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 Les réponses

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le chat des voisins

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MessageSujet: Les réponses   Lun 21 Fév - 3:31

Si j’ai choisi cette date du 26 aout 2050, c’est parce que mon fils, Anton, aura 40 ans. Je voulais que vous m’aidiez à imaginer ce que sera ce jour de sa vie, et par la même, lui faire un cadeau pour ses 40 ans (comme ça c’est fait).
40 ans, c’est mon âge actuel, il est donc relativement facile pour moi de me mettre dans sa tête, mais finalement il est assez compliqué de planter le décor. Qu’est ce qui va se passer d’ici là ? Ce qu’on sait, et de manière à peu près certaine, c’est qu’on ne peut pas continuer comme ça. Il va y avoir des rebondissements dans l’histoire de l’humanité (et c’est génial pour un club d’écriture). Les économistes, les démographes, les météorologues sont presque tous d’accord : ça va être la grande panique d’ici 2050, croyez vous qu’ils se trompent ?

Je ne peux me résoudre à être d’un pessimisme total, je souhaite du fond du cœur qu’après avoir eu peur, l’humain aura encore une place sur la terre en 2050, nécessairement plus humble qu’aujourd’hui.

Mes amis, la plupart d’entre vous vont vivre jusque là.

Bonne continuation.


Dernière édition par le chat des voisins le Lun 21 Fév - 11:34, édité 2 fois
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le chat des voisins

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MessageSujet: Texte d'ANA   Lun 21 Fév - 3:36

26 août 2050


Dire que nous revenons à cette journée- 26 août 2050- je ne pensais pas arriver jusque-là. Le doute était plausible et censé compte tenu du rythme d’enfer sur lequel je glissais à chaque bouteille, chaque minute, chaque jour… Me shootant autant que je vivais ; besoin irrépressible de vibrer, besoin d’instantané et, paradoxalement, d’éternel. Je n’étais que contrastes et contrastais quel qu’il soit, quelle que je sois.
Comme toujours j’ai su faire, me voici attaquant à l’envers, Sans logique aucune si ce n’est la mienne. Vous ne comprenez rien ? peu m’importe, ce ne sera la première fois. Déjà vous tentez, bel effort ; donc peut-être êtes-vous (ou vous étiez…) puisque vous pensiez !
A l’endroit, pour vous ! Voici 40 ans, le jeu consistait à prévoir ce qu’il adviendrait en 2050, ce 26 août, aujourd’hui. Et bien mon ami, cela fut et maintenant cela est ! je m’étais bel et bien égarée à phantasmer cette journée, espérant que tout et tous auraient évolué, que mon esprit ce serait résigné et tranquillisé. Dieu que non ! si Dieu fut ?
Aujourd’hui, 26 août 2050, sale journée, surtout pour cette vieille, rabougrie et enragée, que je suis devenue. Le jour a trépassé, bien avant moi, nous, le jour n’apparaît plus, la lune semble toujours suspendue aux nuages, éternels, de pollution derrière lesquels aux beaux jours et bonnes saisons, nous voyions auparavant le soleil. Mais la planète ne tourne plus, coincée dans cette onde statique maîtrisant la rotation de notre terre qui s’avérait inutile, nous sommes sur un monde figé, contrôlé, afin de nous éviter de tourner en rond inutilement,
Vous narrer ma journée sera juste vous faire entrevoir ma réalité qui ne se trouve pas être une vérité et qui peut se trouver différente de toutes autres réalités. Mais elle est mienne. Que l’on ne m’accuse pas, à chacun ses perceptions !
J’ai fui, désemparée de ce nouveau cinquantenaire ultra modernisé où je ne comprends rien, où tout se trouve programmé et pensé pour vous. Chacun n’est devenu qu’un. L’identité est devenue entité. Chacun s’est transformé en ‘Tous’. Lugubre et harmonieux ensemble, téléguidé grâce à un inévitable réseau ondo-télécommunicatif omniprésent, gérant toutes vos minutes, vos secondes, vos désirs, vos ennuis, vos âmes, si toutefois il en reste quelque part. Tout est régi, réglé en amont par la centrale internetique mondiale. Chaque être sait alors ce qu’il doit être, qui il doit être, comment il doit paraître. Tout destin est crypté, transmis à l’aide de ces ondes qui le trace jusqu’à l’apogée de la mort de l’individu. Ces ondes sont émises par nos #9F multifonctionnels, ces « phones » ultra sophistiqués, intégrés en chacun, virtuellement, reliant tout un chacun jusqu’à la centrale, qui, par ses émissions ondoscopiques transmutent directement les spermatozoïdes et les ovules par ses ondes amphranoïdes faisant de chaque individu un beau prototype autoguidé par ce maître à penser. Vous soulageant de toute réflexion, allégeant votre quotidien de cette fatigue ’surhumaine’ qu’est la pensée. ‘On’ vous réveille, ‘on’ vous nourrit par automatisme, ‘on’ vous guide jusqu’à l’endroit où vous serez le plus compétent, vous travaillez sans relâche pour éviter la fatigue de toute pensée car la pensée vous ferait parvenir à la réflexion, au choix… Par la pensée s’offre la diversité et la liberté. Qui dit liberté dit possibilités, phantasmes, plaisirs, changements. Mais le ‘tout est possible’ engendre des remises en questions et des choix car la liberté inclut la pluralité… Vous constaterez qu’il s’avère fatigant d’essayer de penser, ‘on’ s’y perd, s’y fatigue, ‘on’ ne sait même plus finalement qui l’on’ est ou si l’on’ naît, si l’on’ est…être ou ne pas être, être et ne pas être… ?
Alors l’ingéniosité est arrivée :vivre sans se fatiguer grâce à cette prodigieuse stérilisation de la pensée de l’individu, du hasard, du choix, de la liberté de penser, de la liberté d’être. La route monocorde est tracée pour tous, cette route est sûre, droite, évidente. Plus rien ne pose de soucis et de questions puisque de remises en questions il n’y a plus. Le destin est devenu prédestination. Plus de pensées, plus d’air, plus de mouvements, plus de problèmes, plus de conflits ; harmonisation de l’espèce, bon travail, rendement, croissance, plus besoin de religions, chacun est mis à sa place dans ce monde parfait et optimum où plus rien ne bouge, où plus rien n’est aléatoire.
SAUF ! Et lorsque je dis sauf, c’est là que moi, la vieille, je suis encore vivante, même à 80 ans. De mon temps, l’être humain trouvait toujours à redire et incluait à toute règle commune des exceptions !
Je suis restée contestataire et révoltée, disons le ! SAUF est donc là, je le prononce, je l’annonce, je dénonce, bien présent, en ce 26 août 2050, plus de saisons, plus de révolutions, plus de nature, plus de lumière, plus d’instincts, plus d’impromptus, plus de pensées, plus de beauté, plus de folies, plus de colères, plus d’amour. Sauf que je suis encore en train de penser, que nous les « riens de tel » sommes encore (pour les vivants) éveillés ! Grâce (ou à cause) de ce jeu d’écriture. Nous avons continué à écrire envers et contre tous, sur tout, sur nous, sur vous. En quête de vie, de liberté… les mots, l’écriture nous ont permis de penser encore, de rêver toujours, de rêver ce temps venu, cet avenir. Les mots sont restés et nous avec, le temps n’a alors pu nous dérober nos pensées car nous les avions inscrites, nous les avions partagées. Nous avons gardé cette capacité à rêver, remettre en cause et transformer le quotidien en fragile éphémère, d’un mot à l’autre, à voltiger et rattraper un équilibre, à tituber et boire, chaque mot, chaque verre, chaque instant. Tel fut notre protection, notre hérésie, notre révolte face à ce nouveau monde désaxé. Dangereusement transitoires et parasitaires, gardiens de mots, de fantaisie, de désespoirs et d’espoir, humains et non humanoïdes, détracteurs de la platitude de ce monochrome terrestre.
Ici, tous s’assemblent, se ressemblent, semblent. ‘On’ a réussi à tuer le temps, le temps ! La pensée fonctionnait avec cette notion du temps. Sans temps, on ne trouve ni avant, ni après, ni pendant. Ni passé, ni futur. Ni phantasme, ni regret. Ni avenir, ni désir. Ni larme, ni soupir. Sans temps nous sommes déjà morts. Sans le temps nous ne somme plus vivants.
Nous, les vieux riens de tel, sommes toujours, car nous nous souvenons d’un temps, le temps d’antan. Nous sommes comme morts car le présent n’a plus de consistance, d’odeur, de profondeur. L’avenir est dépourvu de réalité, le futur n’existe plus. Cependant nous nous souvenons, une part de nous reste éveillée par les saveurs du passé contre la fadeur de l’avenir, morts-vivants…
Nous reste en ce jour ce jeu, cette mémoire, nos bouteilles ensevelies, nos frasques, scriptes, écrits, manuscrits. Librairie souterraine, faisant de nous les ultimes contestataires, munis de peu de vie mais d’un peu de vin, coulant dans nos veines, ces bribes de textes, flottants, éclairant nos pensées, illuminant nos regards. Vieux, nous le sommes, mais nous voilà aussi l’unique mémoire de ces ombres qui, autrefois, étaient des êtres vivants. 2010, les technologies étaient en train de supprimer toute ombre de l’homme, plus de vie privée, plus de confidentialité, plus d’intimité, plus aucun mystère, traçabilité exposée. Et voici que l’humain au travers de son écran se transforma en sa propre ombre, ombre dirigée par l’onde, l’être vivant disparu dans le néant.
Puis reste nous, tels des moins que rien, tels des riens, rien de tel que … nous !

