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Amy

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MessageSujet: Les réponses...   Mar 9 Oct - 11:21

... au compte-goutte.
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Amy

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MessageSujet: Premier reportage (Jérôme)   Mar 9 Oct - 11:22

Bonjour tout le monde. Ici Jérôme, le reporter de l’extraordinaire. Le journaliste de l’extrême. Le chroniqueur en charentaises qui n’a peur de rien, pas même du ridicule. J’ai reçu récemment sur mon bureau une note de service me demandant une série de reportages sur les chaussures que l’on peut trouver sur le bord de l’autoroute. J’ai évidement sauté sur cette occasion de devenir célèbre, riche et adulé en résolvant cette énigme : pourquoi, mais pourquoi donc ces chaussures se retrouvent-elles sur le bord de l’autoroute ? Qui plus est : pourquoi seules ? Pourquoi par terre ? Pourquoi une autoroute et pas une nationale ? Pourquoi pas une chaussette ?
Bref, j’ai immédiatement bondi de mon bureau (j’en profite, chère éditorialiste Amy, chère éditrice Orlamonde, pour vous faire parvenir une demande de remplacement d’un ordinateur qui n’a pas résisté au choc de mon genou sur le bureau, à cause d’un trop-plein d’enthousiasme et de caféine en même temps), sauté dans ma voiture (j’en profite, cher etcetera, pour vous faire etc etc note de frais nouvelle suspension voiture blabla cordialement) et roulé aussi vite que possible vers la plus proche autoroute (j’en profite truc note de frais essence amende excès de vitesse en date du 15) afin d’enquêter sur le terrain.
Une fois sur l’autoroute, plusieurs faits m’ont frappé : d’abord il n’y a pas que quelques chaussures, mais bien des dizaines, sur le bord d’une autoroute. Toutes dépareillées. Et personne ne vient les ramasser (les agents sont occupés à racler les cadavres d’animaux en tous genres). Ensuite, il est interdit de s’arrêter sur une autoroute pour en scruter le sol, même sur le bord, et ensuite c’est très dangereux de sortir de sa voiture à un tel emplacement à un horaire où des centaines de camions font les fous. J’en profite comme d’habitude, note de frais hôpital, congé maladie, séances de psychiatre.
Ainsi se termine le premier reportage. Je n’ai pas beaucoup avancé sur l’affaire des chaussures, mais ma rencontre avec un trente-huit tonnes lancé à 110km/H va me permettre bientôt d’écrire une série de reportages sur l’envers du décor en milieu hospitalier, les soins donnés aux grands blessés et la lenteur des remboursements de la Sécu sous le gouvernement Sarkozy.

Jérôme, bientôt remis.
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Amy

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MessageSujet: Scène de ménage (Amy)   Mar 9 Oct - 23:06

Philippe et Sylvie revenaient d'un long week-end à Chalons. Ils avaient pris des RTT le vendredi et le lundi pour le mariage de la soeur de Philippe. Après des festivités bien arrosées et un lundi tranquille passé à décuver et à faire du lèche-vitrine dans les rues de Chalons, ils avaient repris la route en milieu d'après-midi. Ils ne voulaient pas rentrer trop tard à Belfort afin d'être aussi frais que possible le lendemain matin pour reprendre le travail.
En temps normal, ils préféraient prendre la nationale, mais l'impossibilité de traverser Besançon sans se perdre et l'envie de rentrer au plus vite avaient pris le dessus sur le côté fourmi de Philippe. Ils avaient choisi l'autoroute.

Sylvie, que ses emplettes avaient ravie, était d'humeur bavarde.
- Regarde-moi ce superbe sac Louis Riton dégriffé. Ah, quelle bonne affaire...
Sylvie contempla sa nouvelle acquisition quelques secondes, puis passa à l'article suivant.
- Et ce magnifique foulard Herlès. Quelles couleurs ! Et ce petit top rose bonbon à paillettes... Il est trop chou. On peut dire qu'on a bien fait de s'arrêter chez Nouf-Nouf !
Tandis que Sylvie soupirait d'aise en admirant ses achats, Philippe, déjà énervé à l'idée de passer au péage, était de plus en plus exaspéré par ces bavardages incessants qui lui rappelaient les mauvais traitements que son épouse avait fait subir à leur compte en banque.
- Et ces adorables escarpins VertSachet. Des escarpins de grande marque, vernis, à bout pointu et à quel prix ! Tu te rends compte... Quand j'y pense, quelle chance j'ai eu de les avoir. C'était les derniers en 39. Et une cliente était déjà en caisse avec. Mais ta Sylvie à plus d'un tour dans son sac. Maligne que je suis, j'ai réussi à détourner l'attention et à mettre un 37 dans la boîte. J'en connais une qui va faire une drôle de tête en rentrant à la maison... Ne me trouves-tu pas diabolique ? Allez, tu peux être fier de moi sur ce coup-là.
- ...
- Dis quelque chose quand même. Regarde un peu comme elles sont belles mes nouvelles chaussures. Même Sarreguemines Campanile [1] elle en a pas des comme ça. Mes collègues seront toutes vertes de jalousie au bureau demain matin.
- ...
- Tu pourrais faire un effort, ajouta Sylvie, agacée par le silence de son mari, tout en brandissant l'un de ses escarpins comme un trophée sous le nez de Philippe.
Ce dernier ne put se maîtriser davantage. Il repoussa brutalement la chaussure. Sa colère était si forte que la chaussure vola à travers la fenêtre ouverte et atterrit, après quelques rebonds, sur la bande d'arrêt d'urgence. De si jolis sauts. Vraiment, elle avait raté sa vocation. Elle aurait fait une excellente chaussure de sport.
Sylvie voulait faire demi-tour. Dans la voiture qui poursuivait sa route il y eût des cris et des larmes. En dix ans de mariage, Philippe et Sylvie ne s'étaient jamais aussi violemment disputés. Leur couple ne s'en remit pas. Ils divorcèrent et vécurent heureux séparément.

Quant au ravissant escarpin VertSachet abandonné, personne ne s'arrêta jamais pour lui prêter son pied. Il aurait fallu pour cela qu'une gente demoiselle unijambiste chaussant du 39 et passant sur cette route convainque son chauffeur de prendre le risque de s'arrêter sur le bas côté... La pauvre chaussure esseulée resta ainsi à tout jamais sur le bas côté et fut malheureuse sous tous les temps.
Sa jumelle connut elle aussi un triste sort. Au lieu d'être utilement déposée sur une pyramide pour Handicap International, elle fut jetée dans une benne car Sylvie la tenait pour responsable de son divorce. Elle finit ses jours dans un incinérateur avec d'autres rebuts de la société.

