.
« … Quoi ? Vous me reprochiez de ne pas être ‘assez à gauche’, de virer de plus en plus à droite… Maintenant on va en plein sur la gauche. » se défend Hollande.
« Il fallait allez politiquement à gauche, François, pas avec le bateau. » lui répond sa pacsée. « Maintenant nous sommes perdus de chez perdus, avec le réservoir à sec et le courant qui nous pousse n’importe où. »
« En plus en navigation on dit ‘tribord’, pas ‘gauche’. » précise Delanoë, de passage.
« Ta gueule Bertrand, c’est pas le moment ! » s’entend-il répondre.
Puis, par derrière, Kouchner arrive et murmure « Ne t’inquiète pas Bertrand, je suis avec toi. »
Et il disparaît dans un recoin obscur.

Comme d’habitude dans ce récit : au même moment, plus ou moins ailleurs.
Un homme d’âge mûr, cheveux foncés et grandes oreilles, pédale sur un pédalo au beau milieu de l’océan (le pédalo est baptisé « Babette »). Il a l’air perplexe.
« Je ne comprend vraiment pas. J’avais pourtant pris le meilleur de la carte routière à droite, le meilleur du GPS à gauche… Je n’aurais pas dû me perdre… »
Il fouille dans les objets répandus un peu partout dans le pédalo.
« Ah, les voilà. Alors… ‘Carte routière de Suède’… ‘GPS avec plans détaillés de l’Argentine sud’… Ah, ben c’est peut-être pour ça que je n’ai pas trouvé Limoge. Bon, et maintenant, comment je fais ? Je suis perdu au beau milieu d’un lac. Ou même d’une mer. Ou pire encore d’un océan ! Je vais me faire punir, en plus j’ai raté l’heure du dîner… Ah, mais non, attendez… Je ne suis pas ‘au milieu’ d’un océan, mais ‘au centre’ ! Oui, je suis au centre, tout va bien ! »
Et, le sourire revenu sur le visage de François, le pédalage reprend de plus belle avec vigueur et entrain.

Sur le yacht de Droite.
« Non, Nicolas, ne va pas tout droit ! Il y a une île juste devant ! » lance Debré.
« M’en fous, je n’ai jamais plié devant personne et tout a toujours cédé devant moi. Ce n’est pas une petite île qui va me faire peur ! » répond le candidat Sarkozy.
« Fonce au milieu des deux îles, Nico… » maugrée Borloo qui en est à son 12e pastis depuis le 14e apéritif du matin.
« Et puis d’abord quelle île ? » demande Sarkozy. « Je ne vois aucune île ! »
Chirac s’avance alors, prend Nicolas par les aisselles et le soulève les pieds à 60cm du sol, ce qui lui permet de voir par-dessus le tableau de bord.
« Oh, cette île-là… »
CRASH !!

Pas très loin, dans le thonier de Gauche.
« Viens François, je prend la barre. Tu commences à fatiguer, ça se sent. » dit Jospin. « Et puis, j’ai un peu l’habitude de mener tout ce monde, hein. » rajoute-t-il dans une tentative d’humour aussi ratée que rare.
« D’accord. Mais fait gaffe, il y a des récifs devant. »
« Où ça ? » demande l’ancien premier ministre.
Et, juste alors qu’il prend la barre en main, le navire heurte des hauts-fonds et commence à chavirer.
(CRASHAUSSI !!)
« Oh non, encore un naufrage de la Gauche ! » peut-on entendre, venant de la cale (je tairai l’auteur de cette phrase).
Cinq minutes plus tard, alors que tous les passagers de gauche embarquent dans une chaloupe de sauvetage, Lionel s’adresse à eux du pont.
« Sachez que j’assume la responsabilité de ce naufrage, et que je me retire définitivement de la navigation. En outre… Eh mais revenez ! » se met-il à crier lorsqu’il s’aperçoit que les autres s’éloignent déjà en chaloupe vers une île toute proche.
« Continue ton discours, nous sommes toute ouïe Lionel ! » lui lance Ségolène.
« C’était bien la peine de quitter l’île de Ré, tiens. » soupire Jospin alors que le bateau s’enfonce encore avec lui sur le pont.

Aux alentours.
A bord du pédalo, Bayrou est indécis.
« Voyons voir… Il y a une île devant moi. Comment la contourner ? Est-ce que je passe à droite, ou bien à gauche ? Cruel dilemme, les deux chemins me semblent strictement identiques. Il y a peut-être plus de récifs à gauche, mais j’aperçois des requins à droite. »
Puis, fidèle à ses habitudes, il se remet à pédaler en allant tout droit.
CRASH !
(Il est à noter que cela se passait déjà ainsi quand il lui fallait prendre un rond-point à bord de son bus au colza.)

Au même moment, devant son ordinateur, Jérôme prend la parole.
« Vous avez bien compris, ils sont tous arrivés sur la même île au même moment. Cela semble peu probable, et en effet c’est proche d’impossible. Néanmoins c’est ainsi que je raconte, alors veuillez attendre la fin de l’histoire avant de râler.
J’ajouterai encore que cette île est une île dite ‘déserte’, car il ne s’y trouve aucun natif, et que de plus cette île n’est sur aucune carte maritime – et encore moins routière, au grand dam de Bayrou. Nos naufragés politiques sont donc livrés à eux-mêmes pour ce qui risque d’être un très long moment.
Enfin, si vous me permettez d’écourter ce récit de cette façon, je terminerai en disant que tous nos naufragés savent que cette île est déserte et perdue. Ca m’évitera d’avoir à écrire trente fois la même scène, et vous aurez donc trente pages de moins à lire.
Merci qui ? »

Rapidement nos naufragés s’installent sur l’île. Ceux de l’UMP restent à la droite de l’île, à côté de leur yacht échoué. Ils ont tout ce dont ils ont besoin, les cales du navire étant encore pleines de champagne, caviar, petits fours et DVDs à voir. Nos socialistes locaux, eux, prennent leurs quartiers à gauche de l’île, juste hors de vue du thonier échoué. Ce dernier avait sombré dans les hauts-fonds et la cabine de pilotage était encore hors de l’eau. Lionel s’y était installé, dans une solitude et une rage froide que seuls les gardiens de phare bretons dont la femme est volage peuvent connaître.
Nos socialistes, donc, se trouvent sans rien. Toutes leurs provisions se trouvent encore dans les cales du thonier, et ils se sentent très malheureux.
« C’est encore la faute de la Droite ! » s’exclame Straus-Kahn.
« Pourquoi dis-tu ça ? » s’étonne Ségolène.
« Parce que c’est ce qu’on dit toujours. C’est notre devise. Regarde. Eh, Hollande, le tsunami en 2005 ? »
« C’est la faute de la Droite ! » répond Hollande.
« Tu vois ? »
L’un d’eux s’exclame alors que c’était là l’occasion parfaite de vivre comme vivent les français de leur électorat : dans la pauvreté et le dénuement. Il leur faut utiliser le système D, être inventifs, ne pas craindre l’adversité, bref utiliser leurs méninges pour une fois !
« Nos quoi ? » demande Ségolène.
« Comme dans ‘tournez méninges’ il y a quelques années à la télé ? » se risque Lang.
« Vous le faites exprès ou quoi ? » les sermonne Fabius (qui pourtant ne sait pas non plus de quoi ils parlent).
Bref, les socialistes se mettent au travail pour trouver de quoi manger, de quoi se chauffer pendant la nuit, et de quoi se construire un abri.

Trois heures plus tard.
L’UMP vivote.
Les socialistes pleurent devant l’étendue de leur incompétence.
Bayrou erre dans la jungle à la recherche de quelque chose d’utile.
Puis la nuit vient.

Le lendemain matin.
Epuisés par une nuit d’angoisses nocturnes provoquées par les mille et un bruits de la jungle environnante (dont les ronflements de Guigou), les socialistes assistent déprimés au lever du soleil sur l’océan. Afin d’éviter le suicide collectif ils décident de se séparer pour la journée et de chercher dans la jungle de quoi survivre.
Oui, car la veille ils n’avaient pas quitté la plage. Ce qui explique qu’ils aient aussi très faim.
Bref, chacun s’en va dans la jungle (excepté Ségolène qui, pour son ordre juste dans son camp juste entouré de jungle juste, veut juste qu’on lui foute la paix) seul ou en groupe. Ainsi Fabius et Strauss-Kahn s’en vont-ils ensemble. Afin de passer le temps, Dominique tente de commencer une conversation.
« Alors, euh, Lolo… Comment va la famille ? » demande-t-il.
« Ah non, ça ne va pas recommencer ! » explose Fabius. « Je m’appelle LAURENT ! L-a-u-r-e-n-t ! Pas Lolo ! J’ai été nommé par mes parents, pas les Guignols ! »
« Mais, euh… »
« Depuis cette fichue marionnette, partout où je vais-je me fait appeler ‘Lolo’ ! Franchement, avoir fait toutes ces années d’études pour finir par se faire appeler Lolo par des culs-terreux en visite au salon de l’agriculture, ça me fait mal ! J’aurais cru qu’au moins mes collègues du PS l’auraient compris ! »
« … Tu sais, Laurent, je crois que c’est pour ça que personne ne t’invite jamais nulle part s’il n’y a pas de journalistes. »

Mais l’aube se lève aussi sur le yacht de droite. Deux douzaines de gueules de bois sont ainsi découvertes, ainsi que trois crises de foie et une crise de colère.
Cette crise vient évidement de Nicolas qui, sobre et ascète, s’était couché à 9H du soir la veille et n’avait pas assisté aux agapes. Il découvre maintenant ses collègues affalés un peu partout sur le pont, dans les chambres, dans la cale, et même l’un d’eux entre deux compresseurs dans la salle des machines. Borloo, bien sûr.
Après avoir copieusement insulté tout le monde (mais ce n’est pas grave, ils étaient bien trop dans le cirage pour s’en rendre compte), il laisse juste quelques mots passer par ses lèvres.
« L’aube des morts-vivants… »
Car en effet l’UMP a ce matin une gueule de déterrée.
Et, afin que cela ne se reproduise plus, il prend une grande décision : tout l’alcool, toute la bouffe riche, tout ce qui mène à la déchéance : raus ! (en allemand dans le texte)
Il commence donc de fréquents allers-retours entre la cale et le bastingage, ramenant à chaque fois quelque chose à jeter par-dessous bord (car ‘par-dessus bord’, c’est trop haut pour lui).
Plus de 275L de champagne furent ainsi versé dans l’eau.

