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 Space apéro (réponse de Jérôme)

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MessageSujet: Space apéro (réponse de Jérôme)   Ven 31 Oct - 14:16

Space Apéro


Réponse au sujet 24 de Rozenn.
Ecrite par Jérôme. Basée sur un concept original de Plaf et Jérôme à l'origine.
Ce texte ne fait pas partie de la Saga.



Genèse.

L'histoire commence il y a bien longtemps, il y a plusieurs siècles de cela.
Au début du 21e siècle deux jeunes chercheurs de Strasbourg (un neurobiologiste et un physicien théoriste) avaient trouvé accidentellement le moyen de réaliser quelque chose d'absolument impossible scientifiquement : se téléporter. Des milliers de chercheurs avaient étudié la chose sous tous les angles, avaient publié des dizaines de milliers d'articles, s'étaient arrachés les compléments capillaires, avaient crié à la supercherie, mais...
Cela ne changeait rien, les deux jeunes chercheurs arrivaient à se téléporter eux-même, leurs familles, leurs amis, leurs bagages, leurs animaux familiers, n'importe où à la surface du globe instantanément. L'un d'eux avait même téléporté directement sa Freebox de l'entrepôt jusque chez lui en moins de 125 jours, entrant ainsi dans le livre des records dans la catégorie « installation d'une Freebox ». Ce fut ce dernier argument qui convaincu les autres chercheurs ainsi que la population en générale.
La téléportation marchait.
Ce fut l'allégresse générale. Un moyen de transport efficace, rapide car instantané, très peu gourmand en énergie donc écologique et économique, et surtout futuriste! On n'avait pas eu droit aux voitures volantes et aux vols touristiques interplanétaires en 2001, mais au moins avait-on la
téléportation en 2004!
Un petit kit de téléportation fut rapidement mis sur le marché. Il était assez facile à assembler : un hamster d'une espèce précise mais assez répandue (Mesocricetus ignavum), des électrodes d'une certaine longueur et comportant un certain pourcentage de titane, de cadmium et d'aluminium, un oscilloscope sur batteries et un petit livret expliquant précisément où planter les électrodes dans le crâne du hamster.
Oui, aussi bizarre que cela paraisse, planter ces électrodes dans le cerveau d'un hamster avant de mettre en marche l'oscilloscope permettait de se téléporter sans encombre n'importe où dans le monde.
Ou, plus précisément, dans n'importe quel endroit où on le désirait.
Là était la clé : le hamster branché sur l'oscillo produisait une énergie
spéciale dans une conformation spéciale déplaçant tout être ou objet
(sic) à travers les dédales de l'espace-temps.
Pour résumer il devint possible un beau jour d'aller absolument partout autant de fois que l'on voulait pour peu que l'on recharge de temps à autre la batterie de l'oscilloscope et que l'on n'oublie pas de nourrir son
hamster.

Un petit pas pour les rongeurs, un bond de géant pour l'humanité.

Je profite de ce récit pour rappeler à Plaf que cela fait maintenant plus
de trois ans que c'est à lui d'écrire le quatrième chapitre du récit
commun « Téléportation », qui se trouve être la base de ma réponse.

La généralisation de la téléportation (ses découvreurs réussirent à éviter
que leur invention ne servent qu'aux militaires, ils avaient des buts
humanitaires) eut immédiatement d'immenses conséquences.
Les agences de voyage fermèrent boutique.
La faim dans le monde disparu, avec les surplus de nourritures des pays riches immédiatement disponibles pour les pays pauvres.
L'immigration devint totalement incontrôlable.
La pollution fut réduite drastiquement (plus d'avions ni de voitures en activité).
Les morts par accidents de voiture disparurent, les embouteillages aussi,
les transports furent facilités, les livraisons à domicile se firent
désormais avec le sourire.
Les blessés et malades pouvaient se rendre instantanément à l'hôpital, faisant grimper les taux de survie.
La Terre entière entrait dans un âge d'or, toutes les barrières sociales, politiques et économiques étant balayées.

Les attentats se firent plus mortels et généralisés.
Les vols par téléportation eurent lieu dans les endroits les plus sécurisés.
Les personnalités médiatisées, hommes politiques, acteurs, chanteurs,
peoples sans intérêt, furent harcelés en continu même à leurs
domiciles. La plupart périrent dans le premier mois, victimes de fans
désaxés et d’inconnus jaloux.
Un seul kit de téléportation amené dans une prison permettait de faire s'évader tous les prisonniers.
La peur se fit omniprésente.
La Terre entière entrait dans un âge obscur de terreur et de panique.

Un garçon de douze ans fut le premier humain à poser le pied sur Mars,
avec son hamster de téléportation dans les bras. Il y périt par décompression explosive quelques secondes après, juste avant que tous
les autres idiots qui avaient oublié l'absence d'atmosphère respirable
sur Mars n'arrivent sans scaphandre pour y mourir à leur tour. Ce fut
l'incident connu sous le nom des « 12,476 martiens crétins ». Une
plaque commémorative fut scotchée sur l'un des murs de la Nasa (à côté
de la photo du premier homme à voir survécu sur Mars, le doyen de la
Nasa qui s'y était téléporté à 97 ans en combinaison spatiale un quart
d'heure plus tard).
Les petits malins qui faisaient des farces téléphoniques se firent tous casser la gueule par des gens très énervés par leurs blagues. Oui, le hamster sous oscillo permettait aussi de se téléporter chez, je cite « ce petit connard qui me demande si mon frigo marche ».
Le « saut en téléporteur » connu un très bref âge d'or :
des jeunes en quête de sensations fortes sautaient du haut de ponts
avec juste un téléporteur dans les bras. Ils se re-téléportaient sur le
pont juste avant de toucher le sol. Le problème c'est que, loin de se
retrouver en sécurité, ces jeunes se retrouvaient à quelques centimètres de la chaussée avec une forte accélération dirigée vers le bas : ils se retrouvaient aplatis au sommet du pont plutôt qu'à son pied. Ceci fut aussi connu sous le nom de « Surge of the Darwin Award ». On estime que le Q.I. moyen de la population terrienne globale prit 2 point à ce moment-là.
La Terre entière entrait dans un âge de conneries plus grandes les unes que les autres.



Exode.

Mais alors que les choses se stabilisaient doucement, cela empira soudain en 2012. Sarkozy, Bush et Haider furent réélus, la Corée et l'Iran
donnèrent confirmation de leur réussite dans la mise au point d'armes
nucléaires, la fonte des glaces s'acheva (plutôt que de mettre la
climatisation, les gens préféraient se faire téléporter chez eux un peu
de banquise, se disant que c'était plus écologique; il en résultat une
diminution tragique de l'habitat des pingouins et des ours blancs ainsi
qu'un réchauffement accru aux pôles) provoquant la migration
instantanée de centaines de millions de réfugiés, l'économie mondiale
plongea, en bref il vint un jour où absolument tous les habitants de la
planète souhaitèrent se retrouver ailleurs, loin de tous ces problèmes.
Et ils s'y retrouvèrent.
Toute l'humanité, du plus humble ramasseur de cacao au plus riche des Bill
Gates, du plus crétin footballeur au plus génial inventeur, du plus
obscur ouvrier à la plus célèbres des starlettes, du plus jeune enfant
nouveau-né au doyen de l'humanité, du plus gentil volontaire de la
croix-rouge au plus cynique des écrivains (qui a dit que c'était
moi?!?) se retrouva soudain sur d'autres planètes. Par groupes allant
d'une dizaine à plusieurs centaines.
Plusieurs millions de planètes, toutes situées dans la Voie Lactée et toutes possédant une atmosphère respirable, se firent ainsi instantanément coloniser.
Tous les témoins de ce moment fatidique donnèrent exactement la même version de l'évènement : sans que rien ne le laisse présager tous les hamsters à téléportation se mirent à couiner à l'unisson et à l'agonie, les
oscilloscopes se mirent à briller... Et les humains se retrouvèrent
ailleurs.

La confusion fut extrême ce jour là. D'abord tout le monde se retrouva dans un environnement totalement inconnu : plantes étranges, animaux bizarres, paysages grandioses. Quand la seconde d'avant on était devant son ordinateur de bureau en train de rédiger un rapport sur la croissance du Nasdac du prochain trimestre, cela surprend beaucoup.
Ensuite tout le monde était nu comme un ver.
Seules les parties organiques (ainsi que des parties inorganiques
essentielles à la survies, telles que pacemakers, broches métalliques,
plombages et implants péniens) furent téléportées.
De plus les hamsters et leurs équipements n'avaient pas voyagé avec les humains.
Ils étaient restés sur Terre (ou étaient morts désintégrés, allez
savoir), empêchant ainsi quiconque de revenir.
Enfin chacun se retrouvait dans un groupe de personnes assez semblables à lui. Les racistes blancs se retrouvèrent entre racistes blancs, les racistes
noirs entre racistes noirs, les blondes entre blondes, les
mathématiciens entre mathématiciens, les pom-pom girls entre pom-pom
girls, les amis des chiens entre amis des chiens, Sarkozy tout seul,
etc. Les enfants se retrouvèrent avec leurs parents, les âmes soeurs ne
furent pas séparées, les supporters du PSG arrivèrent sur la même
planète que le PSG (oui, tous les 39), les tribus d'indigènes jamais
entrés en contact avec la civilisation restèrent à l'écart, les
asociaux se retrouvèrent ensemble (sur la même planète mais éloignés de
plusieurs centaines de kilomètres les uns des autres).
Les hamsters (ou la force agissant derrière eux) avaient fait un sacré tri.
Un seul groupe, assez uniforme, sur chaque planète vivable. Comme si
quelqu'un avait organisé Lost en un million d'exemplaires mais avec une
planète à la place d'une île.
Des recensements ultérieurs montrèrent que la probabilité qu'une seule personne soit restée sur Terre ou soit morte pendant l'Exode (téléportée dans un mur, dans une étoile, dans le vide sidéral, en altitude, sur une planète sans atmosphère, etc) était de 1 sur un milliard. Environ.

Cela aurait pu tourner très bien et mener à une sorte de nouvel âge d'or par exclusion générale sans un groupe de geeks qui s'étaient retrouvés regroupés dans un système solaire à planètes binaires. En gros leur planète et une autre, de taille similaire et pourvue apparemment d'oxygène, tournaient l'une autour de l'autre en plus de tourner autour de leur soleil (cherchez « barycentre » sur internet).
Les geeks décidèrent pour passer le temps de construire un télescope pour observer l'autre planète et voir si elle était habitée.
Elle l'était. Par un groupe de cheerleaders.
Les geeks firent un rapide recensement : ils étaient 457 gars, sans aucune fille.
Ils firent alors un rapide vote. La décision fut unanime : il fallait construire un vaisseau spatial pour rejoindre les cheerleaders et « perpétuer l'espèce ».
Ils construisirent ainsi en quatre jours et huit heures une nef spatiale permettant à 457 personnes de voyager dans l'espace. (Un petit conseil pour la NASA : pour aller plus vite dites à vos ingénieurs qu'il y a de splendides amazones sur Mars et que pour elles « ce n'est pas le physique qui compte ». Vous aurez une navette à propulsion ionique capable de faire l'aller-retour Terre-Mars en une semaine chrono dans les trois mois qui suivent...)
Inutile de vous dire que quelques minutes après l'atterrissage des nerds sur la planète jumelle les cheerleaders auraient vendu leurs parents pour un hamster branché.