[1] Tout de suite, ça le fait moins que Paris Hilton...
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MessageSujet: L'enlèvement (le chat des voisins)   Mar 9 Oct - 23:16

Ces lignes sont un appel à l’aide.
Si c’est un jeu je ne comprends pas les règles.

J’écris ce message sans savoir si quelqu’un le lira un jour.
Je suis prisonnier à l’arrière d’un véhicule, un camion je crois, et on m’emmène je ne sais où.
Je m’appelle Plaph. Notre peuple vit sur une île abandonné de tous. Il y a deux mois je l’ai quitté par mes propres moyens.
Mon voyage n’a pas été long. On m’attendait à l’horizon, j’ai vu un hélicoptère pour la première fois de ma vie, des hommes masqués en sont tombés et m’ont emmené.
J’étais si heureux, mais de toutes évidences ces hommes ne sont pas amicaux et refusent le contact. Jamais je n’ai pu voir leurs visages. Ils sont habillés de combinaisons vertes.
Dans l’hélicoptère, j’étais dans un compartiment fermé. Je me suis endormi sans raison au dessus de l’océan. Jamais ils ne m’ont adressé la parole, je n’ai aucune explication à donner sur ce qui ce passe et je commence à avoir peur.
Il y a une ouverture dans la paroi du véhicule.
J’ai regardé à l’extérieur et je n’ai vu que désolation – Un désert, des ruines… je ne sais rien de ce monde.
Nous roulons à vive allure, c’est très impressionnant.
Je vais glisser ce mot dans une de mes chaussures et la jeter par l’ouverture. Peut être que ce modèle très ancien de Doc Martens attirera l’œil d’un curieux.
Retrouvez l’île et ma mère, Ariane, dite lui que je vais bien.
Sauvez les miens, ils sont là : 16°S 5°40 O

Plaph





Dans la salle sombre une porte glissa dans un souffle.
Un homme habillé d’une combinaison verte entra, le visage caché par un masque anti UV. Il s’arrêta devant le grand bureau et appuya de sa main gantée sur le coté de sa tête.
La visière se leva découvrant un visage jeune mais fatigué et ridé.
Il n’eu pas le temps de se présenter.
« Avez-vous récupéré la chaussure ?
C’était la voix du commandant, il était là, quelque part dans l’ombre.
« Non Monsieur… Elle a… disparu
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MessageSujet: Histoire courte (Amy)   Mar 9 Oct - 23:20

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MessageSujet: Chaussure esseulée cherche âme soeur (Orlamonde)   Mar 9 Oct - 23:22

On s’était rencontrés à la patinoire. Par mégarde, l’employé nous avait mis dans le même compartiment au lieu de nous ranger avec nos conjoints respectifs. J‘ai tout de suite été conquise par son air à la fois élégant et baroudeur. Rinitaro était une boots italienne en cuir marron et à semelle de velours. Quand à moi j’étais une jeune et naïve sandale couleur horizon. Ce fut le coup de foudre. Nous n’hésitâmes pas plus de trois secondes à abandonner nos moitiés respectives pour nous faire la belle.
Lacés l’un à l’autre, langue contre langue, nous voyageâmes longtemps. La nuit, nous nous cachions dans les camions ou dans les bennes à ordures et nous étions tous deux convaincus que le hasard nous porterait bientôt au pied de l’océan. Là bas nous prendrions le bateau vers un pays éloigné où les hommes marchent pieds nus et où les chaussures sont libres. Mais au bout de quelques semaines, nous réalisâmes que nous tournions en rond et la côte tant attendue semblait toujours aussi lointaine.
Rinitaro eut alors une idée de génie. Au prochain pont nous sauterions par dessus bord,la rivière nous mènerait jusqu’à la mer. L’idiot ne m’avait pas dit qu’il savait à peine nager : je m’agrippai à lui et l’aidais à rejoindre le bord, non sans difficultés, c’est qu’il pesait lourd avec sa pointure 44 et son gros cuir. Mais le jeu en valait la chandelle : nous prîmes un tonneau en guise d’embarcation et profitâmes au maximum de cette splendide croisière au gré de l’eau. Il eut des couchers de soleils, des secrets échangés, des dangers aussi comme la fois où je fus kidnappée par un chien. Coincée dans la gueule du molosse, j’eus le temps de me dire que je ne regrettai rien car jamais au cours de ma vie précédente je n’avais connu autant de moments d’exaltation, jamais je ne m’étais sentie aussi vivante. Heureusement l’animal me relâcha au bout de quelques mètres.
Les semaines s’écoulèrent, la rivière se transforma en fleuve et un jour j’aperçus ce panneau : « Marseille, 24 km ».
Nous étions tout proches !
Emue, je souris à Rinato, mais lui me lança un regard glacial avant de sauter pour rejoindre la rive : sur celle-ci une jolie botte en daim faisait du stop. « Tu me bottes, tu sais ! » lui lança Rinato, le regard enflammé.
Il ne lui aura fallu que cinq mots pour piétiner mon cœur à jamais.
Depuis, je vis seule, je n’ai jamais parcouru les quelques kilomètres qui me séparaient encore de la mer. Je me suis installé dans un terrier de lapin où je pleure mon chagrin.
Parfois, comme aujourd’hui, je me surprends à rêver encore à l’amour. Et si j’écrivais une petite annonce ?
Ce pourrait être :
« Chaussure esseulée cherche âme sœur ».
Non, un peu trop désespéré.
« Sandale en cuir pleine fleur à la semelle élégante et légère cherche chaussure à son pied pour nouer relations sincères et durables ».
C’est déjà mieux. Mais cette annonce est mensongère : ma légèreté s’est envolée, les larmes ont creusé mon cuir et je me sens lourde, si lourde.
Je réalise que tout à coup que ma vie est derrière moi et qu’il n’y aura pas de seconde chance.
Alors je décide de me remettre en route, enfin.
Au loin j’entends le bruit de l’autoroute.
Avec un peu de chance une voiture m’achèvera très vite.
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Les réponses...   Mer 10 Oct - 0:44

Le Chat : ... Napoléon chaussait des Doc Martens?
Chuis nul en géographie, mais 16°S 15.40O c'est Sainte-Hélène, quand même, non?