On raconte que c’est depuis ce jour-là que les crabes marchent de travers.

Dans le thonier des socialos.
Lionel boude en mangeant un sandwich bœuf-échalottes-crevettes. Il se dit que ce sandwich a un arrière-goût amer de trahison. Ou peut-être les crevettes sont-elles avariées, allez savoir.
Il rumine des idées noires, seul et assis à même le sol de la cabine du navire échoué, et réfléchit à un moyen de se venger. Il n’entend donc pas la porte s’ouvrir doucement, ni quelqu’un entrer subrepticement pour chipper un sachet de curlys aux fraises. Mais c’est alors que la coïncidence entre en jeu : voulant faire passer le goût de la trahison (ou des crevettes, donc), Lionel lance au même moment son bras en arrière dans le but de se saisir d’une bière et d’étancher sa soif.
Sa main rencontre celle de l’inconnu. Lionel regarde en arrière. Il aperçoit, dans la faible lumière passant par les vitres sales, un être étrange, humanoïde mais recouvert de varech.
« Ah, mon Dieu, c’est Patrick Duffy de l’Homme de l’Atlantide, argh ! » hurle-t-il de toute la capacité de ses poumons de gauchiste.
« Mais non, Lio, c’est moi, Oli ! » répond alors Besancenot.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Réponse de Jérôme : Asîle politique, partie 2 de 2   Lun 10 Sep - 17:38

Quelques temps plus tard, au camp du PS.O.S., quelques membres sont déjà de retour. Ils apportent des bananes, des mangues, des noix de coco, des branchages pour un abri de fortune, bref pour une fois ils font ce qu’il faut. C’est alors que Martine Aubry revient en courant, essoufflée et visiblement effrayée.
« Ben alors, Martine, qu’est-ce qu’il t’arrive ? » demande Ségolène.
« J’ai vu… J’ai vu un mendiant !! »
« Un quoi ? » s’étonne Emannuelli.
« Un mendiant. Un sans-abri, quoi. » répond Aubry.
« C’est quoi, ça ? » demande Hollande.
« J’en ai entendu parler. » répond Jack Lang. « Il s’agit d’un citoyen qui ne gagne pas autant d’argent que les autres – parfois moins de dix mille euros par mois – et qui est obligé de vivre dans la rue et de demander l’aumône aux passants. C’est une sous-classe de pauvre. »
« Mais c’est affreux ! »
« Mais c’est terrible ! »
« Mais c’est une légende, voyons. Si ça existait, nous en aurions déjà vu ! » rationalise Strauss-Kahn. « D’ailleurs les mendiants vivent dans la rue, or il n’y a pas de rue sur cette île. Donc il n’y a pas de mendiant. »
« Et à quoi as-tu vu qu’il s’agissait d’un mendiant ? »
« Il était tout sale, avec de vieux vêtements déchirés et une grande barbe ! » répond Aubry, toujours traumatisée de sa rencontre avec le quart-monde.
« Ce n’était pas Borloo ? Il fait parfois cette impression. »
« Et pourquoi pas le Père Noël ? Borloo n’est pas là et de toute façon il n’a pas de barbe. »
« C’est peut-être Robert Hue, non ? Vieux vêtements, barbe… »
« Mais il n’était pas sur le bateau. »
« Ah, oui, tiens. »
Mais laissons là nos socialistes discuter et allons voir ailleurs. Ah, le PS, toujours à parler pour ne rien dire plutôt que de faire des choses utiles…

Notre Bayrou national, lui, continue de chercher dans la jungle de quoi survivre. A chaque fois qu’il croise un bananier avec trois bananes, il prend celle du centre. Trois noix de coco sur un cocotier ? Il prend celle du centre.
Autant dire qu’entre les bananes qui ne poussent qu’en régimes de 200 et les noix de coco qui vont toujours pas paire, il va vite mourir de faim. Surtout qu’à force de tourner dans tous les sens dans la jungle, il ne retrouvera jamais le chemin jusqu’à son pédalo.
C’est alors qu’au bord du désespoir il voit, au milieu du chemin, une étrange plaque métallique posée sur le sol. Il se rapproche pour l’examiner, et c’est alors qu’il se rend compte qu’il s’agit d’une porte scellant l’entrée d’un souterrain.
« Chouette, il y a peut-être de la nourriture dedans. Et en plus c’est au centre du chemin, c’est un signe ! »
Seulement voilà, lorsque Bayrou tente de soulever la trappe, il s’aperçoit qu’elle est fermée. Il a beau tirer de toutes ses forces de centriste (il peut soulever jusqu’à 18kg en développé-couché) rien n’y fait : la trappe ne bouge pas d’un iota. Il s’asseoit donc pour reprendre son souffle et c’est alors qu’il voit une série de chiffres gravés sur le montant de la trappe.
« 4-8-15-16-23-42 ? Mais qu’est-ce que ça peut vouloir dire ? Ah, mais oui, je me rappelle ! C’est le numéro de téléphone du siège du Front Natio- »
La trappe s’ouvre alors dans un grand fracas. Un petit homme sale, barbu et mal habillé en sort à moitié.
« Tu vois Jean-Marie, je t’avais dit que cette île était infestée de gauchistes ! D’abord Aubry, et maintenant Bayrou ! »
« D’abord je ne suis pas gauchiste, mais centriste ! » se défend Bayrou, pas encore tout à fait remis de cette apparition. « Et d’abord qui êtes-vous ? »
Le petit homme sale fait place à un grand homme sale, barbu et borgne.
« Bon sang c’est vrai ! Les gauchistes c’est comme les punaises : il y en a partout. Et ils puent. Désolé d’avoir douté de toi, Bruno. »
« Je suis CENTRISTE bon sang ! »
« Mais par rapport à l’extrême-droite, tu es à gauche. Donc, gauchiste. Dégage ! »
C’est avec ces paroles que Bayrou reconnaît enfin Bruno Mégret et Jean-Marie Lepen. Il leur demande alors ce qu’ils font sur cette île perdue au milieu de nulle part, et Lepen lui répond alors que les deux extrêmes-droites ici présentes avaient décidé de faire la paix et de s’unir pour créer, et ce dans le plus grand secret, le parfait candidat pour la présidentielle. Ils avaient convenu de louer une île déserte, d’y construire un bunker souterrain invisible des satellites et là de mener des expériences génétiques visant à créer un sur-homme, raciste, chauvin, aryen, et surtout télégénique (pour se faire élire). Ce qu’ils n’avaient pas prévu dans le bunker, c’était une salle de bain. Ce qui explique la barbe et l’état de saleté dans lequel Aubry et Bayrou les ont trouvés…
« Mais… Et vous avez réussi à créer le super-raciste éligible de vos rêves ? » s’inquiète Bayrou.
« Eh bien… » commence Lepen, embarrassé. « Nous avons mélangé les chromosomes de Jeanne d’Arc pour la fougue, de Hitler pour l’esprit manipulateur et le racisme, de Napoléon pour la soif sans borne de conquête, de Machiavel pour des raisons évidentes, et de Jörg Haider pour un peu plus de xénophobie. Bref, le mélange idéal sur le papier. »
« Et tout ce que nous avons obtenu jusqu’ici… » complète Mégret « ce sont des photocopies conformes de Nicolas Sarkozy. Un échec total. »
« On ne peut pas présenter le même candidat que la Droite, quand même. Ce serait déshonorant. »
« Oh, écoutez ! » lance soudain Bayrou. « J’ai entendu ‘Heil Hitler’, et ça venait du fond de votre bunker ! »
« Notre expérience ! Elle a enfin marché ! » s’exclament les deux extrêmes-racistes de concert, au comble du bonheur. « Allons voir le résultat ! » continue Mégret, « Je suis enfin fier d’être père ! » conclue Lepen.
Et les deux compères s’en retournent vivement au fond de leur repaire. Vif comme l’éclair, Bayrou se précipite alors sur la trappe, la referme, déplace un lourd rocher pour le poser dessus puis s’en va couper deux arbres qui vont s’abattre sur la trappe.
« Voilà, comme ça ces deux malades ne sortiront plus d’ici. Mon stratagème a marché ! »
Et Bayrou, tout fier, s’en va dans la jungle en sifflotant le générique du « club des cinq ».

Pendant ce temps, au camp de la Droite (pour ceux qui aimeraient savoir).
Nicolas, fouet en main, fait courir les autres droitistes le long de la plage dans un jogging effréné. Suivant le précepte « un esprit sain dans un corps sain », il leur fait évacuer ce qu’ils ont bu et mangé la veille.
« Et maintenant mes cocos, ça va être fruits, légumes et eau plate jusqu’à ce qu’on vienne nous sauver. C’est une occasion à ne pas manquer : notre séjour sur cette île sera une cure de jouvence – et d’amaigrissement – pour une droite jugée trop bourge et déconnectée de la réalité. Quand j’en aurai fini avec vous, vous aurez tous l’air de VIP : sveltes, musclés, bronzés, avec des yeux bleus et des cheveux partout. Non mais ! Le programme, maintenant, c’est deux heures de jogging matin et soir, une heure de séance abdos-fessiers avant midi, poids et altères quatre fois par jour, et le reste du temps ce sera recherche de nourriture saine et réflexion profonde sur ‘comment se faire secourir’ ! »
Chirac s’approche alors de Sarkozy, une bière à la main, et lui demande :
« Dis-moi, Nicolas, tes petits trucs, là, ça nous concerne tous ? Vraiment tous ? »
« Non, seulement ceux qui auront une place dans mon gouvernement. Vous pouvez retourner cuver – euh, profiter du séjour, je veux dire – dans le yacht, tranquillement. » lui répond Sarkozy.
« Merci. A bientôt, petit con. » dit Chirac en s’en allant.
« Adieu, vieille chose. » lui répond Nicolas une fois le président hors de portée d’oreille.
« Dites, monsieur Sarkozy, si c’est seulement votre futur gouvernement qui doit courir, je peux aussi prendre ma retraite… » intervient Raffarin.
« Toi, tu te tais et tu cours. Tout de suite. »
« Jawohl mein general ! »
« Et plus vite que ça, Villepin, et surtout remets ta chemise ! Et Alliot-Marie, enlève ces talons haut ! Et Bachelot, met une bourca, tu fais peur à Douste-Blazy ! »
Bref, tout va bien pour nos vacanciers…