Une fois la tribu de geeks retournée sur sa planète les gars désœuvrés se mirent à la recherche d'un nouveau moyen de téléportation. Les vaisseaux spatiaux c'est bien mais il leur aurait fallu 2348 ans pour aller visiter le système solaire le plus proche.
Seulement voilà, comme je l'ai dit plus haut il n'y avait pas un seul
Mesocricetus ignavum à des années-lumières de là, pas même un hamster
banal ou un rongeur digne de ce nom. Les bestioles de leur planète
étaient plutôt du genre poulpe de montagne, rocaille roulante et cactus
à ressorts. Cela ne les empêcha pas de tester chaque créature avec
toute une batterie d'électrodes reliées à tout un tas de gadgets divers
et variés en tentant de se retrouver ailleurs.
Leurs tests, bizarrement, furent quasiment couronné de succès : il s'avéra qu'en plantant des électrodes en carbone, tungstène, plastique et soufre dans le crâne d'un lézard à six pattes et en reliant le tout à une sorte de
chaîne hifi, un geek pouvait se téléporter jusqu'à une distance de 907
mètres et des brouettes. C'était pas le Pérou mais déjà un bon début.

Ils conçurent grâce à cela un nouveau vaisseau spatial capable de supporter la rigueur de l'espace profond (c'est comme les débiles profonds : ça ressemble à un espace léger mais au moment où on l'attend le moins ça
vous balance un coup de genou dans les parties) pendant une longue
période et propulsé par lézards. En se téléportant de 907 mètres
plusieurs milliers de fois par secondes ce vaisseau était capable, sur
le papier (ou du moins l'espèce de tissu pâteux fabriqué par les geeks
en absence de vrai papier), de se déplacer à la vitesse de la lumière.
La cerise sur le gâteau? D'un point de vue interne au vaisseau ce dernier
était immobile (il n'est pas en effet propulsé de manière conventionnelle), ses passagers ne ressentaient donc pas les problèmes relativistes de ralentissement temporel normalement ressentis à des vitesses proches de c. Plus précisément, si ce vaisseau avait embarqué quelqu'un, traversé 3 années-lumières et était revenu à son point de départ (environ 6 ans après, donc), son frère jumeau resté sur la planète et lui auraient tous les deux vieilli à la même vitesse. 6 ans. De quoi faire pleurer Einstein et son jumeau sur la soudaine inutilité de son concept de Relativité.


Dernière édition par Admin le Ven 31 Oct - 14:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Space apéro (réponse de Jérôme)   Ven 31 Oct - 14:19

Le Copy/paste (ils ont beau être à l'origine
d'une civilisation galactique, ces geeks avaient quand même des
problèmes pour baptiser les vaisseaux) « décolla » donc et s'en alla
explorer les systèmes alentours avec à son bord un équipage de
courageux geeks dont la mission était de courageusement aller là où nul
homme n'étais jamais allé. Pendant plusieurs années.
Lassés
d'attendre, les geeks restés sur la planète construisirent un nouveau
vaisseau qui partit à son tour, dans la direction opposée.
Puis un
autre vaisseau. Et encore un. Une dizaine de vaisseaux spatiaux furent
envoyés en tout vers les systèmes solaires voisins dans l'espoir de
trouver d'autres poches d'humanités et une explication à leur
bannissement.
Pour tromper leur ennui les geeks restant, trop peu
nombreux pour construire un Copy/paste XI, organisèrent une partie de
Donjons et Dragons qui dura huit ans d'affilée sans aucune
interruption. Ce fut la première compagnie à gagner assez de niveau
pour réellement affronter un vrai dragon dans ce jeu.
Les vaisseaux
geeks ne furent pas bredouilles : ceux qui trouvèrent des planètes
habitées transmirent leur savoir sur la fabrication de vaisseaux et
testèrent de nouvelles espèces animales. Ils perfectionnèrent ainsi
leur téléportation et augmentèrent la distance des bonds et par là même
leur vitesse. Ceux qui ne trouvèrent que des systèmes stellaires sans
vie continuèrent à chercher.
Un réseau se forma entre les planètes
ainsi « découvertes » par les équipages geeks, échangeant informations,
vivres, ressources et bestioles avec électrodes. Un empire fut ainsi
fondé, et au bout de seulement cinquante ans toute la galaxie fut
explorée par des vaisseaux sans cesse améliorés et chaque planète
habitée découverte.
Toutes sauf la Terre elle-même.
La plupart
des groupes humains retrouvés décidèrent de rester sur leur planète
actuelle, s'y sentant bien, et n'adhérant à l'empire que parce que, ma
foi, il le faut bien pour profiter du renouveau de la technologie.
Eh
oui, un empire dirigé par des geeks ne reste pas à l'âge de pierre bien
longtemps. Des espèces de bovins reliés par des électrodes à des
toasters permettaient de se téléporter jusqu'à 28 kilomètre à chaque
bond, et un bond par nanoseconde faisait qu'un engin spatial pouvait
voyager à quasiment 100,000 fois la vitesse de la lumière. De quoi
traverser la Voie Lactée d'un bout à l'autre en à peine plus d'un an.

Par
contre, pour ce qui est de la téléportation personnelle ce ne fut
jamais remis au point. Se trimballer avec un ruminant de 600kg n'est
jamais pratique.


Livre des rois.

L'espèce
humaine était donc devenue maîtresse de la galaxie, bien que répandue
aussi faiblement à sa surface que du beurre sur une tranche de pain
pendant le rationnement. Il avait été très surprenant de découvrir
tellement de planètes habitables (chacune possédant un écosystème très
bien réglé, avec plantes et animaux), mais absolument aucune forme de
vie intelligente. Pas un seul lézard doué pour les maths, pas d'insecte
jouant aux échecs, pas de Vulcain buvant du schnaps, pas d'armada
transgalactique. Aucun signal radio captable en quelque point de la
galaxie que ce soit, pas de ruines d'une civilisation éteinte sur une
planète perdue, pas de forme de vie exotique sur une planète inadaptée
à la vie humaine.
Rien.
C'est à croire que dans la longue (et
multiple) histoire de l'évolution, l'intelligence n'était qu'un
accident très improbable. A voir ce que nous avons fait de la Terre on
peut se dire que ça vaut mieux.

Les humains, ex-terriens,
prospérèrent donc et proliférèrent sur chaque planète où ils étaient
implantés, y compris les quelques rares cailloux habitables sur
lesquels aucun groupe n'avait été hamstéléporté. Sans rien ni personne
pour les empêcher ils se reproduirent comme des lapins, utilisèrent
toutes les ressources naturelles dont ils avaient besoin, bref ils ne
changèrent rien à leurs habitudes.
Y compris leur héritage guerrier.
Car
même si la plupart des groupes, homogènes au départ, s'étaient mélangés
un minimum, certains restèrent groupés et entretinrent des haines
dignes de nos anciennes querelles de clochers.
Une planète
d'utilisateurs de Mac déclara la guerre à une planète d'utilisateurs de
PC. Manque de bol pour les agresseurs les utilisateurs de PC avaient
formé une coalition de plusieurs dizaines de planètes
Windows-compatibles qui les extermina.
Des planètes de végétariens
et de végétaliens déclarèrent la guerre à une planète où les barbecues
poussaient comme des champignons.
Des anti-nucléaires attaquèrent un
groupe de savants atomistes à l'aide d'armes (oui c'est ironique)
nucléaires qu'ils avaient eux-même conçus.
Des quasi-Amish opposés à
la téléportation vouèrent une haine éternelle à la planète de geeks,
berceau de la civilisation téléportrice. Encore aujourd'hui leurs
descendants jettent des cailloux le plus haut possible chaque jour de
14H à 17H30, en espérant toucher la planète des geeks...
Certaines
rivalités naquirent sur des différences esthétiques nouvelles gagnées
par les nouveaux environnements. Des groupes d'humains restés assez
longtemps sur des planètes assez différentes de la Terre virent leurs
cheveux verdir, ou bien leurs pupilles devenir mauves, leur peau
devenir de la couleur de l'argent ou des branchies à xénon leur pousser
dans le dos. De nouvelles symbioses avec des microorganismes locaux
menèrent à des dérives dans le comportement, dans les habitudes
alimentaires, dans les capacités physiques et mentales. Bref le genre
humain commença à se subdiviser, et ce genre de chose ne se passe
jamais bien. Regardez ce qui est arrivé aux hippies.
Et, bien sûr,
il y eu des dizaines de guerres pour la simple et bonne raison que «
j'en ai envie » et « ça a l'air cool dans mon jeu vidéo ».
De
grandes alliances interplanétaires furent forgées et dissoutes, des
conglomérats cosmiques s'érigèrent, des clans pluriplanétaires virent
le jour, des puissances multisystèmes ponctuels se formèrent.
Des
chefs de guerre vinrent au pouvoir, chacun essayant de gagner la
main-mise sur la galaxie entière, conquérant les systèmes solaires les
uns après les autres, éliminant leurs rivaux, se cassant parfois les
dents pour un problème de fourrage (sans fourrage les bovins meurent
vite et la téléportation ne marche quand les électrodes sont branchées
sur des cadavres)...

Au bout d'un siècle, un siècle et demi, par
là, on ne va pas chipoter, de guerre continue, les conflits cessèrent.
Un cesser-le-feu fut déclaré et chaque chef de guerre resta sur sa
position, attendant le prochain mouvement. Il était évident qu'aucun
côté n'aurait le dessus sans un avantage réellement décisif.
Lequel?
Eh bien par exemple une bonne réserve de Mesocricetus ignavum, le
fameux hamster à téléportation illimitée. Une bestiole bien sûre
trouvable uniquement sur Terre.

Donc chaque groupe se mit à
chercher le berceau de l'Humanité (et du Monde aussi) tout en faisant
semblant d'enterrer la hache de guerre.
La Terre resta introuvable.
Encore aujourd'hui, près d'un millénaire après le Grand Eparpillement
(certains l'appellent « l'éternuement de Dieu »), personne n'est en
mesure de dire où elle se trouve. Pourtant les astronomes sont unanimes
: nous sommes dans la Voie Lactée, et le système solaire est situé dans
la zone 025;033;312. Mais aucune planète vivable n'y réside.
Cela n'empêche pas des vaisseaux d'exploration de sillonner ce secteur sans relâche.

Car comme le dit la prophétie, « Qui trouvera la Terre gouvernera la Galaxie! »
Oui,
c'est un prophète qui vit au coin de ma rue qui le répète sans cesse.
Qui je suis? Le narrateur, qui vous a raconté tout cela en l'an 1183ES
(Era Spoutnik).
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MessageSujet: Re: Space apéro (réponse de Jérôme)   Ven 31 Oct - 14:20

Lamentations.

(Aujourd'hui, vendreday le 41 marrembre 1183ES)

« J'en ai marre de chercher la Terre! » lance le second.
«
J'en ai marre de tes jérémiades, change de disque! » lui répond le
capitaine en lui lançant un regard chargé de reproche et un livre de
compte simultanément tout en manœuvrant la barre.
« C'est toujours
la même chose : on se téléporte vers un autre système, on se rend
compte que la Terre n'est pas là, on rencontre alors des pirates ou
encore des contrebandiers ou des esclavagistes, on les affronte, on
libère une magnifique princesse capturée et vous finissez au lit avec
elle... Et rien pour moi. Et ça recommence au prochain système,
toujours sans Terre. »
« Bah, Krschprnlik, vous dites ça parce que
nous ne rencontrons jamais de magnifique princesse extraterrestre aux
yeux pédonculés, de la même espèce que vous... » répond le capitaine en
bombant son torse musclé.
« C'est vous qu'êtes un pédonculé... » grommelle Krschprnlik à voix basse pour que son capitaine n'entende pas.
« Comment? »
« Non, rien, capitaine. »
Clic!