(j'enverrai les compliments quand toutes les réponses auront été affichées)
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MessageSujet: Second reportage (Jérôme)   Jeu 11 Oct - 10:45

Bonjour tout le monde. Votre dévoué serviteur-reporter de l’extrême-onction est de retour. A peine sorti de l’hôpital où m’a jeté un chauffeur en manque de caféine, les os tout juste ressoudés, je reprends l’enquête sur le mystère des chaussures mais, pour des raisons bien compréhensibles de sécurité personnelle (ainsi qu’un permis de conduire suspendu pour « débilité profonde sur autoroute » et un pied encore dans le plâtre) je ne reviens pas tout de suite sur le terrain.
Afin de comprendre le pourquoi du comment, il est souvent nécessaire de faire de longues recherches sur le sujet, de comprendre les origines, de devenir un spécialiste sur le thème.
Soyons sérieux, pour le prix qu’on me paie je ne vais même pas acheter un dictionnaire. J’ai plutôt décidé d’interroger un spécialiste en chaussures : mon cordonnier Jean-Claude. Voici le compte-rendu de notre interview (« entretien » pour les puristes de la langue française).
Jérôme : Bonjour Jean-Claude, et merci d’avoir répondu favorablement à ma demande.
Jean-Claude : De rien. De toute façon vous faisiez fuir les clients, avec vos plaintes, vos pleurs, vos jérémiades à genoux sur le sol de ma boutiques, vos…
Moi : Oui, ce sont des techniques que l’on apprend à l’école de journalisme.
JC : Vous avez été à l’école de-
Moi : Heum, bon, commençons. Vous êtes je crois cordonnier depuis plus de trente ans.
JC : Plus ou moins. Euh, que faites-vous ?
Moi : Je regarde vos chaussures. C’est vrai, ce qu’on dit, ce sont les cordonniers les plus mal chaussés. Alors nous avons besoin de vos lumières sur le sujet des chaussures orphelines sur le bord des autoroutes. J’ai cru comprendre que vous étiez une pointure dans ce sujet…
JC : En effet, j’ai souvent planché sur cette problématique, car bien qu’on ne voie jamais qu’une seule chaussure perdue, ces dernières sont toujours fabriquées par paires.
Moi : Même Pour les unijambistes ?
JC : Il arrive souvent qu’ils mettent de l’argent en commun pour acheter une paire à deux. Après ils vont fêter cela au bar.
Moi : Oui. Les deux font l’apéro…
JC : Ils font bon pied bon œil…
Moi : Avez-vous une explication quand au mystère qui nous intéresse ?
JC : Non, j’avoue que je ne sais pas sur quel pied danser. J’ai souvent fait les cent pas, réfléchissant à cette question, mais j’ai usé mes semelles pour rien.
Moi : Ca ne dérange pas votre femme ?
JC : Je ne suis pas marié.
Moi : Oh, vous n’avez pas trouvé chaussure à votre pied ?
JC : Mais de quoi il semelle, celui-là ?
Moi : Pardon, pardon. Je ferai pénitence, ça me fera les pieds. Donc malgré votre proximité à la problématique et votre grand talon dans les arts de la cordonnerie, vous n’avez aucune piste ?
JC : J’aimerais bien, mais non. Je peux répondre à toutes les questions concernant les chaussures, mais pas celle-là. C’est mon talon d’Achille. C’est dommage parce que cette question me botte.
Moi : C’est pas le pied… Tant pis, j’espère que vous n’écoperez pas d’une mise à pied. Il est maintenant temps de terminer cette interview, j’ai un coup de pompe. J’ai l’impression d’avoir un pied dans la tombe. Au revoir.
JC : A plus.

J’ai encore fait chou blanc, mais je reviendrais !

Jérôme, talontueux reporter.
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MessageSujet: Troisième reportage (Jérôme)   Ven 12 Oct - 12:42

Votre dévoué reporter que je suis a cette fois-ci décidé d’utiliser ses compétences non littéraires. Il ne faut pas oublier que je suis bac+5 en biologie avant tout. J’ai donc décidé d’appliquer la méthode scientifique à notre problème de chaussures esseulées sur bord d’autoroute.
Avant tout il me fallait un endroit où mener mes expériences. Mon budget (drastiquement limité à cause de mes notes d’hôpital) ne me permettant pas de louer les services de professionnels indépendants, et le CNRS m’ayant intenté un procès récemment, j’ai dû me contenter de mon laboratoire personnel dans le sous-sol de la maison de mes parents, entre la cave à vins et la pièce du chat. Ce laboratoire personnel est heureusement bien fourni en matériel, emprunté à l’époque au CNRS (sans doute la raison de leur procès).
J’ai ensuite dû me procurer un échantillonnage complet de chaussures normales, provenant d’un autre que le bord d’une autoroute. Amy et Orlamonde me pardonneront sans doute un jour de leur avoir emprunté leur collection privée, je leur ai de toute façon laissé une paire de tennis en remplacement à chacune. Ces chaussures sont destinées à la comparaison avec les chaussures orphelines, afin de déterminer si leur composition chimique, leur forme ou leur aura magique (je suis ouvert à toute explication) diffère d’avec des chaussures normales.
Enfin, il m’a fallu braver la mort encore une fois en retournant sur l’autoroute pour me procurer l’objet du mystère : des chaussures seules de bord d’autoroute. J’ai cependant pris la précaution cette fois-ci de choisir un horaire plus sûr, c’est-à-dire pendant un match de rugby, alors que tout chauffeur qui se respecte est affalé devant la télévision en regardant une trentaine de néanderthaliens s’éclater mutuellement diverses parties du corps afin de prouver « qui c’est qui a la plus grosse paire » (de chaussure ?).
Une fois une dizaine de chaussures éparses récoltées au hasard le long de l’A-18,5 je me suis dépêché de revenir à mon laboratoire afin de leur faire subir les derniers outrages. De les analyser, quoi. Dissection soigneuse, étude structurale, détection magique, spectrographie de masse et en phase gazeuse, radiographie, exorcisme, centrifugation, scannographie, spectroscopie à basse pression, IRM du lacet, immersion dans divers liquides acides, basiques, corrosifs, bains de diluants organiques, crash-test, étude au microscope photonique, confocal biphotonique, électronique et atomique à effet tunnel, cuisson de la semelle avec un soupçon de cannelle, lancé de chaussure contre le mur, absolument toutes les expériences possibles et imaginables ont été effectuées sur les chaussures d’autoroute ainsi que sur les chaussures témoins. Même le test de résistance à la bave de bébé (8,7 sur l’échelle de Beurk).
A la fin de cette étude, une seule conclusion peut s’imposer : les chaussures seules sur le bord des autoroutes sont plus sales que les chaussures que nous portons, et c’est là leur seule différence.
214 jours de tests et d’expérimentations diverses pour en arriver là. Si je n’étais pas grassement payé pour ça, j’en pleurerais.

