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 Les réponses ici !

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Bibz

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MessageSujet: Les réponses ici !   Ven 11 Avr - 0:12

Je publie ce soir les 5 textes reçus, tout en sachant que certains promis de faire un texte plus long dès qu'ils auront 5 mn (Hein Jerome ?), d'autres de finir leur texte entamé (hein Amy et Tchoumy ?), et enfin d'autres de se sortir les doigts du ... pour trouver l'Idée qui fera qu'ils recommenceront pas leur texte tous les 4 matins (hein moi même ?).

Je commence les recherches pour trouver la pesonne qui veut bien prendre la suite pour le sujet 23 ... si quelqu'un se sent d'humeur et a une idée, qu'il me fasse signe par mp !

Edit 10 mn plus tard : la réponse de Tchoumy est arrivée juste à temps !

Edit du lendemain matin : je me suis faite disputer (à raison d'ailleurs) par la miss Amy qui m'avait bien envoyé une réponse provisoire au sujet 22, je l'ajoute ! Toutes mes confuses !

Edit du surlendemain : 2 nouvelles réponses recues, celles du chat et de Plaf . Et truc de dingue, j'ai pour ma part finit de rediger mon texte dans le RER, reste plus qu'à le taper ...


Dernière édition par Bibz le Sam 12 Avr - 2:11, édité 5 fois
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Bibz

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MessageSujet: Rozenn   Ven 11 Avr - 0:13

Ils ne savaient plus trop ce qu'ils faisaient là.

Sans horloge, sans lumière, ne pouvant mesurer le temps qu'au rythme cahotique de leurs battements de coeur, ils ne savaient même plus depuis combien de temps ils étaient là. Le manque de nourriture avait fait glisser leur esprit dans une sorte de torpeur hébétée, de laquelle ils ne sortaient que pour étancher leur soif au robinet mural.

S'ils avaient eu la force de rassembler leurs souvenirs, ils se seraient rappelé un grand bruit qui les avaient tirés du sommeil, une sirène, une course effrénée dans les escaliers jusqu'à la cave, vaguement amménagée en abri, d'un immeuble urbain, la porte qui se claque derrière eux puis qui refuse de se rouvrir, les premières minutes (heures?) passées à glisser un regard inquiet par le minuscule vasistas, dans l'obscurité du dehors, avec l'espoir vain de percevoir un rai de lumière, un signe de l'extérieur, quelqu'un, quelque chose qui aurait pu donner un sens à tout cela.

C'était l'espoir des premiers temps. A présent, personne ne prenait plus la peine de monter la garde auprès du vasistas, qui ne laissait toujours passer que la nuit, une nuit désespérante et opaque qui semblait devoir s'éterniser, comme si le soleil s'était couché pour de bon.

Les quelques rations de survie terminées, la faim s'était peu à peu installée comme une voisine sans-gêne. D'abord, ce furent de petits gargouillis accueilis par des rires indulgents, puis des crampes de plus en plus douloureuses, jusqu'à ce que la faim elle-même disparaisse et laisse place à une lassitude inexorable, à croire que leurs membres amaigris étaient coulés dans le plomb, et que leurs pensées et leurs souvenirs se détruisaient à petit feu à mesure que le temps grignotait leur être. L'obscurité de la cave était à présent peuplé de silhouettes squelettiques hâves, affalées contre les murs, à peine vivantes.

Tout comme ils ne sentaient plus la faim, ils n'entendaient plus le hululement perçant de la sirène, qui ne s'était pourtant pas interrompue une seule seconde depuis qu'ils s'étaient réfugiés dans ce sous-sol. C'était devenu comme un bruit de fond, une partie aussi inévitable et familière de leur existence que l'air épais qui les entouraient. De fait, ce cri monotone, qui avait au début semé la panique dans leur esprit, souvenir atavique et irrépressible des terreurs passées, était maintenant le seul lien qui les reliait encore au dehors. La sirène était l'unique preuve de l'existence d'un ailleurs, d'un monde hors de cette pièce confinée et malodorante, plongée dans une nuit sans fin.

Après un jour, une heure, un mois, une année, pourtant, aussi abruptement que la sirène s'était déclanchée, elle se tut. Ceux des habitants de la cave qui en avaient encore la force tressaillirent. Le silence qui s'installa était aussi plein de menaces qu'il l'était de promesses. Des bruits oubliés se firent entendre, des frémissements, des glissements, des chuintements inconnus qui blessaient leur ouïe habituée à des sons plus stridents.

De leurs yeux pâles et exhorbités, les êtres faméliques parcoururent l'obscurité qui leur parut moins oppressante. Sur le mur du fond, on pouvait même distinguer des raies plus sombres qui pouvaient être les ombres portées par les barreaux du vasistas.

Alors, lentement, en puisant dans les dernières réserves d'énergie et de courage qu'il leur restait, en se souvenant qu'ils avaient un jour été des êtres humains, ils rampèrent jusqu'à la fenêtre.

Et ils attendirent que le jour se lève.
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MessageSujet: Jerôme   Ven 11 Avr - 0:13

Ils ne savaient plus trop ce qu'ils faisaient là.

Oui. C'est bon, ça. "Ils ne savaient plus trop ce qu'ils faisaient là."
Ça fait une bonne première phrase de roman.
Surtout ce roman-ci, mon chef d'œuvre, mon meilleur!
Il m'a pris tellement d'années à écrire...
Mais je l'ai enfin fini. Plus qu'à trouver deux phrases et c'est bon. Enfin, plus qu'une, quoi. Mon professeur de français nous l'avait toujours dit : "Commencez par faire le corps du texte. Puis une fois que cela est fait, vous pouvez lui mettre un début qui ne mente pas sur la suite, et là enfin vous pouvez conclure en ayant tout dit."
Oui.
"Ils ne savaient plus trop ce qu'ils faisaient là." est parfait comme début. Je pourrais chercher des mois encore que je ne trouverais pas mieux.
Et comme dernière phrase, ma conclusion ultime, le point final de mon œuvre la plus grandiose?
Oui, je sais... Je vais mettre...

Et ils attendirent que le jour se lève.
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MessageSujet: Orlamonde   Ven 11 Avr - 0:14

Ils ne savaient plus trop ce qu’ils faisaient là dans cette clinique rendue tout à coup hospitalière par sa présence auprès d’eux : extraterrestre surgi du ventre de la terre, artichaut fragile dont ils faisaient à présent la connaissance petit à petit, feuille après feuille.

Derrière eux, à travers la baie vitrée, deux demoiselles jalouses cherchaient vainement à attirer leurs regards :

Mademoiselle la Nuit avait beau parer son visage de mille étoiles incandescentes et se draper d’une longue robe aux plis délicats, Miss City se revêtir de sa tenue de strass et de néons tout en leur lançant des clignotements suggestifs ; elles n’étaient rien face à la lumière tranquille émanant de ce petit bout.

La vie ce n’était plus la ville et ses artifices à qui les parents tout neufs tournaient ostensiblement le dos. Leur réalité, leur nouveau quotidien, il était là tout entier concentré dans un petit lit en plastique… Main dans la main, ils fixaient avec intensité chacun de ses mouvements, chacune de ses actions.

Endormi, son visage aux reflets bleutés était fréquemment traversé de délicieuses grimaces et de bizarres froncements de sourcils. Les bras tendus en avant, il semblait tenir un arc invisible.
Au bout de ses mains s’étendaient dix tiges minuscules ornées d’un morceau de nacre.

Lorsqu’il ouvrit enfin les yeux et les planta sur eux, une flèche étincelante les toucha au plus profond. Emus, ils se laissèrent emporter par cette vague indigo et par le flot des émotions. Lorsqu’il referma ses paupières, l’océan disparût aussi vite qu’il avait surgi, derrière les dunes de sable du marchand de sommeil. Pour seule trace de son passage une larme iodée fila le long du visage de la maman.

Au cœur de cette drôle de nuit, ils le contemplèrent encore longtemps. Puis, ils attendirent que le jour se lève.
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MessageSujet: Elodie   Ven 11 Avr - 0:15

Ils ne savaient plus trop ce qu’ils faisaient la. Ils se sentaient seuls, angoissés, livrés a eux-mêmes. Ils se rappelaient bien le début du chemin, le pourquoi qui les avait mené là, l’origine. Mais maintenant que c’était fait, qu’ils avaient accompli ce qu’ils étaient venus faire, tout s’assombrissait. Les raisons originelles se faisaient plus vaporeuses, ce qui leur avait semblé si limpide, à l’époque, si tranché, se colorait maintenant de gris.

La haine les avait mené là, à ce point précis de leur vie. Ils s’étaient laissé manger par elle, ils l’avaient senti les envahir peu à peu et n’avaient rien fait pour ralentir sa lente progression. Ca s’était fait doucement, tranquillement. Elle les avait d’abord caressé, du bout des doigts, comme un amant aimant, puis s’était incidieusement immiscée jusqu’au plus profond d’eux-même et s’était installée là, se nourrissant de leur quotidien pour enfler, encore et encore.

Tout avait commencé dans la rubrique des faits divers. Un passage à tabac, comme il y en a tant. Ils se souvenaient de tout, des visages, des regards, des bruits, de cette sensation, à jamais gravée maintenant, du métal qui pénètre la chair. Les sirènes qui avaient succédé, les lumières bleues et rouges, l’entrée des urgences. La douleur, les larmes. Et puis la colère, d’abord. Cette colère qui s’était doucement transformée en haine, féroce.

Debouts dans la nuit, ils essayaient de faire renaitre cette colère, elle qui avait tout déclenchée. Mais tous leurs efforts restaient vint. Rien. Ils se sentaient vides. Pourquoi? N’auraient-ils pas dû, eux aussi, assister aux réunions hebdomadaires, pleurer leur douleur, hurler leur haine, cracher leur incompréhension, à heure fixe, chaque semaine, plutôt que de laisser ce serpent noir s’immiscer en eux et les mener là? Ils avaient tué un homme. Certes, il avait, un soir d’automne, détruit une part d’eux-même. Mais ils prenaient conscience, là, dans la pénombre et le silence, qu’en répondant à son appel, ils venaient d’en tuer une autre.

Et ils attendirent que le jour se lève.
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MessageSujet: Tit-vinz   Ven 11 Avr - 0:16

Ils ne savaient plus trop ce qu'ils faisaient là.

Ils ne gardaient que de maigres souvenirs des derniers évènements. L'île, les plans machiavéliques du Docteur, le combat dans la base volante, l'explosion. Ensuite, des flashs. Une chute amortie par des arbres, au fond d'une crevasse, des heures ou des jours avec la faim et la soif, attendant d'hypothétiques secours, d'étranges silhouettes entraperçues qui les avaient emmené. Des soins, une perfusion.

Ils s'étaient retrouvés dans une pièce sans fenêtresaux murs bleus, allongés chacun sur un petit lit. Leurs vêtements, recousus. De nouvelles chaussures. Régulièrement de la nourriture apparaissait par un monte-charge. Mais ils n'avaient encore vu personne.

Coupés du monde et de tout repère extérieur, ils avaient rapidement perdu toute notion du temps. Ils passèrent les premiers temps à partager les maigres souvenirs dont ils se rappelaient. Cela faisait passer le temps, leur occupait l'esprit, et ils espéraient ainsi découvrir où ils se trouvaient.

Après tout bon agent secret était entrainé à se sortir de telles situations, et Orlamonde et LeChat étaient les meilleurs.

Une longue période s'écoula ainsi. Ils avaient rapidement décidé d'organiser leurs "journées" pour ne pas perdre toute notion. Ils consacraient beaucoup de temps aux exercices sportifs. Leurs dernières aventures avaient été assez éprouvantes et leurs organismes avaient besoin d'une bonne rééducation.

Nul ne peut dire exactement combien de temps dura cette situation.

Mais quand la porte apparu sur le mur, les deux agents étaient rétablis, et prêts à en découdre avec qui ou quoi que ce soit.

L'ouverture formait un triangle sombre sur le mur. Des pas se firent entendre et une forme massive entra. Un pingouin. Ou plutôt un homme déguisé en pingouin.

Les deux agents secrets en restèrent bouche-bée.

"Bonjour à vous deux ! salua le costume d'une voix étrange, comme transformée par un appareil. C'est un honneur d'accueillir parmi nous le fameux Chatdesvoisins et la non-moins-fameuse Orlamonde. Il faut dire que j'ai fait suffisamment d'efforts pour vous trouver. Quel plaisir de vous voir en pleine forme. J'espère que cette période de repos vous aura été profitable. Comment allez-vous ?

- Ma foi, fort bien, répondit Orlamonde qui s'était repris. Merci à vous pour votre accueil. A qui avons-nous donc affaire ? Je ne crois pas que nous nous connaissions.

- Oh si je vous connais très bien. Mais vous avez raison, je manque à tous mes devoirs, je suis l'homme-pingouin, en hommage au personnage de la bande-dessinée. Mais mes amis m'appellent Plaf. Mes ennemis aussi d'ailleurs...

- Plaf ce sera alors, intervint LeChat. Merci pour votre accueil. Vous nous cherchiez disiez-vous ?

- Et bien oui, je dois le confesser. J'ai suivi de près vos dernières, comment dire, occupations... Et lorsque j'ai vu votre petit accident, je me suis efforcé de vous retrouver. Je me doutais que vous étiez toujours vivants. Et je voulais vous avoir à ma table !

- C'est fort aimable à vous, et c'est avec plaisir que nous acceptons votre invitation. Mais avant cela, pourrions-nous avoir un téléphone afin de prévenir nos familles et amis que nous allons bien ?

- Hélas très chère Orlamonde, j'ai bien peur que cela ne soit impossible. Je n'aimerais pas avoir le reste de vos camarades de jeu sur le dos. Je préfère profiter pleinement de votre présence. Et puis, si vous passez le test, vous serez alors en mesure de contacter qui vous voudrez.

- Quel ... ?

- Mais je vous en dis trop, laissez-moi vous indiquer le chemin de la salle à manger, par ici, indiqua Plaf, montrant l'ouverture. Une dernière chose, ne croyez pas pouvoir vous échapper, des armes sont et seront continuellement dirigées vers vous. Nous y allons ?

Traversant quelques couloirs, ils aboutirent finalement dans une grande pièce. En son centre, une table à manger dressée et couverte de mets plus appétissants les uns que les autres. Quatre chaises étaient visibles. Sur l'une d'elle était assis le Docteur TheCursed.

LeChat eut un hoquet de surprise.

"Allons, allons, du calme mon cher, dit l'homme-pingouin. Pas d'esclandres dans cette pièce. Nous sommes tous ici pour dîner comme des personnes civilisées. Ce cher Docteur n'était pas du tout de mon avis, mais maintenant il sait qu'il doit se tenir calme. N'est-ce pas Docteur ?"

Le Docteur TheCursed le fusilla du regard et marmonna : "Toi petit pingouin, tu ne perds rien pour attendre..."

"Bien, bien, bien, continua sans s'émouvoir Plaf. Je vous en prie, asseyez-vous ! Servez-vous et profitez bien de ce repas. Après tout, comme disait ma grand-mère, mange quand tu peux, tu ne sais pas qui te mangera..."

Il partit dans un ricanement étrange, étranglé, presque un gloussement.

Une fois son fou-rire passé, il continua.

"Laissez-moi vous expliquer la situation. Je vous prie de ne pas m'interrompre, vous pourrez poser toutes les questions que vous voudrez à la fin. Cela fait déjà quelques temps que je suis vos "aventures" à tous les trois. Laissez-moi d'ailleurs vous féliciter, vous êtes les dignes représentants de notre société. Mais je m'égare. Je suis un grand admirateur de la lutte épique que vous vous livrez. Et aimant collectionner les choses, je voulais être le témoin, et même l'unique témoin, d'un de ces affrontements. Vous allez donc vous livrer combat. Dans une arène, spécialement prévue pour l'occasion. Un combat à mort bien sûr. Des questions ?

- Oui, j'en ai une, se lança le Docteur TheCursed. Que diriez-vous que nous fassions alliance pour éliminer ces deux énergumènes et conquérir le monde ?

- Allons, allons Docteur. Ce serait beaucoup moins amusant. Et j'aime laisser une chance à chacun.

- Et bien c'est raté, répondit le Docteur. Ils sont deux, je suis seul.

- Ne vous inquiétez pas très cher, le rassura l'homme-pingouin, j'ai tout prévu. Vous pouvez nous rejoindre mon cher !

Une personne, jusque là invisible, s'ouvrit. Comme poussé dans la pièce, un homme s'effondra sur le plancher.

- Igor ! jura TheCursed. Je te croyais mort espèce d'incompétent.

- je m'appelle Jérôme, monsieur, dois-je vous le rappeler ? Content de vous voir moi aussi monsieur.

- Tout cela est charmant les interrompit Plaf. Bien nous sommes au complet. Bien alors je vous laisse terminer votre bouchée, et je vous prierai de me suivre. Il est temps de nous amuser. Ou pour être plus précis, il est temps que vous m'amusiez.

- Nous refusons ! répondirent les quatre otages simultanément. Vous ne pouvez pas nous forcer !

- Hmmmm... fit Plaf pensif. Je ne peux certes pas vous forcer. Pas moi. Pingbot, en action !

De tous les coins de la salle sortirent des robots pingouins. Ils se saisirent des quatre protagonistes. Ils étaient d'une force herculéenne.
Ainsi transportés par les robots, ils traversèrent de nombreux couloirs. Deux groupes se séparèrent. Orlamonde et LeChat furent emmenés d'un côté. TheCursed et Jérôme/Igor de l'autre.

Après un petit moment, Orlamonde et LeChat furent jetés dans une immense salle. Le plafond était à une hauteur incroyable, une masse de verre qui laissait passer une lumière diffuse. L'aube n'était plus très loin. Toute la pièce semblait vide. Elle était immense. On aurait pu faire tenir dedans plusieurs terrains de football. En hauteur, une vitre d'observation derrière laquelle ils aperçurent la silhouette massive du pingouin. De l'autre côté de la salle se tenaient TheCursed et son assistant.

La voix de leur "hôte" résonna dans toute la pièce.

"Bien bien. Vous trouverez devant vous une arme pour chacun. Il s'agit de pistolets lasers que j'ai créé spécialement pour l'occasion. Ils sont très puissants, faites bien attention. Oh, et si vous refusiez de vous battre, j'enverrai mes robots pour qu'ils vous éliminent. Tous !"

A ces mots, le Docteur se précipita sur une arme, la leva et tira en direction des deux agents secrets. Le tir rebondit.

"Une dernière chose très chers, continua le pingouin. J'appelle cette pièce "Le Palais de verre". C'est un labyrinthe aux parois transparentes. Vous retrouver ne sera pas chose aisée. Amusez-vous bien ! Mouhahahahaha !"

Saisissant leurs armes, Orlamonde et LeChat se mirent à avancer prudemment, leurs mains tendues en avant. De l'autre côté de la salle TheCursed et son Jérôme en faisaient autant. Tout en marchant ils discutaient à voix basse, cherchant à trouver un échappatoire.

Pendant quelques temps, les deux "couples" semblèrent tourner l'un autour de l'autre, sans arriver à s'atteindre. Puis tout à coup les premières escarmouches eurent lieu. Des tirs sporadiques heurtèrent des parois. Les protagonistes étaient très prudents.

"Il faut trouver une solution murmura LeChat. Nous n'allons pas nous en sortir comme ça.

- Tu as raison, répondit Orlamonde.

- Docteur, hurla LeChat. Nous vous proposons une trêve. A nous quatre nous pouvons éliminer tous ces pingouins robots et arrêter ce maniaque. Nous reprendrons notre petite "discussion" plus tard ! Qu'en dites-vous ?

- J'étais parvenu à la même conclusion, répondit le Docteur. Bonne chance à vous, je n'aimerais pas ne pas pouvoir vous tuer de mes propres mains !

Un juron leur parvint du plafond.

- Ainsi, vous avez décidé de vous rebeller menaça Plaf. Très bien. Vous l'aurez voulu ! Pingbots, en avant !

Une armée de robots pingouins sembla se déverser dans la salle. Contrairement aux précédents, ceux-ci étaient armés. Epées, haches, fusils, batons, lasers, ils étaient très menaçants.

Les premiers à arriver au contact des deux agents furent promptement éliminés. Mais rapidement les réserves des lasers furent vides. Nos deux héros utilisèrent alors les armes abandonnées par les pingouins. S'en suivit un combat acharné au corps à corps. LeChat et Orlamonde décimaient leurs adversaires à grands coups d'épées. Mais le nombre de robots semblait infini. Bientôt, dos à dos, les deux agents, furent submergés.

Au moment où tout semblait fichu, tous les robots s'arrêtèrent d'un coup. Ils semblaient immobilisés, stoppés net dans leurs actions. Un hurlement de rage se fit entendre de la cabine de pilotage dans les hauteurs.

Puis une petite voix sortit d'un des robots.

"Salut les amis. J'arrive à temps visiblement. Désolé pour le retard, mais ce n'était pas facile de vous localiser. Ne bougez pas la cavalerie arrive."

- Amy ! s'écrièrent Orlamonde et LeChat d'une même voix. Notre petit génie de l'informatique, notre hacker de choc ! Ca fait plaisir de t'entendre !

- Ca me fait plaisir aussi vous deux. J'ai mis un peu de temps à prendre le contrôle de l'ordinateur qui dirigeait c'est pingouins, mais on n'arrivait pas bien à se comprendre lui et moi. Enfin l'important c'est d'y être arrivé... à temps. Un petit conseil, baissez-vous, et protégez vous la tête, les renforts aéroportés arrivent.

Orlamonde et LeChat se jetèrent au sol. Au même moment, le plafond de verre sembla exploser en milliers de petits morceaux. Une silhouette sembla tomber du ciel, retenue par un filin. Arrivée au sol, elle s'approcha des deux agents.

"Bonjour. Je m'appelle Bibz, vous ne me connaissez pas, je suis nouvelle dans le service. Enchantée de faire votre connaissance. Si vous voulez bien vous accrocher à moi, on remonte. Amy, tu vas pouvoir nous remonter !"

Accrochés à Bibz, Orlamonde et LeChat commencèrent à remonter doucement.

En passant devant la vitre de contrôle, ils virent les trépignements furieux de l'homme-pingouin.

"A un de ces jours Plaf, cria Orlamonde. Tu ne t'en sortiras pas à si bon compte la prochaine fois."

Le filin remonta les trois agents jusqu'à l'hélicoptère, en vol stationnaire au-dessus du toit de verre.
A l'intérieur, un portable sur les genoux, Amy les attendait, souriante.

"Et bien voila une bonne chose de faite. En route chauffeur, à la maison !"

L'hélicoptère partit rapidement.

"TheCursed ? interrogea Orlamonde.

- Je ne sais pas, répondit LeChat. J'ai pas eu le temps de voir si il s'en était sorti. Mais je pense que l'on n'est pas débarrassé de lui. Il est comme la mauvaise herbe, il revient toujours. Et maintenant un pingouin.

- Au moins on ne va pas être au chômage ! conclu Amy.

Pensifs, bercés par le ronronnement de l'appareil, ils regardèrent le lointain.


Et ils attendirent que le jour se lève.
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MessageSujet: Tchoumy   Ven 11 Avr - 0:17

Ils ne savaient plus trop ce qu’ils faisaient là. Une incroyable lassitude s’était emparée d’eux depuis quelques semaines et les empêchait de prendre plaisir à toutes ces mondanités. D’habitude ces soirées étaient synonymes d’insouciance, d’abondance et particulièrement de jouissance – ah ! quel plaisir ils éprouvaient chacun à tourner autour d’une belle inconnue, à la séduire, à l’enivrer de paroles et de vin jusqu’à ce qu’elle consente enfin à recevoir un baiser. Ni Tristan, ni Pierre n’aurait pu imaginer un jour que cette vie pleine d’aventures finirait par les blaser. Leur vie n’avait aucun sens et c’était la première fois que cela leur posait problème. Ils avaient d’abord mis ça sur le compte de la fatigue, mais après une semaine ils avaient dû se rendre à l’évidence : leur heure était venue. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. On les avait pourtant prévenu que ça arriverait, mais quand on est jeune ce n’est pas le genre de choses qu’on veut entendre. A l’époque, ils venaient tout juste de se rendre compte de l’étendue de leurs pouvoirs, pas étonnant qu’ils aient rit au nez de cet ami bien intentionné qui avait tenté de les avertir. Deux siècles plus tard, ils comprenaient enfin. De toute façon il n’y avait rien à faire, quand ça vous tombe dessus c’est déjà trop tard, ça ne sert plus à rien de lutter. Mieux valait au contraire trouver une façon spectaculaire de tirer sa révérence. Et ils y avaient longuement réfléchi. La soirée était maintenant presque terminée, c’était bientôt l’heure. Ils se levèrent sans une parole et se dirigèrent vers la sortie. Pas de baisers ce soir. Ils préféraient tous les deux rester sobre pour pouvoir profiter pleinement des premiers rayons du soleil. Le sang chaud les aurait non seulement enivré mais il les aurait également rendu plus fort, prolongeant ainsi leur agonie. Une fois en haut de l’immeuble, ils s’assirent sur le bord du toit et ils attendirent que le jour se lève.
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MessageSujet: Amy   Ven 11 Avr - 11:14

Ils ne savaient plus trop ce qu'ils faisaient là. Heureusement, ils s'en souvinrent rapidement. Et ils attendirent que le jour se lève.
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MessageSujet: Le chat des voisins   Sam 12 Avr - 2:13

Ils ne savaient plus trop ce qu'ils faisaient là. Imagine Bibz, les «Rancheros», par exemple, que tu connais, ce pauvre groupe de patachons, et bien, ils se sont retrouvé mélangés avec tout le gratin – si - Il faut dire que tout a été fait dans la précipitation, c'est lamentable. D'habitude tu les laisses dans l'ordre alphabétique pour pouvoir les remettre à leur place sans trop les chercher, mais là c'était du grand n'im-por-te-quoi. D'ailleurs l'organisation à eu beaucoup de mal à rétablir l'ordre. Pendant un bon mois, ils sont restés dans le noir, presque complètement oubliés - c'est dingue. Alors, bien sûr, il n'y avait pas d'électricité, donc pas de son, et c'était vraiment frustrant; pour tout le monde.

Tout n'était que murmures et impatience.

Imagine - non mais imagine - Janis était là, et tu sais à coté de qui elle était ? PJ Harvey ! D'habitude ca n'arrive jamais, ou alors sur la route d'Amsterdam, mais faut vraiment un concours de circonstances - et donc ça causait - faute de pouvoir jouer un petit truc. (Ca devait casser du mec, arf.)

C'était vraiment sympa, oui, tous ces groupes mélangés, toutes ces connivences, toutes ces époques. Par contre, il y a eu des rencontres qu'on aurait du éviter : Sid Vicious est resté coincé avec les jeunes Artics Monkeys, et ça c'est quand même très dangereux. C'est dangereux parcequ'on les sent si influençables tu vois, et on arrête pas de leur dire qu'ils sont trop «gentils», alors qu'est ce que tu crois ? Que Sid s'est contenté de boire de la bière avec eux ? Nan.

Je n'ai pas la prétention de dire que ce qui s'est passé dans cette boite va changer l'histoire du Rock'n Roll, mais bon, moi quand j'ai vu ce bordel je me suis dit que, forcément, des connexions se font. Bon, ça n'a pas été le cas pour tout le monde. Les L7, pour ne citer qu'elles, sont resté coincées entre Dominique A et Leonard Cohen. Evidement Dominique aurait bien aimé faire de la métaphysique avec Leonard plutôt que de supporter les tronches des américaines. Pareil pour Bob Dylan, il aurait été mieux avec Brigitte Fontaine, ca aurait été rigolo, mais il est resté coincé entre deux Police.

Maintenant tout est rentré dans l'ordre, on retrouve Hendrix à coté d'Arthur H sur l'étagère, tout va bien. Mais je te jure Bibz, dans ce carton de disques qui est resté fermé trop longtemps, on entendait chanter. La nuit fut interminable pour certains, trop courte pour d'autres, en tous cas, pour s'exprimer vraiment, ils attendirent que le jour se lève.
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MessageSujet: Plaf   Sam 12 Avr - 2:14

Ils ne savaient plus trop ce qu'ils faisaient là.

Toute cette histoire avait pris une ampleur démesurée que ni Mick ni Doc n’étaient en mesure de stopper. La nuit venait de tomber, quelques heures après le dernier départ du dernier employé de cette grande maison. Probablement le directeur, M. Kennis, un homme froid et distant que seule la femme de ménage pouvait entre-apercevoir le soir, aux alentours de 21h30, lorsqu’il quittait son bureau.

Les deux hommes se tenaient assis dans la pénombre, au milieu d’une salle emplie de nano-ordinateurs surpuissants, calculant en permanence des équations prévisionnelles incensées, mettant en jeu des millions de paramètres. La seule présence de ces deux hommes, avec la chaleur humaine qu’ils dégagaient, devaient probablement entrer en compte dans ces infinis calculs en temps réel de prévisions météorologiques infaillibles.

Cette grande batisse, siège de la multinationale « WWP » (« Worldwide Weather Prediction »), détenaient les données prévisionnelles du temps précis à la minute près des 7 prochains jours sur n’importe quel point du globe, avec un pourcentage d’erreur inférieur à 0.01%. Naturellement, elle était capable d’émettre des prévisions moins précises (mais dont la plupart des gens se contentaient), dans un futur allant jusqu’à l’année suivante. Cette révolution, engagée à la fin du 21ème siècle, avait été rendu possible par la création d’un nouveau prototype d’ordinateur basé sur la mécanique quantique, décuplant presque à l’infini sa puissance de calcul. Les domaines de l’économie mondiale impactés de près ou de loin par le bon vouloir de notre chère météo étant tellement nombreux, ces chiffres précieux produits par la WWP étaient vendus à prix d’or à toutes les sociétés du monde. Une très faible partie des données calculées était rendue publique gratuitement à tous les citoyens qui pouvaient savoir le temps qu’il ferait avec précision pour les 3 prochains mois. Il va sans dire que tout cela avait boulversé le mode de consommation de tous les pays industrialisés. Mais il restait un défi pour l’homme dans ce domaine, un défi dont l’ambition dépassait de loin tout ce qu’auraient pu imaginé nos ancêtres : celui de contrôler le ciel. Faire la pluie et le beau temps, voilà une idée qui a traversé l’esprit de tout enfant rêveur, condamné à regarder la pluie incessante depuis sa fenêtre alors qu’il avait projeté d’aller jouer dehors avec ses copains.

En réalité, dans le secret le plus absolu, la WWP avait créé une cellule de recherche sur ce projet, à titre purement expérimental et sans y placer trop d’espoir, avec une équipe composée de seulement 5 personnes, des chercheurs brillants et dévoués. Mick et Doc étaient les deux grands cerveaux de cette cellule. Ils s’étaient investsi dans ce projet avec une énergie considérable, y sacrifiant leurs soirées et leurs week-end. Leur théorie était toute bête, mais tellement ingénieuse. La puissance de calcul dont ils disposaient était tellement gigantesque qu’ils pensaient pouvoir prédire les modifications de la météo impactées par le déplacement d’un tout petit paramètre. Ensuite, par le célèbre « effet papillon » qui consiste à penser que le froissement d’ailes d’un papillon peut avoir des conséquences à l’autre bout de la planète, ils réussirent à combiner des enchainements d’évènements corrélés qui, par un effet boule de neige, s’amplifient pour aboutir à une évolution substantielle à l’échelle globale du calcul de la prévision météo, et donc de la météo elle même ! En bref, ils espéraient faire la pluie et le beau temps rien qu’en déclenchant un événement mineur, mais très astucieusement choisi. Ce rêve vieux de plusieurs siècles, sans cesse remis en cause par les pensées philosophiques, était bel et bien sur le point d’aboutir.

Mick et Doc, à l’insu du reste de l’équipe et de la direction de WWP, détenaient la clé du projet. Ils le savaient. Ils étaient en mesure de « commander » le temps. Comme de grands enfants, quelques mois auparavants, ils avaient joué aux apprentis sorciers et déclenché une tornade sur une île déserte de l’océan Pacifique, à la minute près. Sans action de leur part, cette tornade avait, selon les calculs officiels de la WWP, un risque de 10 puissance -32 d’avoir lieu, le même risque que la mer méditerranée avait de perdre 10 degrés en une nuit ou qu’un champignon géant peuplé d’extraterrestres atterrisse sur la Terre. Armés de leur théorie naissante, Mick et Doc provoquèrent un événement normalement improbable (nous n’entrerons pas ici dans le détail) mais très facile à réaliser, qui déclencha en chaîne une série d’évènements improbables également dont les probabilités à chaque fois multipliées firent grossir la chance pour cette tornade d’avoir lieu à un niveau proche de 50%. Une chance sur deux. Et la tornade eu lieu. Celle-ci fut, sans faire de mauvais jeux de mots, une tempête sur la crédibilité de la grande entreprise WWP. Voilà 50 ans qu’ils n’avaient pas fait une si grosse erreur de prévision. La direction, pour ne pas affoler la population mondiale, prétexta une erreur humaine dans le paramétrage des programmes de calcul et renvoya 126 personnes d’une unité pour l’exemple. L’incident était clos. Mais en réalité, le président M. Kennis n’était pas dupe, il avait conscience que seule la cellule de recherche pour le contrôle du temps, et en particulier Mick et Doc, étaient capables d’une telle prouesse.

Ces derniers nièrent en bloc toutes les accusations à leur encontre pour se protéger des conséquences imprévisibles que pouvait avoir leur découverte. Mais la pression était trop forte et M. Kennis les avait convoqués pour le lendemain même.

Ce soir là donc les deux hommes étaient restés dans les locaux, seuls et désemparés. Ce qu’ignorait M. Kennis qui souhaitait les recevoir au petit matin, et ce qu’ignorait le monde entier, c’est que ces deux scientifiques avaient déclenché involontairement le courroux de Mère Nature et qu’il n’y avait plus grand chose à faire. Depuis le déclenchement de la tornade, passé le moment d’euphorie de ces deux hommes d’un naturel plutôt discret, une crainte grandissante avait germé dans leur esprit. Ils étaient victimes de leur propre théorie. En déclenchant volontairement cette manifestation improbable du ciel ils n’avaient pas réfléchi à une donnée simple : un événement improbable qui a lieu est la somme d’une infinie somme d’évènements tout aussi improbables qui le composent, et sont donc par nature même susceptibles d’être les déclencheurs du fameux « effet papillon » initialement voulu par les deux scientifiques. Ce que n’avaient pas prévu les deux hommes, et ce que ne peuvent pas prévoir les programmes hyper sophistiqués du WWP, c’est que ce premier et probablement dernier essai de leur fabuleuse théorie n’aurait probalement jamais de fin. La tornade n’était que le prémice (prévu) d’une série de boulversements climatiques, imprévisibles eux. Mick et Doc avaient volontairement enraillé la grande machine de la météo en y ajoutant un minuscule grain de sel mais ils n’avaient pas encore trouvé le moyen de rétablir la machine dans son sillage naturel. Ils étaient relégués au rang de victime d’un destin qu’ils ne maitrisaient plus mais dont ils soupconnaient l’horreur.

Dès le lendemain, les premiers ouragans se formeraient en Europe occidentale et sur un bon tiers de la surface du globe. En quelques heures à peine, de violentes tempêtes allaient éclater un peu partout dans le monde, et en l’espace d’une journée à peine, Mick et Doc prévoyaient en actualisant sans cesse leurs estimations que l’effet papillon qu’ils avaient déclenché avec cet événement si infime mais que la nature n’aurait jamais déclenché elle même, aboutirait très vraisemblablement à l’éradiction presque complète de toute forme de vie et au commencement d’une longue période glaciaire de plusieurs millions d’années.

* Je vais sortir fumer une clope et passer un coup de fil à ma femme.

Mick enfila sa veste et avant d’ouvrir la porte Doc le pris par le bras :

* Mick, tu sais que notre présence ici ne peut plus rien changer. Rentre chez toi. Tu as une famille toi, va embrasser tes enfants et serrer ta femme dans les bras. On ne sait pas de quoi demain est fait.
* Demain on ira voir M. Kennis et on lui expliquera tout ! Demain j’irai à mon club d’échecs comme chaque mercredi ! Demain ma fille ira à l’école, ma femme ira travailler, tu iras boire un coup chez James comme tu en as l’habitude, demain c’est demain bordel ! Rien de plus que demain !

Mick avait la voix étouffée par les sanglots. Son visage était devenu rouge, les larmes coulaient sur ses grosses joues. Doc l’attira par la main et le pris dans ses bras, sans un mot. Il pouvait comprendre son ami et il ne pouvait pas l’empecher de garder un espoir, même naïf. Mick se laissa aller au sommeil. Doc le déposa lentement sur le sac de couchage et se coucha doucement à ses côtés. Il trouva rapidement le sommeil et tous deux furent bientôt plongés dans des rêves inconnus.

Vers 5 heures du matin, comme un signe du destin, les deux collègues et amis se réveillèrent presque en même temps. Doc se leva préparer deux tasses de café pendant que Mick tentait de scruter, en vain, l’état du ciel au travers de la nuit encore sombre.

Les deux hommes se rassirent et burent leur café dans un silence complice, se laissant tous deux aller à mille pensées folles sur leur avenir si proche.

Et ils attendirent que le jour se lève.
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Bibz

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MessageSujet: Bibz   Jeu 17 Avr - 16:55

Ils ne savaient plus trop pourquoi ils étaient là. Trop d'alcool. Trop de basses saturées dans cette musique techno qui rythmait leurs mouvements depuis 24h. Trop de substances illégales absorbées aussi, probablement.

Il y avait 6 jours qu'ils avaient quitté Paris pour cette plage lointaine. Sur un coup de tête, ils avaient pris des billets, fait leurs bagages, laissé le chat à la gardienne et ils étaient partis.
Il le fallait. Ils seraient restés 3 jours de plus dans leur quotidien, la crise aurait été inévitable et leur couple ne s'en serait peut-être jamais remis. En tout cas c'était leur conclusion à posteriori, après de longs mois de disputes, de coups bas, de relations sexuelles inexistantes, et de non-dits. S'éloigner de Paris et de la routine, seul espoir pour tenter de régler le problème.

Le petit jeu commence dans l'avion, un peu par hasard, pendant le long laïus de l'équipage sur les consignes de sécurité. Ne voulant pas couvrir la voix aigüe qui annonçait des infos que personne n'écoutait vraiment, elle sortit le bloc-note qui l'accompagnait chaque jour dans son sac à main et griffonna à son attention : "Je ne suis pas sûre que notre couple puisse être sauvé en prenant un avion." Puis elle ajouta : "ni qu'il puisse être sauvé tout court d'ailleurs." Il lui emprunta le stylo et écrivit sur la même page : "ça vaut le coup de tenter, non ?". La conversation écrite se poursuivit ainsi naturellement durant tout le voyage, sans que ni l'un ni l'autre ne prononce un mot envers l'autre. "Et si on continuait à s'écrire plutôt qu'à se parler ?" proposa-t-il au moment de descendre de l'avion. Elle réfléchit quelques instants avant de répondre : "ça me va, on a surement moins de chance de s'engueuler sur papier! ^^". A l'aéroport, ils s'achetèrent donc de nouveaux blocs-notes et plusieurs stylos, en prévision de cette semaine de vacances.

Après avoir défait leurs bagages à l'hôtel, ils convinrent qu'il fallait commencer par mettre les choses au clair. Il se séparèrent donc quelques heures, pour écrire la liste de tout ce qu'ils avaient à se reprocher l'un à l'autre. "Sois sans concession" avait-elle recommandé lorsqu'elle avait pris la direction de la plage.

Plus tard dans la soirée, ils échangèrent leurs feuillets et se séparèrent à nouveau pour la lecture. Ils ne s'étaient rien épargné des petits incidents domestiques, des mensonges, des peurs, des chantages, des cocufiages, des silences gênés. Ils pleurèrent beaucoup, chacun de leur côté, sur les accusations blessantes qu'ils s'étaient portés. Lorsqu'il retourna dans la chambre, elle était endormie, les yeux gonflés de larmes, les feuilles à la main. Il ne voulut pas la réveiller, plus par lâcheté d'affronter son regard, que par réelle compassion envers son sommeil. Il s'installa tant bien que mal sur le fauteuil, et dormit quelques courtes heures jusqu'au lever du soleil.

Au matin, elle se réveilla, constata qu'il ne l'avait pas rejoint dans le lit, et descendit prendre son petit déjeuner au restaurant de l'hôtel. elle le trouva déjà attablé devant un café, en train d'écrire sur le bloc-note. Elle s'installa près de lui, et lut son message : " je crois que le silence nous fait du bien. Et si on poussait l'expérience jusqu'au bout ? on arrête les petits mots entre nous, on ne se parle plus, on ne parle pas aux autres non plus. Je sais pas toi, mais moi j'ai envie d'être tout seul avec moi-même, et j'en ai marre de parler pour ne rien dire ou pour dire des trucs que je regrette dans la minute ...".
Elle prit son stylo et nota : "l'expérience me tente bien, tu crois qu'on tiendra jusqu'à la fin de la semaine ? PS : tu sais que tout ceci me rappelle étrangement Le monde selon Garp et les Ellen-Jamesiennes ?". Il éclata de rire en écrivant : "j'étais sûr que tu ferais la réflexion ! ".

Dans la journée, il prit une 2ème chambre, et y installa ses affaires. Ils avaient décidé de laisser le silence agir, et ils se tinrent éloignés l'un de l'autre pendant 5 jours. Ils ne prononcèrent pas un mot, n'utilisant leurs bloc-notes que pour passer commande de leurs repas. Ils expérimentèrent ainsi une camisole de silence volontaire, et en profitèrent pour faire une plongée extrême en eux-même.

Un soir, à la tombée de la nuit, elle étendit résonner au loin un son sourd, répété, hypnotisant. une musique ? Elle décida d'aller vérifier sa théorie, il faisait bon et une promenade ne lui ferait pas de mal. Elle s'orienta au son de ce qui paraissait de plus en plus clairement être de la musique techno. Etonnant dans ce cadre paradisiaque ...
Après quelques minutes de marche sur la plage, elle aperçut les lumières d'un énorme feu de joie, ainsi que les silhouettes d'une foule rassemblée. Combien étaient-ils ? Probablement une centaine ... La musique se faisait de plus en plus forte, et elle réalisa tout à coup qu'elle se dirigeait vers une rave sauvage. Une dizaine de minutes plus tard, elle était au coeur de la fête et acceptait un grand verre rempli d'un liquide orangé qui sentait le rhum, offert par un inconnu.

Elle laissa la musique l'emporter, doucement mais sûrement. Elle accepta les verres, et les cachets allègrement distribués , et oublia les heures en se déhanchant sur cette musique qu'elle appréciait pour la toute première fois. Lorsque le soleil apparut sur la mer, la foule applaudit à tout rompre avant de reprendre son manège rythmique. Elle ne s'était pas arrêté de danser depuis des heures, la plupart du temps les yeux fermés, concentrée sur le défoulement intense que ce moment lui procurait. Elle ne s'était jamais senti aussi libre de toute sa vie. elle était droguée, bourrée, et heureuse d'être entière et vivante.
La fête ne voulait pas s'interrompre malgré la lumière du jour, et elle était bien incapable dire l'heure qu'il était lorsqu'enfin, ses jambes refusèrent de la porter plus longtemps.

Elle s'éloigna de la foule et s'endormit dans le sable. Lorsqu'elle se réveilla, elle constata que la nuit était revenue, et qu'à ses côtés, la regardant, se trouvait celui dont elle rêvait justement quelques minutes avant.

Leur regard se prolongea longtemps, avant que d'une voix rauque de n'avoir pas été utilisée, elle dit :"on a des tas de choses à se dire, n'est ce pas ?". Ces mots furent les premiers d'un dialogue intense, ils se déversèrent durant des heures, libérateurs.

Quand les mots furent épuisés, ils se blottirent l'un contre l'autre.

Et ils attendirent que le soleil se lève.
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Amy

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MessageSujet: La (véritable) réponse d'Amy   Dim 20 Avr - 17:30

Ils ne savaient plus trop ce qu’ils faisaient là. A leur décharge, si la cryogénie avait fait de rapides progrès avant leur départ, personne n’avait eu le temps de se pencher sur une réduction de ses effets secondaires. Tout ce qui importait finalement, c’était que tous les membres de la Hope Expedition se réveillent au bon moment et puissent avoir recouvré la totalité de leurs capacités physiques et mentales à l’atterrissage sans être touchés par le vieillissement qu’impliquait ce voyage de 143 ans, 7 mois et 28 jours.
C'est ainsi que les occupants de la navette se réveillèrent en plein brouillard et complètement désorientés. Puis, peu à peu, leurs souvenirs refirent surface et ils furent bientôt atteints par une profonde mélancolie.
A moins d’un miracle, ils devaient être les derniers. Les derniers représentants de leur espèce. Les survivants. Et comment la terre aurait-elle pu s’en sortir ?

Certains tressaillirent à la mémoire de l’annonce funeste qui avait été faite à l'humanité toute entière. Comment réagiriez-vous si l’on vous informait soudainement que le monde tel que vous le connaissez n’existera plus dans deux ans ? Que vous n’existerez plus dans deux ans ?
En réponse à cette mort annoncée, il y eut d'abord une immense vague de suicides. Du jamais vu. La population s’était réduite d’un bon dixième.
Puis la vie reprit son cours. C’était absurde. Pourtant les humains restants continuèrent tous à vivre comme si de rien n’était, à consommer pour que la croissance ne s’effondre pas, à travailler comme avant alors que plus rien n’avait de sens. Ils niaient en quelque sorte la fin de leur ère. Leurs dirigeant, quant à eux, refusèrent en bloc que l’homo sapiens sapiens puisse s’éteindre. Ils se réunirent et décidèrent à l’unanimité d’un projet insensé qui permettrait de sauver l’espèce humaine. Ce projet c’était la Hope Expedition, l’expédition de l’espérance, leur dernier espoir.
Deux cent personnes furent choisies après une longue sélection : cent hommes et cent femmes âgés de douze à trente-cinq ans. Ils possédaient tous les qualités requises : amour de la nature, respect de la vie, capacité d’adaptation, sens des responsabilités, optimisme, sociabilité, empathie, générosité, esprit de groupe, fiabilité, intuition, créativité, ingéniosité... Ils étaient complémentaires, ce qui devait les aider à mener à bien ce nouveau départ.
Le bien fondé de ce projet était évident, même si, au départ, il suscita de vives réactions, l’instinct de survie poussant la foule à vouloir à tout prix faire partie de l’expédition. Les premières sélections furent assez chaotiques. Mais les têtes pensantes parvirent à convaincre la population que si tous ne pouvaient pas partir, chacun pouvait contribuer au projet et jouer un rôle important pour l’avenir. L’humanité toute entière concentra ses efforts sur la survie des 200. Ils y contribuèrent tous, plus ou moins directement, selon leurs aptitudes.
Les 200, quant à eux, apprirent à vivre ensemble, se préparèrent à leur nouvel habitat et développèrent leurs compétences. Ils venaient des quatre coins du monde et il leur fallait une lingua franca. Une langue facile à maîtriser, à la grammaire simple et qui mette tout le monde sur un pied d’égalité. Ils optèrent pour l’espéranto. Quoi de mieux que la langue de l’espoir et de l’équité pour un repartir d'un bon pied ?
Trois jours avant la date fatidique, tout était enfin terminé. La cryogénie permettait enfin de se réveiller, ce qui n’était pas du luxe, la navette pouvait supporter ce long voyage et l’équipage était fin prêt.
Une vague d'émotion déferla sur la Terre alors qu'ils embarquaient.
Ils n'avaient plus eu de nouvelles depuis le décollage. Un silence radio avait été convenu pour qu'ils ne puissent pas savoir la tournure qu'avaient pris les événements après leur départ. De toute façon, ils avaient été cryogénisés peu après.

Ils s'interrogèrent longuement sur le sort qu'avaient pu subir leurs pairs. Puis, ils finirent par sourire. A quoi bon ? La Terre avait, selon toute probabilité, disparu 143 ans plus tôt. Mieux valait se concentrer sur l'avenir, sur cette planète sur laquelle ils atterriraient d'ici quelques heures, trouver un moyen pour que leur espèce puisse survivre sans jamais reproduire les erreurs du passé, pour qu'un tel désastre ne se reproduise jamais plus.
Seul le futur comptait à présent. Déchirant l'obscurité, un rayon de lumière se fraya un passage à travers le hublot de la salle où ils s'étaient rassemblés en silence. Leur nouvelle terre d'accueil se profilait au loin. Le décor se précisait. Touchés par la grâce, ils attendirent ensemble que le jour se lève.
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Les réponses ici !   Jeu 25 Sep - 21:06

Bonjour, c'est juste pour dire que j'ai rendu ma vraie réponse. Est-ce que Bibz est là, ou bien je me contente de la poster ici moi-même?
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Bibz

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MessageSujet: La réponse de Jerome ! (partie 1)   Lun 29 Sep - 13:24

L’arrivée du départ (ou « La fin du début »)

Ils ne savaient plus trop ce qu'ils faisaient là.
Pour leur défense, Guillaume et Jérôme avaient ingéré plus d'alcool ces deux dernières heures qu'un commissaire de police polonais n'en consomme à son petit déjeuner. Il est normal qu'après ça ils se soient sentis un peu maritimes.
« J'ai l'impression que l'immeuble tangue de droite à gauche... » dit Guillaume. « Comme un bateau. »
« Dans ce cas c'est de tribord à bâbord, moussaillon. » répondit Jérôme. « Marin d'eau douce. »
« Marin d'eau Perrier. »
« Marin d'eau sobucco. »
« Marin tintin. »
« Et Milou. »
« Mille sabords ! »
Et hop, retour aux injures de capitaine.

A l'origine les deux amis étaient venus sur ce toit d'immeuble pour faire leurs adieux. Après leurs années de lycée et trois ans passés à étudier dans la même ville, Guillaume avait fini par prendre la décision de continuer son chemin vers la Bretagne, dans une école spécialisée en informatique, mathématiques et canibalistique (une science s'occupant en même temps des hommes tuant par balle d'autres hommes afin de les manger et des trajectoires suivies par les animaux lors des 'tirs à dogapultes', le traditionnel lancé de chiens breton). Il avait passé trois ans en école préparatoire, il était maintenant temps pour lui de se rendre compte que ça n'avait servi à rien.
Jérôme, lui, avait décidé de ne rien décider. Strasbourg lui plaisait après tout, ses études de biologie aussi, et diriger sa propre entreprise en même temps lui prenait trop de temps pour songer à réfléchir correctement à quoi que ce soit d'autre (heureusement pour faire des études de biologie il n'est nul besoin de réfléchir). Pour la première fois depuis longtemps les deux compères n'allaient donc plus se voir pendant un certain temps.
Guillaume avait voulu célébrer cela en toute dignité en se faisant un ciné et un billard, ce à quoi Jérôme avait répondu en faisant livrer deux cent caisses de bière au sommet d'une tour de la faculté de sciences et en kidnappant Guillaume en début de soirée. C'est à cela que servent les études de biologie, se disait Jérôme : savoir correctement doser le chloroforme d'après la taille et le poids du 'patient'.
Bref, au lieu de se dire au revoir et bonne chance, ils avaient passé les deux dernières heures à se disputer et à boire.

Au bout d'un moment leurs invectives s'espacèrent pour finir par s'arrêter. La vue du sommet de la tour chimie de l'ULP était époustouflante, après tout, surtout de nuit. Devant eux s'étendaient les lumières de la ville, le trafic nocturne, et surtout les éclairages artistiques du centre ville mettant en valeur les vieux bâtiments, les opéras, les places pittoresques, les brasseries et bien sûr la fameuse cathédrale.
« Comment as-tu fait pour monter toutes ces bières jusqu'ici ? » demanda alors Guillaume en cessant de fixer la danse envoûtante de la cathédrale.
« Je suis costaud. » répondit Jérôme en se demandant comment un tribunal pouvait être aussi souple (rappelez-vous qu'ils sont ronds comme des queues de pelles).
« Et pourquoi venir ici ? Tu n'aurais pas pu louer un pub, ou acheter un cinéma, ou je ne sais pas... Bref faire comme tu fais d'habitude : utiliser tout ton fric pour parvenir à tes fins en embêtant le plus de monde possible. »
« J'aurais pu, mais c'est un moment privé, je pense. La seule personne à embêter c'est toi. »
« Trop gentil. » ironisa Guillaume.
« D'habitude entendre les fêtards que j'ai mis à la porte du bar râler et me menacer m'amuse, mais ça aurait gâché nos adieux. »
« Adieux, adieux, je ne pars pas définitivement... Je fais juste mes études, je reviendrais après. »
« A Strasbourg ou en Lorraine ? »
« Peut-être les deux. Dès la fin de mes études je monterai ma propre boîte d'informatique avec mes économies. C'est un milieu où l'on peut s'installer n'importe où. »
« Alors pourquoi toutes les boîtes d'informatique de France sont-elles concentrées à Paris, sauf rares exceptions ? »
« Coïncidence. »
« Ah. »
Laissant l'alcool se répartir de façon un peu plus homogène dans les circonvolutions de leurs cerveaux, les deux amis se turent un peu. Puis Guillaume brisa à nouveau le silence qui régnait à cette altitude, loin au-dessus du vacarme des voitures et des piétons.
« Un endroit privé, ok. Mais pourquoi le sommet de la tour chimie ? C'est sale et on se les caille, ici, la nuit. On n'est qu'au début de l'été, l'hiver finit à peine... »
« D'ici on peut voir les endroits de nos dernières aventures... » répondit Jérôme en montrant la ville de ses bras. (1) « D'ici, on peut voir le Cora, l'immeuble de ton appartement, le FEC, les ruines de mon ancien immeuble, et l'UGC du centre-ville. »
« On peut voir les ruines ? » s'étonna Guillaume.
« Oui, derrière toi. »
Guillaume se retourna, et en effet juste derrière la tour chimie se trouvait le tas de débris qui avait été autrefois l'immeuble de Jérôme avant qu'un savant fou, frère d'un autre savant fou, Schmoultzoskoff, ne le fasse sauter. Rien n'avait été déblayé depuis deux ans car l'enquête tentant de relier cette explosion au cambriolage du Cora lors de Noël 2000 était toujours en cours.
« Encore toutes mes condoléances pour ta famille. » lança Guillaume, la voix basse.
« Pas grave, j'ai hérité des entreprises familiales comme ça. » rétorqua Jérôme en cachant sa peine derrière un cul-sec avant de jeter la bouteille vide de Schnapseunhauser blanche 17 étages plus bas. « Et la totalité, pas la moitié qui me serait resté avec un frère encore en vie. »
« J'ai beau te connaître ça me paraît un peu dur. »
« Tu as beau me connaître tu es bourré. »
« Toi même. »
« Ouais, heureusement. »
« Poivrot. »
« Ivrogne. »
« Sac à vin. »
« Buveur de Smirnoff. »
« Abruti. »
« Pédale. » (2)
« Guidon. »
« Selle. »
« Poivre. »
« Cayenne. »
« Canaille. »
« Racaille. »
« Rackham. »
« Le rouge. »
« Mille sabord. »
C'est une constante dans l'univers : toute conversation que l'on laisse continuer toute seule sans supervision assez longtemps fini par rejoindre Tintin.

Après quelques « Bois-sans-soif ! » et autres « Anacoluthes ! » les deux compères finirent par se taire, laissant le silence revenir. Le seul bruit venant le perturber fut celui du vent venant caresser doucement leurs visages.
« Splat ! »
Et venant apporter une feuille de chêne mouillée sur la joue droite de Jérôme.
« Tends la joue gauche. » se moqua Guillaume.
« Blheh ! »
« Donc pour en revenir à ce lieu, tu veux fêter nos retrouvail... L'inverse, nos adieux, dans un endroit qui nous rappelle les affaires du Cora et de l'UGC ainsi que tous ceux qui en sont morts ? »
Manifestement cette idée l'étonnait.
« A ta santé, Géraldine. » embraya Jérôme en avalant une autre bière. « Que ton sacrifice n'ait pas été vain.
Puis il se retourna vers son ami qui lui aussi finissait une autre bouteille.
« Et puis je te rappelle que tes 'économies' qui te serviront à fonder ton entreprise vient justement de ces 'affaires'. Sans ces morts tu serais encore pauvre et moi encore un ex-héritier déchût. »
« Ce qui aurait été déchevant, je te l'accorde. » concéda Guillaume. « Au lieu d'être un riche misanthrope dont le hobby est de gâcher le plaisir de ses contemporains tu aurais été un pauvre misanthrope dont le hobby aurait été rendu plus compliqué. »
« C'est dur de faire chier le plus de gens possible sans argent, tu sais... Regarde ceux qui y arrivent le mieux : Sarkozy, Gates, Bush, ils sont tous pétés de thunes. »
« Ce qui ne répond pas à ma principale accusation : malgré le fric que tu as, malgré le fait que des gens soient morts pour que tu l'aies, tu restes un emmerdeur sans remord. »
« Les remords on les a quand on n'a pas atteint son but. J'ai atteint le mien. Et puis je ne suis pas un emmerdeur : je réagis face aux gens comme un miroir. » se justifia alors le plus riche étudiant en biologie de la région Alsace. « Quand les gens me font chier je les fais chier. C'est le cas de figure le plus glouglou. »
« Le plus glouglou ? » s'étonna Guillaume.
« Non, euh, le plus fréquent. Mais j'ai soif, lance-moi une Nietzschekken. » rétorqua Jérôme avant de rattraper la bière des brasseries Nietzsche que lui lança son ami. (Il s'agit d'une bière dont le goût est tellement horrible que vous finissez par croire que Dieu est vraiment mort – et que son corps se décompose sur votre langue.) « Quand les gens sont sympas avec moi je suis sympa aussi. La preuve : je te paie à boire à volonté et te fais profiter d'une vue à couper le souffle. »
« Après m'avoir drogué et kidnappé. » le contra Guillaume.
« Pff, toujours le verre à moitié vide. » répondit Jérôme en balayant de la main ces vaines accusations. Le biologiste eu l'air très surpris de voir sa bouteille valser au loin en échappant à son emprise.
« Mais... Tu l'as achetée, cette tour ? » se demanda soudain Guillaume.
« Non, l'ULP ne veut pas s'en séparer. De plus elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO ou une connerie du genre. Son architecte était célèbre. Je n'aurais même pas pu la transformer en quelque chose de moins moche ou de plus utile. »
« Tu as juste loué le toit, alors ? »
« Non, j'ai acheté une paire de tenailles pour casser le cadenas. »
« Oh. »
« Tu te rappelles de ce que j'ai dit, le miroir... L'ULP m'a fait chier, je cisaille leur cadenas. »
« Enfin une réaction normale. » acquiesça le futur breton en s'étonnant de la réserve de son ami.
« Et dès demain je lance une procédure juridique pour geler leurs comptes en banque, j'incrimine le doyen dans une affaire de pédopornographie et je fais lâcher des rats dans les salles de cours. » rajouta Jérôme, les yeux luisants de sainte colère.
« Non, non, non. Contente-toi de cisailler des cadenas. » le modéra Guillaume du mieux qu'il pu. « Prend une bière. »
« Ouh, j'ai même ramené des 1337 ! » se réjouit Jérôme en saisissant une bouteille de petite sœur de la 1664.
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Bibz

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MessageSujet: Reponse de Jerome (partie 2)   Lun 29 Sep - 13:25

Quelques temps plus tard leur conversation reprit.
« Au fait, pourquoi continues-tu tes études de biologie ? » demanda Guillaume.
« Pourquoi pas ? »
« Avec tes usines à gérer, tes entreprises à diriger, tes... »
« Mon empire à mener, quoi. » l'interrompit un Jérôme très satisfait de lui-même.
« Un empire, c'est vite dit. »
« Les entreprises Birkenstock sont présentes dans plus de 137 pays ! »
« Tu comptes des pays qui n'existent plus, des républiques bananières, des îles microscopiques, le Luxembourg et le Groland. Ca ne compte pas. »
« Rabat-joie. »
« Joie sans baffes. »
« Boit sans soif. »
« Moule à gaufres ! »
« Anathème ! »

...

« Je continue la biologie pour la même raison que tu continues tes études de je ne sais quoi. Avec des chiffres, là. Parce que ça me plaît. »
« Ah, ok. »
« Dans quelle autre branche peut-on en toute impunité ouvrir un animal et en sortir lentement toutes les viscères pour les clouer sur une planche ? »
« En cuisine, en invoquant Satan, en faisant des audits... »
« Et puis j'aime bien savoir comment je fonctionne. »
« On aimerait tous le savoir, Jérôme. »
« Gnagna. »
« Moi c'est pareil. A la base tout est mathématique et équations. Même en biologie. »
« Et tout est biologie, même les programmes informatiques évoluent parfois spontanément. »
« En gros on bosse dans la même branche. » résuma Guillaume en riant.
« Oui mais moi je bosse mieux. » ricana Jérôme, forçant moralement son ami à lui lancer des capsules de Fischer. « Ouais, ça va me manquer de te mettre en boîte. Et puis notre duo marchait bien, pour mettre au point des plans infaillibles, pour résoudre des meurtres en série, pour aider Britney Spears... »
« Britney tu l'as rêvée. » l'interrompit son binôme.
« C'est du pareil au même. »
« Et puis nous sommes un trio, pas un duo. »
« ... »
« ... »
« De ? ! ? »
« Tu as oublié Julien ? » s'étonna Guillaume.
« Qui ? »
« Le troisième de notre bande... Nous étions au lycée ensemble, puis nous sommes venus à Strasbourg ensemble, nous avons cambriolé le Cora ensemble... Par la suite tu l'as même engagé dans une de tes boîtes, à moitié pour le remercier à moitié pour qu'il la ferme. »
« Ah ? J'ai fait ça, moi ? »
« Oui. »
« Je croyais qu'il était mort... »
« Presque mais les médecins espèrent trouver un jour une activité cérébrale chez lui. »
« On parle de moi ? » demanda soudain une voix hésitante et plutôt haut perchée.
Les deux amis se retournèrent alors vers la cage d'escalier dont la porte se trouvait maintenant ouverte. Dans l'embrasure se tenait une frêle silhouette...
« Julien ! Alors Jérôme t'a invité aussi, finalement. » se réjouit presque Guillaume.
« Non. » répondit le nouvel arrivant.
« Ah, oui, Julien, le Bitcherländer... » se souvint alors Jérôme en se frappant le front du plat de sa main – et tombant presque à la renverse à cause d'une oreille interne non soluble dans l'alcool. (3) « Celui qui n'arrive pas à nouer ses lacets sans s'étrangler à moitié... »
« Beuh, depuis j'ai acheté des chaussures à scratch. »
« Non, tu as juste mis du scotch par-dessus les lacets... » constata Jérôme avec amusement.
« Pareil. »
« Comment es-tu arrivé ici ? Je suis certain de ne pas t'avoir invité... »
« Je marchais dans la rue quand j'ai entendu un patron de bar dire à un de ses clients qu'il venait de faire hélitreuiller des centaines de bières au sommet de la tour de chimie. Je me suis dit que ça ne pouvait être que toi, et je suis venu voir. Coucou. »
« Par hélicoptère, hein ? » ricana Guillaume. « Je croyais que tu étais costaud... »
« Je signe des chèques plus vite que n'importe qui, je suis médaillé d'or olympique dans cette discipline, même. » se rattrapa Jérôme.
« Vous faites quoi ici ? » demanda alors le Bitcherländer qui n'en avait finalement aucune idée.
« Eh bien vois-tu Guillaume ici présent va foutre le camp de Strasbourg. »
A ces mots les yeux de Julien s'embuèrent de larmes.
« Il va partir étudier en Bretagne. »
« Ouiiiiiiiinnnnnnnnnnnn ! » beugla Julien à cette révélation. « Je veux pas que mon meilleur ami parte en Amériiiiiique ! »
« Non, en Bretagne... C'est juste de l'autre côté de la France... »
« Snif... De la ? » demanda Julien en séchant ses larmes (il semblait comprendre que c'était une bonne nouvelle mais ne voyait pas pourquoi)
« France. »
« ... ? »
« Le pays dans lequel on vit... »
« ... »
« Bon, tu vois Paris ? »
« Non. »
« Ben de l'autre côté. »
« Ah, ok. »
« Bien. »
« Et pourquoi vous buvez ici ? »
« Pourquoi pas ? »
« Ok. »
« Allez, prend une bière. »
« Glou... » commença Julien, avant de tomber en syncope à la première gorgée.
« Ce que j'aime chez Julien c'est sa forte résistance à l'alcool. » ricana Jérôme.
« Il est assez frêle, l'alcool agit plus vite sur lui. »
« Ben ouais, il est bodybuildé comme un coton-tige... »
« Etant donné sa masse corporelle il doit avoir beaucoup moins de sang que nous, et donc son alcoolémie... » continua Guillaume avant d'être interrompu par son ami.
« Bref ses trois neurones baignent déjà dans l'alcool et il est out. »
« Exactement. Hey, mais que fais-tu ? »
« Eh bien... Il est plein d'alcool mais ne sert plus... » répondit Jérôme, hésitant, stoppant son élan.
« On ne JETTE PAS Julien par-dessus le bord du toit comme si c'était une bouteille vide ! » le gronda Guillaume, pointant un doigt accusateur dans la direction générale où semble se tenir Jérôme, derrière le rideau d'éthanol.
« Si on ne peut plus rigoler... » maugréa l'héritier en reposant Julien au sol.

« Bref je vais rester seul... »
Une fois Julien posé au sol, les deux compères s'étaient assis par terre adossé à la cage d'escalier en regardant vers le centre ville. Ils venaient de recommencer leur discussion.
« Non, tu ne vas pas être seul. » tentait de le rassurer Guillaume. « Julien reste, non ? »
« Julien, ça ne compte pas. »
« Oui, bon. Mais il y a aussi Didier ! Vous êtes de nouveau amis, non ? »
« Moui... Mais on a quand même moins vécu de truc ensemble. Et si jamais ça recommence je ne sais pas s'il sera prêt à ... »
Jérôme s'interrompit alors pour réfléchir à quelque chose.
« Faisons un pacte ! » clama-t-il. « Si jamais l'un de nous deux a un jour... Bon, on va inclure Julien. Si jamais l'un de nous trois a un jour un besoin urgent de l'aide des autres pour une folle aventure, les autres viendrons aussitôt l'aider ! Sans même poser de question ! » s'enflamma le biologiste.
« Ne sommes-nous pas trop vieux, à 21 ans, pour faire de telles promesses ? » le contra le matheux. « Et puis arrête une bonne fois pour toutes d'appeler ça des 'folles aventures' ! A chaque fois des dizaines de personnes perdent la vie. » se renfrogna alors Guillaume.
« On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. » lui répondit philosophiquement le riche marchand d'omelettes métaphoriques en haussant les épaules.
« Ta recette de l'omelette inclus de casser les œufs, certes, mais ensuite de tordre le cou aux poules, mettre le feu au poulailler avec le coq cloué dedans et faire chanter la fermière avec des photos compromettantes. » précisa en représailles son ami.
« Oui. » répondit Jérôme en souriant jusqu'aux oreilles. « J'appelle cela 'l'omelette à la Jérôme' ! Là où je cuisine, l'herbe ne repousse jamais, héhé ! » (4)

Les heures passèrent ainsi, les deux amis buvant, discutant, larmoyant parfois lorsque l'alcool devenait triste, s'insultant souvent, regardant le paysage et se demandant par à-coups ce qu'ils foutaient là.
« Ah, oui, tu fous le camp. » se rappela encore une fois Jérôme. « Ta tête est mise à prix, c'est ça ? »
« Non, je vais étudier en Bretagne. Je reçois même une bourse tellement je suis intelligent. »
« C'est bien ce que je disais, on a mis un prix sur ta tête. »
« Mouais. »
« Tu vas me manquer. » émit alors une petite voix venant de derrière eux. Se retournant, les deux compères virent le troisième tiers (non déductible, même avec une photo jointe) de leur trio en train de se relever et de s'approcher d'eux. « Tu es quand même mon seul ami... »
« Mais non, et puis même si je pars Jérôme reste, lui ! » le rassura Guillaume.
« Quoi ? ! ? Noooooooooon ! C'est encore pire ! » s'écria le Bitcherländer en se laissant tomber au sol, adossé contre la cage d'escalier à la droite de Jérôme.
« Allons, allons, je resterais toujours ton ami quand même... » ajouta Guillaume en allant s'asseoir à côté de Julien.
« Et moi aussi, je resterai ton plus cruel ami. » ricana Jérôme en tapotant l'épaule de Julien.

Ils restèrent ainsi adossés au mur, Guillaume, Julien et Jérôme, à regarder Strasbourg vu de haut en silence.
Petit à petit l'aube se rapprochait.
« Tu sais ce qu'il y a de bien dans cette ville ? » demanda soudain Jérôme à Guillaume (Julien répondant rarement juste aux questions).
« Non, quoi ? »
« Eh bien nous sommes face au nord-ouest et cependant nous assistons de face au lever du soleil. »
« Oh. »
« Sacré Strasbourg. » acheva Jérôme en finissant la dernière bière du toit. (5)

Et ils attendirent que le jour se lève.





(1) Cette histoire prend place dans la Saga, écrite par Plaf et Jérôme, comme Blanc (réponse du sujet 14). Un jour vous saurez de quoi il s'agit, promis.
(2) Cette histoire prend place en juin 2003, à une époque où l'on pouvait se traiter de pédale entre jeunes hommes hétéros sans pour autant passer pour des homophobes crétins et des racistes dégoûtants.
(3) Pour une définition du mot « Bitcherländer », voyez les textes précédents qui suivront. Sachez juste que dans ce récit, le seul Bitcherländer présent est assez idiot.
(4) Bientôt sortira le livre de cuisine de Jérôme, comprenant des recettes aussi célèbres que l'omelette à la Jérôme. Il y a par exemple le foi de veau à la Jérôme (le foi est prélevé sans anesthésie alors que la vache est encore enceinte du veau, le tout est recousu chirurgicalement dans des conditions stériles afin que le veau survive le plus longtemps possible), le steak à cheval à la Jérôme (fait à base de cheval de course auquel on n'a pas enlevé le jockey avant de tout passer à la moulinette), et les frites du chef (avec de vrais morceaux de chef).
(5) Le lendemain des cours étaient prévus dans la tour de chimie – si vous suivez les écrits de Jérôme, c'est dans cette même tour que se situe l'action de son « aventure dont vous êtes le héros », mais bien avant ce texte-ci – mais personne ne pu y entrer car tous le tour de cette tour était jonché d'une importante épaisseur de verre cassé, résultat d'une nuit de beuverie où toutes les bouteilles vides furent jetées par-dessus bord... Les étudiants de l'ULP, Université Louis Pasteur, parlent encore de ce jour comme de « la fois où l'alcool a vaincu l'éducation ».REpo
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