« Pourquoi passes-tu ton temps libre à regarder ces âneries? »
demande le capitaine George en éteignant la télévision.
«
Ah, non, tu ne vas pas recommencer... » grommelle son second, couché
sur son lit et aux yeux pas du tout pédonculés. « Je te l'ai déjà
souvent dit : primo on n'interrompt pas 'Les aventures de Beurk Roger
en l'an 1283ES' comme ça, en pénétrant dans ma cabine sans toquer, et
secondo nous autres humains avons besoin de nous aérer le cerveau entre
deux boulots. C'est même inscrit dans la Charte du Citoyen Galactique :
'Chaque homme, femme, enfant et même les avocats ont le droit de se
divertir comme bon leur semble en dehors de leurs trente-cinq heures de
travail mensuelles'! »
« C'est à se demander comment votre espèce a
pu conquérir toute une galaxie. » se demande George en se caressant le
menton. « Ah, oui : vous avez été éternués et il n'y avait personne
pour vous barrer la route. Hin hin. »
« Mais sans nous tu n'existerais pas. »
« C'est vrai que Père était humain. Personne n'est parfait. »
« Toi non plus, tu rouilles. »
« Je rouille? Cela m'étonnerait, je n'ai pas de fer. »
« Tu t'oxydes, alors. Tes tempes deviennent grises, George. »
«
Ah, merci de me le faire remarquer, Sylvain. J'irai me faire réduire
les tempes plus tard. » répond George en caressant cette fois-ci ses
tempes, de part et d'autre de son visage figé et semi-transparent. « En
attendant j'étais venu pour t'informer que nous allons arriver à
destination d'ici quelques minutes et ta présence serait appréciée sur
le pont. »
Une fois cela dit, George sort de la cabine de Sylvain et
s'en retourne à ses occupations. Son second risque alors une remarque :

« Connard de robot, c'est moi qui aurait dû être capitaine de ce bahut... »
«
J'ai entendu, Sylvain. » s'entend-il répondre d'un ton poli mais ferme.
« En punition je remplace tous les rouleaux de papier toilette du bord
par les trois coquillages. Tu l'as bien cherché. » ajoute-t-il en
faisant résonner le 'schwouling!' du premier coquillage.
« Rargh! »

Le Nouveau Testament.


Quelques
minutes plus tard, le pont principal (son seul pont en fait) du
vaisseau du capitaine George est bondé. Tout l'équipage est présent :
George, bien sûr, un robot de conception unique fabriqué par un petit
génie de la planète des geeks (oui, certains ont quand même réussi à
convaincre des cheerleaders de « perpétuer l'espèce », mettant ainsi au
monde des enfants un peu plus intelligents que la moyenne), Sylvain, un
humain totalement normal issu de la même planète et neveu de Père, feu
le concepteur de George, Angelina, lieutenante du Corps Armé de la
Confédération de l'Anneau d'Orphée, Yonir, le mécanicien originaire de
Wout, et Roxéphine le chat du bord.
Oui, c'est un fait inexplicable
mais sur pratiquement toutes les planètes habitables une espèce
ressemblant trait pour trait aux chats terriens a évolué. Roxéphine,
elle, provient d'après son profil génétique d'une petite planète à
peine peuplée du bord de la galaxie. George l'avait un jour trouvé dans
la soute et avait décidé de la garder pour éloigner les rongeurs de son
stock de café.
(Les vrais chats terriens, eux, ont disparu en même
temps que les hamsters, les canaris, les poissons rouges et les
lézards-Jésus lors de l'éternuement.)
Le pont du vaisseau possède
une verrière panoramique en quart de sphère, montrant une large portion
du ciel. Les membres d'équipage peuvent ainsi voir les corps célestes
environnants se déplacer par à-coups de part et d'autre, pendant que le
rythme de téléportation ralenti de 1/ns à 10/s. Le bruit de la centrale
téléportation passe lui d'un sifflement assez aigu et continu à un
bruit de tourniquet de plus en plus grave jusqu'à l'arrêt final.
'Zwiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuuuuuuuuuuuuuuuuuuurrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrroko
kokokokokokokokokototototototototototototokoum!'
« Bouuuuuuuuuh! » lance au loin le bovin relié au toaster.
« Rien. Je peux aller me recoucher? » demande Sylvain dans un mouvement d'humeur.
«
Il s'est levé du pied gauche? » demande Angelina en considérant le
second d'un œil mauvais en avalant une gorgée de whisky rerlémien.
«
Pire, je lui ai fait louper la fin de l'épisode de Beurk Roger. » lui
répond George. « Tu sais, la série où le capitaine est humain, comme
lui. Il va être comme ça jusqu'à ce soir. »
« Ce n'est pas seulement
ça. » s'énerve Sylvain en montrant le grand vide par la verrière. «
Comme d'habitude elle nous a fait faire un détour pour rien. On perd
une journée entière pour constater de visu que la Terre n'est pas dans
ce système. Tout comme les centaines de milliers d'autres équipages qui
sont venus à ce même endroit. »
« Des erreurs ont pu être commises. » déclare Angelina.
« Les équipes précédentes ont pu manquer un détail. »
«
12,000km de diamètre, plusieurs centaines de milliards de tonnes, c'est
un détail difficile à louper. » ironise Sylvain en se servant un verre
de gin de Zestron 1,5.
« Bon, comme personne n'a besoin de moi et
qu'il faut nourrir Marguerite, j'y vais, hein? » annonce Yonir,
inconfortable, en se dandinant vers la sortie.

Il n'y a aucune
espèce extraterrestre dans la galaxie, je vous l'ai déjà dit. Sauf dans
les séries télé (téléportées, s'entend) comme Beurk Roger. Mais cela
n'empêche pas de rencontrer des êtres étranges lorsque l'on voyage.
Comme par exemple un Detonien, descendant des humains téléportés sur
une planète dont le soleil a rendu leur peau orange foncée au fil des
générations, ou un Wouté comme Yonir. Les humains qui avaient été
téléportés sur Wout étaient passés subitement de la gravité de la
Terre, 1G, à celle de Wout qui est de 1,6G. C'est d'ailleurs de là que
viens le nom de la planète, la seule chose qu'ont été capables
d'articuler les arrivants étant « Wouuut... » en se recevant subitement
l'équivalent de 60% de leur masse corporelle sur le dos et en tombant
au sol.
Au fil des générations les Woutés sont devenus de plus en
plus petits et massifs pour lutter contre la forte gravité de leur
planète. Yonir mesure ainsi 1m07 pour 80kg de muscles, et la faible
gravité du vaisseau (1G) ajoutée à ses courtes jambes le font se
dandiner comme un canard ivre (cela n'est en rien arrangé par son
alcoolémie actuelle de 1,47g/l). Mais mieux vaut ne rien lui dire, les
Woutés sont connus pour leur caractère irascible en faible gravité et
leur force physique toujours prête à servir un mouvement d'humeur.
Même quand il se dandine il ne faut jamais faire chier un canard vexé.
En général un Wouté en gravité normale portera de lourdes charges en
permanence, pour lui rappeler la maison. C'est pour cela qu'ils font de
très bons mécaniciens : ils ont toujours une cinquantaine de kilos
d'outils sur eux...

« C'est reparti pour un tour. » grommelle
George en se servant une tasse de café, quelques minutes après le
départ de Yonir. Derrière lui Angelina et Sylvain sont en train de se
chamailler sur la nécessité ou non de faire autant d'arrêts dans leur
voyage. Sylvain reproche surtout à Angelina de retarder de plusieurs
jours son retour sur Terre V2.0 (la planète des Geeks) à chaque voyage
dans sa quête futile de la Terre.
Angelina ne fait pas réellement
partie de l'équipage. Elle est lieutenante du Corps Armé de la
Confédération de l'Anneau d'Orphée (CACAO – NdA : je jure sur ma propre
tête que je n'ai pas fait exprès d'inventer un nom avec un acronyme tel
que celui-ci, mais bon sang que je suis content d'avoir rajouté
'Orphée' à la fin sur un coup de tête), l'un des groupes qui dominent
la galaxie en cette période de cesser-le-feu. Le CACAO a pour habitude
de faire embarquer au minimum un officier dans chaque vaisseau qui
quitte chargé de marchandises une de ses planètes, comme par exemple
Marascandeï, afin d'inspecter l'un des systèmes stellaires jouxtant le
trajet prévu du vaisseau. C'est une sorte de taxe douanière d'un type
spécial, permettant à la CAO (la Confédération de l'Anneau d'Orphée, le
CACAO est son armée) d'inspecter chaque année des dizaines de milliers
de systèmes sans affréter un seul vaisseau dans ce but.
Comme le
Nouveau Testament, vaisseau de George, est un transporteur privé
faisant sans cesse l'aller-retour entre Terre V2.0 et Marascandeï pour
participer au commerce du café, le CACAO avait nommé Angelina
correspondante permanente à son bord. Cela évite à l'équipage du
Nouveau testament d'avoir à changer sans cesse d'interlocuteur et au
CACAO de payer une fois par mois un billet de retour à un officier...
Et
donc, à chaque voyage entre les deux planètes habituelles, Angelina
utilise son droit de détournement pour inspecter un système stellaire,
qu'il soit habité ou non, afin de vérifier si la Terre ne se trouverait
pas là par hasard. La lieutenante prend très au sérieux son devoir, car
elle voue une loyauté sans faille au CACAO qui l'a recueillie orpheline
étant petite.
C'est son droit. C'est la taxe du CACAO pour le café.
Mais le point soulevé (à chaque fois) par Sylvain n'en est pas moins
valide. Chaque putain de système a été déjà visité un putain de millier
de fois par un millier de putains de vaisseaux différents et étudié
sous toutes les putains de coutures. Je précise que c'est le putain
d'avis de Sylvain, ne me tenez donc pas responsable de son putain de
langage.
Il est très improbable que la Terre se trouve encore dans
la galaxie. Alors dans ce coin, au beau milieu d'une route commerciale
dense...
« Nous chercherons en bordure du système. Et près de
l'étoile aussi. Ainsi que des impacts possibles sur les autres planètes
du système. Il est possible que la téléportation simultanée de 6
milliards de personnes ait provoqué un changement dans l'orbite de la
Terre et qu'elle ne soit plus sur la troisième orbite comme auparavant.
» crie littéralement Angélina dans l'oreille de Sylvain, en lui
maintenant fermement l'oreille devant sa bouche pour éviter qu'il ne
détourne la tête.
« Le fameux argument, maintes fois réfuté... » se dit George en prenant
une bouchée de café et en mâchant les grains.
George
étant un robot il n'éprouve aucun plaisir avec le goût ou l'arôme du
café – ou plutôt de ces grains qui ressemblent à s'y méprendre à du
café – mais par contre broyer les grains entre ses mâchoires
métalliques le rend quasi extatique. Contre toute probabilité et à
l'encontre de ce que sa logique informatique lui dicte, George est
persuadé que mâcher du café accélère son processing d'informations et
augmente sa capacité à défragmenter son disque dur. En gros, le café le
réveille agréablement. Donc, chaque fois que possible il se sert un bol
entier de grains de café qu'il mâchonne ensuite de façon systématique
et rythmée. Un vrai petit acro.
L'argument d'Angelina a en effet été
réfuté. Si on prend en compte la masse totale des habitants de la
Terre, soit environ 450 millions de tonnes, cela fait moins d'un
millième de pourcent de la masse totale de la planète. Cela fait même
moins que ce qu'une planète de masse normale reçoit chaque année en
débris spatiaux divers : météores, comètes, satellites en panne et
vaisseaux à l'arrivée. Et jamais une planète n'a dévié de sa course
pour si peu.
Même si la Terre a dévié, en fait, il est inutile de
chercher plus loin. Soit elle est tombée dans son soleil (le Soleil,
comme on l'appelait à l'époque), ce qui est le plus probable, et dans
ce cas il est inutile de chercher plus loin, soit elle a percuté un
autre astre et ses morceaux voltigent de ci de là, donc pas besoin de
chercher, soit elle est carrément sortie de son système et dans ce cas
cela fait longtemps qu'elle et les hamsters à sa surface ont gelé. Ergo
: inutile de la chercher ailleurs que sur son orbite.
Mais bon,
George ne peut rien refuser à Angelina... Il en est amoureux. C'est
réciproque, d'ailleurs. L'un des bons côtés de la présence permanente
de l'officier du CACAO.
Avec son corps qu'elle entretien sans cesse
par les exercices réglementaires et obligatoires du CACAO, moulé dans
son uniforme juste assez long pour ne pas heurter la sensibilité des
plus jeunes, ses longs cheveux blonds descendant en cascade sur ses
épaules, son visage fin, ses yeux verts, son ossature solide, ses pieds
pourvus de cinq orteils chacun, sa bouche à trente-deux dents, sa peau
qui recouvre la totalité de son corps, sa composition à 68,9% d'H2O...
Franchement, Angelina est la femme parfaite pour George. En tout cas
elle correspond à 98.905% à la définition de la femme parfaite que Père
avait entré dans son logiciel principal, et c'est déjà ça.
Et puis
une femme capable de soulever Sylvain par les bretelles pour le jeter
jusqu'à la porte du pont, on ne la laisse pas partir.
Schtonk!