Au camp des socialos, Delanoë fait sa réapparition.
« Eh, tous, vous savez quoi ? J’étais en train de construire un stade dans la jungle, pour les Jeux Olympiques ‘Île Déserte 2012’ et je suis tombé sur lui ! »
Et derrière Bertrand, Bayrou fait son apparition.
« Salut ! »
L’accueil est évidemment froid, surtout du côté de la gauche pour qui la dichotomie bien/mal, blanc/noir, chaud/froid et gauche/tout-le-reste est ancrée de façon quasi-génétique. Bayrou essaie bien un de ses discours sur ‘il faut tous se serrer les coudes, se donner la main, venir au centre pour faire quelque chose de bien, rien n’y fait. Les autres le regardent à peine et ne s’intéressent pas beaucoup à l’histoire de son naufrage. Seul Delanoë se dévoue pour lui raconter leur naufrage à eux – en laissant de côté l’abandon de Lionel – et pour lui faire un peu de conversation, mais il abandonne bien vite quand Bayrou commence à parler du dernier épisode des Bisounours. Bertrand s’en retourne finir son stade d’athlétisme avec piscine intérieure et stand de frites incorporée (pour ceux qui se posent la question, oui, il a abandonné son idée de ‘île déserte plage’ pour laquelle il voulait exporter du sable de la plage pour créer une plage artificielle au beau milieu de l’île), et Bayrou reste alors seul, assis sur la plage. Moment inconfortable.
C’est alors qu’à sa grande surprise, Ségolène vient s’asseoir à côté de lui, toute sourire. Elle commence par le féliciter pour sa récente hausse dans les sondages, puis commence à parler des points communs entre leurs deux programmes. De fil en aiguille, utilisant son charme fémi- euh, politique, elle en arrive au sujet important : Bayrou serait-il d’accord pour une alliance avec le PS ?
« Tu veux dire, pour sortir de l’île ? »
« Non, après. Pour les élections. »
« Mais un seul peut être élus, nous ne pourrons pas être tous les deux présidents… »
« C’est vrai. Mais si tu perds tout seul, tu n’auras rien. Alors que si tu dis à tes électeurs de voter pour moi, je te réserve une place de choix dans mon gouvernement. Tu ne seras certes pas le grand gagnant, mais tu ne feras pas partie des perdants. C’est une solution juste à une situation injuste. »
« Mais je peux aussi être président tout seul, et après former mon gouvernement avec des gens de gauche et de droite, en plus du centre. »
« Allons, aucun socialiste ne va quitter le P.S., même si nous perdons – ce qui n’arrivera pas. Nous avons des convictions politiques fortes, il ne s’agit pas simplement de s’allier au vainqueur. »
« Que tu dis. »
« Et pour te convaincre, je suis prête à aller plus loin… Si une place dans mon gouvernement ne te suffit pas, tu peux avoir une place plus… Près de moi… »
Ségolène se rapproche alors doucement de Bayrou en dénudant légèrement son épaule.
« Tu sais, j’ai toujours eu un faible pour les ‘François’… »
C’est alors que Bayrou se lève brusquement et repart vers la jungle, en maugréant des phrases telles que « Tous les mêmes », « seraient prêts à vendre leurs mères » et « politique pourrie ! ».

Sur un thonier échoué…
« Alors comme ça, tu étais caché dans la cale, Olivier… »
« Ben oui. Vous autres gros bourges du PS, vous dépensez le fric des membres payants pour des voyages hors de prix. Ca, OK. Mais que vous n‘invitiez pas vos amis sous prétexte qu’ils sont un peu plus extrême que vous, ça c’est pas bien ! Alors quand j’ai appris votre départ j’ai sauté sur mon vélo, pédalé jusqu’au port, et je me suis introduit nuitamment dans la cale de votre navire. J’ai survécu en mangeant vos restes et en buvant de l’eau qui suintait entre les planches. »
« Mais c’est horrible… Quelle façon affreuse de voyager ! »
« Oui, réflexion faite j’aurais mieux fait de rester chez moi. Je n’ai pas réfléchi. »
« Comme quand tu te présentes à l’élection présidentielle. »
« Oui, parfaitement. Je – eh, non, ma candidature est réfléchie ! »
« Comme ton programme de révolutionnaire qui aurait pour résultat l’élimination de la fonction présidentielle… »
« Bien sûr, une fois que je serais président : hop, plus de président ! »
« … »
« … Eh, mais ça veut dire que je ne serais plus président, alors ? »
« Oui. »
« Et je redeviendrai personne, un petit facteur de rien du tout ? »
« Non. Sans gouvernement, plus de poste. En tout cas plus la même. »
« … Ben mince alors. Arlette ne m’avait jamais dit ça… »
« Passe-moi le fromage. Et après on discutera de la fondation d’un nouveau parti de Gauche. »

Au camp de la droite, le jogging a cessé. Ils sont maintenant en train de vaquer à diverses occupations. Debré, Ferry et Villepin ont réfléchi et ont fait part à Sarkozy de leur grande idée : bâtir un bûcher très haut, et l’enflammer lorsqu’un navire passera à proximité. Comme un feu de la Saint-Jean. Nicolas étant d’accord, la construction est déjà entamée.
En cherchant des fruits, Fillon tombe nez à nez avec quelqu’un qu’il n’avait jamais vu.
« Mais qui êtes-vous ? » demande-t-il, très étonné.
« Mais… C’est moi. Jean-Louis. » s’entend-il répondre.
« Mais non, Debré est en train de jouer aux legos avec des bouts de bois sur la plage. »
« Borloo, voyons. On se connaît depuis très longtemps… »
Fillon regarde alors à nouveau l’inconnu devant lui. Bien coiffé, rasé de près, bien habillé, et surtout très propre de partout et l’air sobre comme un moine bouddhiste.
« Pas possible… Mais que t’est-il arrivé ? Tu t’es fait mordre par Monsieur Propre ? Tu es tombé dans une cuve d’adoucissant pour le linge ? Un coiffeur-garou t’a mordu ? »
« Mais non. Si je suis toujours débraillé, mal coiffé et pas lavé quand on est en France, c’est parce que je passe mon temps à bosser. Il n’y a que la coke qui me fasse tenir, la plupart du temps. Tous les dossiers sociaux, c’est moi qui les résous. Les HLM à construire ? C’est moi. La cohésion sociale ? C’est moi. Les 200 immigrés illégaux qui travaillent gratos dans le sous-sol de notre QG de campagne pour faire nos affiches ? Encore moi. Je bosse 22 heures par jours, moi, je n’ai jamais le temps de m’occuper de moi-même. Sauf maintenant. Avec le programme de vacances pour fillettes anémiques que Sarkozy nous ‘impose’, j’ai plein de temps libre. Alors voilà, je me soigne. J’ai même eu le temps de construire un petit spa, par là… »
« Eh bien, si j’avais su… »
« Tu me suis ? J’avais prévu de me manucurer un peu avant d’aller chasser le sanglier. »

Au camp socialiste.
« Quelle fabuleuse idée tu as eu, Bertrand ! » s’écrie Ségolène. « Bâtir un bûcher de cette taille pour avertir les navires de notre présence, c’est brillant ! »
« Oui, tu nous sauves tous ! » ajoute Hollande.
« Mais vous ne toucherez pas à ce bûcher, bande d’abrutis ! C’est pour 2012, pas avant ! C’est pour y mettre ma flamme Olympique… » répond Delanoë, rêveur.
« Et, euh, est-ce que quelqu’un a du feu, de toute façon ? » demande Fabius.

Ils sont bien partis pour rester.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Réponse de Jérôme : Asîle politique, partie 3 de 2   Lun 10 Sep - 17:39

Au camp de droite.
« Moi non plus je n’ai pas de feu. »
« Moi non plus. Désolé Nicolas. »
« Je crois que Chirac a un briquet. »
Eux, au moins, ils sont préparés. En effet, Chirac a toujours un briquet sur lui au cas où les cheveux de sa femme prendraient trop de place une fois choucroutés.

Au milieu (pas au centre).
Deux hommes très sales sont assis sous une trappe métallique bloquée.
« La prochaine fois, il faudra qu’on pense à deux choses : primo, fait deux sorties au bunker, et secondo installer des toilettes à l’intérieur du bunker. »
« Tais-toi, je me concentre pour me retenir. »
« Bah, il faut faire contre mauvaise fortune bunker… »

Au centre.
« Voici veniiiiiiir le teeeemmmmps, des rires et des chaaaaaaaants… »

A droite. Balle au centre.
A force de marcher, Bayrou fini par arriver au camp de droite. Tout le monde est très surpris de le voir là, mais pas autant que d’apprendre que la Gauche, elle aussi, se trouve sur cette île (Bayrou tait cependant la présence du bunker de l’extrême-droite, de peur que Sarkozy n’aille s’en faire des alliés).
Immédiatement, les idées pour pourrir la vie des gauchistes fusent. Pisser dans leurs réserves d’eau, lâcher un phacochère dans leur camp, les égorger dans leur sommeil, envoyer Bachelot s’installer chez eux, etc, etc.
Mais Sarkozy leur dit de stopper, car il a d’autres idées à leur sujet. Mais d’abord, il s’intéresse au cas de Bayrou qui vient de finir son repas (une tentative d’amadouement). Il va, lui aussi, s’asseoir tout sourire à côté de lui sur la plage.
« Ah non, je te préviens, si tu dénudes ton épaule je m’en vais ! » s’exclame Bayrou.
« Mais, euh, non, je veux juste parler… Par exemple, sais-tu que nos deux programmes ont beaucoup de points communs ? Si nous le voulions, nous pourrions gagner à deux. En nous alliant tous les deux contre la gauche. »
« Mais je n’ai rien contre eux ! Au contraire, je veux prendre des gens de chez vous, des gens de chez eux, et des gens de chez moi pour mon gouvernement. »
« Les gens de chez toi ? Tu en as ? »
« Pas ici, mais dans mon parti politique. »
« Tu as un parti politique ? Non, non, je plaisantais. Regarde la vérité en face : tu ne peux pas être président. Ca fait vingt ans qu’on leur rabâche que la politique c’est la droite contre la gauche, avec exclusion mutuelle. L’électeur n’est pas capable d’imaginer une autre façon de penser. Ce n’est que ‘la droite c’est bien donc la gauche c’est nul’, ou ‘la gauche c’est super donc la droite c’est le diable’. Et tout le monde s’en porte bien. »
« Mais non, le peuple français en souffre ! A chaque fois qu’une bonne idée est lancée par un côté, l’autre côté fait tout pour la faire rater. Et on a des millions de chômeurs, de pauvres, des retraites trop faibles, des… »
« Non, non. Je parle des hommes politiques. Ils s’en portent bien, non ? C’est ça, le plus important, non ? »
« Non. »
« Pourquoi ? »
« Parce que. »
« Mais ce n’est pas une réponse, ça, ‘parce que’ ! »
« Si c’est une réponse. »
« Non ce n’est pas une réponse. »
« Et pourquoi ça ? »
« Parce que ! »
« … »
« … Ah, oui, d’accord. Bref, rejoins-nous. Tout ce que tu as à faire, c’est te retirer de la course en disant à tout le monde de voter pour moi. Et ensuite tu auras une place de choix dans mon gouvernement. »
« Quelle place ? »
« Eh bien… Premier ministre ? J’avais pensé à François Fillon, mais François Bayrou c’est bien aussi. J’ai toujours eu un faible pour les François… »
« AH NON ! Ca ne va pas recommencer ! » s’exclame Bayrou en bondissant debout. « Je préfère m’en aller tout de suite. Salut ! »
Et François s’en va dans la jungle.
Fillon, lui, s’approche alors de Nicolas, tel Kaa le serpent s’approchant de Sher Khan.
« Alors ? Que faisons-nous ? »
« Comme d’habitude, François. On corrompt, on trahis, on fout la merde. Allons au camp des socialistes… »

