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 Pôle Sud Express (réponse de Jérôme)

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Orlamonde

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Date d'inscription : 01/05/2006

MessageSujet: Pôle Sud Express (réponse de Jérôme)   Ven 23 Jan - 0:32

Titre originel japonais : Le retour de la mission inébranlable qui file vers l'horizon du salut de l'humanité bravement et sans faillir vers un lendemain blanc plus vert pour les fils de l'homme qui perdureront à travers les étoiles de l'espoir infaillible malgré tous les dangers pour l'avenir de la Terre !! Courage !!

Titre français après traduction (par Jérôme pour le sujet 26) :

Pôle Sud Express



Les chenilles mordent la couche de neige durcie avec un appétit féroce, traçant un triple sillon dans le paysage autrement immaculé. Elles avalent les distances à toute allure, permettant à l'engin d'atteindre une vitesse de pointe de 35 kilomètres par heure.
En même temps nous sommes à quelques kilomètres du Pôle Sud, en pleine tempête de neige. Je vous défie de faire mieux.
Cet engin, le Scolopendre, est une sorte de train-motoneige segmenté en plusieurs wagons détachables équipés chacun de trois chenilles. A l'instant où nous commençons ce récit, il ne reste plus que deux wagons derrière la locomotive à mandibules qui n'abrite que deux membres d'équipage. Pourtant cela avait commencé par un long convoi de plus de 150 wagons, près de l'océan. Un convoi qui avait beaucoup intrigué les manchots à RayBan (depuis leur succès dans la Marche de l'Empereur, ces sphénicidés se prennent tous pour des stars) ainsi qu'un ours blanc en veste de tweed, mais ceci est une autre histoire.
Ces wagons renferment tous de précieux et fragiles équipements scientifiques chargés d'une tâche essentielle : sauver le monde. Rien que ça.
En même temps je ne vois aucune autre raison qui aurait pu pousser Languit et Tamerdure à venir se geler les parties intimes dans ce trou paumé.
« Je donnerais mon bras gauche pour de l'asphalte sous de bonnes vieilles roues. Du bon vieil asphalte, bien noirâtre, bien puant, surchauffé par le soleil cruel de midi le long de la route 66... » marmonne Languit, confirmant qu'il n'apprécie pas du tout sa présence ici.
« Pas ton bras droit? » demande Tamerdure, pour passer le temps.
« Non, j'en ai besoin pour quand je pense à Jessica Alba. »
« ... La pauvre. »
« Ouaip, je donnerais n'importe quoi pour ne pas me trouver dans cet engin glacial et lent qui fait crisser cette saleté de couche de glace à la... »
« Languit, tu as beau être mon partenaire depuis huit ans, tu as beau m'avoir sauvé la vie à maintes reprises lors de nos missions en F16, en planeurs, en Formule un, en pédalos, en navette spatiale et en sous-marins, nous avons beau être amis depuis l'enfance et tu as beau être le parrain de mes trois gosses, si tu continues à te plaindre et à me reprocher de nous avoir porté volontaires pour cette mission j'ouvre la porte, je te propulse d'un bon coup de pied au cul et je te plante là! » s'emporte Tamerdure.
Il faut se mettre à la place de Tamerdure (non, pas derrière le volant du tractotrain), cela fait bien quinze jours qu'ils sont dans cette cabine à rouler au pas à travers les paysages grandioses-mais-ça-reste-de-l'eau-solide de l'Antarctique, et Languit n'a pas fermé sa bouche plus de cinq minutes d'affilée. S'il avait eu un concombre sous la main, Tamerdure aurait étouffé Languit avec.

Pourtant, même Languit ne peut dire que Tamerdure a eu tort. Ils sont les meilleurs dans leur domaine (piloter des trucs pour sauver le monde), et cette mission est la plus importante jamais lancée. Il est impératif qu'elle réussisse, donc il fallait les meilleurs des meilleurs, donc nos deux lascars ont maintenant les fesses gelées et les doigts de pieds tous bleus.
Comme je l'ai dit plus haut il s'agit de sauver le monde. Mais comment et pourquoi?
Eh bien c'est simple, la fonte des glaces a déjà commencé. On pensait avoir encore dix ou douze ans avant de devoir apprendre à respirer sous l'eau mais c'est trop tard, le niveau des océans est déjà cinquante centimètres plus haut qu'il y a deux ans, et on estime que si l'Antarctique continue à déverser ses réserves d'eau douce à ce rythme cela va stopper les courants marins dont le moteur est le différentiel de salinité de l'eau. Ce qui stopperait net la réoxygénation des mers, le brassage des nutriments, bref la vie océanique cesserait assez vite. Puis ce serait au tour de la vie terrestre. Puis les humains s'éteindraient.
Ce que l'on sait déjà depuis une trentaine d'années, mais l'opinion publique s'est réveillée après le tsunami qui a englouti New York. Il a donc été décidé de tout mettre en œuvre pour faire en sorte que le Pôle Sud reste froid, pour le bien de l'humanité entière (et au grand malheur de ceux qui avaient acheté des propriétés en Antarctique pour y faire pousser des bananes).
Languit et Tamerdure ont donc été envoyés sur le continent glacé pour y éparpiller au cours d'un long périple en spirale centripète les 144 appareils « violeurs d'entropie » contenus dans les wagons du scolopendre. Pour plus d'information sur le fonctionnement des violeurs d'entropie, qui absorbent le chaud pour recracher du froid en consommant très peu d'énergie, lisez l'article « Absorbeurs inertiels de Star Trek, pactes avec le Démon et physique des cantiques : Dumbledore parle en dormant » par Hermionne Granger. J'ai personnellement un violeur d'entropie portable pour toujours garder mon Coca-Light au frais.