« Ouch! Mais ça va pas?!? » grogne Sylvain en se relevant.
«
Nous allons étudier le système. Un point c'est tout. N'est-ce pas,
George? » demande Angelina en faisant soudain les yeux doux au
capitaine.
Préférant ne pas préciser que les yeux doux ne font pas
plus d'effet à un androïde que jeter du beurre sur une naine rouge ne
la rend pas plus jaune, George se contente de répondre « Bien sûr ma
colombe. » avant de partir.
Et Sylvain de se remettre à grommeler en buvant un schlouk de gin.


A suivre...
(P.S.
: pour ceux qui ne baignent pas dans les Saintes Ecritures je précise
que les titres de mes chapitres sont aussi ceux de certains livres de
la Bible. Dans l'ordre. Mais pas au complet, 25 pages c'est déjà
suffisant.)
(P.P.S. : Non je ne suis pas un fou de Dieu, c'est juste un caprice.)
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MessageSujet: réponse de Jérôme, 4ème partie   Ven 31 Oct - 14:35

Il est peut-être préférable de préciser ici que
tous les membres de l'équipage, excepté George, boivent sans arrêt. De
l'alcool. La moitié des réserves de denrées du vaisseau au minimum est
constituée de réserves de bouteilles, de flasques, de gourdes et autres
conteneurs à alcool divers et variés.
Attention, ils ne sont pas alcooliques, du moins pas dans le sens traditionnel du terme.
C'est
à cause de la téléportation continue. Une autre des différences par
rapport à la téléportation par hamster est que celle par bovin bizarre
cause migraines, insomnies, claustrophobie et démence légère. Ces
effets disparaissent lorsque le voyageur est beurré.
Une certaine
alcoolémie (cela tourne autour de 0,7g/l chez les hommes, 0,5 chez les
femmes et 0,15 chez les chats) contre efficacement les effets mentaux
et cérébraux délétères du voyage spatial par téléportation, il est donc
quasi-obligatoire de boire de l'alcool en permanence à bord d'un
vaisseau pour éviter les risques trop grands pour la santé. Enfin, ceux
qui ne sont pas dûs à l'alcool lui-même.
Il est vrai que bon nombre
de spationautes souffrent de cirrhoses, d'hépatites, de mal aux cheveux
et de double vue, mais c'est toujours mieux que de se réveiller un
matin pour s'apercevoir que le capitaine a décoré tout le vaisseau de
guirlandes d'intestins en éventrant les passagers pour faire plus gai.
De nombreuses histoires d'horreur racontent la rapide montée de la
folie à bord de vaisseaux dont le stock d'alcool avait disparu.
Par
extension il n'est pas rare que l'on traite un alcoolique resté à terre
de « capitaine » pour se moquer de lui. Exemple : John sort du bar en
titubant, la bouteille à la main. Un passant l'accoste et lui demande,
hilare, « Heh, où t'as garé ton vaisseau? ».
On peut donc dire que
si la civilisation galactique perdure, c'est grâce à l'alcool. Et
rassurez-vous on n'en manquera jamais. Sur Terre, dans les temps
anciens, chaque civilisation avait découvert qu'en faisant macérer des
végétaux et en buvant le résultat ça rendait les filles plus jolies et
les gars plus rigolos. Eh bien après l'éternuement pareil, tous les
groupes de déportéléportés s'étaient livrés à des expériences
alambiquées et éthyliques pour voir si « ce fruit bleu à pois rouges
qui bat comme un coeur peut donner un alcool digne de ce nom ». Ben en
fait oui.
En fait, chacune des millions de planètes de la galaxie
produit maintenant un bon milliers d'alcools différents, faisant varier
les végétaux, racines, fruits, modes de mise en bouteille, fût de
macération, méthode d'extraction, j'en passe et des bières. Les plus
fameux ont des noms, tels que le Brandy malalachien, le Champagne de
Glüglüt et la Terrible Gnôle de Mémé Spodesky, mais la plupart n'ont
reçu que des numéros et ne servent qu'à la survie spatiale (tels le
186414-B qui vient de Elfato ou le 9999-555-48 et demi pourtant goûtu
venant de Néo-Aberdeen).
On peut dire sans se tromper, en
connaissant la nature humaine, que plus d'expériences ont été tentées
sur la confection d'alcool que sur l'amélioration de la technique de
téléportation.
A la vôtre.

C'est donc passablement bituré que
l'équipage du Nouveau Testament s'est rendu jusqu'à ce système
stellaire, dans l'espoir plus ou moins ridicule de trouver une planète
perdue. Leur cargaison consiste en quelques tonnes de grains
ressemblant assez à du café pour faire illusion une fois torréfié,
moulu et infusé, et donc être nommé à l'identique. Le café étant
supposé aider à faire passer la gueule de bois son commerce est très
lucratif, pour le plus grand double bonheur de George qui peut ainsi
s'enrichir tout en profitant de sa cargaison.
Chomp chomp.

George
est peut-être le seul capitaine de vaisseau robot de la galaxie, voire
de l'univers. Il n'en est pas sûr, c'est juste que jamais il n'a
entendu parler d'un autre capitaine cybernétique. Les robots eux-même
sont déjà assez rares comme ça, du moins ceux capables de mener une
discussion philosophique et de donner des ordres à des humains. La
plupart des robots ne sont guère plus que des machines-outils, des
ordinateurs avec des appendices pour obéir aux ordres des humains. Ils
sont en générale programmés pour une tâche et une seule, que ce soit
jouer aux échecs, apprendre à écrire à bébé, assassiner des opposants
politiques, tondre la pelouse, jouer au football (tâche trop répétitive
et cérébralement trop insatisfaisante pour tout humain qui se
respecte), conduire un bus, faire la cuisine...
Même ceux qui ont
une forme humaine, les androïdes donc, sont rarement dotés d'un
vocabulaire de plus de 200 mots. Leur logique n'appréhende pas des
concepts tels que « mort », « soi », « rêve », « envie » ou «
glandouille ». Ils exécutent, point.
Ils sont aussi tous, à quelques
exceptions près (cf robots assassins) soumis aux trois lois de la
robotique : un robot doit absolument éviter qu'un humain soit blessé,
doit obéir aux ordres donnés, et s'il lui reste du temps libre éviter
d'être lui-même endommagé.
George a toujours considéré que ces lois
là étaient superflues... Il ne s'est d'ailleurs pas gêné une fois pour
blesser un humain en désobéissant à ses ordres (« arrête de
m'étrangleurk ») tout en se soudant lui-même une jambe à une table,
juste pour rigoler.
George a en fait été conçu par un ingénieur de
Terre V2.0 à la suite d'un pari perdu. Il a été doté de logique,
d'intelligence, d'autonomie, et d'un tas d'autres trucs dont les
humains jouissent, souvent sans s'en rendre compte. Il peut apprendre
de ses erreurs et de ses succès, il peut réécrire une grande partie de
son code si le besoin s'en fait sentir, il est capitaliste, et il peut
mentir. Et, bien sûr, il a une sorte d'obsession envers les femmes qui
ressemblent beaucoup à la femme de Père, sosie d'Angelina lorsqu'elle
était jeune, et il est gogo de café.
Faire rentrer tout cela dans un
cerveau électronique avait pris beaucoup de temps, de persévérance,
d'ingéniosité et de week-ends pluvieux. En plus un tel robot fait un
serviteur déplorable. Ces raisons font que les robots ressemblant
intérieurement à George sont encore plus rares que les bons vaisseaux
d'occasion pas chers.
Extérieurement, il est bâti dans des
proportions humaines standard pour un mâle. 1M80, deux bras, deux
jambes, de couleur bleu pâle. En générale il porte des vêtements, mais
même sans cela il est présentable. Son visage est en fait un masque
semi-translucide, permettant d'apercevoir derrière son apparence figée
en un demi-sourire courtois ses nombreux circuits imprimés miniaturisés
et son énorme disque dur.
Et il porte de vrais cheveux, bruns,
gagnés lors d'un tournoi de poker face à un mauvais chanteur à la voix
cassée sur le retour qui se prenait pour un as.

Père avait
toujours pensé léguer son vaisseau à son fils unique, ce qui désolait
beaucoup George. Le fils de Père, qu'il n'arriva jamais à considérer
comme son frère, dilapidait son argent en choses frivoles telles que
femmes, alcool et reproductions miniatures de licornes en cristal. Si
jamais il avait hérité du vaisseau il l'aurait revendu pour financer
ses soirées arrosées, ou même échangé contre une gigantesque licorne en
cristal. Allez savoir.
George, lui, voulait être sûr que cela n'arrive pas.
Alors
un soir il attendit que le fils indigne rentre à la maison, et lui
asséna un grand coup de conserve de lentilles sur la tête. Il disposa
ensuite le corps et la conserve de façon à laisser penser que le fils
avait tenté de se faire une soupe de lentille mais, beurré comme un
coing, se l'était prise sur le crâne et était mort stupidement.
Cela
marcha. L'enquêteur, très légèrement soupçonneux, posa bien la question
à George, « Pensez-vous qu'il lui soit arrivé autre chose qu'un
accident? », à quoi il répondit « Non. » mais... Comme un robot ne ment
pas...
Père fut alors contraint de détruire son testament précédent, et légua son vaisseau à George dans son nouveau testament.
Par
humour morbide (car George a aussi le sens de l'humour), le vaisseau
fut rebaptisé « Nouveau Testament » à la mort de Père...
C'est alors
que Sylvain, neveu depuis longtemps oublié de Père, fit son apparition
pour contester le testament en tant que dernier parent en vie. Il fit
des pieds et des mains (et quelques oreilles aussi) pour contester la
validité juridique du testament, la santé mentale de Père au moment de
la rédaction, le droit d'un robot à la possession... Son avocat tenta
même de faire reconnaître au juge que, étant donné que George était un
robot appartenant à Père, l'androïde lui-même appartenait à Sylvain. Et
le vaisseau du même coup.
Mais sur terre V2.0 un robot a des droits,
un peu comme les chiens sur l'ancienne Terre pouvaient hériter de
fortunes. George obtint le vaisseau et Sylvain les factures juridiques.
Pour
montrer qu'il n'était pas rancunier le capitaine androïde proposa à
Sylvain de faire partie de son équipage et de gagner un juste salaire
qui permettrait de rembourser les avocats, ce que l'organique accepta.
Il aurait dû faire le calcul, car en déduisant le loyer de sa cabine,
le prix de ses repas et l'abonnement au câble il lui faudrait 82 ans
pour pouvoir réunir assez d'argent.
George en ricane encore quand ses circuits logisticolographiques lui rejouent la scène.