C’est alors ainsi que Bayrou s’en va, rebroussant chemin pour essayer de retrouver son pédalo. Au passage il rassemble du bois sec, pour un petit feu de camp. La nuit approche.
Sarkozy et Fillon, eux, s’approchent du camp socialiste.
Delanoë, lui, est ligoté et bâillonné à quelques pas de son bûcher.

Une fois arrivés près du camp socialiste, Sarkozy et Fillon se séparent. Chacun a sa mission. Le petit Nicolas repère bien vite une proie, et se jette dessus tel un aigle sur une souris. Ou un charognard sur une charogne.
« Bernard, content de te voir ici ! » s’exclame Sarkozy, prenant Kouchner par l’épaule autant que par surprise. « Que me vaux le plaisir de te voir ? »
« Tu peux arrêter de sourire aux photographes en me serrant la main. Il n’y a pas de photographes ici. » répond Kouchner, méfiant.
« Excuse moi. Déformation professionnelle. Que fais-tu donc ici ? »
« Moi et les autres socialistes avons chaviré près d’ici. Et toi ? »
« Eh bien nous aussi, figure-toi. Tout l’UMP. Mais nous ne resterons pas ici très longtemps, nous avons un plan, vois-tu. »
« Lequel ? »
« Nous bâtissons un bûcher pour faire un signe aux bateaux. Donc nous allons rentrer en France d’ici peu. Pas les socialistes. Nous allons gagner les élections par contumace. »
« Oulah ! » s’exclame alors Kouchner, qui n’est pas au courant du bûcher socialiste. « Mais, dis-moi, pourquoi me dis-tu cela ? »
« Parce que j’ai une proposition que tu ne pourras pas refuser. » répond Nicolas.
« Une place dans ton gouvernement si je trahis les miens et vous rejoint ? »
« Euh… Oui, c’est ça. » commence Sarkozy.
« Ok, je viens. » l’interrompt Kouchner.
« Tu sais, je viens de m’apercevoir que ce n’est pas drôle de corrompre quelqu’un si ce dernier est un traître né. »
« On me le dit souvent, bizarrement. »
« Et moi ? Je peux venir aussi ? » entendent-ils dire derrière eux. « Ségolène commence à m’échauffer sérieusement les oreilles. »
« Dominique ? » s’étonnent Kouchner et Sarkozy, reconnaissant Strauss-Kahn. « Mais tu es un des piliers du PS ! Comment peux-tu les trahir, TOI ? » s’étonne Kouchner.
« Nous courront droit à la catastrophe avec Royale. Les électeurs auraient dû me choisir MOI, pas elle. J’avais un vrai programme, pas juste une jolie frimousse ! »
« Et par pure curiosité, quel était ton programme ? » demande Sarkozy.
« … En tout cas je n’avais pas une jolie frimousse. » répond Dominique, embarrassé. « Donc, il y a encore de la place pour moi ? »
« Du moment que ça affaiblit le PS, c’est tout bon. »
« Non, c’est Strauss-Kahn, pas Toubon. » tente Dominique, moins bon en jeux de mots qu’en calculs. « Et sinon, vous êtes bien installés, à droite ? »
« Nous avons du Champagne, du foie gras, des petits fours, un bûcher de huit mètres de haut… » énumère Sarkozy.
« Champagne et petits fours ? » s’exclame alors Jack Lang, sortant des fourrés. « Mais alors il faut absolument que je vienne ! »
« Et moi ? Et moi ? » lance Besson d’un autre fourré.
Sarkozy, hésitant entre la joie et la crainte, leur fait alors signe à tous les quatre de le suivre en vitesse jusqu’au camp de Droite. Il se dit en son for intérieur que ce n’est vraiment pas drôle de corrompre des crapules sans foi ni loi, et que s’il reste encore cinq minutes là à discuter il se retrouvera avec plus de membres du PS que de l’UMP dans son futur gouvernement…
[Note de l’auteur : que les grandes figures du PS rejoignent tous Sarkozy est sans doute la seule chance de victoire pour la gauche en 2012 de toute façon.]

Fillon, lui, rapide comme un lama, souple comme un taureau et silencieux comme un singe, s’approche pendant ce temps de la plage où la gauche s’est installée. Il remarque bien vite le bûcher, laissé sans surveillance par les autres, en train de bronzer quelque part.
Evidemment, il ne peut laisser faire ça. Si jamais les types du PS peuvent faire signe à un bateau, ils reviendront polluer la France. Et puis, ce serait si bien que Sarkozy gagne dès le premier tour, deux semaines plus tôt (faire semblant d’être sympa lui donne des migraines atroces).
Il se met alors immédiatement à saboter leurs efforts : faisant l’aller-retour entre le bûcher et un ru proche, il éclabousse la totalité du bûcher en lançant de l’eau avec des coquilles vides de coco. Il est bien vite interrompu par des bruits étouffés à côté.
Il s’agit de Delanoë, qui marmonne à travers son bâillon « Non, ça va faire pourrir le bois avant 2012 ! »
Fillon lui jette de l’eau à la figure pour le faire taire et continue.
Quelques minutes plus tard, une fois le sabotage terminé, il peut repartir dans son camp.
Et s’il s’était retourné, il aurait vu que Laurent Fabius le suivait.

Quelques heures plus tard, alors que la nuit tombe (paf !)
Cinq groupes sur l’île sont surpris d’entendre un son grave, guttural, très fort et très long : la sirène d’un paquebot. Au loin, mais proche.
Immédiatement, c’est l’effervescence. Dans le camp de droite on s’apprête à allumer le bûcher.
« Alors, qui a le briquet ? »
« Ben, c’est vous monsieur le président. »
« Non, je l’ai donné à Nicolas. »
« Je l’ai confié à Alliot-Marie pour qu’elle se sente importante. »
« Quoi ?! Non mais… »
« Je l’ai ramassé derrière elle, elle l’avait faite tomber. »
« Et tu l’as donné à qui ? »
« Je l’ai mis sur une bûche du bûcher, là. Mais il n’y est plus. »
« Mais alors, où est-il ? Vite, trouvez-le, ou le bateau sera trop loin pour nous voir ! »

Mais où donc est le briquet ? Allons plus à gauche, encore, plus, allez, encore, on passe par-dessus la trappe métallique où deux crétins frappent comme des sonneurs en espérant que le navire les entende, on traverse la cocoteraie, on va encore un peu plus à gauche, et voilà. Le camp socialiste.
« Regardez ce que j’ai ! » lance Fabius, en montrant fièrement le briquet qu’il vient de voler chez les droitistes. « De quoi allumer notre bûcher ! »
« Flamme olympique ! » aimerait répondre Delanoë (mais il est bâillonné, personne ne le comprend. « Ne toucher pas à ma flamme olympique ! »
« Merci, Laurent, tu nous sauve tous ! » lui dit Ségolène, le serrant dans ses bras et prenant le briquet. « Maintenant, allumons. »
Mais lorsqu’ils tentent d’allumer le bûcher, rien ne se passe. Ségolène ne réussit qu’à se brûler le pouce. Hollande, lui arrachant le briquet des mains, ne fait pas mieux. Puis Fabius essaye, Guigou, Delors, Cresson, mais rien n’y fait. Le sabotage de Fillon a marché, le bois est trop humide pour faire quoi que ce soit.
Mais, n’y comprenant rien, les socialistes jettent le briquet à la mer en pensant qu’il est le fautif.
Et Delanoë ricane, en leur marmonnant qu’ils n’avaient qu’à attendre 2012.