« Tiens, prends-donc un schnaps, ça va redonner des couleurs à tes joues. » propose le conducteur à son copilote qui boude dans son coin.
« Ton schnaps tu peux te le foutre au... »
« Ton siège est éjectable. »
« ... fond de ta poche, j'en prendrai plus tard merci. On arrive à l'avant-dernier point de largage. »
« Ah, oui, tiens. »
« 5... 4... 3... »
« Te fatigue pas le wagon est détaché. »
« Si en plus tu gâches mon seul plaisir de ce voyage... »
« Pense à Jessica Alba. »
« T'as raison, ça réchauffe. »

Le Scolopendre, qui ne comporte plus désormais que sa locomotive et le dernier wagon, continue vaillamment son périple vers la dernière étape de l'épopée épique : le centre pile-poil du continent glacé. Une fois le dernier violeur d'entropie placé nos deux héros pourront appuyer sur le gros bouton rouge situé en plein milieu du tableau de bord du tractotrain (Languit espère que son ami le laissera appuyer dessus...), ce qui mettra en route une réaction globale qui devrait avoir pour effet de refroidir durablement les étendues glaciales du désert blanc.
« Les effets seront visibles, m'a-t-on dit. » lâche Languit. « Une fois le refroidissement mis en route, cela devrait changer les systèmes de pression atmosphériques au-dessus de nous, altérer l'humidité de l'air, créer des effets de mirage à cause des couches de températures différentes... »
« En gros, si, ça marche, on verra un arc-en-ciel, quoi. »
« Euh... Moui, sans doute. Dans combien de temps arrivera-t-on à destination? »
« Oh, d'ici une dizaine de minutes si tout se passe bien. » lui répond Tamerdure en regardant son odomètre.
C'est alors que les ennuis commencent.

Deux heures plus tard le Scolopendre peut reprendre sa route.
Ah, oui, je fais une ellipse, sinon ce texte va durer 80 pages. Sachez simplement que le trajet du Scolopendre le fait passer près du lieu de l'action de Blanc (mais nous sommes plus de quatre ans après ce texte), une de mes réponses au sujet 14. Je vous évite donc d'avoir à lire un long passage parlant de base secrète enfouie abandonnée, de plans maléfiques, de mesures antipersonnelles dormantes réactivées, de morse-garou, d'émouvantes confessions entre amis de longues dates, d'explosions et de « Oh mon Dieu si jamais ce cyborg détruit le wagon le monde est perdu! ».
Bref passons notre chemin, le Scolopendre est presque arrivé.
« Tu sais, Languit... » commence Tamerdure, maintenant assis sur le siège du passager à cause de sa jambe cassée, « Jamais je ne pourrai assez te remercier. »
« Je t'ai déjà dit que c'est normal, espèce de cornichon. Tu es mon meilleur ami. »
« Mais sans toi mes enfants seraient orphelins... »
« Ca n'arrivera jamais. »
« Comment ça? »
« Si jamais tu meurs je me mets avec ta femme et j'adopte tes gosses. »
« ... Merci, tu es un frère! »
« Eh, ho, je déconnais, ça va, lâche-moi... »
C'est alors que leur radio les ramène à la réalité.
« Scolopendre, ici Contrôle. Scolopendre, ici Contrôle. Répondez, le mille-pattes! »
« Oui Contrôle, ici le mandibulate. »
« Vous avez presque dépassé le site de largage du dernier appareil. Vous foutez quoi? Déjà que vous avez deux heures de retard sur l'horaire... »
« Nous avons été ralentis par un robot géant piloté par un ours blanc en veste de tw... »
« Cessez vos âneries, la Hollande est devenue 'l'autre pays de la plongée sous-marine' il y a une heure, quand leurs digues ont lâchées. Il est grandement temps que vous branchiez le frigo. Bientôt c'est Tokyo qui boit la tasse. »
« Bien reçu, nous lâchons le dernier wagon. » déclare Tamerdure en joignant le geste à la parole. « Il ne reste plus qu'à appuyer sur le bouton. »
« Tamerdure, je... Je peux? » demande alors Languit avec dans les yeux cette lueur que tous les enfants ont juste avant de foutre le feu au sapin de Noël.
« Oui, mon ami. »
« Youpiii! » s'écrie alors Languit en appuyant sur le gros bouton rouge.