Plusieurs
heures après l'accrochage entre Angelina et Sylvain, George revient sur
le pont de commandement pour vérifier de lui-même les résultats de la
recherche.
« Encore un détour pour rien, cependant. » se dit-il en
reprenant une gorgée de café et en mâchonnant systématiquement les
grains un par un. « Aucun astre habitable en orbite de cette étoile.
Trois planètes telluriques, quatre géantes gazeuses et une floppée de
petits trucs par-ci par-là. Pas de quoi fouetter trois pattes à un
chat. »
En effet les instruments de bord ne montrent rien
d'inhabituel, comme l'avait prévu Sylvain – et soyons honnête personne
ne s'attendait à un autre résultat. Le seul détail sortant de la norme
était ce planétoïde à l'orbite confuse, croisant actuellement entre la
planète rouge et la planète nuageuse. Trop petit pour avoir une gravité
satisfaisante, pas d'atmosphère, tout blanc, ce corps céleste à
l'orbite instable avait cependant déjà été remarqué depuis fort
longtemps. Il était sans doute récemment entré dans ce système, il y a
moins de 10,000 ans, et ne s'était pas encore calmé de sa capture par
l'étoile. Un astre jeune. Ca arrive.
« Il se calmera en sortant de l'âge bête. » dit George à voix haute, se surprenant lui-même.
« Comment? »
« Rien, Angie. Je ne t’avais pas entendu venir, je méditais sur cet astre blanc là-bas. »
« Où ça? » demande alors Angelina entre deux gorgées de bière 14498M en regardant là où montre le capitaine.
« Ah, oui, les yeux humains. Attend, je fais un zoom sur l'écran. »
La
surface blafarde pleine de cratères du planétoïde s'affiche alors en un
grand hologramme devant les deux êtres. Angelina passe alors son bras
autour de la taille du capitaine et pose sa tête sur son épaule.
« C'est étrange, cette vue me rend... D'humeur romantique. » susurre-t-elle à l'oreille de son amant électronique.
Passant
rapidement en revue ses fichiers BarryWhite.mp3,
3000RepliquesRomantiques.doc et SportEnChambre.mpg, George lui répond
en posant sa tête sur la sienne « Moi aussi, chérie. »
Emportés par la passion du moment ils s'embrassèrent longuement, lèvres contre masque facial artificiel à 37,2°C non-articulé.
«
Ce qui me désole c'est que Sylvain va passer les trois prochains jours
à marmonner qu'il avait encore raison... » laisse échapper la
lieutenante.
Sbonk!
« Ah ben ça alors! » s'exclament-ils tous les deux en écarquillant leurs yeux/photorécepteurs.

«
Alors, on peut le sauver? » demande Sylvain en posant le doigt sur la
trouvaille du Nouveau Testament. Qui trouve garde, c'est la loi de
l'espace (c'est marrant, les vaisseaux armés trouvent toujours beaucoup
plus de choses que les vaisseaux désarmés – mais je m'égare). « Brr,
glacé! »
« Forcément, ce corps était à -270°C, à peine trois degrés
de plus que le zéro absolu. Ce n'est pas étonnant qu'il soit encore
froid après seulement quelques minutes à l'intérieur du Nouveau
testament. » lui répond son capitaine.
« Et puis le sauver,
franchement... Serais-tu débile? » claironne Angelina en toisant
Sylvain du regard. « Il n'a pas été cryogénisé, ça se voit. Il a été
exposé au froid de l'espace de son vivant. »
« Décompression
explosive, oui. On le voit à ses organes éclatés : yeux, poumons,
langue, peau craquelée... » commente le Wouté qui s'est éloigné de son
cher bovin pour voir pourquoi tout le monde s'agitait depuis un quart
d'heure. Il a décidé de faire profiter tout le monde de sa longue
expérience avec les accidents spatiaux – la plupart provoqués par
lui-même (vous vous souvenez de mon précédent commentaire sur les
vaisseaux armés ou non?).
Eh bien l'agitation avait été causée par
un cadavre glacé flottant dans l'espace qui avait décidé de venir
heurter le quart de dôme panoramique du vaisseau pendant que le
capitaine et la lieutenante flirtaient. George avait immédiatement
commencé à manœuvrer le vaisseau de façon à récupérer le corps, ce qui
avait grandement perturbé les êtres vivants à bord.
Je rappelle
que les vaisseaux spatiaux sont rigoureusement immobiles la plupart du
temps. Ils n'ont que de petits réacteurs pour se positionner, le reste
des déplacements étant gérés par la centrale téléportation. Et George a
tendance à être un peu brutal avec les propulseurs.
Bref le Nouveau
Testament a maintenant dans sa cale, outre 2000 litres d'alcools divers
et 87 tonnes de café, un cadavre en train de dégeler sur une table de
pique-nique.
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MessageSujet: réponse de Jérôme, 5ème partie   Ven 31 Oct - 14:36

« D'où il vient ce gars? » demande Sylvain.
« De dehors. » répond le plus sérieusement du monde Yonir.
« Oui mais comment il est venu là? »
« En dérivant. »
« ... »
«
George, est-ce que qu'un vaisseau a été signalé perdu dans ce système?
» demande Angelina à son capitaine relié par wi-fi à l'ordinateur de
bord.
« Pas que je sache. »
« Un accident où un ou plusieurs hommes auraient été éjectés? » continue-t-elle en se servant un verre de pinot mauve.
« Pas que je sache. »
« Ou alors un abordage, ou... »
«
Ecoute, quand un vaisseau se perd, a un accident ou est détruit par des
pirates, il n'y a pas trace du système stellaire où c'est arrivé dans
les banques de données. On met juste 'perdu' à côté de son nom dans les
registres. »
« Oh. »
« Quelqu'un a déjà vu des vêtements comme
ça? » demande Sylvain, tâtant l'étoffe du macchabée d'une main en
tenant un verre de schnaps de crevettes de Libul-T de l'autre.
Klink!
« Oups, pardon. Le tissu gelé a cassé. » explique hâtivement Sylvain en cachant la main brisée du cadavre sous la table.
« C'est vrai qu'il n'est pas à la mode. »
«
On dirait un des costumes qu'on voit dans les films historiques... »
pondère George en comparant son visuel avec ses souvenirs de films.
« Les reconstitutions des évènements d'avant l'éternuement? »
«
Oui. Avant que tous les humains ne se retrouvent à poil dans les bois
et ne soient forcés de réinventer les vêtements. Cela ressemble à un
vêtement de marque de PDG, de VP ou d'autres acronymes encore. »
« Ce serait un acteur? » s'étonne Sylvain.
« On s'amuse à jeter les acteurs dans l'espace maintenant? » s'étonne Angelina.
« On devrait commencer par les avocats, moi je dis. » ricane Yonir en finissant son verre d'alcool 99PRT43.
« Miaou. » demande le chat en apercevant la viande froide et se demandant si c'est son prochain repas.
« Non, Roxéphine. C'est périmé. »
« Et pour répondre à ma question? » s'impatiente Sylvain.
« Quoi, toi aussi tu veux le manger? » s'étonne Yonir.
« Non. Est-ce qu'on peut le sauver? »
«
... Il est mort depuis quelques temps déjà. » explique, mal à l'aise,
Angelina. « Quelques dizaines de secondes après son exposition au froid
intenable de l'espace il est mort gelé. »
« Mais si on le dégèle? »
« Eh bien... »
« Il va fondre. » les interrompt George.
« Comment ça? »
« Tu veux dire 'dégeler'? »
«
Il a été 'congelé en flash' comme on dit en biologie. Flash-frozen.
Toute l'eau de son corps s'est quasi-instantanément changée en glace de
façon anarchique. Et la glace a 110% du volume de l'eau liquide. »
« Hé? »
«
Ce qu'il veut dire... » interrompt Yonir fort de son savoir pratique, «
c'est que les parois de chaque cellule de son corps on été déchiquetées
par la congélation comme une bouteille plastique pleine d'eau placée au
congélateur. S'il continue à se réchauffer la glace va fondre, mais pas
rester dans les cellules... Les membranes, les organelles, les
protéines, tout va être emporté avec comme des débris de sachets
plastiques lacérés dans des toilettes dont on tire la chasse. »
« Yeurk. »
«
Il ne va rester qu'une bouillie graisseuse sur des morceaux d'os à
l'endroit où ce corps repose. » continue George. « On a intérêt à le
mettre au congélateur ou à le relarguer vite fait. »
« Pourquoi l'avoir amener à l'intérieur, alors? »
« Pour voir s'il n'avait pas de bijoux. Il n'en a pas. On peut le jeter. »
«
Minute! » s'écrie Yonir en scannant une fois de plus le cadavre avec
l'un de ses instruments. « Il y a quelque chose qui ressemble à de
l'activité cérébrale en provenance de la tête. »
« Comment est-ce possible? » demandent les autres, interloqués.
«
Le scanner détecte une forte concentration d'alcool. Cela a pu faire
office d'antigel et empêcher les ravages de la congélation rapide à
l'intérieur de la boîte crânienne. »
« Donc le cerveau est vivant? »
« Ca se peut. »
« Mais le reste du corps est mort? »
« Oui. »
« Mince, un zombie. »
« Mais non, Sylvain. »
« Donc on peut le sauver? »
« Euh... Peut-être. »
« Alors, qui avait raison? »
« Ta gueule Sylvain. »
« Mais si le corps est mort, comment sauver le cerveau? »

«
Je proteste! Je suis le capitaine, c'est moi qui décide! » râle George
pendant que Yonir lui ouvre le torse et farfouille à l'intérieur.
« S'il te plaît, fais-le pour moi... » le cajole Angelina.
«
Ton inventeur avait prévu que tu puisses servir d'hôte de secours... »
grogne Yonir en bricolant dans la poitrine de son capitaine.
« Tu es
ce que nous avons qui se rapproche le plus d'un hôpital, George. »
continue Sylvain. « On peut transplanter le cerveau du mort dans ton
torse et le relier au système de survie qui y est logé le temps de lui
trouver un corps vide, ou de lui en cloner un. La solution la plus
économique, quoi. »
« Je ne suis pas un cyborg, je suis un androïde! Je suis fier d'être 100% artificiel! »
« Sans toi il va mourir! » le gronde la lieutenante.
« On pourrait mettre le cerveau dans le crâne de Sylvain... » propose le capitaine.
« Et mon cerveau, on le met où? »
(Insérez
ici la réplique de George que vous préférez : « Dans le corps gelé, le
temps qu'il fonde. » « Ah, tu en as un? Etonnant. » « On s'en fout, tu
ne manqueras à personne. »)
« Grmbl. » répond le neveu de Père.
«
Ca y est, c'est fait. C'était facile. » s'exclame Yonir, fier de lui. «
On met le cerveau là-dedans, on allume les systèmes de survie et c'est
bon. » ajoute-t-il en reprenant son verre en main.
Et ainsi fut
fait. Le cerveau donnant encore des signes de vie fut extrait du crâne
gelé et déjà en train de fondre et placé dans le réceptacle idoine dans
le torse du robot.
« On va attendre qu'il se stabilise et se
réveille, s'il se réveille. J'ai quand même des doutes. » explique
Angelina. « Il risque d'être endommagé quand même, ou d'avoir perdu des
fonctions cérébrales. »
« Plus il a passé de temps en orbite, plus
il y aura de dommages. J'espère pour lui qu'il n'y a passé que quelques
jours... » commente Yonir.
« Miaou. » acquiesce Roxéphine tout en continuant de lécher le sorbet-cadavre en ronronnant de plaisir.
« Et comment saura-t-on s'il est réveillé? » s'interroge George.
« Il est relié à un haut-parleur placé dans ton abdomen. »
« J'ai ça, moi? » s’étonne l’androïde devenu cyborg.
«
Oui. De plus il est relié à tes photorécepteurs et audiorécepteurs,
donc il verra et entendra les mêmes choses que toi. Mais rassure-toi il
n'entendra pas tes pensées. »
« Ouf. »
« En principe. »
« ... »
« Que... Que m'arrive-t-il? » énonce alors une voix étouffée.
« George, rouvre ta chemise, il est réveillé. »
« Ma chemise? » s'étonne la voix.
« Non, celle de notre capitaine. Vous allez bien? » demande Angelina.
« ... »
« C'est à vous que je parle. »
« Ca peut aller, mais où suis-je? Qui êtes-vous? Et pourquoi je ne peux pas tourner la tête comme je veux? »
«
Vous êtes un cerveau dans mon torse. Vous voyez par mes yeux et
entendez par mes oreilles. Vous n'avez aucun contrôle sur mes actes
donc laissez-moi faire. »
« Hein? »
« Votre cerveau a été récupéré sur votre corps gelé en orbite et placé dans un androïde. »
« ... Hein? »
«
Ah ben ça répond à la question 'a-t-il des séquelles?'... » se désole
Yonir en avalant une gorgée de liqueur de framboise bleue.
« Bon, on va commencer simplement. Comment vous appelez-vous? » demande Angelina.
« Je suis le président. »
« Ca continue fort! » se marre Sylvain en reprenant une gorgée.
« Quel président? »
«
Mais enfin, vous ne me reconnaissez pas? » s'énerve la voix venant du
ventre du capitaine (il est donc ventriloque). « Je suis le président
des USA, Georges Walker Bush! »

Il fallu près d'une demi-heure
de conversation, vociférations, explications, vérifications,
comparaisons et étonnement pour s'apercevoir que oui, le cerveau était
bien qui il disait être.
Très peu de gens savent encore ce
qu'étaient les USA de la Terre après tous ces siècles, et plus personne
ne connaissait les noms de ses présidents. Sauf George dont le disque
dur était plein de trivia de ce genre.
« Donc c'est vous qui couchiez avec Marylin Manson? » demande George.
« Non. C'était Kennedy. Je suis Bush. Georges Deubeulyou Bush. »
« Mince, il y a Georges dans George... » se rend compte Sylvain en en lâchant presque son verre.
« D'après ma banque de données... » commence le robot, « vous étiez un alcoolique repenti. »
« En effet. »
« Mais pourtant vous devez votre survie à une alcoolémie de 2,7... »
« Je… Je ne comprend pas ce que vous essayez de dire. » bégaie Georges.
« En effet, c'est bien lui. » déclare George.
(Note de l'auteur : j'introduis encore un personnage nommé Jorge ou vous êtes assez confus comme ça?)
« Et qu'est-ce que vous foutez dans l'espace? »
«
Mais... Je ne vois pas de quoi vous parlez. Je faisais une conférence
de presse pour Noël, quand tout à coup je me retrouve ici... »
« Noël? » s'étonne Yonir. « C'est quoi? »
«
Ca fêtait la crucifixion d'un bébé dans une mangeoire pour que le
soleil revienne, dans l'ancien temps. » lui explique le capitaine. «
Georges, vous vous rappelez la date de cette conférence? »
« Oui, le 21 décembre 2012... »
« Mince, la Date! »
« Mais alors, vous avez été téléporté dans l'espace lors du grand éternuement! »
«
Vous êtes la seule victime connue de cet événement, félicitations! »
s'exclame Angelina en débouchant une bouteille de Chamtagne.

Il
faut encore quelque temps pour expliquer à l'ex-président et présent
résident du torse du capitaine les quelques 11 siècles qui s'étaient
passés depuis cette conférence. Il a beaucoup de mal à comprendre des
concepts tels que « vols interplanétaires », « empire galactique », «
planètes », « import-export », « androïde », « orbite » et «
décongelation », mais n'a aucun problème avec « téléportation » et «
alcool ».
Pour aider l'ancien président à calmer ses esprits,
George l'emmène se balader sur le pont panoramique. Il espère que la
vue aidera la pilule à passer. C'est dur de se réveiller 1100 ans plus
tard, seul survivant de son époque, sans corps et avec la gueule de
bois.
« Ah, nous avons une belle Lune, ce soir. » s'exclame Georges. « C'est déjà ça. »
« Oui, l'astre blanc s'est rapproché, en effet. Mais ce n'est pas une lune. »
« Mais si, voyons, j'ai vu assez de photos pour reconnaître la Lune! »
«
C'est un astre qui a une orbite instable, mais il orbite cette étoile,
pas une planète. Ce n'est donc pas une... » commence George avant que
ses circuits ne se remettent du choc. « Minute, LA Lune? Vous
reconnaissez la Lune de la Terre? »
« Ben ouais, c'est la seule
Lune... » (Je rappelle que Georges W. Bush est créationiste et ne crois
pas en des balivernes telles que d'autres planètes, d'autres lunes,
d'autres soleils ou même une Terre pas plate)
« Mais alors... REUNION! » beugle George dans le micro général du Nouveau Testament.
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MessageSujet: réponse de Jérôme, 6ème partie   Ven 31 Oct - 14:37

Quelques secondes plus tard tout l'équipage –
sauf le bovin – est présent. C'est un petit vaisseau. Le capitaine
expose la situation.
« Si ce que dis W ici présent est vrai, nous
avons à l'écran la Lune, le satellite naturel de la Terre. La vraie,
l'ancienne, pas la V2.0. »
« Nooooon... » lâche, atterrée, Angelina.
« Siiiiiiiii... » lâche sarcastiquement le président.
«
Mais en principe un satellite n'est pas censé tourner autours de
quelque chose? » demande Sylvain en faisant tourner son vin rouge N°5.
« La Terre serait-elle devenue invisible? »
« Miaou! »
« Non, elle a disparue. »
« Comment être sûr que nous sommes au bon endroit? » demande Yonir.
« Eh bien vous connaissez tous l'histoire de l'éternuement? » demande George.
« Bien sûr! » répond en coeur son équipage.
« Non... » répond Georges, mais personne n'y fait attention.
«
Tout le monde a voulu au même moment se retrouver ailleurs, et c'est
arrivé. Eh bien la Terre elle aussi en a eu marre et s'est téléportée
ailleurs au même moment, avec les hamsters, les électrodes et tout le
bastringue. »
« C'est idiot, une planète ne se téléporte pas... » le contre Sylvain.
«
La preuve est avec nous, dans ma poitrine : le président US était l'une
des causes du départ massif. Lui-même ne voulait pas partir, il était
heureux comme ça. »
« Damn right! »
« Il n'en avait rien à foutre
du réchauffement planétaire, de l'économie en chute libre, de la
pression mentale exercée par les sectes et les religions... Donc tout
le monde est parti sans lui. Même la planète. Il s'est retrouvé soudain
dans l'espace froid et infini et onze siècles plus tard il est venu
s'écraser sur notre dôme tel un moustique sur le pare-brise d'un
pick-up. »
« Hey! Je ne suis pas un moustique! »
« Tais-toi ou je coupe le micro. »
«
Mais alors la Terre ne serait pas du tout dans son système solaire? Les
recherches menées dans le secteur depuis des siècles ne servaient à
rien... » réalise Angelina. « Le CACAO va s'énerver... Ca risque même
de mener à la guerre civile si ça se sait. »
« Peut-être pas, cela étend juste les recherches. » lui répond son amantomate.
« La Terre peut donc être n'importe où dans l'univers? »
«
Non, petit. » dit alors Yonir qui cogitait depuis quelques temps. «
Elle est dans la Voie Lactée, comme le reste de l'humanité. Si on
pouvait se téléporter plus loin on l'aurait fait, l'humanité se serait
retrouvée à un humain par planète, les philosophes l'ont conclu.
‘L’enfer, c’est les autres’…De plus on sait que certains objets peuvent
se téléporter où ils veulent dans certains cas rares : une bûche sur le
point d'être coupée s'est déjà retrouvée sur son tas de bûche, des
chaises sur lesquelles des obèses voulaient s'asseoir se sont
retrouvées dans des églises désertes, à plusieurs reprises des sièges
de toilettes se sont retrouvés dans leurs magasins d'origine... A
chaque fois un endroit sûr et rassurant. Dans le cas de la Terre ce
sera en orbite autour d'un soleil jaune assez loin de l'humanité, je
pense. C'est un réflexe d'auto-défense. »
« T'en sais, des choses... »
« En même temps j'ai un BTS téléportation, c'est pas pour rien qu'on m'a confié le bovin du vaisseau! »
« Miaou! »
« J'ai rien compris. »
« On sait, Georges. »
« Glou. »
« C'est bon, on a tout entendu! » laisse alors entendre une nouvelle voix artificielle.
« C'est pas moi. » se défend le président, tandis que tous les yeux sauf deux se tournent vers le torse de George.
«
Euh, c'est mon téléphone. » explique Sylvain en montrant un appareil
électronique qu'il sort de sa poche en reculant prudemment.
« Comment ça? »
«
Ah, ben en fait je trahis, là. J'en ai marre de bosser pour le tas de
ferraille qui a tué mon oncle et mon cousin, le tout pour un salaire de
misère. »
« Je n'ai pas tué ton oncle! » se défend George.
« ... »
« ... »
« ... »
« ... »
« ... Euh, ni ton cousin. » tente de se rattraper le robot héritier du vaisseau.
« Comment ça, trahir? » demande suspicieusement Angelina en détournant le sujet (oui, elle est au courant pour le fils de Père).
«
Eh bien... » commence la voix venant du téléphone, « Il y a quelques
temps nous avons convaincu Sylvain ici présent de nous aider à tendre
une embuscade au Nouveau Testament. Nous lui avons donné les moyens de
communiquer avec nous à grande distance, ce téléphone modifié, en lui
disant de nous appeler dès que votre vaisseau serait attaquable. Votre
café nous intéresse, voyez-vous. L'informatique unique qui constitue
votre capitaine aussi. »
« Vous êtes des pirates? » grogne Yonir.
« Jugez-en par vous-même. »
C'est
alors qu'apparaît devant le Nouveau Testament un second vaisseau,
beaucoup plus grand et visiblement armé. Ses flancs sont peints aux
couleurs du Jolly Roger, le drapeau pirate à tête de mort, d'un côté,
et du logo Microsoft sur l'autre.
« Je me présente, capitaine Jorge Kramüdsen du Charleston Avenger! »