Et nos deux amis dans l’épave ? Jospin et Besancenot ont bien entendu la sirène du paquebot mais ils sont coincés dans la cabine du thonier, encore émergée malgré la marée.
« Que pouvons-nous faire, Olivier ? Le bateau est trop loin pour nager, le canot de sauvetage n’est plus là, et nous ne pouvons pas faire de feu ici sous peine de voir la cabine entière brûler avec nous dedans. »
« On peut toujours y mettre le feu, plonger à l’eau, et espérer que le bateau nous voie… »
« C’est risqué. S’ils ne nous voient pas, nous allons nous noyer, ou nous faire dévorer par les requins, ou nous faire déchiqueter sur les récifs. »
« Je peux vous emmener quelque part ? » leur demande alors Bayrou.
Très étonné, les deux gauchistes regardent alors par un hublot et voient alors François sur son pédalo (il avait retrouvé son chemin) à côté du thonier naufragé.
« Je peux vous emmener jusqu’au bateau, là-bas. Surtout si Olivier pédale à côté, ce sera moins dur. »
« Mais il faudrait faire vite, il s’éloigne ! » dit Jospin.
« Une fois qu’on s’est rapproché, on peut faire un feu à l’arrière du pédalo. J’ai ramassé du bois spécialement pour ça. C’était pour me faire cuire des saucisses, mais comme je n’ai pas de saucisses… Et puis comme le pédalo est en plastique, il ne brûlera pas. Vous venez ? »
« Le temps de prendre nos allumettes et on arrive ! »



Et ainsi fut fait. Grâce aux mollets de Besancenot, facteur à bicyclette de son état, le pédalo arriva bien vite près du paquebot. Lionel alluma alors le feu pendant que les deux autres criaient et gesticulaient pour attirer l’attention. Ils furent alors bien vite remontés à bord du bateau, juste à temps pour éviter de couler avec lui – ce plastique ne brûlait pas, certes, mais il fondait très bien. Nos trois politicos furent alors ramenés en France, après une petite croisière sympa (le capitaine était sympa, mais de là à gâcher les vacances de 3000 touristes et risquer de faire faillite il y a un gouffre qu’il ne voulait pas franchir).
Le reste est dans les livres d’histoire. Seuls Arlette Laguiller et Philippe de Villiers étaient encore dans la course deux jours avant le premier tour. C’est alors que revinrent, comme par miracle, in extremis et deux ex machina en prime, Bayrou, Jospin et Besancenot. Ces deux derniers venaient de fonder un nouveau parti : le Centre Gauche, alliant des idées gauche-caviar à un esprit révolutionnaire extrémiste.
Le premier tour vit alors sortir en tête le Centre et le Centre Gauche. Arlette en fit une dépression, elle était si sûre d’avoir sa chance si personne n’était là.
Et au deuxième tour, le Centre, avec Bayrou à sa tête, sortit victorieux avec 50,83% des votes. C’est depuis ce jour que nous buvons notre café tiède, que nous mettons moitié sucre moitié sel dans les gâteaux, que le tiédissement de la planète est en marche et que le mou est à la mode (le gris aussi, qui est le meilleur du noir et le meilleur du blanc réunis).

Et les autres politicards, sur leur île ? Oh, ils vont bien. Ils se tapent dessus trois fois par jour, 365 jours par ans depuis. Rien n’a changé, si ce n’est qu’ils le font à main nue et sans journalistes pour compter les points.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Lun 10 Sep - 17:42

Voilà, vous pouvez maintenant donner vos impressions sur les cinq premiers textes. Je poste les suivants quand je les reçois.

Au fait, si j'ai oublié dans vos réponses de mettre une partie en italique, ou en gras, ou quoi que ce soit, dites-le.
Je mettrais plus tard l'ensemble des réponses sous format Word dans un fichier zippé, dans mon premier post.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Lun 10 Sep - 18:02

Me voilà rassuré : ce long, long retard avait une bonne raison. Ces réponses sont tout bonnement excellentissimes! De l'aventure, du fantastique, de l'humour, de l'inventivité, il y a tout dans ce cocktail détonnant!

Le forum n'est pas mort! Il est re-né (comme dirait Céline Dion : c'est son René) !


P.S. : c'est moi ou mon personnage passe son temps à se faire poursuivre dans vos réponses? Héhé, cool.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amy

avatar

Nombre de messages : 671
Localisation : De retour chez les cigognes
Date d'inscription : 24/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Lun 10 Sep - 18:29

Ah ! Merci Jérôme !!!

Je viens de finir ma lecture. Que de bonheur !
Un régal !

Un aussi bon sujet ne pouvait avoir que des réponses excellentissimes.

Par contre, il m'a fallu presque une heure pour lire les réponses... Sachant que je n'ai pas relu la mienne ni celle de Tchoumy, que la réponse du chat est relativement rapide à lire, devinez quelles réponses multiples tiennent du roman-fleuve.

Ah la la. Quel succès !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Lun 10 Sep - 19:15

Et le tout écrit alors que je courrais, poursuivi par une horde de pingouins enragés menés par un ours blanc sur l'air de Benny Hill...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Orlamonde

avatar

Nombre de messages : 886
Age : 37
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 01/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Lun 10 Sep - 23:14

Comme toujours, j'ai passé un super moment à vous lire.
Merci. sunny
Bravo Le chat, Jérôme, Amy et Tchoumy. Toi, ô meneur de jeu, qui disait ne pas encore t'être penché sur le sujet, tu as quand même réussi à écrire deux histoires excellentes ! C'est assez incroyable d'avoir réussi dans la première à citer tous les membres qui ont déjà touché à ce jeu de près ou de loin.
En plus c'est assez amusant connaissant tout le monde, car je trouve que tu tombes souvent juste au niveau des caractères ou des occupations (Bertand et Yannick fabriquant un pseudo jeu de foot ou en train de préparer une liqueur, Plaf et Odile et leur fromage...etc etc).
Quand aux texte du chat, d'Amy et Tchoumy ils sont tous les trois très originaux et j'ai adoré les trois !

J'ai hâte de lire les autres textes (oups, il y a le mien avec...)... il faut vraiment que je m'y mette, la prémonition de Jérôme m'a fait peur !

edith demande pourquoi dans vos textes, je suis toujours un chef et rien qu'un chef ? Rolling Eyes
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Mar 11 Sep - 0:28

Oui, je n'avais pas assez mis l'accent sur le fait qu'il faut un chef, un leader, un meneur compétent pour garder le groupe soudé. Au moins dans mon texte le groupe se serait séparé en diverses factions fratricides (un peu comme dans le texte du Chat) sans la présence d'une Orlamonde capable de lier les membres les uns aux autres et de garder une cohésion cohérente dans la cohésitude (merci à Ségolène pour ses cours privés de Français).
Ca me semblait si évident que je ne l'ai pas mis...

Sinon pour avoir tout le monde et être juste, eh bien, regardez autour de vous, chez vous. La plante verte avec un micro dedans... La caméra derrière le miroir sans tain... Les capteurs de mouvements dans les rideaux... Les émetteurs cachés dans la LiveBox... Les collègues de boulot soudoyés pour des infos...
Je vous surveille tous depuis plusieurs mois. Aussi simple que ça.

...

Pas crédible, hein?

Sinon, chère Orlamonde, tu te plains de "n'être que chef". Mais chef c'est bien. Même si ce n'est pas toujours essentiel d'en avoir un, être soi-même chef est toujours une bonne expérience. Sauf dans le PS, mais c'est un autre débat.




Sinon, concernant le prochain chef de file de sujet, j'attend des candidatures de personnes n'ayant jamais lancé de sujet. De préférence avant jeudi soir, mais bon, hein...
Sinon, ce sera au tour de....................... Amy! Ouaip. Elle l'a déjà été il n'y a pas si longtemps, mais elle s'est proposée toute seule et dit avoir une idée (une bonne idée rapide, qui plus est).

Donc, chers nouveaux (ou anciens que nous aurions oublié), lancez-vous vite ou attendez encore un tour.
Je vous assure, c'est pas si mal d'être "chef" pour un sujet. Même si ça dure parfois deux mois et demi... (j'ai quand même, pour reprendre les mots d'un célèbre poète, "flippé ma race grave" devant le retard, je l'avoue)

Un dernier mot. Ce post devait faire, au maximum, une dizaine de lignes. Mes réponses devaient faire à elles deux moins de dix pages (elles en font environ 25).
Cela s'appelle la "j'aiuntasdetrucsàécrireetj'arrivepasàm'arrêter-ite aigüe", et cela ne se soigne pas encore. Et j'en souffre.
Même pour écrire une lettre de Joyeux Noyel, j'écris un bottin téléphonique. Snif. Et la recherche qui n'avance pas...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amy

avatar

Nombre de messages : 671
Localisation : De retour chez les cigognes
Date d'inscription : 24/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Mar 11 Sep - 11:44

Ouaip, y a moyen de faire un mini sujet, le temps qu'un des nouveaux se décide à surmonter sa timidité et à demander le flambeau.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Orlamonde

avatar

Nombre de messages : 886
Age : 37
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 01/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Mar 11 Sep - 20:20

Un petit mini-sujet par Amy, c'est cool ça ! Et je crois qu'il faut pas trop compter sur les nouveaux.. puisqu'ils n'ont même pas pris la peine de répondre à mon mail sur la rencontre d'octobre.
A mon avis certains inscrits ne sont plus revenus depuis.

D'ailleurs, tiens, on faire un test : "y a un nouveau qui nous lit par ici ???"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tchoumy

avatar

Nombre de messages : 97
Age : 34
Localisation : Poitiers
Date d'inscription : 29/06/2007

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Mar 11 Sep - 20:46

bah oui... moi Smile

Je fais déjà parti des meubles ? Laughing

Cela dit, je n'ai pas encore d'idée de sujet. Alors en attendant, je veux bien passer mon tour au profit d'Amy (elle en meurt tellement d'envie, vous devriez la voir !).

Etant privilégié, je connais déjà le sujet en question et il est pas mal du tout. J'ai déjà deux petites idées...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Mar 11 Sep - 20:46

Vous savez quoi? Depuis le 30 juin environ je suis sur mon trône. J'en ai marre.

Amy, je te passe officiellement la main.

A toi ensuite de la passer à un nouveau si l'un d'entre eux se décide, ou à un autre ancien, ou à un inconnu, au premier qui passe devant ta fenêtre, à moi si j'ai l'idée du siècle ou même à Sarkozy s'il décide de faire un geste.

Voilà.

Mais je reste quand même chef de mon sujet, car je le déclare aussi officiellement NON-FINI! Oui. Il est encore possible, et ce pour les années à venir, de participer à ce sujet en m'envoyant votre texte. Ou en le postant carrément ici si vous voulez.
Et moi, pendant ce temps, je reste chef de mon sujet. Peinard. Cool. Zen. Oh, ya Bayrou sur Canal +, je vous laisse.

Françoiiiiiiiiiiiisss!!!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amy

avatar

Nombre de messages : 671
Localisation : De retour chez les cigognes
Date d'inscription : 24/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Ven 14 Sep - 21:44

Bah alors ?
Elles sont où les réponses d'Orlamonde, Romain, etc. ?
C'est prévu pour ce week-end ?