Cattacombre Traboules
Ce 26.08.2050

En hommage à feu Rien De Tel.



P.S. : Mais à qui donc profite ce lubrique et exécrable monde amphranoïdiaque internetique ? Reste-t-il quelqu’un derrière tout cela ?


(La réponse en format world ici : http://riendetel.free.fr/sujet%2038/26%20ao%c3%bbt%202050%20(Ana).doc )


Dernière édition par le chat des voisins le Lun 21 Fév - 11:09, édité 3 fois
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MessageSujet: texte de Suzel   Lun 21 Fév - 3:39

«Méfiez-vous, Terriens, les graviers qui recouvrent le sol de vos terrains ne sont pas de vulgaires cailloux, et encore moins de jolies particules qui servent d’ornement à vos extérieurs fleuris.
Ce sont des météorites, des corps célestes venus s’écraser sur votre planète , oubliée depuis longtemps parmi les galaxies.
Je suis Séraphinus et ma naissance fut une explosion spatiale comme c’est souvent le cas aujourd’hui en 2333. Ma mère, Laeva avait rencontré Thesor au bal astéroïdal organisé en l’honneur de la découverte d’une nouvelle planète étincelante, aussi minuscule qu’argentée : Emotic. La malheureuse jeune uranienne qu’elle était avait succombé sous le charme du bellâtre plutonien que toutes les filles célestes se disputaient avec acharnement.
Mais, Thesor , ce soir-là, choisit ma mère car il savait déjà qu’elle lui préparerait de magnifiques plats épicés en apesanteur , et que les capsules indigestes pourraient enfin être rangées dans les tablettes des astronefs …des autres. Enfin une vie succulente, aux saveurs variées et délicates l’attendait, lui, qui accordait si souvent pupilles et papilles.
Laeva s’était donc fait capturer aussi stupidement et naïvement qu’en des temps reculés, à croire que les mentalités ne changeront jamais. Thesor l’avait attrapé avec un simple soda électromagnétique dont il vantait couleur mordorée si exceptionnelle dans l’espace. Il lui avait raconté que c’était sa propre invention et s’était perdu dans des discours fumeux sur l’alchimie des liquides. Laeva s’était ensuite laissé embringuer dans un jerk revisité et époustouflant. Des secousses extra sensorielles avaient parcouru le corps brûlant de ma mère , qui, sans réflexion aucune, avait dans la foulée , accepté de s’unir à ce plutonien dont le plutonium verbal et gestuel l’avaient conquise définitivement.
Elle vécut avec lui quelques milliards d’heures magiques et le brillant de ses yeux commença à décliner doucement lorsqu’elle réalisa, à l’aide de son télescope à ondes solaires, que son Thesor s’accordait régulièrement des siestes à bord de son vaisseau léger, en charmante compagnie.
C’est alors que j’avais déjà pris racine en elle, comme un massif baobab et que sous les vêtements en kevlar résonnait une rage métallique. Je grandissais dans l’ombre de la revanche et je me nourrissais de la dynamite qui fluidifiait le sang de ma mère. J’avais déjà la rancœur du kickboxeur , toute poussière d’étoiles que je n’étais qu’encore. Il fallait se préparer à un cataclysme, à une révolution systémique. C’est ainsi que le jour où les trois soleils se superposèrent, je poussai mon premier cri intersidéral. C’était le cri de l’insoumis, du séditieux interstellaire. La guerre des planètes, sinon celle des sexes allait recommencer.
J’étais en pleine forme et provoquai donc naturellement la chute de nombreux fragments sur la Terre. Je libérai une énergie si dense en matériaux lourds et légers que sûrement vos incendies ravageurs, vos tempêtes dévastatrices, vos pluies torrentielles, vos volcans en éruption …c’est à moi que vous les devez.
Méfiez vous des corps rocheux, je le répète, c’est toujours le résultat d’une fâcheuse histoire d’amour.»
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MessageSujet: The Freap's text   Lun 21 Fév - 3:44

