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 Une histoire, ça se change ! (Par Jérôme)

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Tropic'Jambon

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MessageSujet: Une histoire, ça se change ! (Par Jérôme)   Lun 1 Juin - 0:16

Partie 1/6 :

Cet événement a marqué l'histoire. Que dis-je, il l'a complètement changée ! Ce meeting, qui prit place au 28e sous-sol du NORAD sous bonne garde, changea notre vision du monde.

Cela faisait déjà 25 ans que les morts avaient commencé à se relever de leurs tombes un peu partout dans le monde. Ces zombies avaient causé une panique globale sans précédent, laissant les populations dans l'incapacité de penser rationnellement et de se défendre efficacement. Plus de 95% de la population terrienne s'était faite dévorée et exterminée dans les deux premiers mois, ne laissant que des groupes épars de survivants sans grande chance contre les hordes omniprésentes de goules cannibales.
Pour comparer, la pandémie de 2009, avec seulement 250 millions de morts, c'était juste un mauvais rhume.
Les zombies avaient en très peu de temps détruit tout ce que nos civilisations avaient créées, bâties, échafaudées et mises au point ces trois derniers millénaires. Il ne nous restait au début de notre résistance que le feu, les trous dans le sol et les armes à feu. Du néanderthalien post-apocalyptique, en somme. Par miracle tous les généraux et présidents possédant le moyen de déclencher l'arme atomique avaient tous très tôt été réduits en charpie, nous avions donc réchappé à un rapide holocauste nucléaire. (Certains pensent encore aujourd'hui que cela aurait été préférable au lent holocauste zombie, mais je n'ai pas d'opinion très tranchée là-dessus.)
Mais il ne restait rien à part des ruines et des survivants terrifiés. Tout le reste avait disparu.

Bien sûr nous avons survécu malgré cela. Sans ça je ne serais pas en train de taper ce récit sur un Macindows à écran monomoléculaire, à clavier holographique et avec un processeur à 2,4 kilohertz (heh, hoh, vous savez combien de temps ça prend pour reconstruire une civilisation ? Quand tous les concepteurs de processeurs ont été bouffés mais que les ergonomistes ont survécu, vous obtenez de très beaux presse-papiers électriques...). Les zombies avaient bouffé les plus faibles, les plus lents, les malades, les dépressifs, les abrutis, les malchanceux, les pacifistes et les centristes (qui avaient essayé de travailler main-dans-la-main avec les leaders zombies). Les humains survivants étaient donc les plus forts, les plus rapides, ceux en meilleure santé avec une chance de cocu, un moral d'acier et juste assez de salaud en eux pour tirer dans le pied de leur beau-frère pour laisser les zombies le dévorer et s'enfuir en courant pendant ce temps. Une sorte de compromis entre les théories darwiniennes réelles et l'idée que s'en faisaient les créationnistes (il n'en reste plus un seul, ils pensaient tous voir la seconde venue du Christ et la fin des temps annoncée dans la Bible et se sont jetés gaiement dans les bras des morts-vivants).
Bref, seuls restaient les forts. Armés qui plus est. Ils ont pu dans un premier temps survivre, assurer leurs arrières, mettre au point des défenses efficaces, puis dans un second temps les survivants ont commencé à se réunir, à collaborer et exterminer méthodiquement les zombies. Ce ne fut pas une tâche facile (elle dura plus de 25 ans et continua encore quelques temps après la réunion dont je vais vous parler d'ici peu) mais leur but les motivait : recréer la civilisation.
Il faut croire que la télévision, les MacDonalds et les embouteillages leur manquaient.

Quand je parle des survivants j'ai l'habitude de le faire à la troisième personne. Ce n'est pas un pastiche de la Guerre des Gaules, mais je n'ai pour ma part pas tenu un rôle très actif dans ce combat. Je me suis contenté de donner un paquet de liasses de billets de cent dollars à un colonel pour lui acheter sa place au NORAD, enterré bien profondément à l'abri des zombies, avant de rester dans mon coin sans déranger personne. Pour passer le temps j'écrivais de petites histoires drôles dans le but de remonter le moral des soldats qui s'affairaient autour de moi pour sauver les derniers bastions d'humanité éparpillés de par le monde.
On m'a fait comprendre, pistolet sur la temps, que j'avais plutôt intérêt à prendre une serpillière ou un épluche-légume pour me rendre utile et d'arrêter d'emmerder ceux qui bossent. Ok. Pas besoin d'être grognon, monsieur le général le-verre-est-à-moitié-vide-parce-que-les-zombies-ont-bu-dedans...

Un quart de siècle après le premier « ceeeeeeeerveaaaaaaau » le combat était presque gagné et le temps de la reconstruction approchait à grand pas. Pour éviter de dilapider les ressources ou de créer des divergences majeures pouvant provoquer des conflits (traduisez « pour pas merder et pour éviter que les gros blancs ne volent encore une fois tout aux noirs maigres ») tous les leaders mondiaux et les personnages les plus influents furent conviés à une réunion au NORAD, le lieu le plus sûr du monde.
Je suis fier de dire que j'y ai participé. J'avais en effet été réquisitionné pour coucher noir sur blanc ce qui y fut dit, vu que j'étais le dernier écrivain d'avant l'apocalypse encore en vie. A part Stephen King. Et tout le monde en avait marre de l'entendre répéter en riant « je vous l'avais bien dit, hein ? Je vous l'avais bien dit ! »...
Alors que je prenais place à côté du général Hackandslash, à un bureau séparé, je pu observer les participants s'installer à leurs places autour de tables placées en un large cercle au centre de cette salle souterraine bien trop vaste pour une si petite assemblée. Les personnes présentes (hormis les soldats chargés de notre sécurité) ne s'étaient jamais rencontrées pour la plupart, bien qu'elles fassent partie des survivants les plus connus et les plus respectés.

Dieudonné M'gdabé, chef de file des survivants de l'Afrique du Sud, de l'Est, de l'Ouest et pas du Nord (c'est là son titre officiel). Considéré comme un héros par son peuple et comme un terroriste par les écologistes (si, si, il en reste), il avait pris la décision de mettre le feu à la savane, la jungle et les villes pour éliminer les goules. Pas juste un petit feu de brousse, 85% du continent avait été brûlé au napalm, au lance-flamme et à l'allumette pas tout à fait éteinte jetée au bord de la route (ce dernier moyen étant de loin le plus efficace, demandez à n'importe quel garde forestier de Provence). L'Afrique avait brûlé pendant deux mois avant que les survivants puissent sortir de leurs cachettes pour terminer à la machette et au fusil les derniers zombies rôtis.
Malik Hlatarr, propriétaire de l'Afrique du Nord (aussi son titre officiel. En même temps tous les administrateurs ayant été zombifiés le terme « officiel » est officiellement devenu inutile). Il était considéré comme un grand malade car pour éviter une prolifération incontrôlée des zombies il avait tout simplement tué tout le monde en Afrique du Nord. Son raisonnement était simple : les zombies sont faits à partir de gens. Sans gens, pas de production de zombies. Coupons l'herbe sous le pied putréfié des morts-vivants, éliminons les gens. C'est moins dur. Il l'avait fait, en montant une armée qu'il avait par la suite éliminée en montant ses membres les uns contre les autres grâce à un fort talent de persuasion. Il s'était ainsi retrouvé propriétaire de tout le territoire qu'il avait « pré-dézombifié », pendant plus de vingt ans. Il n'avait échappé à la peine capitale, à l'arrivée d'autres groupes organisés de survivants, qu'en permettant aux nouveaux de s'installer « chez lui » sans rien demander en échange qu'un titre honorifique. Voilà.
Zvetlana Ougrik, meneuse des Indépendantes de l'Est. Elle avait instauré une matriarchie dans les pays de l'ex-bloc de l'est à la façon des amazones, acceptant toutes les femmes qui en avaient marre de ceux qui les vendaient à l'ouest ou les prostituaient au pays. Ainsi que tous les hommes acceptant de lui obéir. Un groupe important, de 3500 survivantes et de trois gars. Et non, personne ne les envient.


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Tropic'Jambon

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MessageSujet: Re: Une histoire, ça se change ! (Par Jérôme)   Lun 1 Juin - 0:16

Partie 2/6 :

Christian Rémille, le grand mogul de l'information. Déjà à la tête d'un empire journalistique avant l'invasion (il passait son temps à faire et défaire les gouvernements à son envie, provoquant chez les public des réactions de sympathie ou d'antipathie à volonté par un matraquage médiatique massif), il avait redonné confiance aux survivants en leur faisant parvenir des nouvelles encourageantes sur la dézombification. Même aux heures les plus sombres, quand les zombies ont dévasté Vatican City, les journaux titraient « tout va bien sur le front ! ». Si les zombies avaient su lire ils auraient abandonné le combat et se seraient laissé mourir au sol, déprimés.
Shandravalan Iashmalanan, responsable des survivants d'Inde et alentours (pas de titre officiel). En tant que membre de la plus basse caste de son peuple, les intouchables, Shandravalan n'avait pas été écouté quand il avait dit que le meilleur moyen d'échapper aux crocs des zombies était de se déguiser en eux. Les seuls à lui avoir prêté une oreille attentive furent les autres intouchables. Qui étaient déjà sales, en loques, et qui de toute façon n'avaient rien à perdre. Bien leur en pris, ils sont aujourd'hui les derniers survivant de ce sous-continent autrefois hyper-peuplé. Et ils sont maintenant propres et bien habillés. Le seul bémol est que par habitude il leur arrive de geindre comme un zombie en public, ce qui provoque toujours la panique chez les étrangers.
Vladimir Marochensko, l'Ours du Nord. Doté d'une carrure massive et imposante, d'un caractère de nounours en guimauve et d'un doctorat en physique appliquée, Vladimir avait convaincu plusieurs milliers de personnes de le suivre au nord dans les steppes sibériennes glacées, pour regarder les zombies geler (n'ayant pas de température supérieure au milieu ambiant, ils gèlent vers -15°C) et éclater leurs crânes à coups de barre à mine. Ceux qui l'ont suivi et ne sont pas morts congelés lui sont restés fidèles et le suivront jusqu'en enfer s'il le fallait. Mais cette fois avec des vêtement appropriés.
Hans Stettermeyer, le fameux réalisateur/producteur/scénariste/acteur. N'ayant pas connu le succès avant l'invasion, Hans a vu dans l'arrivée des zombies la chance de sa vie : armé uniquement d'une caméra numérique, d'un disque dur de 750 Go et d'une tronçonneuse Black et Decker, il a filmé l'invasion sous tous les angles, dans toutes les situations et ce malgré le danger, pour en faire des films de propagande montrant que les zombies ne faisaient pas le poids face aux humains. Bien sûr cela ne donna rien (les zombies ayant tendance à avoir un point de vue divergent, en cela qu'ils tuaient sans arrêt ceux que Hans désignait comme « héros ») et Stettermeyer fut forcé d'utiliser des acteurs déguisés en zombies qui se laissaient « tuer » par les humains non-déguisés. Mais bon, les survivants qui voyaient ses films reprenaient courage, alors...
Li Huang-Fen et Henry Zhu, dirigeant respectivement les groupes de survivants au nord-ouest et au sud de l'ancienne Chine. Il n'y a pas grand chose à dire sur ces deux-là, qui ont appliqué la même méthode et donc s'entendent bien : bâtir des remparts façon Grande Muraille autour d'une ville et ne laisser entrer que des gens jeunes, sains, robustes et non-infectés. C'est salaud pour les vieux malades qui ont été refoulés, mais on voit le résultat : les Nouvelles Chines sont aujourd'hui encore le pays le plus peuplé au monde, avec près de 28,000 habitants.
Nicola Giuletti, qui avait utilisé son émetteur radio au début de l'invasion pour proposer à toute l'Europe, en plus de quatorze langues, de re-fortifier les châteaux encore debout et de s'y cloîtrer avec le plus d'armes, de munitions, de nourriture et de bouquins possibles en attendant de voir si ça s'arrange. Ca ne s'était pas arrangé mais son idée avait marché, et il venait d'être élu président européen.
Fernando Escavez, leader de facto de ceux qui ont survécu en Amérique du sud (il tient à se faire appeler « Lobo »). Ancien bras droit du dirigeant du plus gros cartel de drogues du coin (principalement du tabac), Lobo avait pris l'organisation en main à la mort de son chef (suicidé de quatre balles dans le dos par pendaison). Il avait placé tous les survivants qu'il rencontrait sous ses ordres, leur donnant des armes, de la nourriture et un semblant de sécurité, et avait enfumé les zombies en boutant le feu aux plantations de tabac. La fumée n'avait eu aucun effet visible les 20 premières années, mais dernièrement les goules avaient commencé à tomber raides mortes sans aucune autre cause possible (quand on vous dit que la cigarette c'est dangereux...)
Quelqu'un dont je ne me rappelle pas et qui ne figure pas sur les registres, bien sûr. Vous verrez pourquoi après.
Helena Glüttenborg, ancienne directrice de programmes de télé-réalité en Norvège et à l'époque de la réunion à la tête du réseau télévisé mondial (deux chaînes diffusées, bientôt une troisième !). Ses programmes de piètre qualité avaient pour effet bénéfique d'empêcher les gens de penser aux zombies, sa seule différence d'avec un parasite absolu selon moi.
John Terrier, chef de Ceux Qui Ont Voulu Rester Là. Ce Canadien, face aux hordes zombies, avait refusé de bouger de chez lui et l'avait clamé haut et fort à la télévision. Pendant que tout le reste du pays migrait au nord (pour imiter Marochensko), Terrier s'était terré (c'est fait exprès) chez lui, imité par ses copains et par d'autres bas-du-front un peu partout au Canada. Ils ont réussi à garder les habitations et les infrastructures en état pendant plus de 20 ans pendant que les migrants succombaient à une tempête surprise au nord (99% de la population est morte parce que les météorologistes n'ont jamais admis que leur science était, au mieux, une estimation à pile ou face) et que les zombies les ignoraient royalement (aucun zombie n'a jamais franchit la frontière US-Canada, même ceux qui étaient en Alaska. Apparemment même les zombies n'ont pas envie d'aller là-bas.)
Jean Bontropic, le jeune homme (à l'époque) qui avait été le premier à se rendre compte que détruire le cerveau d'un zombie le tuait pour de bon. Cela avait permis de commencer l'éradication systématique et simplifiée des goules. Il avait trouvé le point faible des morts-vivants en en frappant un à plusieurs reprises avec un cocktail molotov sur le crâne, jusqu'à ce que la boîte crânienne du zombie cède et que le monstre s'écroule. A ce jour, plus de dix ans après cette réunion et donc plus de trente ans depuis la découverte de Bontropic, personne n'a encore eu le cœur de lui apprendre qu'un cocktail molotov est censé être jeté sur l'ennemi pour l'enflammer... Cela n'empêche pas qu'il soit considéré comme le héros de la résistance humaine.
Moi. Coucou ! J'aime les crêpes au jambon !
Et enfin la personne que certains jugent la plus importante à notre époque : le général Hackandslash, général de l'armée des Etats-Unis. Il ne restait certes plus d'Etats (encore moins unis), mais il était en charge du NORAD au début de l'invasion et était resté à son poste. C'est sous sa direction que ce centre stratégique a tenu face aux hordes de zombies, sous ses menaces que les soldats et civils hébergés ont travaillé main dans la main, sous ses ordres que les groupes de survivants ont été contactés, ravitaillés, renforcés et unifiés partout sur le globe (et en dessous).
C'était un dur à cuir, Hackandslash. Et je ne dis pas ça que parce qu'un jour une horde de zombies flambés au lance-flamme lui est passé dessus sans le tuer. Il avait été de toutes les guerres, tous les combats, et sa longue liste de médailles et de cicatrices était là pour le prouver. Au début de l'invasion, il avait été mordu à la main par un zombie. Il s'était alors lui-même rongé le bras au niveau de l'épaule pour éviter la propagation de l'infection, en grommelant « c'est pas aujourd'hui que je vais déserter ! ». Avant cela il avait perdu une jambe sur une mine antipersonnelle en Ouganda, et pour éviter de perdre tout son sang il s'était fait un garrot avec du fil de fer barbelé électrisé rouillé qui traînait là. Encore avant il avait été capturé par des viet-congs qui l'avaient enfermé dans un cachot exigu et l'avaient oublié là (ah, la paperasse...) pendant huit mois. Il avait survécu en mangeant de la terre et une partie de ses intestins, tout en limant les charnières de la porte de sa geôle avec ses propres dents tombés à cause du scorbut. En s'échappant, pressé de retrouver sa famille (son frère lui devait huit dollars), il prit quand même le temps de laisser un souvenir à tous les soldats du camps (la gorge tranchée) et de libérer les prisonniers. Encore avant cela il avait infiltré une cellule terroriste en se déguisant en l'un des leurs. En le choppant dans une ruelle déserte, en le dépeçant avec un cure-dent et en enfilant sa peau. Encore avant cela, il avait perdu un œil. En courant après le chat dans les escaliers avec des ciseaux, à six mois. Comme quoi il faut toujours écouter sa mère.


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Tropic'Jambon

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MessageSujet: Re: Une histoire, ça se change ! (Par Jérôme)   Lun 1 Juin - 0:17

Partie 3/6 :

Bref, mieux valait ne pas contrarier Hackandslash. C'est lui qui avait envoyé les soldats en Irak avec comme seuls vêtements un T-shirt et des tongs, en clamant haut et fort que l'armée américaine n'était pas faite pour les femmelettes costumées en uniformes pare-balles à la mode. Certains disent qu'il a repoussé une des premières hordes zombies rien qu'en tapant dessus avec un reporter qui lui avait demandé « Et maintenant, Ducon, tu vas faire quoi pour les stopper ? Hein ? »
Il ne faut jamais contrarier Hackandslash. Jamais. Une fois la horde repoussée le reporter lui avait dit « merci » et était parti en courant. Il court toujours.

Donc, quand Hackandslash avait demandé une réunion urgente pour discuter de reconstruction, tout le monde, même les plus isolationnistes et les plus timbrés, avaient pris l'avion pour le voir. Moi, il m'a juste tiré dessus à trois centimètres de la tête en disant « prend un stylo et des feuilles et vient ». Ca m'a fait plaisir de voir qu'il se souvenait encore de moi et du jour où il m'avait tendu la serpillière (il n'avait tiré qu'un centimètre au-dessus de ma tête ce jour-là. Et encore, je m'étais baissé de dix...).
Officiellement...
Il fallait mettre au point les zones à reconstruire, les déplacements programmés de populations, les nouvelles lois, les modes de gouvernements, et ainsi de suite. C'est ainsi que cette réunion figure dans les livres d'Histoire, avec sa raison officielle.
Officieusement...
Il fallait définir l'Histoire.
Hackandslash avait beau être une brute sanguinaire à deux doigts de la folie meurtrière (il conserve d'ailleurs ces deux doigts dans un bocal à côté de l'œil qu'il jette parfois, de l'oreille attentive qu'il prête et de l'estomac qu'il a fourré dans une paire de talons), il avait quand même le sens pratique. Pour lui cette invasion de zombies qui avait tué six milliards de personnes avait aussi remis les pendules à zéro. Quitte à rebâtir, autant le faire sur de bonnes bases.

« Mais pas les bases que nous avons ! » déclara-t-il en frappant son bureau de son poing. « Il faut des bases saines. Solides. De meilleures bases. Si nous voulons que les jeunes générations qui n'ont pas connu le monde d'avant les zombies construisent avec nous notre futur et le leur, il ne faut pas qu'ils sachent ce qu'il y avait avant. »
« Comment ça ? » s'étonna John.
« Notre histoire n'est qu'une suite de guerres, batailles, massacres, meurtres, folies, génocides, conquêtes, esclavages... J'en sais quelque chose, j'en suis responsable à 75%, haha ! » répondit le général en refrappant son bureau. « Ils ne voudront jamais rebâtir ce genre de société. »
« Mais voyons, nous ne la rebâtissons pas à l'identique, nous allons créer un monde meilleur, plus égal, avec des oiseaux qui chantent, des fleurs, des... » commença Shandravalan avant d'être interrompu.
« Ca ils ne pourront pas le savoir... » répondit Hlatarr d'un ton cynique. « Ils n'auront aucune preuve, et il faut dire que notre histoire passée montre justement que chaque tentative utopiste n'a abouti qu'à des horreurs sans nom. »
« Mais nous sommes avancés, évolués maintenant. » rétorqua Glüttenborg. « Nous avons compris. Et nous partons de rien, c'est très bénéfique. Tout détruire pour mieux reconstruire ! »
« Ils ont mis un coup de pied dans la fourmilière ! »
« Bah, quand on donne un coup de pied dans une fourmilière... » rétorquais-je malgré moi, « Les fourmis ne se mettent pas à bâtir une ruche ou un mobile-home, mais une fourmilière identique... »
Le regard désapprobateur que Hackandslash me lança alors me fit physiquement mal – je veux dire par là que mon épaule droite s'est démise spontanément. Il était la preuve vivante que les regards pouvaient tuer, au moins s'il avait eu ses deux yeux. Malgré mon interruption malvenue à cette table il ne dit rien, car finalement j'abondais dans son sens.
« Ridicule ! »
« Vous pensez que nos jeunes générations vont s'asseoir par terre sur leur cul dans la boue et le vent juste parce que par le passé il y a eu des guerres ? »
« Ils seront bien forcés de bosser si on arrête de les materner... »
« Non mais fermez vos gueules et laissez-moi finir ! » rugit alors Hackandslash en donnant un ultime coup de poing sur son bureau. Je fis alors discrètement signe à un soldat figé dans le fond de la salle – la peur, toujours la peur avec Hackandslash, il avait même une fois provoqué un accident gastrique embarrassant chez Languit et Tamerdure lors d'un défilé sur les Champs-Elysées – d'apporter un bureau de rechange pour remplacer les fins copeaux reposant à présent aux pieds du général.
C'est vrai, quoi, sinon le prochain coup de poing c'était dans ma pomme...
« Je pense que nous n'aurons aucun problème à motiver nos jeunes générations... » continua le général, un peu plus calme – c'est-à-dire en gueulant sans trop postillonner - « si nous leur donnons une bonne chance d'espérer. Ca m'exaspère d'avoir à chouchouter des fiottes, mais je n'ai sans doute pas le choix. Il faut leur inventer un passé qui vaille le coup, une histoire exempte des horreurs bêtes, leur montrer un cheminement progressif où l'humanité a apprise de ses erreurs au lieu de les répéter inlassablement ou de faire encore pire à chaque fois ! »
« Vous voulez qu'on leur raconte des épisodes des Calinours ? » ironisa alors Dieudonné avant de se baisser précipitamment.
En effet le nouveau bureau du général venait d'arriver, et Hackandslash en avait profité pour le jeter sur le chef des survivants de trois points cardinaux de l'Afrique.
« Mais non bougre d'ahuri ! Nous ne devons pas leur cacher que l'humanité est capable du pire, nous devons juste leur montrer que ce n'est pas la seule chose dont nous soyons capables ! »
J'en profite pour préciser que malgré ses manières de chacal, son tempérament d'ours enragé et son aspect de proto-hominidé, le général parlait – criait – vraiment comme ça, en articulant chaque mot. Il faut dire qu'une rumeur persistante raconte qu'il mangeait le cerveau de ses ennemis vaincus pour gagner leur intelligence...
Voyant qu'il continuait à s'agiter, je commandai un troisième bureau avec un quatrième juste au cas où.
« C'est pour cela que je vous ai fait venir, bande de branleurs ! Vous allez vous mettre d'accord avec moi sur ce que nous allons dire aux futures générations ! »
« Euh... Mais alors vous êtes sérieux ? »
« Toujours, quand je ne porte pas mon nez rouge de clown. Vous voyez un nez rouge de clown sur mon visage ? »
« Euh... »
(Note : même si un jour le général Hackandslash porte un nez rouge, du maquillage blanc et des chaussures taille 94, vous lui dites que non.)


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MessageSujet: Re: Une histoire, ça se change ! (Par Jérôme)   Lun 1 Juin - 0:17

Partie 4/6 :

« La seule histoire que doivent connaître les jeunes est celle que nous allons créer, alors mettons-nous au travail ! »
« Comment comptez-vous faire cela ? » lui demande alors Zhu.
« En vous fusillant si vous ne travaillez pas avec moi, je pense... » répondit rêveusement le général.
« Non, je veux dire pour empêcher les jeunes générations d'apprendre la vraie histoire ? Ils ont des parents, des grands frères, des livres, des films... »
« Pour les parents et les relations plus âgées on ne peux rien faire. Pour les plus âgés, ils ont été témoins d'évènements dégueulasses, ils ont appris à l'école des faits dégoûtants, et ils n'oublieront pas facilement. » répondit le général. « Pour les moins vieux, les autres leur ont raconté. Mon plan ne concerne que ceux qui sont encore trop jeunes pour parler et ceux encore à naître. »
« Mais c'est impossible, sauf si nous tuons tous ceux qui... »
« Zvetlana, mon plan n'inclue aucune mise à mort – sauf les plus récalcitrants. Il suffit de mettre tout le monde dans le coup. »
« Comment ça ? »
« Nous allons leur expliquer la situation et leur demander de coopérer. C'est la raison de la présence de madame Glüttenborg et de monsieur Rémille, leurs réseaux de communications vont relayer notre projet à grande échelle. Vous allez matraquer à grande fréquence que pour bâtir notre futur nous devons brûler le passé. Je vous fais confiance, vous avez fait pire avant la guerre. »
« Vous n'avez même pas idée... » ricana Rémille.
« Hans, vous allez tourner des films montrant ce qui arrivera si jamais on ne fait pas comme j'ai dit. »
« Vous voulez des films montrant des exécutions sommaire ? » s'inquiéta le réalisateur allemand.
« Non, pas les conséquences de la désobéissance, les effets sur les futures générations si on leur apprend pour le nazisme, le moyen-âge, le racisme... »
« Comme quoi ? »
« Comme des adolescents assis sur le cul dans la boue et le vent avec derrière eux des zombies qui vont les bouffer. »
« Simple, efficace, je marche. »
« Vous, les leaders des survivants, vous allez tout mettre en place pour que le passé soit réellement détruit. Les rares choses que les combats contre les zombies n'ont pas détruites – livres, films, monuments, reliques, musées, tout doit être trouvé et détruit. »
« Je refuse de participer à une autodafé ! » s'écria le président Giuletti avant d'esquiver habillement le troisième bureau (pourtant lancé avec beaucoup d'adresse). « Mais il est vrai qu'un futur plein d'enfants rieurs vaut bien quelques sacrifices, héhé... »
Je me suis retenu à temps de dire à voix haute que nous allions être à court d'arguments pour les convaincre en même temps que le dernier bureau serait lancé...
« Il va falloir instaurer des fouilles systématiques dans les habitations pour confisquer les livres conservés par les survivants voulant préserver malgré tout des souvenirs, mettre en place un système d'endoctrinement des enfants pour les convaincre d'« oublier » ce qu'ils ont entendu sur la vie d'avant, et bien sûr forcer les gens à apprendre la nouvelle histoire officielle pour éviter les embrouilles et les contradictions. »
« Les gens ne vont pas se laisser faire... »
« C'est ça ou les zombies ne seront pas notre principal problème. »
« Ce sera surtout de convaincre ceux qui aimaient bien l'ancien système. Il reste encore des membres du KKK vous savez. »
« Non, ce sera de convaincre les gens d'oublier les religions. » lâcha alors le général.
L'atmosphère changea alors. On senti que les bureaux des autres membres de la réunions voulaient décoller eux aussi.
Apparemment certains ici avaient foi en quelque chose.
« Comment ça, oublier nos... »
« C'est ridicule... »
« C'est la porte ouverte... »
« Sans ça nous allons... »
« ... pire encore que perdre la motivation... »
Le son qui suit a failli percer nos tympans.
« STOOOOOOP ! Vous voyez vos réactions ? Et encore, j'ai juste parler de les oublier. Imaginez si j'avais dit qu'elles étaient fausses, ou encore que l'une ne valait rien par rapport à une telle autre...
« Pfff, tout le monde sait très bien que le Christianisme est censé alors que l'islamisme est un ramassis de... »
Plutôt que de viser la personne elle-même (je tairais le nom de ce raciste religieux), Hackandslash jeta son 4e bureau sur celui du chrétien, les faisant tout les deux reculer brusquement. Le temps que la cible reprenne son souffle le calme était revenu.
« Franchement, mesdames et messieurs, je nous vois mal bâtir un futur brillant, une nouvelle civilisation, une utopie ou ce que vous voulez si tout le monde continue à s'étriper pour savoir s'il vaut mieux croire en des conneries racontées par un gardien de chèvres ivre il y a 4000 ans, une bande de ploucs ahuris il y a 2000 ans ou un vendeur de chameaux illettré il y a 1000 ans. Et ne venez pas me chauffer les oreilles avec 'il n'y a pas de morale sans religion', j'ai encore un tas de bureaux en réserve. »
« Il faudra donc aussi éliminer tous les signes religieux possibles... »
« Oui, ou les faire passer pour de la décoration sans importance. »
« Oulah. »


Les discussions sur la façon dont l'oubli programmé serait effectué durèrent plusieurs heures – et plusieurs bureaux – encore, mais il apparu que, bien que difficile, c'était possible. Et sans doute nécessaire. Et puis merde, les futures générations auront assez à faire avec la reconstruction et la lutte contre les derniers zombies sans avoir à se disputer pour savoir qui doit se sentir coupable pour l'esclavage des ancêtres de qui, qui prie mieux que les autres et Papa qu'est-ce que ça veut dire Inquisition ?

Vint alors le moment de définir ce qui deviendrait l'histoire officielle.
« Histoire 2.0 ! » proposais-je avant de me
VLAN !
Bon, je l'avais mérité, cette baffe. Ben oui, on n'est pas censé dire que c'est la deuxième...
La seconde partie de notre réunion fut plus calme, le générale ne prenant pas beaucoup part au débat. Il estimait avoir eu une bonne idée mais ne pas avoir assez de culture générale ou de finesse de raisonnement pour régler les détails. Ou, comme il a dit, « A votre tour de bosser, bande de branleurs. »
« Commençons pas le début. Comment va-t-on dire que tout a commencé ? » amorça Feng.
« Si on oublie toutes les religions autant dire la vérité : les premières molécules biologiques, les cellules, les êtres multicellulaires... » commença à énumérer Bontropic.
« Oui, bon l'évolution, quoi. » résuma Terrier.
« On est forcés ? C'est que c'est compliqué tout ça... » soupira Escavez.


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Tropic'Jambon

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MessageSujet: Re: Une histoire, ça se change ! (Par Jérôme)   Lun 1 Juin - 0:18

Partie 5/6 :

« A moins que vous vouliez détruire tous les fossiles encore présents dans le sol, aussi ? »
« Oui, bon, mais l'humanité ? »
« Je pense que nous ne devrions pas trop nous séparer de la réalité pour les débuts. » répondit Giuletti. « Les grottes, les peaux de bête, le feu, la domestication, l'agriculture, la sédentarisation, la création de villes, d'états-nations... C'est un processus logique qui est neutre d'un point de vue moral. »
« Et puis les mensonges sont toujours plus convaincants lorsqu'ils sont mêlés à des vérités évidentes. » ajouta l'ancienne productrice de télé-réalité.
« Bon, mais avec la créations d'états, c'est la guerre qui est inventée. » dit M'gdabé. « Je suppose que vous allez vouloir cacher le penchant fratricide de l'humanité, déjà présent au début... »
« Nous pourrions remplacer le mot 'guerre' par 'concurrence'... » proposa alors Rémille en homme d'affaire avisé. « Nous pourrions dire que dès le début chaque cité, chaque nation, chaque peuple a rivalisé d'inventivité et d'ingéniosité pour être meilleur que les autres dans des domaines d'importance tels que la finance, l'agriculture, les arts... »
« Oui, c'est à qui aurait les meilleures récoltes grâce à son système d'irrigation personnel, quel roi aurait le peuple le plus heureux... »
« Avec comme motivation la satisfaction personnelle et le prestige ? »
« Voilà. Et en cas de problème les meilleures auront aidé les plus faibles. »
« Bande de communistes ! »
(Insérer une blague sur l'envol d'un bureau.)
« Mouais, ça va super-bien expliquer la présence de toutes les pointes de flèches, de tous les chars, de toutes les épées, bref de toutes les armes qu'on peut trouver dans les sites archéologiques... » lâcha alors Hlatarr.
« T'en vois encore beaucoup des sites archéologiques, depuis que les mangeurs de chair ont bouffé les profs d'histoire ? »
« Bah, nous n'aurons qu'à dire qu'une minorité d'abrutis étaient jaloux et voulaient la guerre. »
« Ou alors que ces armes étaient décoratives. »
« Euh... Elles ont pu servir à la chasse, non, ces armes ? »
« Mais pas les fortifications des châteaux, des cités... »
« C'est venu plus tard les châteaux forts. »
« Justement je propose que non. Plaçons le Moyen-Âge au début, avec ses atrocités, sa barbarie et ses cultes intolérants. »
« Je valide ! »
« Quels cultes ? Je croyais que nous oubliions les religions ? »
« Euh... Ils vénéraient le soleil ? »
« Ils faisaient des sacrifices humains ! »
« Ca ne cadre pas avec l'utopie des gens qui s'entre-aident... »
« On a déjà dit qu'on ne cacherait pas tout, juste qu'on donnerait de l'espoir. On montrerait que nous avons bien changé depuis ! »
« Dites, mon peuple n'a pas connu de moyen-âge, donc... »
« Oui, bon, les régions qui n'ont pas connu ce retour en arrière auront moins de changements à faire, c'est tout. »
« Après le Moyen-Âge on place les civilisations gréco-romaines ? »
« Ca évitera l'embarras d'avoir à expliquer pourquoi la morale et les connaissances ont quasiment disparues avant de revenir. »
« Mouais... »
« Après tout ils avaient une sorte de démocratie, le droit de vote... »
« Les orgies homosexuelles... »
« Mon poing dans ta gueule... »
« Vive l'utopie, messieurs ! »
« Ils avaient aussi l'esclavage, même si les esclaves étaient mieux traités que ceux des siècles derniers. »
« Justement, ça fait une bonne transition. » résuma alors Shandravalan. « Une fois de nombreuses cités regroupées en états suivants leur religion barbare, ils ont commencé à cumuler des armes comme lors de la guerre froide – je propose d'ailleurs d'éliminer la vraie guerre froide de nos annales – et à pratiquer l'esclavage. Ils ont alors conquis toute la planète, découvert les Amériques et les voies maritimes, ce qui a fragilisé un pouvoir central unique et donné naissance à la démocratie. Puis tout naturellement les esclaves ont été libérés, et cela a donné notre civilisation actuelle ! »
« Pourquoi pas... »
« 'Notre' civilisation ? Je rappelle que quand vous aviez les aéroports, Internet et le câble, mon peuple était encore quasiment à l'âge de pierre à chanter le soir autour de feux de camp ! »
« Plus maintenant, c'est rétroactivement effacé. Vous avez eu les bienfaits de la technologie aussi, héhé ! »
« Vous avez de la chance que les bureau volent, grmpf ! »
« Cela nous fait tout doucement arriver à l'époque actuelle. Donc tout le monde avait plus ou moins les mêmes choses, les mêmes technologies, les mêmes droits ? »
« A peu de choses près, oui. Evitons les inégalités. »
« Pfff, tu parles... »
« Ca facilitera les égalités futures et ton 'peuple' aussi aura la télévision à côté du feu de camp. »
« Bon, ok. »
« Je suppose que nous allons effacer toute mention de la seconde guerre mondiale et de ses génocides ? »
« On va bien y être forcés, surtout sans religion... »
« Les autres génocides aussi ? Comme celui des Arméniens ? »
« Bah, tout le monde avait déjà choisi de l'oublier celui-là... » glissa honteusement Giuletti.
« Les autres guerres aussi alors. »
« Vous avez remarqué comme à chaque fois c'est les Allemands qui les commencent les guerres ? » insinua Rémille.
« Non mais dit-donc ! » protesta Stettermeyer.
« Attention, un bureau ! »
« Sans guerre mondiale ni guerre froide, à quoi ont servi les bombes atomiques ? » s'interrogea Bontropic.
« A détruire les astéroïdes qui menaçaient la Terre. »
« Tiens, un fan de Bruce Willis... »
« Ah, oui, je propose aussi qu'on supprime toute référence au système des stars, les peoples, les paparazzis, les Paris Hilton... »
« Ah oui, il faut absolument oublier ça ! »
« Pareil avec les talk-show et la télé-poubelle ! »
« D'accord mais on garde la télé-réalité... » s'inquiéta Glüttenborg.
« On a déjà dit que la télé-poubelle-réalité passait à la trappe ! »
« Et pour le système politique ? »
« Les rixes droite-gauche où tout le monde à les mêmes arguments mais crache sur celui d'en face pour d'obscures raisons idéologiques ? Pareil que les religions, à la trappe. »


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MessageSujet: Re: Une histoire, ça se change ! (Par Jérôme)   Lun 1 Juin - 0:19

Partie 6/6 :

« Il faut aussi se débarrasser du principe hollywoodien de production en masse d'œuvres pitoyables. »
« Depuis quelques temps vous parlez de concepts inconnus en Chine... »
« Vous devrez arrêter de vous plaindre de ce genre de choses plus tard, pour éviter de rappeler que quelques pays étaient privilégiés. »
« Il faudra répartir la culture, les connaissances et les technologies de façon uniforme parmi les rescapés. »
« De façon durable. »
« En parlant de ça, est-ce qu'on pourrait d'ores et déjà instaurer une politique écologique forte ? En insistant bien sur le fait que c'est à cause de la lutte contre les zombies que la nature est dans cet état déplorable. »
« En bref vous êtes tous devenus fous... »

Cette remarque jeta le silence sur l'assemblée. On aurait pu entendre un bureau voler.
« Vous êtes prêts à oublier, que dis-je effacer, les derniers milliers d'années d'histoire de notre espèce pour satisfaire votre agenda politique ? Vous êtes prêt à rendre nuls et non avenus les actes de héros, de saints, de génies, de simples hommes courageux simplement pour faire correspondre l'Histoire à votre petite vision étroite du moment ? »
L'homme qui parlait n'avait jusqu'alors pas ouvert la bouche. Il était resté calme, même lorsque ses voisins se prenaient des projectiles de menuiserie dans la face. Manifestement il avait tenté de se contrôler mais n'y était pas arrivé.
Je ne me rappelle malheureusement pas son nom ni ce qu'il faisait, peut-être l'un des derniers acteurs encore en vie, un philosophe, un homme politique courant plus vite que les autres, je ne sais pas... Mes notes sur les participants ayant été prises après la réunion, vous comprendrez pourquoi son identité est nébuleuse.
« Nous essayons de survivre. De faire survivre l'espèce humaine. » lui répondit Escavez. « Si on s'y prend mal, l'Histoire que tu aimes tant s'arrêtera d'ici un siècle au mieux, avec le dernier petit trou du cul en T-shirt rapiécé mort de froid au milieu d'un taggage de mur disant 'Merde à l'autorité' ou 'C'est pas ma faute'. Tu veux vraiment ça ? Tiens, en parlant de ça, je propose d'oublier toutes ces conneries disant que le cannabis démotive et fait perdre la mémoire, ça n'a jamais été prouvé et de toute façon le dernier scientifique a été bouffé en 2017. »
« Ce passé est le nôtre, voyons ! » revint à la charge l'inconnu. « Les hommes se sont déjà relevés après de dures chutes avec ce même passé en tête, et ils n'ont pas perdu espoir en l'avenir. Pourquoi vous acharner à occulter tout un pan de vous-même ? »
« Jamais auparavant l'humanité n'a été aussi durement touchée... » expliqua alors Marochensko. « Il y a eu plus de sept milliards de morts, nous ne sommes plus que 100,000 d'après les dernières estimations. On pense que la dernière fois que l'espèce humaine a été aussi peu nombreuse, c'était au sortir de la dernière ère glaciaire. Il faut mettre toutes les chances de notre côté. »
« Mais bon sang, c'est justement de ça que je parle ! » s'emporta alors l'inconnu. « En réécrivant l'Histoire, la géopolitique passée, bon sang vous voulez même retravailler le sentiment de compétitivité, vous priverez les jeunes générations de la possibilité d'apprendre des erreurs du passé ! C'est à ça que ça sert ! Les conneries que vous voulez cacher doivent servir d'exemples à ne pas suivre, car 'Quiconque oublie les erreurs du passé est condamné à les répé-' »
Et c'est là qu'est arrivé l'évènement qui m'a fait perdre une bonne partie de mes notes et la possibilité d'identifier l'opposant au plan d'Histoire 2.0. Le général Hackandslash s'est relevé d'un coup, tellement brusquement que son bureau a volé tout seul au loin en le privant de sa munition habituelle. Il a donc choisi d'empoigner la chose la plus proche : ma machine à écrire, une vénérable ancêtre en fonte, et l'a projeté de toutes ces forces en direction du protestataire en lâchant un sourd grognement animal.
L'inconnu s'est pris les 25kg de majuscules, minuscules, chiffres et ruban encreur en plein visage sans avoir le temps d'esquiver. Je vous passe l'imitation du bruit que fit son crâne en explosant, disons juste qu'il devint impossible de l'identifier sans copie de ses empreintes digitales. J'ai bien tenté après la réunion d'aborder les autres participants en leur demandant son nom mais ils étaient encore trop choqués pour répondre.
Après avoir mis fin à l'argumentation opposée, Hackandslash se rassit calmement en ne lâchant que ces quelques mots :
« La voilà, la leçon des erreurs passées. La force gagne toujours contre les bonnes intentions. »

La réunion fut écourtée après ceci, les participants ne se sentant pas trop bien et les grandes lignes ayant déjà été posées. Il fut décidé de mettre en place le plan de réécriture totale de l'histoire, et chacun rentra chez soit pour y attendre les instructions détaillées. Je fus chargé de transmettre mes notes à un groupe d'historiens et de scénaristes et de travailler avec eu à éliminer les incohérences possibles et à déterminer quelles traces de civilisations antérieures étaient à éliminer en priorité.
Les survivants se montrèrent étonnamment coopératifs pour se débarrasser de leur passé et travailler avec les nouveaux dirigeants. Il faut dire que cela faisait déjà 25 ans que l'ancien monde avait disparu, le temps d'une génération selon certains, ceux qui avaient connu la paix hostile d'avant l'invasion étaient soit vieux et résignés soit morts et les plus jeunes n'avaient jamais rien connu d'autre que la fuite et l'entraînement à la lutte anti-zombie. Si c'était pour éviter à leurs enfants de connaître le désespoir ils étaient d'accord pour oublier les histoires que leurs aînés leurs avaient raconté autour des feux de camp.
A présent la reconstruction est bien avancée. Les derniers zombies ayant été re-tués tout est calme. On peut voir dans les rues courir les premiers enfants à connaître un monde sans goule, insouciants et heureux. On ne voit nulle part ressurgir de religion, de racisme ou de télé-réalité, des concepts apparemment acquis et non innés. C'est rassurant. C'est même amusant pour nous autres vieux de la vieille d'entendre, parfois, un très jeune enfant demander « Dis maman pourquoi le monsieur il est tout noir et pas moi ? » sans que personne ne se sente gêné par un quelconque héritage culturel de honte pour les actes de ses aïeux. La réponse n'est pas un « Chut ! » discret avec des regards de côté pour voir si les autres ont entendu, mais un franc éclat de rire accompagné d'une explication comme quoi chacun est différent et certains ont plus de mélanine que d'autres.
Cette réunion, dans les profondeurs de la montagne, a réellement marqué l'histoire, même si personne ne s'en rend compte et si bientôt personne ne sera plus là pour s'en souvenir. Le futur semble bien parti.
C'est agréable, oui.

Maintenant quelqu'un peut m'expliquer pourquoi je me sens si triste ?


(Fiou, j'ai fait grimper mon postcount ! afro )
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