Jérôme, scientifique ignoré mais auteur acclamé.
(Bientôt sur PubMed, le rapport scientifique « Etude de la Chaussure Contemporaine : les Résultats Complets ».)
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MessageSujet: Drame routier (Amy)   Mar 16 Oct - 22:43

- Kévin ! Je te l'ai déjà dit cent fois ! Arrête ça tout de suite ! Remets ta ceinture, c'est dangereux !
- Hi, hi, hi, hi, hi, hi.
- Kévin, je te préviens. Dès que la voiture s'arrête, tu vas te prendre la claque de l'année.
- Hi, hi, hi.
- Tu m'as trouvée. Si tu n'obéis pas, en rentrant à la maison tu seras privé de consoles, d'ordinateur, de télé et de sortie pendant DEUX jours !
- D'accord, d'accord, répondit enfin Kévin, dix ans, à sa mère.
Kévin, Mégane et leurs parents rentraient de leurs vacances passées à brûler sous le cagnard estival collés à des milliers d'autres touristes transpirant sur une plage méditerranéenne. Après s'être ressourcés ainsi pendant deux semaines, ils avaient repris l'autoroute du soleil en sens inverse, direction la région parisienne où leur petit pavillon de banlieue les attendait sagement. Les enfants se demandaient, depuis le premier kilomètre, quand l'Espace familiale atteindrait leur demeure. Toutefois, cette question désormais classique pour toute famille en voyage était formulée plus simplement : "Quand est-ce qu'on arrive ?"
Une fois lassés de harceler ainsi leurs parents, les enfants avaient sagement allumé leurs consoles de jeux de poche et s'étaient occupés relativement calmement, ne reposant plus la question fatidique que tous les dix kilomètres. La mère tentait de gérer leurs excès au mieux, mais elle ne pouvait que les menacer, un lumbago l'empêchant d'aller gifler directement sa progéniture. Ce qui était toujours la méthode la plus efficace, il faut l'avouer. Le père, quant à lui, était absorbé par la conduite du monospace. En fait, la seule fois où son regard s'est détourné de la route c'était lorsque la petite Mégane avait décidé de jouer à "coucou, qui c'est ?" avec son père pendant le trajet. Et aussi, quand ils étaient passés à la hauteur de cette superbe auto-stoppeuse en mini-short et grand décolleté. Quelle beauté ! Il lui aurait bien fait une petite place dans le véhicule, mais il avait tout de même trouvé préférable d'approuver son épouse lorsque le verdict est tombé. Trop vulgaire. Oui, oui.
Kévin s'ennuyait. Il avait pourtant trouvé une occupation hilarante. Mais les privations que sa mère avait fait planer au dessus de sa tête comme une épée de Damoclès l'empêchaient de poursuivre. Il avait commencé par faire des grimaces et des gestes obscènes aux automobilistes qu'ils croisaient. Puis ce petit jeu devenant ennuyeux, il avait détaché sa ceinture et leur montrait ses fesses. Ca le faisait mourir de rire. Sa mère, elle, était, morte de honte, c'est pourquoi elle l'avait si rudement menacé. En des circonstances normales, le père aurait trouvé ça plutôt drôle, mais il était si concentré sur l'univers extérieur au véhicule familial qu'il ne voyait rien de ce qui se passait à l'intérieur.
Mégane était épuisée. Morte de fatigue, elle s'était endormie comme une masse dans une position pour le moins acrobatique. Ses pieds sortaient par la vitre ouverte (ils étaient ainsi le seul morceau de vie familiale que son père percevait), elle était semi allongée sur le siège arrière, mais toujours attachée. Le bercement de la route avait réussi à lui faire lâcher son jeu vidéo. Elle rêvait qu'à la rentrée prochaine ses nouvelles meilleures amies de la plage se retrouvaient dans sa classe avec ses anciennes meilleures amies de l'école. Son rêve fut interrompu par un hurlement. C'était son père qui tout en lui ordonnant de se rasseoir correctement, lui avait saisi les pieds et les avait rentrés à l'intérieur du monospace. Une fraction de seconde plus tard, un camion rasa le véhicule, arrachant presque le rétroviseur dans lequel notre bon père de famille avait quelques instants plus tôt une vue imprenable sur les semelles de sa fille. Sa concentration avait permis d'éviter le drame.
Mégane pleurait. Ses larmes traduisaient les émotions les plus diverses. Le regret d'avoir fini son joli rêve. La frayeur que son père lui avait faite. Le soulagement de ne pas avoir perdu ses jambes. Et surtout la tristesse d'avoir perdu, dans le mouvement, sa chaussure gauche.
C'est ainsi que la basket Nikey rose, pointure 36, de Mégane, 7 ans, se retrouva sur le bord de l'autoroute après quelques rebonds. Inutile de dire (mais disons le quand même) que personne ne revint jamais la ramasser.
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MessageSujet: Quatrième reportage (Jérôme)   Mar 16 Oct - 22:44

Bien le bonjour, chers lecteurs de cette chronique sur les chaussures. Vous êtes toujours au rendez-vous et cela me touche beaucoup.
En même temps ma rubrique est juste entre « BD et Pingouins » par Plaf et « Carnets de voyages » par Orlamonde, les deux rubriques les plus lues de notre journal, c’est normal que certains de nos lecteurs lisent ce qui est entre, machinalement, comme ça en passant. Coucou.
Cette fois-ci, étant à court de pistes pour élucider le mystère des chaussures seules le long des autoroutes, j’ai pris sur moi de réaliser un micro-trottoir. Je laisse donc la parole à nos contemporains qui ne sont jamais lents à la prendre pour dire n’importe quoi. Ce florilège de pensées profondes à été traduit du langage SMS (car de nos jours les gens s’expriment par SMS même à l’oral) par mon équipe personnelle de correcteurs qui travaillent d’ordinaire d’arrache-pied et 24H/24 à corriger mes écrits. En effet je suis une buse absolue et finie en ce qui concerne la grammaire et parfois l’orthographe. Mais je m’égare/mets gare/mes gars m’égards.
Voici la question qui leur était posée : « A votre avis, pourquoi y a-t-il des chaussures seules partout sur le bord des autoroutes ? » Voici les réponses les moins affligeantes.