" 2050! 26 Août exactement... La vache! Ma vie passe à toute allure. Déjà soixante treize ans et à peine eu le temps d'en profiter. J'ai l'impression que c'était hier que je conduisais une voiture. Hier que je regardais la télévision. Hier que je me connectais à internet. Plus rien de tout ceci n'existe.
Le passé a rejoint le présent et ça fait drôle. Les avancées révolutionnaires à l'orée des années 2000 me font rire maintenant. Ouaip! sacrément vieux, tout ceci. Le clonage, la littérature, la robotique, la science dans son ensemble et toutes ces conneries...
Quand je pense que l'être humain se battait pour manger, vivre riche, en bonne santé et si possible devenir célèbre...
Dis! Tu m'écoutes quand je te parle? »
« Mmmmmh! »
« Sale petit con. Je te raconte le passé, la vie d'avant et toi, tu t'en fous... Tu mériterai une paire de baffes mais je suis trop bon. Je vais continuer et tu as intérêt à me prêter attention...
Donc, tout allait bien pour les gens comme moi. Blanc, en bonne santé, ni riche, ni pauvre, dans un pays que tu ne connais pas. La France, ça te parle? Non, bien sûr. Tout cela a disparu, avec le reste. Même plus un livre pour expliquer ce gâchis. Plus de journaux pour informer... Hein, de toute façon, il n'y a plus personne pour les lire. Je sais même pas si j'aurai ncore envie de lire. Hein? Qu'est ce que tu dis? »
« Mmmmmmmmh! »
« Tu parles mal. Tu mériterai que... Oh, et puis non... Je continue. Tu dois savoir. Regarde. Le ciel est bleu. Tu n'as connu que cette lumière magnifique, toi. Tu n'as pas idée des saloperies qu'on reniflait. Tu n'as jamais vu ces nuages gris puant la pollution. Tchernobyl, Guantanamo, Mururoa, Sydney, New York, Istanbul, Bagdad, la Terre... Ca te parle pas, à toi... Des bêtises faîtes par des enfants. Sauf que ces enfants avaient mon âge. Et puis, et puis... »
« Mmmmmmmh! »
« Putain! Ferme ta gueule! Je te le redis une dernière fois. On est en 2050. Il n'y a plus que toi et moi sur terre. J'ai tout fait péter et tu devrai me remercier de t'avoir sauvé à l'époque. Au lieu de ça, Môssieur pleure. Qui c'est qui a récupéré les clés de la malette? Qui c'est qui a appuyé sur le bouton? Qui c'est qui a exterminé toute cette vermine? Regarde autour de toi... Plus de voitures, plus de gens stressés, plus de villes puantes. Que des arbres, des plantes, la mer bleue, le ciel magnifique, quelques animaux qui s'en sont sortis, je ne sais pas comment et nous deux. »
« Mmmmmmmmh! »
« Non, toi tu te tais. Tu m'as trahi... Tu voulais me voler le dernier bien de l'humanité... Tu voulais voler la vie... J'ai tout ce qu'il faut pour repartir à zéro. Tu sais ce qu'il y a sous nous? Tu le sais, n'est ce pas? bien sûr! Je te l'ai fait visiter une fois, il y a deux ans. Mon laboratoire. Celui de la dernière chance... Toute l'ancienne vie se trouve dans ces éprouvettes, ces disquettes... Tu voulais tout me voler, hein? »
« Mmmmmmmmh »
« Je vais devoir te tuer, mon fils. Ta mère, ma fille, m'a confié à moi. Elle disait que tu pourrais m'aider. Quelle connerie. Elle a cru ce que je lui avais dit. Tous ont cru ce que je leur avais dit. Ils ont tous reçu le vaccin... Pas un n'en est sorti. Tu ne peux pas te souvenir, tu étais jeune à l'époque. La Grande Guerre des religions avait fait des milliards de morts. La Grande Peste a finie le travail. Cette foutue maladie a finie de dézinguer tout le reste. La poignée de survivants a voulue se réunir. Oubliée la guerre, oubliée les tortures.. Tous ensemble pour survivre. Ils m'ont élu président des mondes réunis et pacifiés... Ah! Ah! Ah! Quelle utopie de croire en moi... Que pouvais-je les aider à vivre, à tous ces hypocrites, ces menteurs... Mieux valait repartir à zéro. »
« Mmmmmmmmh! »
« Tu as neuf ans, maintenant. Tu es en âge de comprendre.. Et DE FERMER TA GUEULE! Putain, tu parles plus qu'une bonne femme. Comprend moi. Tu vas bientôt être en âge de prendre le dessus sur le vieillard que je deviens. Tu risques de vouloir accélérer le processus. Pire, tu risques de vouloir t'en sortir. Il en est hors de question. Tu dois mourir... Je me tuerai ensuite et tout sera pour le mieux. Les machines sont programmées pour relancer l'activité humaine dans une centaine d'années. D'ici là, la nature aura fait disparaître la plus grosse partie des ruines. Les nouveaux venus repartiront sur de bonnes bases. »
« Mmmmmmmmmmmh »
« Oui, je sais, c'est douloureux mais c'était le seul moyen de ne pas t'entendre te plaindre. Tu crois que ça m'a amusé de te couper la langue? Non, bien sûr. Allons, souris, tu as l'infime honneur d'être le dernier être vivant sur terre pour les cent ans à venir. A part ce petit inconvénient de paroles, tu devrai savourer ce moment. Je t'ai amené au bord de ces falaises pour que nous contemplions une dernière fois ensemble ce monde qui ne demande qu'à être aimé. Tu es prêt pour le grand plongeon? »
« MMMMMMMMMMMMMMH! »
« Ah oui, avant que j'oublie... Tu sais pourquoi j'ai fait ceci? Nous avons retrouvé, il y a quelques années de cela, une grotte inconnue. Nous l'avons fouillé et devine ce que nous avons trouvé dedans?.. Tu ne sais pas? »
« Mmmmmmmmh »
« Je te laisse le temps de la chute pour le deviner... Bon vol et à bientôt. Je viens te rejoindre tout de suite.... »
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MessageSujet: Texte de Nouni   Lun 21 Fév - 3:46

Journée d’un gestionnaire en 2050

6h45 : un bruit dans ma tête me réveille. Depuis qu’ils ont découvert comment entrer dans nos pensées, ils peuvent nous réveiller quand ils veulent. Bon, maintenant que je suis réveillé, je vais me laver, manger une pilule « p’tit déj ». La nourriture en comprimés, c’est pas top, mais on trouve plus rien d’autre. Je fume une cigarette achetée au marché noir, faut dire qu’à 21 € le paquet, c’est devenu du luxe. D’après eux, le supplément de prix sert à rétribuer les découvreurs du médicament anti cancer, j’en suis pas sûr. C’est pas à 68 ans qu’on me fera tout gober.
7h45 : je pars pour le travail, j’allume ma voiture rien qu’avec la pensée, je bouquine pendant qu’elle conduit toute seule jusqu’au collège. Avec le système de mouchard qu’ils ont imposé, ils peuvent voir où on va en temps réel… Big Brother est omniprésent.
8h00 : arrivée au collège, j’ai pas fini mon article de journal, dommage… Vivement la retraite ! Plus que 6 ans. Le débat sur la retraite a fait rage, mais certains ont réussi à éviter la retraite à 76 ans. Toujours ça de pris.
8h02 : premiers problèmes. D’habitude c’est plus tôt ! Les appareils vidéo ne fonctionnent pas. Comment dispenser des cours à des élèves sans matériel depuis que le métier de professeur a été aboli. C’était en 2031… C’était bien mieux avant, mais je ne dois pas les critiquer, les conséquences pourraient être graves pour moi.
8h25 : le problème a été résolu, un agent est venu réparer le système. Ouf ! Sinon c’était l’avertissement, avec ses conséquences…
9h30 : l’envie d’un café me prend. Ils ne l’ont pas encore interdit, mais ça ne saurait tarder. C’est un excitant, et ils ne supportent pas ce qui peut exciter les masses. Je ne pense pas que le café ait ce pouvoir, mais bon, s’ils le pensent.
11h15 : nouveau problème, des élèves ont oublié leurs pilules « déjeuner », heureusement qu’on en a un stock. La cantine a fermé, il ne reste plus qu’une salle ou causer un peu en avalant ces maudites pilules…
12h00 : début de la pause, je discute avec une collègue par chat. On parle des récents événements en Europe. Des émeutes ont éclaté un peu partout dans les grandes villes. Ici à la campagne, c’est calme.
12h30 : fin de la pause, je retourne dans mon bureau de 10m². Tout l’espace a été rentabilisé. Dans mon ancien bureau se trouve maintenant une personne qu’ils contrôlent. On ne doit pas critiquer leur œuvre en public. Plus d’esprit d’initiative, plus de pensées divergentes. Ils contrôlent tout.
15h : rendez-vous avec un représentant pour le nouveau mobilier. Ils ont décrété que le vert était une couleur calmante. Du coup, tout le mobilier des édifices publics sera vert… Je préfère le bois naturel, mais bon…
17h : plus qu’une heure avant de rentrer. Je n’en peux plus de tous ces rapports et enquêtes qu’ils nous font remplir. Tous les jours, on doit remplir une enquête sur ce que les élèves disent entre eux. Parfois un élève ne vient plus au collège, on entend après que ses parents auraient déménagé en emportant toutes leurs affaires… Personnellement je pense qu’ils ont été emmenés dans des camps de rééducation. Des rumeurs circulent sur l’existence de ces camps… Mais on ne peut pas en parler.
18h : je pars pour mon appartement, chacun a un appartement individuel, même si on est marié.
18h15 : je suis chez moi, j’allume la télé. Plus besoin de télécommande. Une seule chaîne de télé depuis plusieurs années avec des émissions à leur gloire. Je laisse la télé allumée, même si je n’écoute pas. Ils vérifient l’audimat.
20h : petit chat sur un site non contrôlé. Contrairement à ce que dit la télé, les émeutes continuent et sont matés dans le sang. Quel gâchis. Toute la jeunesse va y passer si ça continue. Ils sont fous.
20h45 : fin de la discussion, on ne peut pas utiliser internet plus que trois quarts d’heure par jour. Internet diffuse des idées qu’ils ne cautionnent pas.
21h : je me couche, c’est le couvre-feu, l’électricité est coupée tous les soirs à 21h, du fait de l’état d’urgence. J’irai au boulot demain pour une nouvelle journée monotone.
22h : je ne dors pas et je cogite. Finalement j’irai demain dans la capitale pour soutenir la révolte. Enfin s’ils me laissent passer. Des barrages sont installés partout. L’armée est partout. C’est peut-être ma dernière nuit. Mais je préfère la liberté à l’asservissement. Je ne sais pas si je pourrai continuer ce journal. Si quelqu’un le lit, c’est que je serai probablement mort. Ils ne font pas dans la dentelle en ce moment. Demain il fera beau, je serai mort en homme libre… Si ce mot a encore un sens aujourd’hui.
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MessageSujet: Texte du chat des voisins   Lun 21 Fév - 4:11