Et un peu de pub : n'oubliez pas, en exclusivité sur le forum Rien de Tel, le sujet 18 et demi !! Participez nombreux ! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Enfin la réponse d'Orlamonde : Arrêt sur une île   Dim 16 Sep - 23:48

Tout commença par un sujet lancé par Jérôme sur le forum d’écriture. Il s’agissait de raconter ce qui arriverait aux participants si tous se retrouvaient largués du jour au lendemain sur une île perdue dans le Pacifique.
Trois jours après la parution de celui-ci Orlamonde reçût un mail de Daniel Schneidermann, l’ex-présentateur d’arrêt sur images. Depuis l’annonce de la suppression de son émission, Daniel était un devenu un lecteur assidu de divers blogs et forums dont celui de « Rien de tel ». En lisant le sujet proposé, il avait tout de suite eu une idée : emmener réellement les participants sur une île déserte, le tout filmé par la RTBF. Afin de prendre de la distance par rapport à diverses émissions de télé réalité, il ne serait pas question d’éliminer des candidats mais au contraire de voir s’ils étaient stimulés dans un environnement différent :
Les capacités de gens ordinaires pouvaient-elles être magnifiées par le contact avec la nature ? Le fait d’avoir tout à coup énormément de temps pour soi pouvait-il permettre à tout un chacun de développer des talents cachés ?
Bref la question métaphysique qui sous tendrait l’émission serait :
« temps + nature = art ou déconfiture ? »
Les candidats auront à disposition argile, peintures, toiles, palettes graphiques, carnets, instruments de musique, caméras. L’objectif étant de produire des œuvres d’art vendues en direct aux téléspectateurs. Les relations entre candidats, l’esprit de compétition qui ne manqueront pas de survenir, tout cela était parfaitement secondaire. (C’est du moins ainsi que Daniel Schneidermann présenta les choses à Orlamonde).
Après s’être concertés, les gens du forum acceptèrent : comment refuser deux mois au soleil à l’œil sur une île paradisiaque ? Et même s’ils ne se considéraient pas le moins du monde comme des artistes, chacun en son for intérieur se sentit flatté par cette proposition.
Et voilà comment tout le monde se retrouva sur une île par un beau matin d’été. (Tout le monde sauf Sev, enceinte de sept mois déjà)

Nashira (c’est le nom de l’île sur laquelle ils avaient été déposés) est dotée d’une superficie d’environ dix kilomètres carré. La nature y est luxuriante : fleurs de toutes formes et de toutes tailles, herbes aux senteurs épicées, forêts tranquilles où chaque arbre se penche vers vous avec bienveillance, comme pour vous murmurer de doux secrets. A terre, ni ours blanc ni bêtes féroces, seulement quelques animaux pacifiques : chevaux, chèvres et girafes. Et si on lève les yeux vers le ciel, ceux-ci ont du mal à s’accommoder à cette mosaïque de couleurs formée par des oiseaux et des perroquets de toutes sortes qui tournoient dans le ciel. Comme une immense toupie dont la course ne prendrait jamais fin. Ici, les parfums, les couleurs et les sons se répondent et l’on se surprend à réciter tout naturellement d’anciens vers de Baudelaire appris au lycée.

En plus des fournitures artistiques, les habitants ne manquent de rien. Chacun a à disposition une petite cabane en bois assez rustique mais chaleureusement décorée. En plus des participants au jeu, il y a sur l’île un pêcheur et un chasseur (un épisode spécial de chasse et pêche sera d’ailleurs tourné), une femme de ménage et un cuisinier (Cyril Lignac, jeune et plein d’avenir, avait parfaitement convenu au casting de l’émission. Jean-Pierre Coffe, qui s’était lui aussi porté volontaire pour l’émission n’eut plus qu’à rentrer chez lui se faire un carpaccio de bœuf pour se consoler)
Tout était prévu afin qu’aucun participants n’ait à se soucier de l’intendance domestique. Dans le contrat il était aussi précisé que chacun pourrait passer commande auprès de la production de tout ce dont il avait besoin.

Après une brève visite de l’île, chacun s’affaira.

Tit-Vinz s’isola dans les bois pour continuer à écrire son conte. La fan absolue ne tarda pas à le rejoindre, prise au piège dans les filets de son histoire de sorcières. Elle entreprit de seconder Tit-Vinz pour la relecture, et un peu plus tard elle s’occupa de l’enregistrement d’une version audio à destination des enfant entrecoupée de chansons. Orlamonde ne pût s’empêcher de se sentir blessée : avant c’est à elle et juste à elle que la fan absolue (sa maman) chantait des chansons. Il y a avait « Pirouette cacahuète », « amis autrefois quand j’étais au pays »... ah c’était le bon temps ! Petite, Orlamonde avait lu des tas de contes d’Andersen à Grimm, elle connaissait ses classiques. Elle avait rêvé un temps, d’en écrire un, elle aussi. Vingt ans plus tard, à l’idée que tous les petits français profiteraient bientôt de la voix douce de sa maman et d’un conte écrit par Tit Vinz et non par elle, Orlamonde se sentit envahie par une âcre jalousie. Et d’ailleurs pourquoi sa mère ne passait pas plus de temps avec elle sur l’île ? Quand même la famille, c’est la famille.

A propos de famille, son frère Plaf n’était guère plus présent. Avec Playm il s’enfoncèrent eux aussi dans la forêt où ils commencèrent à fabriquer un herbier entrecoupé d’annotations et de dessins. C’est un petit pingouin qui se chargeait à chaque fois d’expliquer de quel type de plantes il s’agissait, quelles étaient ses vertus médicinales et la manière dont on pouvait les faire pousser chez soi. Orlamonde, qui n’était pourtant pas spécialiste dans le domaine du jardinage comprit tout de suite à quel point ce mélange des genres, très novateur pourrait avoir de succès auprès des enfants comme des plus grands.

Si l’on ne pouvait pas compter sur la famille, il restait au moins le soutien de son amoureux. C’est du moins ainsi qu’Orlamonde se consola juste avant de constater que le chat des voisins s’était définitivement installé au bord de la plage. Il avait dès le premier jour décidé de profiter de son temps libre pour apprendre enfin à jouer à la guitare. Dépitée par son absence de progrès et par les plaintes des téléspectateurs à chaque fois que le chat s’évertuait à jouer un morceau, l’émission ne tarda pas à lui offrir un professeur privé : il s’agissait d’une jeune sylphide aux grands yeux de biche et à l’accent hollandais qu’ Orlamonde haït immédiatement. Stimulé par cette nouvelle compagne, les progrès du guitariste furent stupéfiants : le premier jour le chat jouait la cucaracha en entier, le troisième jour «little wing » de Jimmy Hendrix, le cinquième jour « Communication breakdown » de Led Zeppelin, le septième jour le chat atteignit le septième ciel (avec sa blonde) et commença à créer ses propres morceaux.

François marcha jusqu’au sommet de l’île et contempla le ciel. Par delà le soleil, par delà les éthers, son esprit s’éleva et atteignit le firmament.
Armé d’une plume de goéland il se mit à écrire des aphorismes. « Les oiseaux ont-ils le vertige ? » furent ses premiers mots. Des milliers de petites phrases, parfois tendres, parfois cyniques s’élancèrent vers le ciel. Son corps était là mais sa tête était restée là-haut dans les étoiles. Ses réflexions ne laissèrent personne indifférent, quiconque tombait sur une de ses phrases, sentait s’envoler toutes ses certitudes. Orlamonde, qui avait toujours eu beaucoup de respect pour lui le compara à Cioran et de lui seul, elle ne fût pas jalouse, convaincue qu’il écrivait pour la postérité.

Jérôme peignit. Il peignit la mer, les vagues et la mélancolie. Il peignit le ciel, l’espoir et les idéaux plus grands que les hommes. Il peignit les arbres, la vieillesse et la vie. Ses tableaux étaient semblables à des phares, là pour éclairer les hommes. La nuit Orlamonde allait cracher dans ses pots de peinture avec l’espoir ridicule de parvenir à enrayer ainsi ses élans créateurs.

Et les autres ? Tous avaient trouvé une occupation dans laquelle ils semblaient s’épanouir. Cumulonimbus, qui n’avait pas eu besoin de ce passage sur l’île pour se mettre à user de ses talents artistiques, continua à prendre des photos qu’elle mettait en ligne sur son blog et dont le prix de vente ne tarda pas à grimper de façon vertigineuse. Karine se mit à la mosaïque, Yannick à l’écriture d’un roman de science fiction. Amy et Tchoumy se découvrirent de véritables affinités avec Plaf et Playm et entreprirent non seulement de les aider dans la réalisation de leur herbier bd mais aussi de le traduire en anglais et en allemand.
Stou se lança dans une sculpture abstraite avec des tessons de bouteille et des coquilles d’huîtres. Noun écrivit un dictionnaire des mots qui n’existent pas encore, Ques’aco se lança dans l’aquarelle, Quetschie fit des collages, Petit Papillon commença à écrire « le massage pour le nuls ». Benoît dessina des jouets pour enfants, Line se mit à la poterie, Christelle à la chanson et Caroline dessina une ligne de vêtements pour bébés …

Chacun s’épanouissait dans son domaine, seule Orlamonde s’ennuyait, l’âme en peine.
La jalousie terrible qui s’était nichée au creux de son ventre l’oppressait et lui coupait le souffle. Elle finit par devenir dépendante à la ventoline, elle qui n’avait jamais souffert d’asthme de sa vie. Trois semaines étaient déjà passées, il leur restait un peu plus d’un mois sur l’île. Si elle laissait faire, ses compagnons de jeux ne tarderaient pas à aboutir dans leur projet et à devenir riches et célèbres. Etouffée par la jalousie, écrasée par la solitude et son récent chagrin d’amour, Orlamonde fomenta un plan.