« Il s’agit d’une conspiration du gouvernement, visant à cacher la vérité sur la guerre du golfe. Pendant que les gens regardent les chaussures sur le bord de l’autoroute, ils ne regardent pas leur jauge d’essence et donc ne pensent pas aux incessants combats visant à s’approprier les réserves mondiales de pétrole. »
« C’est pour faire joli ? »
« Ce sont les camions qui transportent les chaussures qui se renversent le plus souvent sur l’autoroute, et donc qui répandent des chaussures partout. C’est à cause d’une mauvaise répartition du poids, parce que tous ces **** qui chargent les camions sont des fainéants ! »
« Avez-vous accepté Jésus dans votre vie ? Car vous savez que Jésus allait pieds nus… »
« Woah man tu t’poses trop d’questions, viens tirer une bouffée et t’oublieras tout sur ces chaussures… »
« D, la réponse D ! »
« Votre question concerne toutes les chaussures, ou juste les chaussures droites ? Toute les chaussures, ah ? Alors je n’ai pas de réponses. »
« Il s’agit d’appareils laissés là par les martiens. Ils servent à nous surveiller ! Ils sont disposés le long des principales voies de communication : autoroutes, fleuves, Internet pour nous épier à chaque moment ! Et lorsque l’heure sera venue, ces soi-disant chaussures se transformeront en robots tueurs et nous réduiront en esclavage ! Eh, revenez, je dis la vérité ! C’est ma casquette qui me l’a dit ! »
« C’est bien évidement la faute de la Gauche. Pas vrai monsieur le Président ? »
« Au fond, pourquoi des chaussures ? Pourquoi pas des chaussettes, des patins à glace, des charentaises, des bottes, des rollers, des skis ou des schlappes ? »
« Vous êtes payé pour poser ces questions ? »
« Mon papa il m’a dit que quand on est méchant à l’arrière de la voiture, le méchant auto-stoppeur vient nous couper les pieds et les jette dehors, et que c’est ça les chaussures qui traînent le long de la route. »
« Ce sont les parachutistes. Ils ne nouent pas bien leurs lacets, alors forcément leurs chaussures tombent lorsqu’ils déploient leurs parachutes. »
« C’est pour la valise RTL ? Qu’est-ce que j’ai gagné ? »
« Pour préparer la venue du Grand Cordonnier, il faut paver son chemin de milliers de chaussures. Alors il pourra venir nous apporter la félicité absolue, et nous n’aurons plus jamais mal aux pieds. »
« Je parie que ce sont les gens de la Poste. Ils regardent toujours dans les colis, et quand on commande des chaussures ils en jettent une par la fenêtre de leur camionnette, par pure méchanceté ! »
« C’est la faute de la Droite ! Hein, Fabius ? »
« La vraie question, c’est : ‘est-ce qu’en Normandie, ils ont des sabots sur le bas-côté des autoroutes ?’. Hein ? Hein ? »
« Les fabricants jettent leur production un peu partout afin de faire monter les prix. »
« Moi je prend le meilleur de la chaussure droite, le meilleur de la chaussure gauche, et je jette le tout au centre de l’autoroute. Ainsi plus jamais les pauvres petites chaussures ne seront plus seules au bord de l’autoroute. Votez pour moi en 2012. »
« C’est tout ce qui reste de l’équipe de Namibie après le passage des bleus, hahahaha ! »
« En Russie soviétique, ils ont de vieilles autoroutes dépareillées le long des chaussures ! »
« Pour faire parler les curieux. »
« Ce sont des abris pour les petits animaux, comme ça ils ne sont pas tentés de traverser l’autoroute. Parce que vous savez, c’est très dangereux de traverser une autoroute, surtout la nuit. »

Voilà. Vous pouvez toujours tenter de vous faire votre propre idée à ce sujet en vous basant sur ces réponses. [1]

[1] L’un de nos interviewés était centriste. Pouvez-vous deviner lequel ?
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MessageSujet: Diversion futée (Amy)   Dim 21 Oct - 19:19

Un matin avant l'aube. Deux hommes dans un immense bureau. Un militaire haut gradé est au garde-à-vous devant un bureau derrière lequel est assis un homme en costume de marque.

- Aucun de nos agents n'a été repéré, Monsieur. L'opération Diversion Futée est un succès.
- Bien, bien. Envoyez le compte-rendu détaillé de la mission à mon secrétaire. Mais d'abord, faites moi un rapport rapide.
- Avec tout le respect que je vous dois, Monsieur, vous devez avoir mieux à ...
- Exécution !
- Bien Monsieur !
Chaussure n° 1, montante, Dr Mertaans, mauve, pointure 40, abandonnée au niveau de la sortie 5, direction Dunkerque, sur l'A25.
Chaussure n° 2, sandale, Epsirt, dorée, 39, abandonnée au niveau de la sortie 22, direction Mantes-la-Jolie, sur l'A13.
Chaussure n° 3, de travail, à coque, Costoroma, noire pointure 43, abandonnée au niveau de la sortie 25, direction Rennes, sur l'A84.
Chaussure n° 4, ballerine, Cimaf, vert pomme, pointure 27, abandonnée au niveau de la sortie 25, direction Angers, sur l'A11.
Chaussure n° 5, de marche, Datheclon, verte, pointure 41, abandonnée au niveau de la sortie 30, direction Niort, sur l'A10.
Chaussure n° 6, vernie, Cafferour, noire, pointure 36, abandonnée au niveau de la sortie 26a, direction Bordeaux, sur l'A63.
Chaussure n° 7, bottine, Geaimeau, verte, pointure 40, abandonnée au niveau de la sortie 15, direction Carcassonne, sur l'A62.
Chaussure n° 8, basket, Addadis, blanche, pointure 52, abandonnée au niveau de la sortie 30, direction Narbonne, sur l'A9.
Chaussure n° 9, à talon, Caura, rose, pointure 34, abandonnée au niveau de la sortie 33, direction Marseille, sur l'A7.
Chaussure n° 10, mocassin, Samelandar, marron, pointure 44, abandonnée au niveau de la sortie 54, direction Menton, sur l'A8.
Chaussure n° 11, de ville, Hemrès, noire, pointure 45, abandonnée au niveau de la sortie 16, direction Lyon, sur l'A48.
Chaussure n° 12, escarpin, Eirame, blanche, pointure 39, abandonnée au niveau de la sortie 4, direction Baume-les-Dames, sur l'A36.
Chaussure n° 13, botte de pluie, DAPM, jaune, pointure 26, abandonnée au niveau de la sortie 51, direction Sarreguemines, sur l'A4.
Chaussure n° 14, à bout pointu, Sens Giratoire, grise, pointure 38, abandonnée au niveau de la sortie 24, direction Paris, sur l'A4.
Chaussure n° 15, basket, Naïke, noire, pointure 37, abandonnée au niveau de la sortie 16, direction Bourges, sur l'A71.