J’ouvre un œil, les rayons essayent déjà de tordre les persiennes.
« Bonjour Anton et bon anniversaire. Tu as trois messages. Tu veux les écouter maintenant ?
- Non, quelle heure il est ?
- Il est 7h25.
- Qu’est ce qu’on a comme temps aujourd’hui ?
- Des orages sont annoncés en début d’après midi. Ils ne seront pas très violents et on profitera d’une baisse de température de 7°, soit 29° à 15hoo.
- Génial, ça c’est un beau cadeau d’anniversaire.
- Oui, nous n’avons pas eu de température inférieure à 30° depuis le 12 juillet.
- Oui, je le sais bien... Dis moi, est-ce que tu peux changer de voix ?
- Oui, quel genre de voix te ferait plaisir ? »
- Le genre « femme qui aurait fumé trop de cigarettes ».
- Jeanne Moreau correspond à ce critère, tu aimes ma nouvelle voix ? »
- Oui c’est bien. Tu peux te mettre en veille, merci.


Le bruit devient impossible, je n’arriverais pas à me rendormir. Dehors les charrettes des vendeurs ambulants ont commencé leurs joutes avec les mendiants. Toujours les mêmes mots : « Donne moi de l’eau, donne moi de l’eau, dégage ! Qui veut du pain ? Du pain pour 10 billets ! » Le pain est devenu vraiment trop cher, je vais me contenter de deux pakoras, il faut que j’aille en chercher avant qu’il n’y en ai plus.
J’enfile un tee-shirt jaune et un short d’électricien, je mets des lunettes de soudeur, un foulard, j’attache ma balise à la ceinture et je sors.
Dès que je passe la porte de la maison familiale, la poussière m’attrape la gorge. Je remonte mon foulard. Avant de passer le portail qui donne sur la rue, dans la cour, je vois des traces, un os de petit animal non identifié, des papiers gras. Il y a des gens que je n’ai jamais vu qui vivent chez moi.
On m’a souvent demandé pourquoi je n’avais pas quitté Lyon. Parce qu’ici je sais trouver tout ce dont j’ai besoin, il y Ali pour l’eau, Sagar pour les pakoras, Liam pour le reste. Et puis trop de gens se font tuer pour rien dans les zones périphériques, ici au moins il y a une espèce de règle du jeu.
D’ailleurs, je vais devoir faire la queue pour avoir un litre d’eau. Je me mets derrière une femme qui porte un bébé en écharpe. Le bébé pleure, la femme me regarde désolée, je lui dis : « les commerces de proximité rapprochent les gens. » elle sourit, j’allume la balise.


« Balise !
-Oui Anton ?
-messages.
-ceux de ce matin ?
-oui.
-En vidéo ?
-il y en a ?
-non.
-ok. »
«message 1 de Lola, à dix heure : -Bon anniversaire mon artiste préféré. Je rentre dès que j’ai trouvé un âne. Il n’y a plus un watt en ville. C’est la grande panique, comme en 2033.
« Contact Lola!
-D’accord, j’appelle Lola…tip tip…
-Salut mon amour.
-Hey Lola, t’exagères, tu étais en Lorraine en 2033, ce n’était pas la guerre de méditerranée.
-Non mais c’est pareil, ça courrait dans tous les sens, je te jure... Bon en tout cas c’est foutu pour la farine. T’as fait des courses ?
-Je suis dans la queue pour l’eau.
-T’en a pour combien de temps ?
-Une heure.
-Fais attention.
-Oui… Lola ?
-Oui ?
-Je t’aime.


« Balise !
Oui Anton ?
–Messages lecture
-Message 2, de ton père, le 21 Février 2011.
« Quoi ? Mon père en 2011 ? Lecture ! »
« C’est drôle non ce léger différé... Bon anniversaire mon grand (à l’heure où je t’écris tu as 5 mois, et tu dors comme un ange, mais on imagine que tu vas devenir grand.)
Bon, J’ai un petit cadeau pour toi : C’est ma moto. Un 900 Triumph, trois cylindres de bonheur ! Tout le monde croit qu’elle est en panne mais c’est des histoires, je passe beaucoup de temps à la préparer, c’est tout. Elle est dans un garage dans le troisième. Elle est à toi, fais-toi plaisir ! Tu trouveras un papier sur la selle qui t’expliquera où sont l’essence et comment la démarrer. Va faire un tour pour moi. Voici la position du garage : A l’intersection de la rue Paul Bert et de la rue de l’espérance, rampe de gauche, garage de gauche. »


La dernière fois que j’ai eu mon père c’était en 2032, il était à Marseille quand les anarchistes mettaient le feu aux raffineries, mais je ne sais pas de quel côté il était. Je crois qu’il voulait surtout être là quand cela arriverait. C’était la fin de l’énergie pour le peuple. La guerre de la méditerrané a suivit, et puis la grande migration qui entraina la chute de tous les états européens. Ce fut l’arrêt brutal de toutes les industries et des transports. Un effet domino qui a conduit au chaos planétaire. 500 jours de panique totale. Il y eu trois explosions nucléaires sur le sol des Etats-Unis.
20 ans plus tard, on se remet avec humilité, une armée de « reconstruction » a le pouvoir et le monopole de l’énergie. On nous a expliqué que c’est pour notre bien, et pour éviter de nouveaux désordres, ils nous ont pucé. On nous a donné des balises qui sont fabriquées par la dernière usine d’électronique du pays, contrôlée par l’armée bien entendu.
La balise est le passeport électronique, le moyen de paiement, le moyen de te joindre, de savoir où tu es, le moyen de te contrôler à distance. « Toutes les décisions d’état seront prises par référendum avec la balise comme interface. Tous les possesseurs de balise voteront en s’identifiant à la rétine et répondront une seule fois, par oui ou non, aux questions posées par les délégués du rapport de l’état. » C’est censé être l’ultime démocratie participative. Bullshit ! Regarde cette file de personne, il y a peut être 5 sans-balise qui présenteront une aile de poulet plutôt que la rétine pour avoir de l’eau. Ceux là craignent d’être réquisitionner par l’armée pour des « travaux d’intérêt collectif ». Ceux là se cachent et cachent leurs enfants.
20 ans plus tard, mon père n’est pas revenu, mais il n’est pas parti avec sa Triumph non plus.
J’ai un salaire, une balise française, et une Triumph qui fume, me voilà beau. Mon père ne pouvait imaginer que je vais risquer ma vie en faisant un tour avec sa machine. Tout interdit ce genre de délire : la loi interdit l’usage de moteur thermique, de se déplacer avec un véhicule qui n’est pas pucé, la possession de carburant, et son usage est réservé à l’armée de reconstruction.
Je risque les travaux forcés.


Je passe à la maison après midi, Lola n’est pas revenue, je bois un peu d’eau et je mets la bouteille et un paquet de lentilles dans la cachète. Je décroche la balise et la pose avec. Adieu identité. Je récupère le vélo dans la cave et je pars pour le garage de mon père. Je garde un couteau, bien visible, dans la main gauche, dissuasif.
Je sais où est ce garage.
Le ciel se couvre et déjà il fait moins chaud, je roule à bonne allure sur mon vtt pour éviter que les intouchables s'agrippent à moi en pleurant de l'eau.
J'arrive devant l'immeuble où se cache le garage. La clé fonctionne et la porte s’ouvre. L’intérieur est sombre, ce n’est pas plus mal. La moto noire est là, sous une bâche, elle semble être en état de rouler. Je suis les indications du papier, cela dure deux heures. Je revois tout le plaisir que papa avait à pester après cette machine obsolète.
A 16h, elle finit par démarrer dans un vacarme bleu et puant.
Je vois des têtes se tourner, des gamins crier, il faut que j’y aille, ils peuvent tuer pour un kilo d’aluminium.
Première en haut, la suite en bas, ok. Je tourne la poignée et la Triumph rugit en sortant du garage. Je prends à droite en évitant les charrettes et les vélos. Il commence à pleuvoir, et comme pour rajouter au vacarme de l'anglaise, la foudre tombe sur la basilique. Les gones me courent après en levant les bras. Deuxième, je tourne encore la poignée, la moto se cabre, c’est de la folie, troisième, le compteur indique 100 km/h, je fais signe aux gens de se pousser, j’évite un cochon poursuivi par toute une famille pakistanaise. On m’insulte, on me jette des pierres, j'arrive au périph mais il y a trop de potagers pour pouvoir s'y engager, je continue tout droit, j’ouvre encore les gaz et .. Paf et… Paf Paf… Quoi ? Qu’est ce qui se passe ? Le moteur s’arrête, je continue un peu en roue libre et … je stop. Je dois descendre de la moto et fuir en l’abandonnant là. Mon cœur bât à tout rompre, c'est l’adrénaline. Je me marre et me sauve en brandissant le couteau.

Mon père n’a jamais réussi à être un bon mécano. Les ferrailleurs du bidonville vont se gaver.


Je rentre au grand trou, à pieds.

« Balise !
-Oui Anton ?
– Le dernier message de ce matin. »
« message 3, de Liam à 11h35 ».
« Bon anniversaire Tonton. J’ai dégoté du bœuf pour toi et du poivre. Peut être même une demi-bouteille de Ménétou si tu veux mettre 25000 euros avec moi. »
« Balise, Contact Liam!
- Ok … tip..
-Salut vieux frère ?
-Bon anniversaire !
-Merci
-Ca va ?
- … Oui… je viens de comprendre pourquoi les générations précédentes ont brûlé l’énergie de la terre en un siècle… Je peux mettre 20 billets, pas plus.
-Ca marche.
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MessageSujet: Réponse temporaire de Jérôme   Lun 21 Fév - 12:26

En ce 26 août 2050, comme j'ai des RTTs à rattraper, je passe ma journée au lit. Réveillez-moi demain. J'ai du sommeil en retard.
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MessageSujet: Re: Les réponses   Mar 22 Fév - 0:16

Ana, on dirait du Matrix une fois la petite pilule bleue avalée. On descend au fond du trou...
Jérome, c'est du Baudelaire dns le texte, avec ce je ne sais quoi de Shakespearien. Suzel, ce serait un vingt mille lieux sous les mers futuriste.
Nouni, ce serait un savant mélange de AI et de training day pour le déroulement de la journée.
Le chat, merci de citer une rue qui m'est chère et que je retournerai visiter lors de ma prochaine venue en terre lyonnaise... Le rêve d'utopie de l'armée des 12 singes
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Ana

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MessageSujet: Re: Les réponses   Ven 25 Fév - 18:11

the freap : ca c'est quelque chose que je n'arrive jamais à faire, réussir à relier les textes, films, lectures comme tu le fais!

en tous cas ca fait plaisir de vous lire, certaines idées se rejoignent et effectivement le monde ne nous semble pas aller dans la bonne direction actuellement. mais bon puisqu'ici on a le droit de faire des essais de citations et que rien n'est censuré et pour donner un petit coup d'optimisme à tous cela et qu'Anton ne s'inquiète pas trop :

** ** * * * ce n'est que dans la nuit noire que l'on peut voir la lumière des étoiles ******* ** * * * ** * *

d'ailleurs Anton sache que j'ai parié il y a peu de temps que tu serais un joli rouquin!!??? l'avenir nous le révèlera....

pour le sujet à venir, cela me trotte dans la tête, je peux vraiment demander ce que je veux??.............


ORLAMONDE C EST UNE HONTE LA SAGESSE DEVRAIT TE VENIR AVEC LA VIEILLESSE!!!!!!!!!!!
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MessageSujet: Texte de Jérôme   Ven 4 Mar - 2:35

26 août 2050 : time-août !
(The aoûter limits…)

Le futur est arrivé par la porte de derrière, sans que personne ne le remarque. C’est la première chose qui me vient à l’esprit en ce vendredi 26 août 2050 alors que je suis réveillé par la vibration de mon lit.
Avoir un lit vibrant n’est pas commun – en dehors de certains milieux osés et dans les domiciles de mal-entendants – mais c’est bien plus efficace pour moi que les antiques radio-réveils ou bien les Lightros à la mode ces derniers temps [NdA : Lightro : rideaux à microperforations modulables, permettant une augmentation graduelle de la lumière ambiante afin de se réveiller en douceur. A éviter pour ceux souffrant de migraines photosensibles]. Cela fait partie de ces petits trucs qui révolutionnent le quotidien sans que personne ne s’émerveille…
Tandis que je me lève et enfile mes antiques charentaises, je laisse mon esprit vagabonder sur le chemin familier des réminiscences semi-sarcastiques. Je me rappelle encore de l’an 2000, quand on se plaignait de ne toujours pas avoir de voitures volantes. Je me rappelle de l’an suivant, 2001, quand on geignait qu’il n’y avait toujours pas de station permanente sur la Lune. Je me rappelle 2010, et ceux inconsolables qu’on ne puisse toujours pas télécharger sa conscience dans un ordinateur ou avoir des chaussures volantes. Je me rappelle 2015, quand on regrettait une fois de plus de ne pas avoir de voitures volantes – mais cette fois-ci avec option « Voyage dans le temps ». Je me rappelle 2025, quand mon petit frère rêvait d’un sabre-laser fonctionnel – pour couper en deux son percepteur d’impôts. Pareil pour 2035 avec la vague des « pas contents qu’on n’aie toujours pas le moyen de cloner des répliques parfaites et adultes d’actrices célèbres à des fins récréatives ». Je me rappelle 2036 quand ma femme m’a forcé à quitter ce mouvement, aussi. J’en ai gardé une cicatrice. Et bien sûr en ce moment les gens râlent parce qu’on ne peut toujours pas passer son week-end sur Vénus et qu’il n’y a pas de patrouille sidérale pour repousser les pirates de Neptune qui n’existent pas non plus…
Et pendant tout ce temps… Pendant tout ce temps, me dis-je en demandant à mon IsaacBot un grand verre de Coca-Cola Light à précisément -5,4 degrés, nous avions le futur autour de nous. En même temps que nous rêvions à des voitures volantes, des chaussures volantes, des skateboards volants, des perruques volantes (sérieusement, c’est quoi cette obsession des trucs volants ? Si vous voulez voler, prenez l’hélicoptère, je ne sais pas…), nous avions accès à un réseau informatique mondial, des chaînes télévisées de divertissement 24H/24, des puces microscopiques capables de contenir l’ensemble de ce que l’humanité avait jamais écrit (du premier mot inventé jusqu’au dernier article people concernant la demi-sœur cachée de la voisine du coiffeur de Demi Moore), des voyages aux quatre coins du monde… On pratiquait chaque jour des thérapies géniques, des opérations à cœur ouvert, des clonages de tissus, on se servait de la Lune elle-même pour des manipulations amusante avec des lasers, nous utilisions le pouvoir de l’atome pour nous fournir à chaque seconde plus d’énergie que l’empire romain n’en avait utilisé en mille ans et pour percer les secrets de la formation de l’univers…
Bon sang, mon premier boulot consistait à utiliser un laser au quotidien pour rendre visible l’invisible. C’était Star Wars et Harry Potter en un seul emballage scientifique [NdA : c’était bien entendu longtemps avant que je devienne cet auteur à succès mondialement connu pour ma série de livres intitulés « Je vous emmerde aussi », et pour les « Stargate CP1 »].
Ah, tiens, j’ai oublié d’éteindre l’acousclic. [NdA : Acousclic : petit engin fabriqué par ceux qui vous ont présenté le Mégaraokay. Il bloque les sons venant de l’extérieur de votre habitation en produisant des sons d’amplitude exactement identiques mais décalés de Pi. En gros, c’est un mange-bruit. Attention, s’il est mal réglé il peut provoquer une paranoïa aigüe, pensez à appeler un technicien de la Mégaraokay Inc avant de trucider votre conjoint.] Hum, la voisine engueule encore son mari, je vais le remettre… Où j’en étais, moi ? Ah, oui.
On pouvait se parler en temps réel d’un bout de la planète à l’autre, gratuitement. On pouvait emporter avec soi l’ensemble de ses musiques favorites. On pouvait vivre jusqu’à 45 ans sans que ce soit considéré un miracle.
Pourquoi est-ce que j’en parle au passé ? C’est toujours vrai. On est en 2050 et la fin du monde n’est toujours pas arrivée, et ça aussi c’est de la science-fiction. Je veux dire, personnellement, j’étais sûr et certains que l’humanité ne continuerai pas jusque là. Sans aller jusqu’à croire les mayas et leur 2012, j’étais certain que la pollution, les guerres, le changement climatique et la télé-réalité nous éteindrait l’espèce grave dans notre gueule. Mais non. 2050 et toutes nos dents.
En parlant de dents, vive l’utilisation des cellules-souches. Je n’aurais pas pu manger ce délicieux muffin de petit-déjeuner sans mes chicots tout neufs, clonés spécialement pour ma bouche. [NdA : nous avons dans la pulpe de la plupart de nos dents quelques cellules « souches » résiduelles qui pourraient être utilisées pour former de nouvelles dents, parfaites, et remplacer ainsi des dents abimées ou perdues. Ce sont sans doute ces cellules pluripotentes (et non totipotente comme les cellules souches embryonnaires qui provoquent l’effroi des religieux outre-Atlantique) qui expliquent que certaines rares personnes ont, après leurs dents de lait et dents « définitives », une troisième voire une quatrième série de dents qui se mettent à pousser dans leur troisième âge…] J’ai changé d’avis sur les dentistes, moi.
Ah, il est l’heure d’aller au boulot. Le labo m’attend. J’enfile mes godasses – oui, à laçage automatique, ça au moins on l’a fait – et mes vêtements tous frais tous propres soniqués pendant la nuit, et en route. Ah, ne pas oublier mon casque… J’ai la chance d’habiter près de mon boulot, donc j’y vais à pied. Comme la plupart des gens je n’ai pas de véhicule individuel (pas même les écologiques autorisés), et je refuse d’acheter un vélo parce qu’on me le volerait [NdA : même dans le futur on vole les vélos]. Quand au bus… J’ai toujours détesté les transports en commun, même depuis la grande réforme.
La grande réforme, c’est ce qui me permet de commencer le boulot à 13H sans me faire engueuler par le patron. C’est ce qui nous permet d’avoir des bus à tout moment pour aller de l’endroit où l’on est pour aller à l’endroit où on veut. C’est ce qui permet de continuer à avoir une vie vivable même en 2050. La grande réforme – ou Grande Réforme si vraiment on veut utiliser des majuscules – c’est ce qui est arrivé quand assez de gens se sont rendu compte que, même si on avait toujours vécu n’importe comment dans la plus grande idiotie chaotique, ce n’était pas forcément inévitable.
J’aurais préféré une bonne révolution sanglante avec armes et tragédies – rien que pour pouvoir dire que j’avais eu raison toutes ces fois où j’avais beuglés mes théories sociales en public – mais cela n’a pas été le cas. En tout cas pas ici. C’est vrai qu’en Afrique ils ont creusé pas mal de tombes après coup… Bref, un jour on s’est rendu compte que si on éliminait les règles idiotes et qu’on instaurait d’autres règles à d’autres sujets, on ne tomberait pas forcément dans le chaos absolu ou un fascisme rigide. Juste comme ça. C’était une idée dans l’air du temps, un « meme » comme l’appelaient les sociologues [NdA : oui comme disent les gens sur internet en postant des photos de chats avec des commentaires humoristiques] [NdA : « NdA » veut dire « Note de l’Auteur », au fait]. C’était déjà arrivé avec des théories mathématiques, politiques et humanistes dans le passé, des tas de gens arrivant aux mêmes conclusions chacun de leur côté au même moment. Là, pour le coup, ça tombait plutôt bien. Si juste un petit groupe avait trouvé ça, il aurait juste été éliminé dans la nuit avec quelques grammes de plomb à haute vélocité. Mais quand des dizaines de facultés de sociologie et de politique à travers le monde voient surgir les mêmes théories dans les essais de leurs étudiants, on se retrouve à court de solutions de tir.
Ce fut comme un rubix cube à qui on donne un rapide tour. On a les mêmes cases qu’avant, mais pas dans le même ordre. Fini la politique à l’ancienne, avec juste magouilles et alliances. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de magouille, mais dorénavant ceux qui prennent les décisions sont ceux qui connaissent le sujet. Ceux qui avant se faisaient élire ministres étaient surtout doués dans le relationnel, ils sont maintenant chargés de trouver des budgets là où ils travaillent. Nos ministres de l’agriculture – oui, plusieurs ministres par poste, et ils le prennent bien – ont tous un jour mis les mains dans la terre ET suivi des cours sur l’environnement. Ceux chargés de l’écologie s’intéressent à autre chose qu’aux jolies fleurs. Ceux chargés des sciences, heureusement pour moi, ont tous été scientifiques. Et le sont encore. C’est une histoire de roulement bisannuel, mais je ne suis pas très bien renseigné sur ce sujet. Je ne suis pas intéressé. Bizarrement on m’a dit que ça me rendait éligible pour un poste, il faudra que je voie ça quand j’aurais le temps.
Ah, j’arrive au labo. Un petit scan rétinien et j’entre. L’intérieur des laboratoires n’a pas tellement changé dans le principe : des espaces clairs, des technologies de pointe, et des stagiaires à l’air hagard. Je salue quelques collègues, qui me renvoient « salut Daft Punk » [NdA : j’ai été diagnostiqué fin 2049 « migraineux ondulaire de type II », un truc qui touche certains synesthètes. Pour diminuer ceci on me fait porter pour six mois encore un petit casque qui couvre mes yeux et mes oreilles et bloque certains sons et certaines longueurs d’ondes lumineuses. Mes maux de têtes ont cessé mais les vannes fusent, comme le prouvent ces références à ces musiciens classiques français], et me dirige vers mon bureau au milieu des salles de microscopie. Je suis chargé de veiller au bon fonctionnement de tous ces appareils. Rien n’a changé, en somme, à part les appareils eux-mêmes. A mon époque il était révolutionnaire de penser qu’on verrait un jour des objets plus petit que les photons eux-mêmes, et maintenant on parle de voir les atomes individuellement, in vivo, avec le nouveau femtoscope gravifique de Zeiss qui va être installé le mois prochain. Compression photonique par compensation gravitationnelle ou je ne sais quoi, et la déformation du continuum espace-temps qui est lié à cette technique fait que le balayage est hyper-rapide pour notre macroperception. Je dis bravo. Je dis aussi « donnez-moi un stagiaire de plus, ça va être du boulot de roder ça ».
Je fais une courte ronde et visite chaque salle de microscopie l’une après l’autre pour vérifier que les appareils non-utilisés sont bien mis en stand-by pour éviter leur usure, et que les appareils utilisés le sont de la correcte façon (pour éviter une rapide usure du postérieur de l’utilisateur, à grands coups de bottes). La majorité des salles sont plongées dans l’obscurité et les lampes ne s’allument que lorsque le signal de ma bio-puce, greffée sous la peau de mon bras [NdA : ces bio-puces ne sont sorties qu’après le remplacement de mon fémur par une prothèse inorganique, sinon j’aurais demandé qu’on la place dedans], atteint les capteurs présents dans ladite pièce, signalant ainsi la présence d’un humain. D’ailleurs il faudra que je signale à l’ordinateur central qu’il peut diminuer la luminosité quand je suis seul, rapport au casque. On continue à économiser l’énergie.
Bon, tout semble en ordre. Je peux regagner mon bureau.
Dix minutes plus tard je dis au revoir à Ignace. Lui, il fini sa journée. Comment c’est possible de commencer sa journée quand d’autres finissent ? C’est simple comme une réforme. Avant, chacun allait travailler au même moment, faire ses courses au même moment, prenait ses repos au même moment, et dormait au même moment [NdA : sauf ce putain de voisin du dessus avec son saxo]. C’était une aberration, cela créait des désastres comme les embouteillages [NdA : la moitié du temps de moteur allumé se passe dans les bouchons. Comme j’arrive à ne jamais être dans les bouchons ça veut dire que certains y passent 99% de leur temps… Et dans les bouchons on fait quoi ? On laisse tourner le moteur sans aller bien loin, ce qui augmente d’autant plus la pollution et ses désagréments liés.], ça causait les heures creuses ET les queues interminables au magasins, les rendez-vous manqués chez le médecin ou bien des demi-journées non rémunérées au boulot, etc. Et le dimanche, ceux qui n’avaient pas de famille se faisaient chier grave car rien n’était ouvert. Comment changer cela ? C’est aussi simple qu’une réforme.
De nos jours chacun [NdA : disons la plupart] se choisi ses horaires dans les limites du possible. Du moment que le travail est fait et que le nombre d’heure n’est pas foncièrement altéré, chacun y trouve son compte. Personnellement je ne suis pas du matin – ni du midi – et Ignace se couche très tôt pour raisons religieuses [NdA : non, il n’est pas disciple de Dlull]. Dans les temps anciens, ce moyen-âge qu’étaient les années 2000, nous aurions tous deux été crevés en permanence. Là, nous sommes en forme. [NdA : non, Nouni, juste… Juste non.] Et Ignace, lui, utilise le bus sans avoir à s’inquiéter de savoir s’il y aura un bus à cette heure (heure creuse ? Pas de bus.) ou s’il y aura une place libre assise (heure pleine ? Quelques bus mais pas assez). Avec les horaires relaxés que nous avons, les services (transports, relations clients, soins, impositions, tout ça) sont réguliers tout au long de la journée et de l’année. Sauf peut-être un pic vers 18H pour les nostalgiques qui ont continué sur le même horaire qu’avant. [NdA : pour des raisons évidentes je ne révélerai pas si les grèves sont encore autorisées dans le futur ou si les grévistes sont décapités sommairement. Ca a tendance à fâcher.]
Mais bon, un bus ça reste un bus, même s’il roule à l’hydrogène liquide. Ca pue, c’est plein de gens et on ne sait jamais dans quoi on va s’asseoir.
Je me suis toujours dit que si les gens avaient gardé si longtemps une telle synchronicité malgré nos progrès du 20e siècle, c’était à cause du programme télé. Si vous avez le film du soir à 20H30, il faut manger avant, donc préparer le repas avant, donc faire les courses avant, donc travailler avant, donc se lever à une certaine heure, et ainsi de suite. Comme pour me prouver que j’avais raison, le film du soir a vu sa fin tragique en même temps que la grande réforme [NdA : notre narrateur passe sous silence le pouvoir libérateur de la video-on-demand, qui a bien miné le film du soir, et qui – ah bon sang, il m’a eu, j’ai failli croire à sa théorie !].
Ah, on me signale une vidéoconférence dans dix minutes (encore une tranche de futur qui était disponible longtemps avant le MP3). Ca va concerner les patates OGM des champs sibériens, mon groupe est chargé de vérifier si la transfection des gènes de résistance au froid ne provoque pas les mêmes dommages aux rizhomes que l’on avait constatés sur les betteraves péruviennes de haute altitude. Rien de dangereux mais ça altère le goût du produit fini.
C’est quand même bien d’avoir des gens avec un background scientifique dans les ministères de l’agriculture, de l’environnement et tout ça. Ca a permis une utilisation répandue des OGM, ce qui a permis d’éviter une nouvelle famine comme le prédisaient les études et en même temps d’éliminer pas mal de maladies [NdA : vous le saviez qu’un homme tout seul, un agronome nommé Norman Borlaug, a sauvé deux milliards de personnes ? En appliquant ce qu’il disait on a évité plusieurs grandes famines. Il a révolutionné la façon dont l’humanité mange. Les experts ne sont pas d’accord sur le chiffre, certes (a-t-il sauvé deux milliards de personnes ou seulement un ? C’est dur à dire parce qu’on ne peut pas compter les cadavres ce coup-ci. Les gens ont SURVECU !!), mais c’est le bienfaiteur de l’humanité et personne ne le sait. Oh, et son opinion sur les OGM ? C’est « on les utilise ou on est foutu ».] Et comme le public sait que ces gens sont compétents il n’y a plus personne pour crier comme un goret qu’on égorge à chaque fois qu’on met un gène de pomme dans un citron. C’est pourtant bon le pommion. Oups, la conférence commence.

Bon, ça, c’est fait. Mais j’aurais dû enlever mon casque avant, ils m’ont tous regardé bizarrement… Ca me fatigue. Je ne suis plus tout jeune, à 68 ans. [NdA : rien à voir avec la réforme des retraites, les scientifiques bossent en générale jusqu’à leur mort de toute façon. Je respecte les règles, aucune référence au nabot teigneux.] Ca me rappelle ce que disait un de mes potes, Nouni, quand je lui parlais de mon opinion sur le futur discret. Il m’a dit, « le futur a commencé quand le viagra a été inventé ! ». Pourquoi pas. Je lui ai répondu un truc concernant les spams et le viagra, il a répondu un truc pas très poli, et on s’est quitté en s’engueulant et en claquant les portes.
J’aime bien ces traditions. Vivement le 14 février prochain, héhé.
Après quelques heures de paperasserie – franchement on pourrait se débarrasser de cette tradition du triple exemplaire – et de gestion de crise – un utilisateur de quadriphotonique a joué avec les réglages et a provoqué une surfocalisation double, et donc a vaporisé son spécimen en une magnifique boule de plasma – il est enfin l’heure de rentrer chez moi [NdA : malgré le passage aux 22 heures, le français moyen trouve qu’il travaille encore trop]. Je télécharge juste quelques articles dans ma prothèse de fémur, pour les lire à la maison, je dis au revoir à Serge qui arrive tout juste, et c’est reparti.
Hum, il a commencé à pleuvoir, et j’ai laissé répulseur sonique à la maison… Bon, plus qu’à prendre un parapluie self-service au distributeur.
Il fait déjà nuit et il n’y a plus de lampadaires de nos jours, mais ce n’est pas un problème. Mon casque a une vision nocturne intégrée. Je m’étais dit « tant qu’à faire, autant prendre les options » [NdA : non, pas de vision aux rayons X. Soyons sérieux.]. Je passe le temps du trajet retour à me demander si cette histoire de changement climatique a vraiment été réglée ou non. Après tout je suis là, en août 2050, et la France n’est pas une étendue désertique comme on le craignait. Le reste du monde va bien aussi. A-t-on vraiment réussi à inverser la tendance du réchauffement quand le tout nouveau gouvernement mondial a augmenté l’albédo terrestre en utilisant tous les chômeurs pour recycler tous les déchets métalliques en panneaux réfléchissants ? On a évité de justesse le dégel du permafrost et la libération de ses milliards de tonnes de gaz carbonique dans l’atmosphère. A cette époque on était déjà à la limite de l’absorption maritime du CO2…
Enfin bref. Depuis cette action désespérée et digne d’un film de science-fiction nous avons pris d’autres habitudes de vie et des mesures plus, hum, mesurées. Les experts assurent que si on continue comme ça, tout ira bien tant qu’on utilisera le nucléaire et les piles à hydrogène. Et le vélo. Surtout le vélo. Toujours le vélo… J’aime pas le vélo.
De retour chez moi. Je place le parapluie bien en évidence pour penser à le rendre demain – je prends mes week-ends les mardis et mercredis, personnellement – et met mes vêtements à soniquer pour la nuit. Ils en ont bien besoin après la marche sous la pluie. Je commande un repas chaud à ma cuisine [NdA : on a bien sûr la domotique. La maison est globalement automatisée avec un contrôle central, et on est ainsi débarrassé des tâches les plus barbantes, telles que cuisiner, laver le sol, vider la litière du chat, commander les produits dont on risque de manquer et violemment sodomiser les Témoins de Jéhovah qui sonnent à la porte] et allume la télévision. How I Met Your Mother saison 45 ? Non, les gosses originaux sont morts depuis longtemps, et la partie qui se passait dans le futur est maintenant dans le passé, alors que c’est encore le futur, et c’est très confusant. La météo ? Non, je viens de dehors et je sais qu’il pleut. Hologag ? Bof, c’est toujours les mêmes holos d’accidents de turboluges à élastiques. Exécutions en direct ? Ah ? On a qui ce soir… Un prêtre pédophile va être pendu et un serial killer va être électrocuté… Ah mince, une rediffusion. Tant pis. Plus Belle la Vie, beurk… Et puis, depuis l’attentat atomique de Marseille c’est devenu n’importe quoi.
Bon, bah comme chaque soir, les informations. Option « Français ». Je sais que l’Esperanto est la langue officielle mondiale et que c’est important pour la cohésion politique globale, mais je n’y peux rien. Je suis trop vieux pour apprendre une nouvelle langue. [NdA : avec la grande réforme et tout le bastringue, un gouvernement mondial a vu le jour. Il est basé sur un modèle semblable à celui des Etats-Unis d’Amérique, ou de la Suisse : la plupart des anciens pays sont encore considérés comme des états ou des cantons ayant leur propre juridiction sur certains secteurs de la vie quotidienne, mais tout est dirigé par un pouvoir central basé à Rio de Janeiro et composé de représentants de chaque sous-état. Un peu comme un ONU avec un réel pouvoir. Il avait été convenu que la même langue devrait être parlée partout pour assurer la cohésion des peuples, mais il avait fallu renoncer à utiliser une langue pré-existante pour éviter de favoriser certains plus que d’autres. Cela a bien sûr fait râler beaucoup d’anglophones, qui se croyaient en majorité, et de sinophones, qui espéraient un peu faire valoir leurs droits pour une fois. L’Esperanto s’est imposé par lui-même, étant le plus commun des langages récemment inventés. On peut cependant déplorer la perte de milliers de nuances auparavant propres à certaines langues, telles le Schadenfreund, le je-ne-sais-quoi et même le kawaii. Les marins quand à eux pleurent leurs millions d’injures désormais réduites à une petite dizaine en esperanto.]
Oh bon sang… Ils retransmettent les célébrations d’aujourd’hui… Comment j’ai pu oublier que ça avait lieu le 26 ? Il y a eu les défilés de chars de fleurs, les spectacles de danse aérobatiques de rue, les matchs de démonstration de biche-volley, les concours d’écriture publiques, et tant d’autres choses qui passionnent les foules…
Ah ça, c’est toujours quelque chose de spécial, les célébrations pour l’anniversaire du président mondial Anton. Alors son quarantième, vous pensez !
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MessageSujet: Texte de Plaf   Ven 25 Mar - 23:16

Le journal d’Annette Franksiski (13 ans)

Paris – région chinoise nord


Vendredi 26 août 2050

Beurk, j’ai mal au ventre. Maman m’a encore obligé à manger ces Chocapic à l’iode chocolatée dégueulasses. « C’est pour ton bien ma petite Annette, tu sais ce qui arrive aux petites filles qui mangent pas leur dose d’iode quotidienne ? Elles se transforment en horribles petits monstres avec plusieurs nez et bouches ». Beurk. C’est pas juste, c’est à cause de cette explosion de centrales en 2022 ou je sais pas quoi. Je leur ai déjà demandé à mes parents ce que ca peut leur faire de se protéger de la radioactivité. A quoi bon ? Elle va rester encore des milliers d’années ! Moi je m’en balance, quand je serai vieille l’humanité aura disparu, c’est Jessica qui me l’a dit.
Jessica c’est ma nouvelle meilleure amie. On discute tous les soirs sans arrêt sur Facebook World, avec la dernière version de l’Iphone 42. C’est super ils ont amélioré la discussion par la pensée, plus besoin de tenir le téléphone à moins de 20 centimètre pour télé-discuter, il suffit de se synchroniser avec le téléphone avant le télé-appel. C’est génial, j’aide ma mère à faire la cuisine des pilules du soir et en même temps je raconte mes dernières histoires de cœur à Jessica. « A quoi tu penses encore ? Tu fais tout de travers ! Ne me dis pas que tu es encore sur Facebook en même temps que tu mets le couvert ! Si ca continue avec papa on va t’interdire tout ca. En plus les ondes c’est mauvais, ils l’ont dit aux informations ».
Pff, ils l’ont dit aux informations. J’ai que 13 ans mais je comprends mieux le monde que mes parents. Depuis que la France a été annexée par la Chine, on nous raconte que des bobards. C’est M. Baral, le professeur d’Histoire, qui nous l’a dit. Il paraitrait que bien avant que je sois née, encore bien avant la Grande Guerre, la France était dans ce qu’on appelle l’ancienne Europe et tout le monde payait avec une monnaie identique dans ce grand continent. On votait des lois et y’avait les lois de la France et celles de l’Europe. Maintenant les chinois ont un droit de regard sur notre pays et peuvent faire annuler ou voter des lois. Les gens ils croient que c’est comme avant mais ils se rendent pas compte, qu’il dit Monsieur Baral. Ils voient pas qu’on nous ment tout le temps et que aux informations on nous dit que ce qu’on veut bien entendre. M’enfin je m’en fiche de tout ca, y’aura bientôt une nouvelle Grande Guerre et tous les enfants seront orphelins (tant mieux, j’ai pas été gâtée niveau parents). C’est Jérémy qui me l’a dit à la récré.
Jérémy c’est mon nouveau petit copain depuis hier. Il veut se marier. Je lui ai dit oui pour l’instant mais pas avant 15 ans, qu’on soit tous les deux majeurs. De toute façon, à 15 ans je prends mes cliques et mes claques, et je me barre de la maison avec Jérémy. On a décidé ça hier. Je trouverai bien un travail, le chômage ca existe que dans les livres. Papa il est « ordonnateur » à l’usine qui fabrique les éoliennes portatives. On dirait que c’est bien mais j’ai compris que c’était un poste bidon, il doit aller au centre de commande tous les jours entre 12h et 13h vérifier le travail des robots, appuyer sur quelques boutons et il rentre. Avec les 4h / semaine légales de travail, je le vois tout le temps traîner à la maison, devant le poste de 3Dvision. Dire qu’il a fait bac + 12 pour décrocher ce poste et qu’il en a jusqu’à la retraite, à 108 ans. Ca me déprime. De toute façon, avec le communisme imposé par les chinois, on gagne tous presque le même salaire maintenant il a dit Monsieur Baral, à quoi ca sert de travailler à l’école alors ?
Bon je vais te laisser mon petit journal. Y’a maman qui veut que je l’accompagne au centre génétique pour choisir la couleur des yeux et la forme du visage de ma future petite sœur. Je lui ai dit, « tu veux pas laisser faire la surprise ? », elle m’a répondu « ah non ! j’ai laissé faire le hasard pour toi et regarde-toi ! ». Je la déteste. De toute façon je me barre à 15 ans.
Encore une journée de plus qui sert à rien, je me demande bien à quoi ca sert d’écrire encore dans ce journal ? Au fond de moi je le sais, ca me sert à me sentir libre…

Samedi 26 août 2050

Je suis dégoûtée. C’est fini avec Jeremy.


Annette
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thefreap

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MessageSujet: Re: Les réponses   Dim 27 Mar - 8:47

Annette, je compatis. de toute façon, c'était un salaud ce Jérémy. il ne te méritait pas. Je soupçonne ton auteur d'avoir fait un plagiat honteux mais bien vu quand même d'une oeuvre parue 100 ans auparavant.
Jérome, jérome, Jérome... une bien belle oeuvre remplie d'utopies ma foi fort agréables mais qui risquent de rester oeuvres mortes malgré toute ta bonne écriture et ta réelle volonté de sortir des sentiers battus.

Bravo les retardataires, ce fut agréable à lire en ce... Mon dieu, dimanche matin, sept heures (complètement taré)
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Ana

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MessageSujet: Re: Les réponses   Mer 30 Mar - 15:56

Eh Plaf, très actuel!!! je vois que nous sommes tous rassurés face au futur et aux directions qu'il est en train de prendre !


heuuu sinon j'ai le droit de poster ca là? tant pis si non!
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MessageSujet: Re: Les réponses   

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