Elle fit ce en quoi elle avait toujours excellé : elle organisa des jeux. Elle commença par un énorme rallye sur l’île avec deux équipes, les bleus et les rouges. Bien que chacun fût très occupé, personne n’osa refuser l’invitation. Au fil du rallye, les habitants découvrirent les différents jeux qu’Orlamonde avait fait installer sur l’île en une nuit, par l’intermédiaire de la production : baby-foot, tables de ping-pong, jeu d’échecs sur la plage, terrain de tennis, mini golf, parcours d’accro branche, mur d’escalade, cerfs volants... En outre, toutes sortes de jeux de société furent entassés dans une petite cabane rebaptisée « rien de tel que jouer aux jeux ».
Le rallye fut un succès et renoua les liens entre les membres, chacun se fixa des rendez-vous pour le lendemain, un tel pour jouer aux échecs, un autre au tennis. Comme Orlamonde l’avait espéré, la plupart des gens perdirent très vite leur rythme de travail. Seuls quelques irréductibles continuaient à se passionner pour leurs projets… Mais Orlamonde était maligne et connaissait les points faibles de chacun : pour distraire Jérôme de sa peinture elle lui proposa une partie de monopoly et lui souffla l’idée de se lancer dans la création d’un monopoly lorrain. Pour Stou et le Chat, elle organisa des tournois de poker avec whisky à volonté.
Les quarante jours qui suivirent furent consacrés aux jeux et la plage. Tous semblèrent oublier ce pourquoi ils étaient venus au départ. La bonne humeur régnait sur l’île et Orlamonde avait les premiers jours retrouvé des couleurs et son tempérament enjoué. Cela ne dura pas. Elle réalisa très vite que son égoïsme avait ruiné le potentiel de ses amis. Elle avait sacrifié leur bonheur futur à un mois de plaisir. La culpabilité la rongea nuit et jour.
Elle avait joué et elle avait gagné, oui mais à quel prix ?

Lorsque l’hélicoptère vint les chercher pour rentrer chez eux après deux mois sur l’île, seule Orlamonde ne fut pas du voyage.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Lun 17 Sep - 2:04

Ah, que d'imagination, que de poésie, que d'élan lyrique dans cette réponse... Mais néanmoins un arrière-goût d'idée noire. Une obscure clarté qui tombe des étoiles, et tout ça, quoi...
Juste une remarque, comme ça en passant : le Monopoly Lorraine existe (avec Sarreguemines, Longwy, Metz, Nancy et tout ça), tout comme celui d'Alsace et toute une floppée de versions régionales (j'ai même un Monopoly Star Wars spécial hexalogie, c'est dire).

Euh, où en étais-je... Ah, oui, avec la réponse d'Orlamonde nous avons presque atteint notre quota. Il nous reste quelques personnes sur lesquelles je comptais (des anciens tels que François, Plaf - allez, Plafe un peu - et Vinz, des nouveaux prometteurs tels que Sed - d'ailleurs ils ne sont plus si nouveaux que ça, maintenant) et après ce sera bon. Plus encore quelques-uns répondant rarement, ou bien des "premiers écrits" ici pourquoi pas...

Je souligne que jusqu'ici seule la version "forumeurs sur île" a été exploitée. Il était aussi possible de le faire avec des politiques (ma version ne compte pas vraiment vu que j'ai tapé dans - et sur - les forumeurs aussi), ou des vips, ou en télé-irréalité...
Lancez-vous, ça fait moins mal qu'une piqure de rappel de tétanos (avec une grosse aiguille rouillée enfoncée par un parkinsonien aveugle)!

A bon lecteur, salut.

P.S. : Plaf, tu peux très bien faire une réponse avec trois inconnus dans un ascenseur en panne, ou encore une BD racontant les aventures d'un gnou en chaussettes rouges dans un lycée technique. Nous sommes habitués à tes réponses légèrement à côté du sujet. Que dis-je, habitués? Nous l'attendons avec impatience ta réponse aléatoire! Al-lez! Al-lez! [1]

[1] Cher auteur qui n'a pas rendu de texte, amuse-toi à personnaliser ce P.S. d'encouragement pour faire comme si je m'adressais à toi en personne. Et ensuite rend une réponse. [2]

[2] (soupir) Oui, Plaf, toi aussi tu peux personnaliser ce P.S. pour faire comme si je te parlais. Même si c'est déjà le cas. Sacré Plaf.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Réponse de TitVinz : A la recherche des taupes perdues   Mer 24 Oct - 14:34

1er JOUR – une île déserte

Une île du Pacifique Sud, brûlée par le soleil, baignée par une mer d'un bleu presque impossible. Un lieu paradisiaque, aux longues plages de sable fin. Quand on entre un peu plus loin dans les terres, on découvre une forêt luxuriante, à la végétation dense, impénétrable. Du bord de l'eau, on distingue le sommet d'une montagne, d’où l’on voit monter des volutes de fumée noire - un volcan.

Une île parfaite pour des vacances, pour profiter du soleil, du calme, du sable, des vagues. Une île qui serait parfaite si elle était habitée. Mais personne n'arpente les plages, personne ne mange les fruits, personne ne navigue le long des côtes. Personne ?

Pas exactement. Regardons un peu plus au large, vers l'est. Vous ne voyez pas ? Regardez mieux, ici, suivis par deux dauphins. Mais oui, il s'agit d'une petite barque, une embarcation de fortune, certainement un radeau de secours. A l'intérieur, deux formes, inanimées, gisent. Un homme et une femme. L'homme vous le connaissez, il s'agit du Chatdesvoisins. L'origine de son surnom est perdue dans les limbes du temps. A côté de lui, bien sûr, Orlamonde, la joueuse invétérée. Je vous rassure tout de suite. Apparemment ils respirent encore. Mais ils ne semblent pas en grande forme.

Le radeau atteint finalement la plage. Orlamonde relève difficilement la tête, secoue le Chat par l'épaule. Tous deux descendent du radeau, et luttent contre les vagues pour tirer leur embarcation de fortune au sec, sur la plage. Une fois le radeau à l'abri de la marée, ils en extraient quelques affaires, un bidon, sans doute rempli d'eau, quelques rations, quelques pièces de tissu, et commencent à monter un campement de fortune. Ils bougent lentement. Ils semblent épuisés, encore sous le choc de ce qui leur est arrivé. Ils semblent hagards, abrutis de soleil et d’épuisement. Leurs vêtements, mis à mal par les intempéries, les protègent à peine du soleil de plomb.

Le soir venu, la chaleur diminue. Un magnifique ciel étoilé apparaît peu à peu. Le Chat et Orlamonde, leur « campement » installé, profitent de leur premier moment de véritable repos depuis bien des jours. Un feu de camp maladroitement allumé, quelques conserves ouvertes et dévorées. Ils parlent peu. Leurs rares discussions tournent autour de la tempête qui a fait faire naufrage à leur bateau, pendant ces vacances tellement attendues. Ils essaient aussi de prévoir leurs prochaines actions : trouver une source d’eau, trouver à manger, visiter l’ile. Peut-être y’a-t-il d’autres hommes sur ce bout de terre. Enfin apparemment accablés de fatigue, ils s’endorment au coin du feu.

--------------------------------------------------------------------------------------

2nd JOUR – en route

Nous les retrouvons dès potron-minet, déjà réveillés. Ils semblent légèrement remis, revigorés par ces quelques heures de sommeil au sec et au chaud. Rapidement, ils trouvent une source d’eau claire près de leur abri. Au moins ils ne mourront pas de soif.

Ils reconnaissent aussi certains fruits comestibles, fabriquent quelques pièges astucieux. La nourriture ne leur posera pas, apparemment, de gros problèmes non plus. D’autant que la pêche semble miraculeuse dans le lagon.

Ces bonnes nouvelles entraînent les deux rescapés à se lancer dans l’exploration de leur nouvel habitat – temporaire espèrent-ils. Midi n’est pas encore arrivé qu’ils partent donc, équipés de solides bâtons et de quelques objets qu’ils ont amené avec eux. Sans doute quelque équipement de premier soin. Heureusement pour eux, lors de leur naufrage, ils portaient de solides chaussures de marche qui leur sont maintenant bien utiles. Petit à petit, heure après heure, ils s’enfoncent ainsi dans la jungle impénétrable, taillant leur chemin à grand coup de bâtons. La nuit les surprend pratiquement au pied du volcan. Une immense montagne vue d’ici. Ils ont décidé de monter au sommet pour essayer de trouver un signe d’activité humaine sur l’océan. Mais il se fait tard, cela sera pour demain.

--------------------------------------------------------------------------------------

3ème JOUR – à l’assaut du volcan

Ce matin, le ciel est grisâtre. Des nuages menaçants laissent présager un joli brin de tempête. Mais cela ne semble pas décourage nos deux aventuriers. Courageux ils se sont lancés dès l’aube à l’assaut des pentes de volcan. Ils glissent parfois sur des scories, restes d’anciennes éruptions, se rattrapent aux branches des arbres qu’on trouve encore à cette altitude. Ils sont aux aguets, tendus. Ils s’arrêtent régulièrement pour humer l’air, écouter les sons. Ils semblent presque s’attendre à être attaqués par quelque animal féroce.

Tout d’un coup, tout autour d’eux, de petites cheminées apparaissent dans le sol : quelque chose semble vouloir sortir. De drôles de petits animaux apparaissent. Et avec eux une nappe d’un gaz violet se répand autour de nos deux amis. Très rapidement ils tombent, inanimés.

--------------------------------------------------------------------------------------

3ème JOUR - ailleurs

Quelque part, dans une salle étrange. Rien au mur, aucune porte apparente. La pièce est plongée dans la pénombre. Seuls deux lits dans la pièce. Dans chacun de ces deux « berceaux » dorment Orlamonde et Le Chat. Ils respirent paisiblement. Mais attendez quelque chose n’est pas normal : ils semblent attachés sur ces lits. Pieds et poings liés.

Un des murs s’escamote, laissant apparaître une silhouette. Vêtu d’une blouse blanche, l’homme entre dans la salle. Il a la mine haute, un visage en lame de couteau. Une barbe dense lui mange la moitié du visage. Il est accompagné d’un être difforme. Celui-ci, habillé de vêtements disparates et en piteux état, le dos vouté sous le poids d’une bosse, le regard torve, la démarche trainante, il semble avoir pris sur lui l’ensemble de la misère humaine.

L’homme à la barbe contemple un instant les deux rescapés. Puis, il semble prendre une décision et claque dans ses mains. Une lumière forte, crue, éclaire la salle. La porte s’est depuis longtemps refermée. L’homme se retourne vers son compagnon difforme. Sa voix est tranchante, glaciale.

« Tu vois Igor. Il est toujours amusant de voir à quel point nos amis des services secrets sont prévisibles. Me faire croire à moi, l’un des plus grand génie de notre temps, qu’on vient de faire naufrage. Pa-thé-tiques. Ca des espions ! Ha !
- Mais c’est que vous êtes le plus intelligent maître ! répond Igor d’une voix trainante, mielleuse. Mais je vous l’ai déjà dit maître. Igor est mort il y a trois ans, je suis votre nouvel assistant, Jérôme.
- Silence Igor ! Igor tu es pour moi ! J’ai toujours eu, et j’aurai toujours un Igor !