Toutes les chaussures gauches ont été détruites selon vos ordres. Comme je le disais, Monsieur, mission accomplie.
- Bien, bien. J'ai moi-même déposé une de mes chaussures entre Porte de Gentilly et Porte d'Italie, direction Vincennes, sur le périphérique.
- Sans vouloir être indiscret, Monsieur, quel est le but de cette opération ?
- Allez donc finir votre rapport et le remettre à mon secrétaire. Exécution !
- A vos ordres Monsieur !

Le militaire sort. L'homme en costume descend de son siège à l'aide d'un escabeau. Il va à la fenêtre et soupire.

- Enfin seul. Que c'est fatiguant d'être entouré d'incapables.
Récapitulons. J'ai fait muter dans des pays à risques tous les agents impliqués dans cette mission top secrète. Avec un peu de chance, il n'y aura aucun survivant pour témoigner. Et, quand le soleil se lèvera, tous les Français découvriront une de ces chaussures sur leur trajet. Comme l'ont prévu mes psychologues, que j'ai également fait muter, ils n'oseront jamais interroger qu'eux-mêmes à ce sujet. Cette nouvelle préoccupation devrait détourner leur attention suffisamment longtemps pour que mon nouveau gouvernement ait le champ libre le temps de prendre ces nouvelles mesures hasardeuses qui me tiennent tant à coeur. D'ici que les effets de cette opération soient dissipés, la nouvelle saison de la Star Akelkonnry devrait avoir pris la relève. Rien de tel pour ramollir mes cons-citoyens. Ah, le temps de cerveau disponible, il n'y a que ça de vrai. Que je suis brillant. Je serai bientôt le maître du monde ! Ha, ha, ha, ha... Bon d'accord, de la France seulement, mais c'est un bon début.

A 5h30, ce matin là, la chaussure Anamri noire, pointure 35, à talonnettes, du petit Nicolas S. fut remarquée pour la première fois, entre Porte de Gentilly et Porte d'Italie, par un car de touristes japonais qui la prirent en photo. Aussitôt envoyée par mail, l'image choc apparût au journal du soir présenté en direct de Tokyo. L'information se répandit comme une traînée de poudre et fut relayée sur toutes les chaînes mondiales. Pendant une semaine, il n'y eût plus personne qui ne parla pas des mystérieuses chaussures. Une enquête fut ordonnée par le gouvernement français afin de déterminer l'origine de ces souliers abandonnés. Mais, étrangement, elle n'aboutit à rien. Finalement, l'opération Diversion Futée avait largement dépassé les espérances de son concepteur.
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Amy

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MessageSujet: Cinquième reportage (Jérôme)   Dim 21 Oct - 19:20

La méthode scientifique a montré que l’explication ne vient pas des chaussures elles-mêmes. Elles n’ont rien de spécial. (De plus le micro-trottoir a montré que l’explication ne viendra pas de nos contemporains. Ils sont sacrément spéciaux.)
L’explication doit donc venir de ceux qui jettent ces chaussures le long de la route ! Il faut donc remonter à la source et réussir à trouver l’un de ceux qui placent là ces souliers, et pour cela il faut retourner encore une fois sur l’autoroute.
J’ai donc emprunté la voiture de Plaf (peut-être qu’un jour il s’en rendra compte) et suis retourné sur l’A-18,5, en roulant le plus lentement possible sur la bande d’arrêt d’urgence, à l’affût. J’ai attendu, attendu, laissant tout le monde me doubler, même les vieilles deux-chevaux conduites par des grabataires aveugles et les semi-remorques chargés à bloc qui faisaient une opération escargot. Et puis au bout de quelques heures, le miracle. Une Peugeot blanche me double à toute vitesse et juste devant moi son passager jette une chaussure par la fenêtre.
Une seule chaussure. Sur le bord de l’autoroute. Juste devant moi.
Immédiatement je mis tout mon poids sur l’accélérateur, passant les vitesses deux par deux pour aller plus vite. Il fallait à tout prix que je rattrape cette Peugeot. Afin de la faire stopper je mis mon gyrophare sur le toit (25 euros chez Carrefour), et me lançais dans la course. La Peugeot accéléra, tentant de me semer, et se mit à zigzaguer entre les véhicules, doublant des camions par la droite, faisant des queues de poisson à des camionnettes, s’insérant entre des motos, mettant en danger la vie d’autrui…
Je me contentai pendant ce temps d’accélérer tranquillement en restant sur la voie de gauche, dégagée.
Ah, les folles courses-poursuites à 85km/h dans les fortes côtes en montagne, il n’y a que ça de vrai.
Finalement, le conducteur de la Peugeot abandonna la poursuite et me laissa me mettre à sa hauteur. Je lui fit signe de s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence, et il obtempéra bien vite malgré sa surprise face à sa découverte : je ne conduisais pas une voiture de Police, mais une vieille Ford blanche… Le gyrophare l’avait convaincu. Je me garais donc derrière lui avant de m’approcher de la vitre du passager.
« Madame ? Vous venez de jeter une chaussure sur le bord de l’autoroute, je crois. »
« Euh, oui, pourquoi, c’est interdit ? »
« … Sans doute, oui. Ce n’est pas très écologique, en tout cas. Vous savez que si l’homme de Cro-Magnon avait eu des baskets on les aurait retrouvé intactes à ses pieds ? »
« Excusez-moi, mais vous êtes policier ? »
« Ne changez pas de sujet. Vous venez donc de jeter une chaussure, seule, le long de l’autoroute. Savez-vous que vous participez, en faisant cela, au plus grand mystère de tous les temps ? »
« Si oui ou non Jésus a eu des enfants ? »
« Non. On sait qu’il en a eu. Pareil pour ses frères et sa sœur. Je veux parler du mystère des chaussures de l’autoroute. Parlez ! Qui vous a payé pour jeter cette chaussure ici ? Quelle organisation secrète ? Pour quelle raison ? »
« Mais de quoi parlez-vous ? J’ai juste jeté ma chaussure parce qu’elle était vieille et que je viens de m’en acheter une nouvelle paire. »
« Mais alors pourquoi n’en jeter qu’une ? Hein ? Quand je change de chaussures… »
« Vous en avez déjà changé ? Sérieux ? »
« … Je sais que j’ai de vieilles chaussures. C’est dur de trouver des chaussures pointure 46 en France. Donc, quand je change de chaussure, je change les DEUX ! La paire entière ! Et donc dans ma poubelle se retrouvent deux chaussures, qui de plus sont assorties. Alors pourquoi n’en jeter qu’une ? »
(C’est à ce moment qu’une voiture de police est passée près de nous. J’ai vu un des policiers relever le numéro de la voiture avec le gyrophare. Ce n’est pas grave, l’amende ira chez Plaf. La passagère continua.)
« Parce que j’enlève mes chaussures l’une après l’autre. Dès que j’enlève la première, je la jette. Après, j’enlève la deuxième et je la jette aussi. Mais entre les deux chaussures, il y a plusieurs secondes, et sur l’autoroute on parcours plusieurs dizaines de mètres en ces quelques secondes. C’est très simple. Même si je regrette maintenant de les jeter comme ça dans la nature. Pauvre Cro-Magnon… »
« Mais alors… Il n’y aurait pas de mystère ? Ce serait normal ? Si on ramassait les chaussures sur plusieurs kilomètres on pourrait reformer des paires ? »
« Oui. »
« Mais… Pourquoi y en a-t-il tant le long des autoroutes ? Tout le monde ne fait pas pareil ! »
« Non, mais il y a beaucoup plus de gens qui passent par l’autoroute. Des dizaines de milliers chaque jour, sur chaque autoroute. Il y a plus de chaussures parce qu’il y a plus de gens. C’est une simple question de probabilité. Une faible probabilité fois un grand nombre de tirages égal un nombre important d’évènements. Simple, non ? »
« Vous êtes mathématicienne ? »
« Non, caissière chez Prisunic. Très peu de connards dans la population, mais des centaines de personnes à ma caisse, ce qui fait que j’ai eu affaire à des milliers de connards dans ma vie. C’est pour ça que je m’y connais. »
« Oh. Eh bien merci, madame. Vous venez tout juste de me prouver que le monstre du Loch Ness n’existe pas, que les OVNIs sont des conneries, qu’il n’y a pas de vie après la mort et que les chaussures seules le long de l’autoroute c’est parfaitement normal. Au revoir. »
Je m’en retournai donc à la voiture de Plaf, dépité mais cependant conscient d’avoir élucidé l’un des grands mystères de notre temps. Prochaine étape : pourquoi y a-t-il des paires de chaussures attachées par les lacets suspendues aux fils électriques partout dans le monde ?

Voilà, vous savez tout, maintenant. Si vous voyez une chaussure sur le bord de l’autoroute, ce n’est que le résultat d’un grand nombre de voitures à une grande vitesse. De plus, si vous avez des questions métaphysiques qui vous trottent dans la tête, n’allez pas voir un psy ou un barman, mais la caissière d’un Prisunic. C’est plus efficace.
Pour mon dernier reportage, je vous dis au revoir, chers lecteurs.

Jérôme, petit brun avec une chaussure noire.

Fin de la chronique sur les chaussures. La semaine prochaine, retrouvez à la place notre nouvelle rubrique, « 1001 raisons de virer un petit scientifique prétentieux qui a des notes de frais exubérantes et qui vole de très belles chaussures Prada avant de les mettre en pièces » par Orlamonde.
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MessageSujet: A la recherche des taupes perdues (Tit-Vinz)   Mer 24 Oct - 15:37

A lire sous Sujet 17 : Vacances forcées (par Jérôme) / Enfin les réponses, à la page 2.
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MessageSujet: Sale journée (Tchoumy)   Sam 3 Nov - 23:29

La journée de Martin Kantiana avait très mal commencé. Il avait pourtant planifié ce mardi à la minute près pour être sûr que le regrettable incident de la semaine dernière ne se reproduise pas. Mais il n’y avait rien à faire, depuis qu’il avait perdu son poste de directeur marketing chez Adadas tout allait de travers et aujourd’hui ne devait pas déroger à la règle. D’abord ce sont les piles de son réveil qui avaient rendu l’âme deux minutes avant l’heure programmée, ensuite, dans l’affolement général, il s’était renversé du café brûlant sur sa chemise blanche et avait cassé ses lacets en mettant ses chaussures. Fort heureusement, il lui restait encore une chemise bleue au sale. Elle ne sentait certes plus très bon mais un coup de parfum fit l’affaire. Quant aux chaussures, il devait se résigner à mettre une paire de Niké très inconfortable.
Avant d’entrer dans la voiture, il marqua une pause et pria le ciel pour qu’elle veuille bien démarrer. Il eut un peu de mal à ouvrir la portière gelée mais celle-ci finit par céder. Après quelques tressautements qui ajoutèrent encore à l’angoisse de notre cher Martin, la voiture démarra. Avec un peu de chance, et Dieu sait qu’il n’en avait pas beaucoup aujourd’hui, il pourrait peut-être même arriver à l’heure à son entretien d’embauche chez VertSachet. Un mois de malchance avait eu raison de l’optimisme de Martin et c’est avec étonnement qu’il constata que le trafic sur le périphérique était, une fois n’est pas coutume, très fluide. Malgré son retard et sa nervosité, il arrivait à ne pas dépasser la vitesse maximale autorisée. Un PV était bien la dernière chose dont il avait besoin en ce moment. Pour tenter de se détendre un peu, il alluma la radio. La mélodie de son morceau préféré résonna dans la voiture et lui redonna un peu d’énergie. Il s’autorisa même à fermer les yeux quelques secondes, le temps d’apprécier le solo endiablé de Jimi Hendrix. C'est ce moment que le moteur choisit pour s’arrêter.
Martin se rangea alors sur le côté et tenta de redémarrer la voiture à plusieurs reprises. Sans succès. Abattu, il resta assis dans sa voiture, les mains sur le volant, les yeux dans le vague à méditer sur ce qui venait de lui arriver. Son dernier espoir venait de s’envoler. Il n’avait maintenant plus qu’une seule envie : se recoucher. Au diable l’entretien, au diable le travail. Il vivrait de ses économies pendant un mois ou deux avant de se remettre à la recherche d’un emploi. Ces vacances, il en avait plus que besoin. L’esprit un peu plus léger grâce à cette décision, il chercha son portable pour annuler son rendez-vous et appeler un dépanneur. Ce n’est qu’à moitié surpri qu’il s’aperçut que son portable était complètement déchargé. Il soupira, sortit de la voiture et se dirigea lentement vers le téléphone d’urgence le plus proche.
Après cinq minutes de marche, il dut s’arrêter car ses chaussures le faisaient horriblement souffrir. Mentalement, il se fit une note pour plus tard : "ne jamais postuler chez Niké !". Désespéré, il s'adossa contre la rambarde, enleva sa chaussure droite et la posa par terre.
Pendant ce temps au poste de surveillance du périphérique Ouest, le technicien observait la scène d’un air amusé sur son petit écran noir et blanc. Il se retourna un instant, le temps de prendre sa tasse de café, et le bonhomme avait disparu de son écran… il ne restait plus qu'une chaussure.

A 35 786 km de là, le vaisseau commercial de la Grzby s’apprêtait à quitter son orbite géostationnaire et à mettre le cap vers Ythaq. Le commandeur était très mécontent. Leur mission était de capturer des humains de manière discrète, pour ne pas éveiller de soupçons et ce dernier enlèvement ne s’était pas du tout déroulé comme prévu : ils avaient laissé une chaussure derrière eux et c’était inacceptable.
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Amy

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MessageSujet: Le mystère de la chaussure perdue en BD (Plaf)   Jeu 15 Nov - 20:22

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Amy

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MessageSujet: Le mystère de la chaussure perdue en BD (Plaf)   Jeu 6 Mar - 12:26

La troisième partie est enfin sortie !
Pour la lire, cliquez sur ce lien.
Et comme Plaf a bien fait les choses, les deux premières parties sont également reprises.
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MessageSujet: quatre ans après, tout de même!   Dim 19 Juin - 1:47

ALLER, JE TENTE... PRESQUE QUATRE ANS APRES LE LANCEMENT DU SUJET MAIS CE PEUT ETRE DROLE ET SURTOUT ( ET TOUJOURS) IMPROVISE:

L'été... Belle et grande période pour une multitude de gens. Temps des amours, du soleil et des extérieurs. Epoque où les vêtements s'allègent et perdent du poids. Les parkas retournent au placard, les gants reviennent dans les cartons... Les shorts et les bermudas ressortent de leur torpeur, bonjour au marcel... Oui, vraiment, quelle belle saison pour une garde robe qui se respecte... Sauf pour les chaussures...
Ce vêtement trouve là le seul moment de l'année où le pied lui crie assez. La senteur et les effluves bestiales émanant de ces chausses indiquent le degré de souffrance de cette partie de notre anatomie à cette période.
Que faire pour éviter toute cette horreur qui ne porte que trop de noms: mycchoses, champignons et autres crevasses... L'évocation seule de ces tares suffit à justifier ce qui va être décrit dans les lignes qui suivent... Croyez bien que je ne cautionne pas cet état de faît mais la nature est ainsi: farouche, dure mais juste.
Ainsi, les chaussures les plus faibles, sentant qu'elles ne survivront pas aux rigueurs du caniard estival s'en vont, soi d'elles mêmes, soi chassées par ces petites catins de sandales qui ne sortent qu'aux beaux jours. Ces dernières prennent toujours soin de laisser les autres godasses supporter, le reste de l'année, la gadoue et la neige.
Ces chaussures, donc, fidèles parmi les fidèles, sachant pertinemment qu'elles ne résisteront pas au dieu Consommation et à la déesse Usure partent. Où? Personne, vous m'entendez, personne,n'a, à ce jour, découvert le fameux cimetière des souliers. Que deviennent-ils? Qu'y font-elles? Nul ne le sait.
Tout au plus, parfois, le long des routes, des fossés, voyons nous ceux et celles qui, épuisés par cette vie ingrate abandonnent l'espoir du repos éternel et se laissent mourrir là. Quel terrible image que cette migration aveugle, laissant juste derrière elle, comme un ultime témoignage de leur gageure*, les plus faibles.
Je ne vous demande pas de vous arrêter. Il serait de toute façon certainement trop tard. Le lacet pendant, lamentable, d'un oeillet déformé par des pneus ignorants et barbares, la semelle piteuse et le cuir taché, voire pire... Seulement, la prochaine fois que vous verrez cette pauvrette échouée ça ou là, ayez une petite pensée pour elle.
* j'aime bien ce mot même s'il est mal employé...
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MessageSujet: Re: Les réponses...   Dim 19 Juin - 16:38


Quel pied mon cher Marteens de lire des sandales à trois tongues pieds nu dans le jardin !
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Les réponses...   Ven 24 Juin - 14:25

Ouais, voilà, c'est ça l'esprit Riendetelois! Faire revivre les sujets même des années plus tard!
Bravo the Freap (The Freap? Thefreap? theFreap? Zefrip? Hmm...)

Je n'ai qu'une seule chose à ajouter : je sais, moi, quelle est la destination finale des chaussures qui ne meurent pas en chemin.
.

...

La cuisine des cantines de collège et lycées!

Nous ne voyons pas d'autre explication.
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MessageSujet: Re: Les réponses...   Lun 27 Juin - 23:24

Merki cher Jérome, tout compliment fait plaisir à mon égo et j'aime ça. Je suis allé faire un tour sur le sujet numéro... mince, oublié le numéro... C'était celui avec des BD et évoquer une rencontre. J'ai zieuté en (moyennement ) fin connaisseur (quand même plus de 500 bd chez ouam) et sincèrement, vous êtes tous plus déjantés les uns que les autres et pétris de talents. Tous n'ont pas vraiment dessiné mais c'était frais, franchement poilant parfois et... j'arrête avant que les chevilles du blog explose
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thefreap

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MessageSujet: Re: Les réponses...   Lun 27 Juin - 23:27

Pour le surnom, vu que c'est une invention issue de mon cerveau fait con, il n'y a pas vraiment d'orthographe juste... A ta convenance... Et je m'demandais, le noyau dur du "rien de tel", c'est des amis de longues dates? connaissances par le blog? Rien du tout?
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Orlamonde

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MessageSujet: Re: Les réponses...   Sam 9 Juil - 0:30

Merci pour les compliments The Freap, ça fait super plaisir de les lire et je suis bien contente que tu aies l'air de te plaire parmi nous.

Quelqu'un m'avait déjà posé la question sur les liens entre les personnes inscrites et j'y avais répondu il y a quelques temps par ce petit schéma :

liens entre les joueurs

Il manque des membres récents et d'autres ont malheureusement disparus depuis longtemps.
Nouni qui ne figure pas sur ce schéma est ami de Sieur Géreaûme. Quand à Derzia, elle est tombée par hasard sur le site tout comme l'avait fait auparavant Amy ou Petit papillon (envolé depuis).

Au départ le jeu a commencé par mail puis j'ai eu l'idée au bout de quelques sujets de tout poster sur un forum clé en main histoire que ce soit un peu plus interactif.
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Les réponses...   Lun 11 Juil - 15:43

Je qualifierait bien ce jeu d'écriture de "Réseau asocial datant d'avant fessebouque" mais Orlamonde me taperait.

Et il manque aussi un lien familial entre moi et Darkvidor, mon frère (qui reviendra un jour, j'espère), et un lien vers tropic jambon chaispuquoi (l'explication du surnom est hilarante, du moins pour lui) qui nous avait pondu un sujet historique (dans le principe).

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