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 Réponse d'Orlamonde : L'inconnu au pull orange

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qu'es aco?



Nombre de messages : 25
Date d'inscription : 04/11/2006

MessageSujet: Réponse d'Orlamonde : L'inconnu au pull orange   Mar 3 Mar - 12:33

Comment écrire son sujet un jour de pluie et sans sortir de chez soi ?
Allez, le premier que je verrai par la fenêtre sera mon inconnu.
Justement, un homme vient de se garer sur le trottoir d’en face, il sort de sa voiture avec un gros carton sur l’épaule. Celui-ci a l’air assez lourd. Que peut-il contenir ? Des livres, un colis reçu récemment par la poste ?
L’homme semble assez jeune, la trentaine, je ne le vois que de dos : assez grand, mince, avec un pull orange, des cheveux bruns et une très légère calvitie. Je me demande s’il peut sentir mon regard qui pèse sur lui. Non, c’est de la parano.

Le voilà qui entre dans l’immeuble d’en face. Est-ce un étudiant qui vient d’emménager ? Je regarde plus attentivement sa voiture, je n’y connais rien en voiture, pas moyen de vous dire ce que c’est. Ca ressemble vaguement à un kangoo, elle a l’air presque neuve et puis j’entrevois un siège bébé à l’arrière. Pas un étudiant mais un jeune père de famille, donc.
Je me demande à quel étage la lumière va s’allumer, au premier dans l’appartement qui a l’air si bien décoré avec ses plantes et son mur rouge ? Rien ne s’allume, par contre j’ai l’impression de voir un reflet sur la vitre du deuxième étage. Je retourne à ma fenêtre après avoir écrit ces quelques mots. Au second les volets roulants sont légèrement fermés et la fenêtre est entrebâillée. Le reflet je l’ai donc aperçu lorsqu’il a ouvert la fenêtre. Est-ce qu’on aère en rentrant chez soi ?

A moins que… Il y a peu de temps il y avait une pancarte « à vendre » sur la porte de cet immeuble. Peut-être que mon voisin au pull orange ne l’habite pas encore vraiment et qu’il y passe juste de temps en temps, ça expliquerait les volets presque fermés. Je regarde l’heure : seize heures trente. Un mardi à seize heures trente, il ne travaille pas à cette heure là ? Existe-t-il des emplois de bureau où on termine sa journée si tôt ? A moins qu’il ne soit prof aussi et donc en vacances ?
Encore une fois je retourne à ma fenêtre, la sienne est à présent fermée. A-t-elle vraiment été ouverte ou est-ce moi qui l’ai rêvé ? Le rideau n’est pas tiré jusqu’au bout. A-t-il remarqué mon manège à la fenêtre ? Son regard a-t-il pu croiser le mien sans que je m’en aperçoive (vu que je suis quand même très myope) ?
Si j’allais dans la chambre je verrais de plus près. Avant ça je jette un œil dans le miroir pour voir si je suis présentable. C’est au moins la dixième fois que je regarde à la fenêtre. L’immeuble n’est pas placé juste en face mais quelques mètres plus loin dans la rue. Je ne vois rien de plus en fait que ces rideaux blancs tirés. Par contre j’ai l’impression d’être une voyeuse.

Je pourrais m’arrêter là mais c’est un peu comme un toc à présent. Ne jamais commencer ce genre de trucs au risque de ne plus pouvoir s’arrêter. C’est d’ailleurs pour ça que je ne fais quasiment jamais le ménage : si je commence je n’arrive plus à m’arrêter, j’aspire les plinthes et les plafonds, j’y passe des heures. Si je nettoie je deviens maniaque, demandez au chat il vous le confirmera et la prochaine que vous débarquez chez moi à l’improviste, ne vous étonnez pas que ce soit un bazar incommensurable, hein. (« incommensurable » en voilà un joli mot, ça aussi c’est un de mes tocs : toujours caser un mot de ce genre quand j’écris un texte)
Et puis j’ai quand même une bonne excuse pour persévérer : si je ne trouve rien de plus sur l’inconnu au pull orange mon récit aura fini en queue de poisson.
Voilà pourquoi je dois me replacer à mon poste de guet :
Je fais avancer la Science, en quelque sorte. (ou plutôt la Littérature)

J’ai quitté mon poste pendant cinq minutes à peine afin d’écrire ces quelques mots et voilà que j’entends comme un claquement de portière ; le temps de finir ma phrase et de me précipiter vers la fenêtre, la voiture a disparu et mon pull orange avec. Arf, cruelle déception.
Il laisse une place libre juste devant chez moi. Je pourrais aller chercher ma voiture une rue plus loin et l’y mettre, surtout que je dois la vider pour le contrôle technique de jeudi. En occupant sa place, j’en apprendrais peut- être plus sur lui ? Et si une mystérieuse communion entre nos deux esprits pouvait se faire là, à cet endroit précis de la chaussée ? L’idée est plaisante mais la pluie me dissuade d’appliquer mon plan. Et puis il vaut peut-être mieux lui laisser sa place au cas où il reviendrait.

En attendant de le voir réapparaitre je ne compte pas m’arrêter là, mon enquête doit avancer.
Je mange un choco pour me donner du courage, j’enfile mes docks, une veste et traverse la rue pour entrer dans l’immeuble d’en face. Ça tombe bien il n’y a pas de digicode. Au premier étage, celui de l’appartement tout joli, il y a deux noms sur la porte. De peur d’être découverte je monte très vite au deuxième, là où je soupçonne mon inconnu d’avoir acheté. Il n’y a pas encore de nom sur la porte, ce qui confirme mes soupçons. Je hume à travers le trou de la serrure (j’ai toujours eu un très bon odorat) et je sens comme une odeur de cigarette très récente. C’est l’homme au pull orange qui a du la fumer tout à l’heure et voilà qui explique la fenêtre entrebâillée !
Je viens à peine de me féliciter pour cette prodigieuse association de pensée que j’entends un toussotement, juste derrière moi. Mon cœur manque de rompre. Je me retourne : face à moi une imposante dame d’une cinquantaine d’année, un cabas orange à la main. Elle arrive du troisième et dernier étage. Depuis combien de temps m’observe t’elle le nez penché sur la serrure ?
« Vous cherchez quelque chose ? » me demande-t-elle sèchement.
- Heu je passais voir un ami, mais il a l’air absent.
- Quel est le nom de votre ami ?
- Bichler. »
Au secours, je viens de dire mon nom ! Le seul truc qui m’est venu à l’esprit… Je mens, cela se voit comme le nez au milieu de la figure et mon visage me brûle tellement il doit être rouge.
- Mr et Mme Guillemin ont acheté ici, mais ils n’ont pas encore emménagé. »
Elle me fixe avec intensité. Je descends les escaliers et m’éclipse sans même lui dire au revoir.
Lorsque je referme le portail de chez moi, paniquée, je constate que la dame m’observe, au pied de l’immeuble d’en face, son cabas à la main.

Je ne le sais pas encore, mais cette dame est la directrice de l’école de mon quartier, que je viens de demander au mouvement et le pull orange le maitre des CE1. D’ici quelques mois l’ensemble de mes collègues me prendra pour une fille givrée et inquiétante. Quand aux parents d’élèves, étant donné les rumeurs qui circulent, ils auront vite fait de se liguer contre moi. Alors, malgré notre jardin et les travaux commencés, il faudra sérieusement envisager de déménager.
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