Le bossu, sous la force de la réprimande, semble se recroqueviller sur lui-même. Le « maître » se tourne alors vers les deux lits.

« Mes amis, mes amis. Arrêtez de jouer la comédie du sommeil. Les effets de mon gaz ont dû cesser il y a de cela une bonne demi-heure. Ouvrez vos jolis yeux… allons, allons monsieur Chat, mademoiselle Orlamonde. Ne jouez pas à ce petit jeu avec moi. Vous n’êtes pas plus de pauvres naufragés que je ne suis un sportif de haut niveau. »

Nos deux héros ne semblent pas avoir entendu l’homme. Ils semblent encore plongés dans un paisible sommeil.

« Chers amis, n’essayez pas de jouer aux plus fins avec le Docteur TheCursed. Monsieur Chat, mademoiselle Orlamonde, cela fait presque deux ans que vous et tous les autres agents des services secrets d’occident essayez de me retrouver. Félicitations vous êtes les troisièmes à arriver jusqu’à mon repère secret, sur cette île isolée, au fond du volcan… mais j’ai le regret de vous dire que vous ne pourrez pas féliciter les deux premiers lauréats, ils ont eu quelques petits… hum comment dirais-je… problèmes de santé… »

Le docteur TheCursed éclate alors de rire, d’un rire machiavélique, démoniaque.

--------------------------------------------------------------------------------------

3ème JOUR – Intermède instructif

« De tous les super-méchants qu’a connu les XX et XXI ème siècles, il ne fait aucun doute que le docteur TheCursed a été l’un des pires. Né en France, Cédric Cursed a rapidement fait preuve d’un esprit démoniaque. A six ans, il essayait de conquérir la cours de récréation et d’y asseoir une domination complète en inventant une machine pour gagner toutes les billes. A 14 ans, il essayait de redonner vie à la grenouille qu’il venait de disséquer en classe et mettait le feu à son école. A 17 ans, il décidait de se lancer dans le grand banditisme. A 22 ans, il régnait sur la pègre lyonnaise. A 35 ans, il était déjà pourchassé par l’ensemble des services secrets occidentaux. On sait de source sûre qu’au moins deux de ses plans machiavéliques pour conquérir le monde ont déjà été déjoués. En 2007, on perd sa trace. Actuellement, on ne sait toujours pas si cet homme est toujours en vie. »

Extrait de Les plus grands génies du mal de notre temps – Ed Plum

--------------------------------------------------------------------------------------

3ème JOUR – Revenons à nos moutons

Le discours du docteur TheCursed semble avoir fait effet. Orlamonde et Le Chat ouvrent les yeux rapidement. Ils ne semblent nullement ensommeillés.

« Et bien, docteur, vous êtes décidément très fort, dit Orlamonde. Vous vous êtes habilement joué de nous. Nous pensions vous leurrer avec ce faux naufrage… quel dommage.

- Je ne peux mieux dire, surenchérit Le Chat. Toutefois, comme nous sommes entre gens de bonne compagnie, pourriez-vous nous libérer de nos entraves, nous promettons d’être sages. »

Un large sourire apparaît sur le visage du savant fou barbu.

« Et bien soit, Igor libère-les. De toute façon ils ne peuvent pas faire grand-chose. Mes taupes veillent. Chers amis je pense que vous avez déjà fait connaissance avec mes petites amies, tout à l’heure, sur le flanc du volcan. D’authentiques taupes mutantes, super-intelligentes et dressées à me servir corps et âme. Quand vous serez libres de vos mouvements, suivez Igor, il vous guidera jusqu’à la salle des opérations. Je compte bien m’amuser un peu avec vous avant de vous tuer. »

Dans un éclat de rire dément, le docteur sort de la pièce.

Rapidement Igor défait les liens des deux espions. Ceux-ci se lèvent doucement et réalisent quelques mouvements afin de détendre leurs membres ankylosés. Puis, sur une invitation du bossu, ils sortent dans le couloir et partent visiter la cache du savant fou. Partout, ce ne sont que laboratoires, salles d’expériences, dépôts d’armes. On croise régulièrement des taupes, équipées de petits émetteurs et de ce qui semble être des armes. Igor explique d’assez bonne grâce qu’il s’agit d’équipes de surveillance et que tous leurs mouvements sont surveillés. Au moindre faux pas, c’est la mort assurée.

Après de nombreux tours et détours, la petite troupe arrive enfin dans ce qui semble être une immense grotte surplombant le lac de lave au cœur du volcan. Une lueur orange baigne la scène. Le docteur les attend, assis dans un fauteuil immense, presque un trône. Partout s’agitent des taupes. TheCursed semble ravi par cette arrivée. Il se lève, descend quelques marches. Le sol tremble dans la salle. A travers la baie vitrée, on voit le volcan s’éloigner à grande vitesse.

« Mes amis, installez-vous confortablement. Pendant que mes chères taupes font décoller ce centre de commandes volant, je vais vous expliquer mon plan. Cela fait un moment que je cherchais à faire tomber l’économie mondiale, histoire de rire un peu. Pendant longtemps j’ai essayé de m’attaquer à l’informatique bancaire. J’avais même créé un super-virus hyper-virulent : le GrandVinz. Hélas, un de vos collègues a découvert le pot aux roses et contré mon attaque. J’ai alors essayé de manière plus subtile. Un code d’une beauté prodigieuse qui devait me permettre de prendre le contrôle de toutes les places financières. En hommage à mon essai précédent, et parce qu’il était plus petit et discret, je l’avais appelé le TitVinz. Il s’est hélas révélé inefficace.

Et il est temps je pense de revenir aux bonnes vieilles solutions. Arrêtons de nous attaquer aux technologies modernes. Revenons aux fondamentaux. Cela fait maintenant cinq ans que je travaille à créer une race de taupes super-intelligentes. Vous avez pu constater que cela est achevé. Je peux maintenant lancer le plan le plus machiavélique qui ait jamais germé d’un grand esprit. Je vais lancer une armée de taupes sur les régions agraires. Elles vont ruiner les cultures, partout dans le monde. Avec leur intelligence, elles pourront échapper à tous les pièges. Bientôt, plus personne ne mangera à sa faim en ce bas-monde ! Première cible, la France. Après tout, rendons hommage à mon pays de naissance. Un peu de chauvinisme ne peut pas faire de mal. »
Apparemment sous le choc Orlamonde et Le Chat ne trouvent rien à redire. Ils se regardent longuement. Ils semblent figés. On ne voit aucun mouvement sur le visage. Aucun ? Pas sûr. Petit à petit un sourire apparaît sur les lèvres de nos deux héros.

« Merci docteur. Voila l’information qui nous manquait. J’espère que vous avez bien tout enregistré là-bas ! Maintenant que ce laboratoire a décollé et qu’il est suffisamment haut, nous pouvons finir notre travail »

Puis, comme au ralenti, les deux espions semblent faire apparaître de drôles de petits objets – objets qui se révèlent rapidement très meurtriers. Les taupes tombent toutes les unes après les autres. Le combat fait rage. Une odeur de poudre et de poil brulé envahi la pièce. Au bout d’un long moment, le combat se calme. Orlamonde et LeChat se tiennent encore debout. Ils regardent les taupes mutantes, toutes mortes. Mais aucune trace du docteur TheCursed. Où peut-il être ?

Un rire démoniaque résonne soudain d’une alcôve.

« Vous avez réussi à faire échouer mon plan. Bien joué jeunes gens. Mais cela sera votre dernier coup d’éclat. J’ai déclenché l’autodestruction de l’appareil. Il va bientôt exploser et vous avec. Quant à moi, je vous tire ma révérence. »

Et sur une courbette moqueuse, le docteur appuie sur un bouton et une petite capsule volante s’éloigne du laboratoire volant.

--------------------------------------------------------------------------------------

3ème JOUR – Une petite ville, quelque part

Il fait beau aujourd’hui. Un soleil radieux éclaire la petite ville. Des passants se promènent, certains s’arrêtent aux terrasses de café pour profiter de la chaleur.

L’explosion brise ce petit rêve. Quelque chose vient d’exploser dans le ciel, presque au dessus de la ville. Des débris commencent à tomber. Heureusement, les personnes pensent à se mettre à l’abri. On ne décomptera plus tard que quelques coupures et de grosses frayeurs.

Au bout de quelques minutes, tout est redevenu calme. Dans la rue, quelques morceaux de métal, un cadavre de taupe, une chaussure de marche roussie.

--------------------------------------------------------------------------------------

Epilogue

Le docteur TheCursed n’a pu mener son plan à bien, grâce à l’intervention de Orlamonde et du Chat. Mais que sont devenus nos deux héros ? Ont-ils péri dans l’explosion comme le suggère l’image de cette chaussure fumante ? Quel sera le futur plan du docteur TheCursed pour conquérir le monde ?

Vous le saurez – peut-être – dans l’hypothétique prochain épisode des aventures de vos deux espions préférés.


Dernière édition par le Mer 24 Oct - 17:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jérôme

avatar

Nombre de messages : 1489
Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Mer 24 Oct - 14:37

Ahh, magnifique, la preuve vivante et de qualité que l'on peut rendre une réponse même une fois qu'un nouveau (même deux nouveaux) sujet a été proposé.


Et je suis le premier (mais sans doute pas le dernier) à réclamer à cors-au-pied et à Chri-chri-d'amour la suite!


Dernière édition par le Mer 24 Oct - 17:28, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
tit-vinz

avatar

Nombre de messages : 347
Age : 40
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Re: Enfin les réponses   Mer 24 Oct - 14:52

Il faut un titre.
Mmmhh...

Alors disons "A la recherche des taupes perdues"

Et cela est une réponse aux sujets 18 et 18,5 Smile

Pour la suite... attendons les prochains sujets...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://tit-vinz.livejournal.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Enfin les réponses   

Revenir en haut Aller en bas
 
Enfin les réponses
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Réponses du grand Quizz sur Noël
» Emission radio sur la photo avec Réponses Photo
» Réponses Photo numéro 215 : spécial voyages
» Dossier Spécial N&B - Réponses Photo 211 oct-2009
» Questions/réponses sur le maquillage

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Rien de tel que jouer aux jeux ! :: Sujet 17 : Vacances forcées (par Jérôme)-
Sauter vers: