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 Sans titre - Par Orlamonde

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Amy

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Localisation : De retour chez les cigognes
Date d'inscription : 24/05/2006

MessageSujet: Sans titre - Par Orlamonde   Dim 22 Aoû - 11:00

Il était une fois un jeune adolescent, un brin malingre, un tantinet rêveur répondant au nom de Pierrot. Pierrot regardait chaque matin son corps d’adolescent chétif et plein d’acné dans le miroir et soupirait. Il rêvait de déclarer sa flamme à Pénélope, la plus jolie fille du village mais qui voudrait d’un garçon fragile à l’allure dégingandée ? Si encore il y avait eu quelques qualités pour compenser ses tristes défauts, mais non.

Le jour de ses dix-sept ans il prit néanmoins son courage à deux mains et se retrouva dans la salle d’attente du médecin. Une fois nez à nez avec celui-ci (et après avoir dit trente-trois) Pierrot lui exposa son problème :
« Cher docteur, j’aimerais être plus grand, plus fort. Je n’ai que des défauts et j’en souffre énormément, comment Pénélope pourrait-elle s’éprendre de moi tel que je suis ? Auriez-vous un remède, un quelconque fortifiant pour me faire prendre un peu d’épaisseur ?
- Mon enfant, il existe bien une épice dont tout le monde vante les vertus mais pour y arriver il te faudra franchir le fleuve puis traverser la jungle ensorcelée, jusqu’au pays de cocagne. »
-Le pays de cocagne ? Mais je ne connais personne qui y soit jamais arrivé ? »

Le docteur haussa les épaules.

Pierrot s’en alla le lendemain, il avait pris comme monture la plus patiente et la plus belle vache de son père. Après quelques heures de route la vache enjamba une petite mare. Dans celle-ci se débattait vainement une pauvre mouche. Pierrot stoppa immédiatement sa monture et à l’aide d’une paille, offrit son assistance à l’insecte. La mouche ayant rejoint la terre ferme grâce à Pierrot, lui bourdonna à l’oreille :
« Que tu es sensible mon garçon, cinq autres sont déjà passés par là mais aucun ne s’est soucié de mon sort comme tu l’as fait. Tu as véritablement un cœur d’or, voici un collier en souvenir de ce moment. La mouche passa alors autour du cou de Pierrot une fine médaille où était écrit d’une patte de mouche « très sensible »
« Je suis sensible m’a dit la mouche : je ne savais pas que j’avais une qualité ! »
cria Pierrot de joie.

Pierrot avança encore un peu et se retrouva devant la berge d’une rivière. Près de là un pêcheur sommeillait sur une barque. Pierrot avait entendu dire qu’il ne faisait jamais traverser personne et n’avait de plus aucune envie de le déranger. Il alla cueillir quelques pissenlits pour sa vache et se dit que d’une manière ou d’une autre le bon dieu lui fournirait bien une solution pour traverser. Au bout d’une semaine le pêcheur se trouva franchement intrigué par ce garçon qui ne lui demandait rien et restait là sans un bruit et il finit par l’aborder :
« Que fais-tu là morveux ? J’en ai assez de te voir près de mon lieu de travail, déguerpis !
- C’est que je veux aller de l’autre côté et je patienterai là tant qu’il le faudra. Et puis je ne te dérange pas, je ne t’empêche pas de faire ton travail. »
« Il finira bien par se lasser »
se dit le pêcheur en haussant les épaules. Deux semaines plus tard le garçon n’avait pas bougé.
Le pêcheur s’approcha de lui avec sa barque :
« Monte garçon, ronchonna-t-il, tu dois vraiment avoir une bonne raison de traverser pour avoir attendu ainsi. Tu es doté d’une patience remarquable et je pense que celle-ci te servira tout le long de ta vie. »
Le pécheur le déposa de l’autre côté en lui offrant un panier plein de poissons pour ses futurs repas
« Je suis sensible m’a dit la mouche et patient m’a dit le pêcheur : je ne savais pas que j’avais des qualités ! » pensa Pierrot en sautant de la barque avec joie.

De l’autre côté de la berge il y avait un petit village avec une église dont la pendule affichait onze heures. Pierrot entra dans l’église pour se recueillir un moment. A l’intérieur un vieux monsieur s’échinait à passer le balai dans tous les coins.
« Laissez- moi faire !» dit Pierrot que la fatigue du vieux faisait peine à voir. Il balaya toute l’église, puis astiqua les vitraux. Lorsque la pendule sonna midi, le vieux le gratifia d’un immense sourire :
« Merci mon garçon, je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi serviable que toi ! Grâce à toi la maison de Dieu est toute propre pour la messe de midi et tu as toute ma gratitude. Voici une un sac d’osties pour te remercier. »
« Je suis sensible m’a dit la mouche et patient m’a dit le pêcheur et serviable m’a dit le curé, je ne savais pas que j’avais toutes ces qualités ! »
s’écria Pierrot en faisant une pirouette de joie à la sortie de l’église.

Il poursuivit sa route et arriva à l’entrée de la jungle ensorcelée. Pour ne pas se perdre il colla le long des arbres, des petites vignettes « nesquik » qu’il collectionnait depuis tout petit. Il avait bien songé aussi aux miettes d’ostie mais pour avoir lu l’histoire du petit Poucet, il savait que ce n’était pas une bonne idée.
Malheureusement la jungle était de plus en plus touffue et bientôt Pierrot fut bloqué par la végétation. Juste devant lui se tenait une fillette d’une dizaine d’années, des allumettes à la main.
« Mais que fais-tu mon enfant ? lui demanda Pierrot stupéfait
- C’est bien simple je m’apprête à mettre le feu à toutes ces plantes afin de dégager un chemin pour pouvoir passer .
- Mais tu ne peux pas faire cela ! Pense à ces pauvres plantes qui ne t’ont rien fait et à tous les insectes et animaux qui ne pourront se sustenter si tu détruis leur lieu de vie !
- J’ai rien compris à ce que tu racontes, tu emploies des mots trop compliqués »
répondit sèchement la fillette en enflammant une allumette.
Pierrot bondit, souffla sur la flamme et s’exclama :
« Il doit bien y avoir une autre solution qui ne sera pas au détriment des habitants de cette jungle »
- En effet »
dit une voix.
Un arbuste se penchait vers eux : « Au nom de toutes les plantes de la forêt, je te remercie mon garçon. Tu n’es pas égoïste et tu as pensé d’abord aux autres avant ton propre intérêt, c’est simple je n’ai jamais observé une telle générosité de la part d’un humain ! Pour te remercier nous allons te laisser passer. »
Aussitôt les ronces et les épines s’écartèrent pour laisser passer le garçon et une nuées d’insectes se forma autour de lui pour faire une armure supplémentaire aux quelques branches qui auraient encore pu le gêner. Pierrot prit la main de la fillette et ils traversèrent la jungle sans plus de difficultés.

A la sortie de la jungle le jeune homme dit au revoir à la fillette qui pour le remercier lui offrit un bouquet de fleurs. Puis il se réjouit en se rappelant des dernières paroles entendues :
« Je suis sensible m’a dit la mouche et patient m’a dit le pêcheur et serviable m’a dit le curé et extrêmement généreux m’ont dit les plantes de la jungle, je ne savais pas que j’avais tant de qualités… Et en plus de cela une fille m’a offert des fleurs !» Pierrot fit une roue de joie avant de rendre compte qu’il était arrivé au terme de son voyage.
Il se trouvait dans un champ à l’entrée du pays de cocagne. Dans celui-ci poussait la fameuse épice aux milles couleurs dont lui avait parlé le docteur ainsi que des épis de blé brillant au soleil.

Une semaine plus tard Pierrot se retrouvait à nouveau devant son médecin de famille :
« J’ai eu vent de tes exploits, mon garçon, paraît-il que tu es arrivé jusqu’au pas de cocagne.
- C’est exact.
- Tu as dû faire preuve de beaucoup de courage pour arriver jusque là –bas et je te tire mon chapeau. Et maintenant, donne-moi donc cette fameuse épice que je puisse remédier à ton problème.

Pierrot lui tendit un épi de blé.
- J’ai préféré ramasser cet épi de blé tout qui brille comme de l’or plutôt que cette curieuse épice. C’est que de remède je n’ai plus besoin maintenant que je sais que je suis sensible comme l’a dit la mouche et patient comme me l’a dit le pêcheur et serviable comme l’a dit le curé et généreux comme me l’ont fait remarquer les plantes de la jungle ensorcelée et puis aussi courageux comme vous venez de le souligner à l’instant ! »

Sur ce Pierrot sortit du cabinet du docteur en faisant un triple salto avant et courut pour aller offrir son bouquet de fleurs à Pénélope.
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Jérôme

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Age : 35
Localisation : Il n'y a que Maille qui Mayence.
Date d'inscription : 02/05/2006

MessageSujet: Re: Sans titre - Par Orlamonde   Lun 23 Aoû - 16:46

Ah, nous reconnaissons bien là le charme et la poésie d'Orlamonde. Ca valait le coup d'attendre.
(Jérôme cache nerveusement quelque chose derrière son dos.)
Non, rien, je ne... Non, ne regardez pas, ça ne vous... Rha mais flûte, lâchez-moi!
(Jérôme fait passer devant lui le grand sac qu'il cachait, plein d'une fine poudre étrange, qu'il enserre maintenant amoureusement tel un nain protégeant son or. Ou une mère protégeant son bébé, mais l'exemple du nain me semblait plus parlant.)
C'est à moi! Pierrot n'en a pas voulu, n'en a plus besoin! Les gars de Cocagne m'ont dit que je pouvais! C'est à moi! A moi! Pas touche! L'épice va me rendre riche!
(En disant cela, les yeux de Jérôme se mettent à briller en bleu et sa voix retourne à la VA.)
"THE SPICE MUST FLOW!!"
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Sans titre - Par Orlamonde
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