Voilà, on a Jorge.
Ce
capitaine de vaisseau pirate est originaire (comme la majorité de son
équipage) de Neosapmiland, une planète qui avait reçu un fort
pourcentage de Suédois lors de l'éternuement. Cette planète possède
depuis toujours une flore bactérienne assez unique qui, loin d'attaquer
les humains, favorise en fait leur processus de guérison. Une symbiose
s'était bien vite établit entre les microorganismes et les récents
immigrés involontaires, accélérant la cicatrisation, supprimant les
maladies communes et éliminant le processus de rejet lors des greffes.
Cela
eu pour effet de donner naissance à une nouvelle mode : les échanges
amicaux d'organes. Pour montrer son affection, son amitié, ou juste
pour se marrer un bon coup quand les bars sont fermés, les
Neosapmilandois se mirent à se greffer les organes de leurs amis, de
leurs compagnons ou de leurs potes de beuverie. Pourquoi se priver, on
pouvait entrer dans une clinique à midi et en ressortir le soir
complètement guéri avec le nez de sa femme et le rein de son voisin...
Puis
il y eu les dérives : certains commencèrent des échanges
non-homologues. Au lieu de s'échanger les oreilles, certains
échangèrent deux doigts contre un pied, une vésicule biliaire contre un
œil au milieu du front...
Des petits malins se mirent à vendre les
organes des membres de leur famille récemment décédés, multipliant
ainsi les possibilités de greffes. On vit bientôt des collectionneurs
de nez, des obsédés avec des yeux au bout des doigts, des nains à sept
jambes, j'en passe et des patchworks. Le pire c'est que parfois la
flore microbienne allait jusqu'à permettre aux organes surnuméraires de
fonctionner normalement (quand je parlais d'obsédés avec des yeux au
bout des doigts, hein...)
Après plus de dix siècles d'une telle
pratique, on peut maintenant reconnaître un Néoslapmilandois au fait
qu'il ne correspond plus exactement au dessin de l'Homme de Vitruve (ou
au contraire qu'il y correspond parfaitement, avec deux bras et deux
jambes).
Et les pirates du Charleston Avenger dans tout cela? Ils
ont leur propre façon d'utiliser leurs bactéries. Quand ils attaquent
un vaisseau et tuent ses occupants, ils ont l'habitude de prélever un
organe et se le greffer sur eux-mêmes comme trophée.
Jorge, lui, se
réserve chaque fois un petit quelque chose du capitaine. Il a sept nez
(le sien, deux de chaque côté et trois sur le front), huit yeux (deux
derrière, deux à gauche, deux à droite) sur la tête et une vingtaine un
peu partout sur le corps, une main sur chaque épaule (la gauche peu
tenir un téléphone avec habileté), quatre jambes, dix-huit doigts à
chaque mains (il peut jouer de l'accordéon et du piano en même temps
tout en claquant des doigts pour s'accompagner), sept oreilles, trois
foies (qui sont neufs, et trois foies neufs égale dix-huit fois plus
d'alcool bu), deux estomacs (dont un dans les talons), 23 mètres
supplémentaires d'intestins, trois cœurs, dix-neuf reins et je ne vous
dirait rien sur les quelques organes supplémentaires qu'il utilise pour
effrayer les jeunes filles.
Il a une longue carrière de pillage spatiale derrière lui.
Ses
hommes aussi collectionnent les organes, et beaucoup se concentrent sur
un seul en particulier. Siméon, son second, se greffe à chaque fois un
doigt supplémentaire sur le bras, ce qui leur donne l'apparence d'un
pouic-pouic pour chien. Burgo, un grand balèze bagarreur, se greffe des
dents dans le dos « pour éviter qu'on l'attaque impunément par derrière
». Un petit rigolo qui refuse d'être appelé par un autre nom
qu'Harlequin se fait à chaque fois remplacer un carré de peau à lui par
de la peau d'un autre, de préférence d'une autre ethnie (il raffole des
peaux bleues et vertes qui sont plus rares que les banales jeunes,
noires, blanches, rouge et indigo).
Bref sur le pont du Charleston
Avenger c'est une sacrée ménagerie qui piaffe d'impatience à l'idée
d'aborder le Nouveau Testament pour faire ses emplettes avec des
glacières à organes…

« Vous allez maintenant gentiment vous rendre et laisser mes hommes monter à bord. »
« Et pourquoi ferions-nous cela? » demande George avec bravache, épaules droites et poings sur les hanches.
Les armes du vaisseau ennemi se mettent à briller. George appuie sur la commande d'arrimage en baissant les épaules.
Un
tuyau souple s'étend alors du vaisseau pirate jusqu'à la nef
commerçante, créant ainsi un lien quasi-ombilical et pressurisé entre
les deux machines. Les pirates se lancent alors dans ce tube vers leur
proie en grimaçant, hurlant, salivant et trébuchant (ce n'est pas
facile de courir en apesanteur avec des bras et des jambes un peu
partout sur le corps).
« Minute, pourquoi Sylvain vous aiderait-il? » s'interroge Angelina. « Il va y perdre son emploi... »
«
Ah mais non, il va y gagner un vaisseau. Voyez-vous nous, nous allons
prendre votre cargaison et votre capitaine, et laisser là le vaisseau
intact. Sylvain n'aura qu'à rentrer sur Terre V2.0 en disant que vous
avez été tous massacrés par des pirates et il sera lavé de tous
soupçons. Et il gardera le vaisseau. »
« Vous allez nous tuer? » demande Yonir.
«
Ouaip, désolé. Mais votre capitaine restera entier le temps qu'on le
vende, c'est déjà ça. Et le cerveau du vieux schnock est un bonus. Et
avec de la chance on trouvera la Terre Ancienne grâce à vos
informations, et là c'est la richesse assurée! Soit nous vendrons sa
localisation au plus offrant et nous prenons notre retraite, soit nous
nous en servirons comme base pour attaquer la galaxie entière à l'aide
des hamsters à téléportation illimitée. Nous allons être riches! »
« Ils veulent nous tuer... » lâche Angelina à George.
« Et ils espèrent qu'on va se laisser faire. Ca me donne moins de remords quand à ce que je m’apprête à faire. »
« Euh, dépêchez-vous, ils complotent... » s'inquiète Sylvain en s'adressant aux pirates.
«
Tu sais quoi, Sylvain? Garde le vaisseau ET le café, avec la Terre nous
seront bien assez riche. » s'emporte Jorge sans écouter son Judas. « Il
nous suffit de faire une recherche tridimensionnelle pour voir quelle
était la zone la plus grande sans humain juste après l'éternuement et
de chercher au milieu... La Terre y sera sûrement. Et avec les
hamsters, nous... Hey, vous faites quoi! » s'écrie alors le capitaine
pirate tandis que son vaisseau est secoué brutalement.
« Je nous
dégage. » grommelle George en manipulant – brutalement – les commandes
des propulseurs annexes. Il effectue plusieurs manœuvres violentes avec
le Nouveau Testament, ce qui a pour effet de rompre le tunnel élastique
de liaison tendu entre les deux vaisseau. Les pirates peuvent ainsi
périr de la même façon que W.
« Vous êtes morts! » beugle le capitaine pirate. « Feu sur ces fils de patates! »
Mais
le canonnier secoue tristement les têtes, il ne peut rien faire : le
Nouveau Testament n'est déjà plus en face d'eux. Et les canons ne sont
pas orientables.
Ben oui, en générale ils se téléportent en face
d'un vaisseau et lui tirent dessus, point. L'autre n'a jamais le temps
de réagir. Et de toute façon un vaisseau spatial n'est pas fait pour
bouger dans tous les sens mais pour se téléporter, George est le
premier capitaine depuis onze siècles à manœuvrer un vaisseau à l'aide
de propulseurs...
Remarquez, il y avait une bonne raison à cela :
les propulseurs ne sont pas fait pour fonctionner longtemps. Après 8
secondes et demi d'intenses manœuvres le Nouveau testament se retrouve
à sec de carburant et dérive dans l'espace.
Le Charleston Avenger se téléporte donc devant lui, à porté de tir.
« Merde, j'avais tout prévu sauf ça... » lâche George.
« Crétin. » lance Georges, sans trop savoir ce qui ne va pas mais voulant tout de même jeter son grain de sel.
«
Vous pensez pouvoir vous en tirer après avoir tué la moitié de mon
équipage? » fulmine Jorge, fronçant les 12 sourcils. « Ces hommes
étaient avec moi depuis des années – la majorité de leur masse
corporelle en tout cas. Vous aller payer! »
Le pirate lance la mise
en route des armes de son vaisseau, jetant ainsi une lueur rougeâtre
sur la scène qui se joue devant nos yeux.
« Non, ne tirez pas, je
suis encore là! » supplie Sylvain en se relevant difficilement après
les manœuvres de son propre capitaine. « Je peux encore les immobiliser
et les... »
Mais Sylvain ne peut pas finir sa phrase, Angelina l'assomme avec une bouteille de Maldekrân 312.
« Miaou? » lance alors Roxéphine, ébouriffée et manifestement de mauvaise humeur après avoir atterri dans la mangeoire du bovin.
« Miaou! » peut-on entendre par la liaison com entre vaisseaux.
« Miew... » ajoute une deuxième voix (les pirates ont deux chats, eux).
« Mroaw? »
« Miraow. »
« Mrouirrrronron. »
« Fshhhhhhhh! »
« Vos gueules. » s'énerve alors le capitaine, furieux que des quadrupèdes à fourrure perturbent l'intensité de la mise à mort.
« Non, toi ta gueule, l'humain puzzle. » s'entend-il répondre.
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MessageSujet: Re: Space apéro (réponse de Jérôme)   Ven 31 Oct - 14:39

L'équipage du Nouveau Testament rate un beau
spectacle en n'ayant que le son : Jorge, le capitaine pirate, perd tout
à coup de sa superbe et se met même à trembloter tout en riant comme un
dément devant le spectacle qui se joue devant ses yeux.
Les lasers du Charleston Avenger s'éteignent.
Quel
spectacle? Le même que celui auquel assistent les membres encore
conscients du Nouveau Testament : Roxéphine le chat est en train de se
morpher, tout comme ses deux équivalents du Charleston Avenger, en une
créature plus grande, approximativement de taille humaine, mais
couverte d'une peau élastique verte-jaune et avec des tentacules
préhensiles à la place des bras.
Et sa tête articulable est surmontée de cinq yeux pédonculés.
George et Georges résument très bien la situation : « Ah ben merde! ».
«
Bon, les humains, il est temps de discuter sérieusement, là. » commence
l'être qui était Roxéphine il n'y a pas deux minutes. « Phobos, Deimos,
je coupe la communication. Vous savez quoi faire du vaisseau. »
« Oui, à tout à l'heure. »
Roxéphine
lance son tentacule droit comme un fouet et attrape le téléphone de
Sylvain. Elle l'éteint et le rejette sur le corps du traître
inconscient.
« Parlons peu, parlons bien. Je vous interdis de rechercher la Terre. »
« Mais, euh, que... » tente Yonir.
« Elle a le droit d'asile. Ne la dérangez plus. »
« Ah? Mais je, nous, enfin elle... » balbutie George.
« D'accord, d'accord. Je vais répondre à vos questions. Non, ne les posez pas, ce n'est pas la peine. »
Comme les humains ne font rien pour l'interrompre, l'alien aux yeux pédonculés continue.
«
D'abord, sachez que vous n'êtes pas les premiers à comprendre que la
Terre s'est téléportée hors de son système stellaire. D'autres avant
vous sont parvenus à la même conclusion, certains par le même mode de
raisonnement. Les corps de Vladimir Poutine, Nicolas Sarkozy et Lara
Fabian ont déjà été retrouvés sur cette même orbite. Tous ceux qui ont
compris cela ont soit été réduits au silence soit convaincus de se la
fermer. »
« Et nous, nous...? » ose demander Angelina en triturant sa minijupe, mal à l'aise.
«
Je pense pouvoir vous convaincre de la fermer si je vous explique tout.
Je vis avec vous depuis longtemps, je vous connais. Phobos et Deimos
vivent depuis longtemps avec les pirates, ils les connaissent, et
savent qu'ils sont un trop grand risque. »
Alors que Roxéphine finit
de dire cela, deux autres aliens vert-jaunes à yeux pédonculés
apparaissent à ses côtés. Il s'agit bien sûr, vous et l'équipage du
vaisseau l'avez bien compris, des deux ex-chats pirates.
« Ca y est, le Charleston Avenger est téléporté dans le Soleil. » annonce l'un d'eux. « Tu continues ton explication? »
«
Oui, merci. » répond Roxéphine avant de continuer. « Comme ça vous
savez ce qui vous attend si jamais vous répétez ce que je vais vous
dire. »
« Gulps. »
« Voilà. Le 21 décembre 2012, la Terre en a eu
marre des humains. De vous. Vous étiez trop agressifs, trop dangereux,
vous la tuiez à petit feu. Elle nous a demandé de l'aide, nous la lui
avons donné. Nous avons ondulé les hamsters et téléporté votre
ex-planète dans une galaxie à quelques millions d'années-lumières de
là. Rassurez-vous, elle va bien, le voisinage est calme, son étoile est
semblable à celle-ci, elle s'y sent heureuse. Elle a même découvert une
cinquième saison et s'amuse comme une folle avec. »
« Gné? » lance Georges dans un sursaut d'éloquence que ses contemporains ne lui avaient jamais connu.
«
La Lune lui manque mais cet astre n'avait pas de vie à sa surface, sa
téléportation était donc impossible. Vous, d'un autre côté, ne lui
manquez pas. »
« La Terre est vivante? »
« C'est assez évident,
oui. La plupart des planètes habitées le sont. Bref elle voulait partir
sans vous, mais nous rechignons à faire mourir sept milliards d'être
pensants. Nous vous avons donc téléporté ailleurs, par petits groupes
pour ne pas faire peur à vos planètes d'accueil. C'est assez réussi, je
trouve, mais il est vrai que vous nous aviez aidé en désirant 'partir
le plus loin possible'. »
« C'est vous qui nous avez éternué?!? »
«
Euh... On va dire, oui. Pas moi personnellement, je n'étais pas née,
mais mon espèce, qui est considérée comme la Police de cet univers. »
« Les chats? » s'étonne Yonir, qui avait toujours préféré les bovins.
«
Nous aimons cette forme, oui. Elle nous sied mieux que notre vraie
forme, celle-ci. Nous n'aimons pas le vert-jaune, c'est un comble. »
« Il y a d'autres espèces pensantes dans l'univers? » demande George, très intéressé.
« Oui, plein. » lui répond Roxéphine en étendant les tentacules.
« Comment se fait-il que nous n'en ayons jamais rencontré au cours du dernier millénaire? »
«
Ce sont elles qui vous ont rencontré, avant. Pendant les balbutiements
de votre civilisation. Des émissaires se sont téléportés chez vous mais
ont été massacrés. Nous avons tous vite compris que vous étiez
dangereux, donc tous ceux qui vivaient dans cette galaxie (et la
plupart de ceux vivant dans les galaxies proches) sont partis sans rien
laisser derrière eux de peur que vous vous téléportiez chez eux.
Rassurez-vous ils vont bien aussi. »
« Eux aussi savaient se téléporter? » s'étonne Angelina.
«
Petite, tout le monde sait se téléporter. Vous autres êtes les seuls à
ne pas savoir – c'est d'ailleurs ce qui a sauvé l'univers, je pense.
Vous devez vous appuyer sur des animaux branchés sur des machines pour
le faire. Toutes les autres races intelligentes peuvent se déplacer à
volonté rien qu'en y pensant. Ca a d'ailleurs facilité leur départ
d'ici, et par là-même facilité votre déménagement à vous. »
« Dingue. »
«
Nous autres chats sommes restés pour vous surveiller, tous ces siècles.
Pour ce cas de figure précis. NE DITES RIEN A PERSONNE! » termine
Roxéphine en appuyant ses propos d'un regard sévère.
« Pendant que
vous cherchez la Terre vous ne vous tapez pas dessus. » continue
Phobos. « Et tant que vous ne la trouvez pas, avec ses hamsters, vous
resterez confinés dans cette galaxie. C'est mieux pour tout le monde. »
« On vous la laisse, faites-en bon usage. » ajoute Deimos.
Et sur ces paroles, les deux aliens du vaisseau pirate disparaissent.
«
Juste pour vous faire rêver : ils sont retournés d'un bond sur notre
planète d'origine, située à plus de deux milliards d'années lumière. »
« Ouah... » s'exclame Yonir, « Ca en fait des années de voyage par bovin... »
« Alors... Vous n'allez rien nous faire? » demande Angelina, reprenant confiance.
«
Non, rien. Continuez comme avant. Ne dites rien sur tout ceci à vos
amis, vos familles, ni à cet abruti étendu par terre. Je vais redevenir
Roxéphine pour vous surveiller tout de même. »
« Ok... »
« Ah, une dernière chose... »
« Oui? »
«
Quand je ronronne, c'est que je communique avec mes supérieurs. Merci
de ne pas me caresser, me gratter le ventre ni rien du tout pendant ce
temps, ça me perturbe. » termine Roxéphine en redevenant le chat
bizarre qu'elle avait toujours été.
« Au moins on sait pourquoi il y a des chats partout. » conclu George.
« J'ai rien compris. » ajoute georges.
«
Tu penses qu'il va garder sa langue, lui? » demande alors Angelina à
son robomantique capitaine en parlant du cerveau dans le torse.

«
Et pourquoi on rejette ce cerveau dans l'espace? » demande Sylvain,
quelques heures plus tard. Il a un sérieux mal de crâne depuis son
réveil mais ne se plaint pas trop. Trahison oblige.
« Il est chiant.
» lui répond George. « De plus il consomme trop de mes ressources
système, et il est trop bête pour qu'on parle de lui comme d'un
'cerveau'. Ergo, je le rejette là où je l'ai trouvé. »
« Mais sans son corps... »
«
Je l'ai trempé dans de l'alcool juste avant, ça le conservera
peut-être. Et je souhaite bonne chance à celui qui le trouvera la
prochaine fois. » achève George en plaçant le cerveau de l'ancien
président des USA dans le vide-ordure et en appuyant sur le bouton de
purge.
Schwulllrrrrrpl!

Quelques minutes plus tard le Nouveau
Testament est déjà en route vers Terre V2.0 à une fréquence de
téléportation de 34/µs. Sylvain se remet peu à peu de son coup sur la
tête, et demande aux autres (un verre dans une main, l'autre
frictionnant son crâne) :
« Au fait, comment on a échappé aux pirates? »
« Tes amis? » demande sarcastiquement Angelina.
« Ok, ok, je m'excuse d'avoir un peu trahi, mais l'erreur est humaine... »
«
Eh bien on va dire... » commence George, « Que si tu ne reposes jamais
la question de savoir comment on s'en est sortis, on ne te dénoncera
jamais aux autorités spatiales. Et on te garde avec nous. »
« Je suppose que je dois dire merci? »
« Oui. »
« ... Merci. »
« De rien. Maintenant amène-moi une tasse de café. »
« Et moi un verre de Brandy de Giroflée de Saksan. » ajoute Angelina.
« Du 8876 rose pour moi. » lance Yonir du fond de la salle du bovin.
« Miaou. »
« Oui, et un peu de Chamtagne pour Roxéphine. Elle l'a bien mérité. »



Quelques
mois après ces aventures rocambolesques dignes d'un épisode de Star
Wars, la vie a repris son cours pour l'équipage du Nouveau testament.
Yonir bichonne le bovin et répare les appareils qui s'usent comme à
l'accoutumée, Sylvain ronchonne du matin au soir entre deux verres,
Angelina et le capitaine George filent le parfait amour même pas
virtuel (ils ont depuis abandonné l'utilisation de l'antivirus, c'est
vous dire) et Roxéphine dératise le vaisseau. Personne n'a reparlé des
évènements vécus dans le système Solaire mais il est évident que cela
les travaille.
Bien sûr ils font toujours des détours lors de leurs
voyages au départ de Marascandeï pour donner l'illusion de rechercher
la Terre, mais Angelina n'insiste plus comme avant, elle ne ressent
plus cette espèce d'élan patriotique qui la poussait à rechercher la
gloire.
Dans les astroports ils observent les chats aller et
venir, ni vu ni connu, accomplissant des missions dont le but est connu
d'eux seuls – ou bien simplement se lécher l'arrière-train. Personne
n'est obligé de travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre après
tout. Mais ils peuvent aussi s'apercevoir que les chats les observent,
eux. Avec une intensité inhabituelle pour ces nonchalantes créatures.
George
s'est teint les tempes. Plus précisément il s'est repeint la carcasse à
cet endroit. Elles ne sont donc plus grisonnantes mais jaune canard. Il
trouve que ça lui va bien, les autres évitent simplement de le regarder.
Et
un jour vient où, à bord du Nouveau Testament, Angelina vient parler en
cachette à George qui était tranquillement en train de mâcher son café.
« Te rappelles-tu des aliens à peau verte-jaune? » lui demande-t-elle en chuchotant.
« Bien sûr. » lui répond-il à volume 3 au lieu de 7.
«
Ils ont dit que toutes les espèces pensantes sauf les humains pouvaient
se téléporter... Et de toutes les créatures que nous avons testées, les
hamsters à téléportation étaient les seuls à permettre une
téléportation illimitée qui ressemblait à celle des aliens... »
« Je vois où tu veux en venir, et ma foi... »
«
Est-ce que les hamsters étaient des êtres pensants, intelligents? »
pose alors Angelina, angoissée. « Aurions-nous réduit en esclavage et
torturé ces êtres alors qu'ils étaient nos égaux...? »
Mais alors
qu'elle termine sa phrase Angelina aperçoit du coin de l'œil Roxéphine
qui vient vers eux. Elle semble sortir de nulle part. Dans sa gueule
gigote un petit animal.
Un œil exercé aurait pu reconnaître en cet
animal un rongeur appelé Mesocricetus ignavum, couinant et se débattant
désespérément pour échapper à la prise de la gueule du pseudo-chat.
Roxéphine s'assoit face à l'humaine, bien droite. Puis elle lui fait un clin d'œil rassurant.
Kshrak!
Miomch miomch miomch...




Fin.

Je salue au passage Rozenn et tous les auteurs des réponses. Ce fut un plaisir de participer à ce sujet.
En passant ce système de posts, qui ne tolère que quatre pages, est un peu contraignant.
(Pourquoi faire court quand on peut tenir la jambe de quelqu'un pendant deux heures d'affilée?)
25 pages ce n'est pourtant pas beaucoup, pour un sujet tel que "Space Opera".
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Space apéro (réponse de Jérôme)
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