« Et maintenant? » demande Languit en regardant par la fenêtre.
« Scolopendre, nos systèmes indiquent que les violeurs d'entropie fonctionnent de manière optimum. Voyez-vous un effet là où vous êtes? »
« Eh bien... Non, nous sommes dans le blizzard. »
« Vous avez dit blizzard? »
« Comme c'est bli... »
« Bordel, les gars! » s'emporte leur chef à la radio, « Le sort du monde se joue en ce moment, arrêtez vos conneries! Vous devriez voir une sorte d'arc-en-ciel si tout marche comme prévu, cette confirmation visuelle est très importante! »
« De quelle couleur? »
« Comment? »
« De quelle couleur, l'arc-en-ciel? » précise Tamerdure.
« Eh bien, les couleurs habituelles, je suppose... Comme un arc-en-ciel, quoi. »
« Comme un arc-en-ciel peureux? »
« Ou comme un arc-en-ciel courageux? »
« Rouge, rose, vert jaune et bleu... »
« Biiiioman! »
« Biiiiioman! »
« Héros de l'univeeeeeers! » se mettent à chanter Languit et Tamerdure dans le cockpit du Scolopendre, tandis qu'autour d'eux le blizzard se fait de moins en moins violent, jusqu'à se calmer totalement pour laisser apparaître un magnifique arc-en-ciel...

Quelques semaines plus tard, Languit est avec Tamerdure et sa famille dans leur maison en Australie. Le feu de la cheminée vrombit furieusement en dévorant les énormes bûches que Tamerdure renouvelle régulièrement pour tenter de ramener le salon à une température vivable. Ils sont tous serrés les uns contre les autres sur le canapé et regardent à la télévision la journaliste en veste polaire, bonnet chauffant et protège-oreille en fourrure résumer les récents évènements.
« Il apparaît aujourd'hui comme une évidence que les appareils connus sous le nom de « violeurs d'entropie » et largués en Antarctique par la mission Scolopendre ont fonctionné bien au-delà des prévisions des scientifiques. Loin de rester cantonné à une stabilisation ou une baisse de la température antarctique, le refroidissement du Pôle Sud est à l'origine d'un effet papillon qui a résulté en la vague globale et sans précédent de froid qui ravage la Terre. L'afflux des réfugiés venant des zones les plus froides a provoqué de graves famines et l'apparition de nouvelles pandémies dans les régions les plus chaudes, qui étaient déjà très pauvres, et la richesse des immigrants provoque souvent des rébellions et de terribles représailles de la part des autochtones qui souffraient déjà bien assez avant l'arrivée du climat quasi-polaire. »
« Eh bé... Si j'avais su... » commente Languit, plus pour réchauffer ses lèvres que pour réellement communiquer avec les autres. Mais la journaliste reprend, après avoir bu une gorgée de café brûlant (à 7 degrés celsius).
« Alors que les océans finissent de geler, les recherches pour tenter de trouver des survivants au nord du tropique du Cancer et au sud du tropique du Capricorne ont été arrêtées. Les conditions sont désormais considérées comme incompatibles avec la vie humaine. D'après les spécialistes il fait maintenant assez froid à Montréal ou Moscou pour que l'azote contenu dans l'air devienne liquide. Ah, on me fait parvenir une dépêche... Oh! Oh... Eh bien, chers téléspectateurs, d'après les dernières simulations informatiques des derniers météorologues en vie, nos dernières prédictions étaient fausses. Malgré le bombardement nucléaire des sites où les violeurs d'entropie avaient été laissés, le refroidissement ne va ni s'arrêter ni même se calmer, il est trop tard pour cela. Il n'est donc plus nécessaire de vous conseiller de vous rapprocher le plus possible de l'équateur, il y fera bientôt aussi froid que dans l'espace profond. Je vous laisse, je vais m'immoler par le feu, ça me réchauffera. »
Et alors que la journaliste est remplacée par de la neige sur l'écran de la télévision (quelle ironie à l'Alanis, n'est-ce pas?), Tamerdure se tourne vers Languit et lui avoue...
« Au fait, je ne t'ai pas dit, mais je nous ai porté volontaires pour une nouvelle mission : nous allons piloter une foreuse mobile géante et ultrarapide vers le centre de la Terre pour atteindre une profondeur assez proche du noyau. Là il fera assez chaud pour que l'humanité survive à cette ère glaciaire, et nous... Hey, arrête, tu vas m'étrangler! »
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