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 enfin les réponses

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Ana

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MessageSujet: enfin les réponses   Ven 24 Juin - 11:40

NON JE NE RALE PLUS
J AI ENFIN EU 5 SUJETS (par différentes voies ! )
MAIS MON ORDI A PRIS UNE PLUIE TROPICALE MERCREDI
APRES UNE FETE DE LA MUSIQUE TROP ARROSEE
LUI AUSSI FUT TROP ARROSE
ET CE N EST PAS TRES PRATIQUE

ALORS EST CE QUE JE DIFFUSE CE WEEK END
OU ATTENDS JE LUNDI POUR AVOIR AUSSI CELUI DE DERZIA ?

PARCE QU ILS SONT BIEN CES TEXTES!!!!!!
CA FAIT PLAISIR DE VOUS LIRE!
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Jérôme

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MessageSujet: Re: enfin les réponses   Ven 24 Juin - 14:20

Woo-hooot! Vivement qu'on puisse les lire!
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thefreap

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MessageSujet: Re: enfin les réponses   Ven 24 Juin - 14:42

Boarf; on est plus à deux ou trois jours prêt mais effectivement, bien impatient de lire les oeuvres...
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le chat des voisins

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MessageSujet: après le beau temps la pluie   Ven 24 Juin - 15:53


Ça me fait penser à ces déserts où il pleut vraiment très rarement.
Tu crois que c'est la mort, pas un chat, pas une plante, rien...
Mais en réalité, il y a des graines (de génies) enfouies sous les plaines oranges...
Et tout d'un coup, il pleut... Enfin... et là tout s'agite, ça pousse, ça ressurgit...
Et t'as intérêt de sortir de ton trou parce que si tu ne te repointes pas pour la seule averse de l'été tu meurs...

Comme quoi la sècheresse peut tuer un forum.
Et oui...

Bon, Derzia, Lundi, quel temps il fait ?
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thefreap

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MessageSujet: Re: enfin les réponses   Lun 27 Juin - 22:53

Les réponses, les réponses ou je fais la lippe et je vous averti, c'est impressionnant!
Evil or Very Mad
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Orlamonde

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MessageSujet: Re: enfin les réponses   Lun 27 Juin - 23:54

J'arrive une demi-heure après, tiens The freap et déjà là.
Je me joins à lui avc ma pancarte : LES REPONSES ! LES REPONSES !


Alors Derzia tu as eu le temps de participer ? Et si ce n'est pas le cas, je rappelle que tu peux toujours poster une participation plus tard mêmes quand les réponses ont été postées- (D'ailleurs The Freap chympa ta partichipation au chusset "chaussures sur la chaussée" ! )
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Ana

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MessageSujet: Re: enfin les réponses   Mer 29 Juin - 18:12

Tant pis Derzia je publie, ne pompe pas les idées des autres (héhé). Il va falloir que j'y arrive vite, de l'ordi de la bibli municipale, où il a fallu que je me réinscrive pour avoir accès à internet afinde satisfaire votre envie dévorante de lire les réponses (et ceci avant que je parte en vacances vendredi!!)
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Ana

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MessageSujet: [b]by the freap 'torché en une heure sans brouillon'[/b]   Mer 29 Juin - 18:13

Je marche. Je déambule, seul, dans cette belle ville. Les lueurs des lampadaires marquent mon passage devant et derrière. Je croise d'autres personnes. chacune a sa vie. C'est ainsi et c'est bien.
Je marche et je souris. J'ai tout lâché depuis cinq mois déjà et je ne regrette rien. J'ai tout lâché depuis cette fameuse nuit et depuis, je revis. Je regarde le monde différemment. Les jours ne sont plus les mêmes et les nuits sont devenues mes alliées. Moins de contraintes, plus de libertés. Je vis pour moi et moi seul. J'obéis à mes instincts et je déambule. Ces pavés sont tous gris mais je les trouvent beaux. Un millier de ces petits cailloux, patiemment posés forment un ensemble parfait. Jamais, auparavant, je n'aurais regardé cela. Ma nouvelle condition me le permet.
Je marche et j'admire. Les toits des maisons sont comme d'agréables parapluies. D'immenses refuges pour tous. Chacun devrait avoir le sien. Ce n'est pas encore le cas mais cela arrivera un jour. Il le faut, je le veux. Les tuiles rouges s'amusent à déverser sur les passants malchanceux les fines gouttes de la dernière pluie. Une larme du ciel tombe sur mon col. Elle explose en une multitude de petites soeurs, tellement semblables et différentes. Je vois, au travers de chacune d'elle, un arc en ciel, reflet de mon coeur. Je n'ai plus de haine, je n'ai plus de peur.
Je marche et je repense à avant. Avant ma nouvelle naissance. Journée rythmée par le travail, rythmée par les impératifs de la vie d'un homme normale. Pas désagréable, non, mais fade, plate, humaine, tout simplement. Se battre pour manger, gagner de quoi aller au ciné et une bonne bouffe une fois par mois. Payer les charges, les traites, les dus à chacun. Oublié tout cela.
Je marche et je croise encore et toujours ces gens de tous les jours. Ceux qui courent, ceux qui rêvent, ceux qui travaillent, ceux qui s'éloignent et ceux qui se rapprochent. Ils sont comme moi mais tellement différents. Je savoure un peu plus ma chance toutes les secondes de mon existence. Ils ne me connaissent pas, ils ne savent pas mais moi, je les connais, tous. Je sais ce qu'ils sont, ce qu'ils pensent.
Je marche et je sais que je suis le plus heureux des hommes. J'ai rêvé d'être un oiseau, un millionnaire, un homme politique mais rien de tout cela n'aurait pu valoir ce que je suis devenu. Il y a cinq mois, j'ai changé de peau. J'ai ouvert les yeux et depuis, je marche, je cours.
Je marche et je m'aperçois, je constate que je suis un veinard. Personne avant moi n'a éprouvé ce sentiment et franchement, pour rien au monde, je n'échangerai cette sensation contre autre chose.
Je marche avec ma parka kaki, j'ai une paire de rangers aux pieds et un sac à dos rempli de mes envies et de mes utopies. Je n'ai besoin de rien d'autre. Pas de logement, pas de voiture, pas d'argent, pas de sécurité sociale. Uniquement mes pieds, mon cerveau et mes habits. Le reste, je le trouve au gré de mes pérégrinations. Cinq mois que je marche, à vivre des autres, à découvrir le monde, à aider, soulager, secourir, aimer.
Je marche et je repense à cette nuit, celle du 6 mai 2010. Cette nuit où tout a changée. Cet orage, cet envie de tout plaquer, d'en finir. Ce cerf volant dans le ciel. Dernière image du monde d'avant, un éclair, un long fuseau de lumière parcourant le filin. je n'ai pas eu mal, pas eu le temps.
Je marche et je suis officiellement mort ce jour là. J'ai tout perdu à ce moment là pour avoir le droit à une seconde chance.
Je marche et je repense à mon réveil, dans ce cercueil. J'ai vite compris et je n'ai mis longtemps à en sortir. Une force incroyable m'a fait soulever le couvercle, malgré le poids de la terre. Je n'ai eu que quelques instants pour me décider, revenir parmi les vivants ou disparaître. Quelque chose avait changé en moi. Je ne serai plus jamais Fred, juste quelqu'un. Tout mon être me disait que j'étais métamorphosé.
Je marche et je me dis que cette nuit là, j'avais décidé de changer le court du monde. Sale et puant d'une mort qui n'avait pas voulue de moi, je rebouchais rapidement le trou et je m'enfuyais, effrayé et excité par cette nouvelle vie, vierge de toute complication, sans rien devoir à personne. Je suis resté cinq jours abrité sous un pont, dans une campagne lointaine. cinq jours pour découvrir que Fred était mort. cinq jours pour décider que je serais celui qui voudrait bien renaitre. J'avais toute une vie pour me connaître, apprendre à me découvrir et contrôler mes pouvoirs.
je marche et je commence tout juste à maitriser certaines particularités de ma nouvelle personnalité. je n'ai plus besoin d'argent, il me suffit de demander aux gens. ils m'obéissent. C'est parfois dur de résister à ne pas abuser de cet état de faît. C'est pénible de ne pas devenir un monstre. Mais quel pied, mes amis, quel pied! Et cette force incroyable! S'il n'y a personne pour m'ouvrir une porte blindée, je l'arrache.
je marche en attendant de me trouver un but. Je ne veux pas mettre mon pouvoir au service de n'importe quoi. Au début, excité, j'ai voulu jouer les redresseurs de tort. J'ai... incité certaines personnes à abandonner des postes à responsabilité. Je me suis exercé sur l'Elysée. j'ai trié certains papiers et obligé le nain à démissionner de son poste à responsabilités. grossière erreur, c'st le borgne qui l'a remplacé. j'ai alors compris qu'il fallait réfléchir. Mes pouvoirs ne me donnent pas accès à tout. Par ma faute, les gens qui souffrent sont encore plus nombreux.
Je marche, incognito, dans cette belle ville. Je savoure ma nouvelle liberté, faîte d'insécurité mais protégé par mes pouvoirs. Je veux juste aider. Ce sera mon nouvel Eldorado. Partir là où le malheur sera trop fort pour une âme perdue et l'aider. Le travail ne manquera pas mais la tache sera d'autant plus agréable.
Oui, les amis, je marche et je pars, seul, puissant et rien ne m'arrêtera.
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Ana

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MessageSujet: DE JEROME!!!   Mer 29 Juin - 18:18

Personnalités multiples.



Alors ainsi on peut désormais devenir quelqu’un d’autre, à volonté ? Bien bien bien. Mais ce serait dommage de se limiter à une seule personne. Pourquoi rater cette occasion de se choisir soi-même ?
Comme la légende veut que je possède 17 personnalités différentes [1], je vais tenter d’exposer 17 autres mois que j’aimerai essayer si l’occasion m’en était donnée.
Commençons fort.

Premièrement, Dieu. Tout simplement. En parlant de « ne pas se limiter », c’est dur de faire mieux. Être le créateur originel, le tout, l’Unique. La personne la plus importante de l’univers. L’univers lui-même, même, en fait. Être en même temps omnipotent, omniprésent, omniscient, et quand même arriver à faire croire aux stupides bipèdes terrestres qu’ils ont le libre arbitre [2].
Quel Dieu ? Celui des juifs, des chrétiens, des musulmans, des mormons, des témoins de Jéhovah, des suivants de Poséidon ? Hum, dure question. J’aurais bien dit « tous à la fois » et me marrer en disant à chaque peuple qu’il est le peuple élu et que tous les autres ont tort, mais ce serait vite lassant. Je pense que je laisserais la Terre macérer dans son coin pour m’occuper de choses plus amusantes, notamment triturer les lois de la physique. E=Mc², T=fxN, I=U/R, ne trouvez-vous pas que c’est barbant à la longue ? On pourrait mettre de la variété. Je ferais bien varier la vitesse de la lumière en fonction de la couleur (le bleu devrait aller deux fois moins vite que le rouge, surtout le vendredi), les électrons devraient avoir le droit de s’installer bien au chaud dans le noyau atomique, la gravité pourrait dépendre de la température, l’amour devrait avoir ses propres unités et équations (il paraît que ça fait tourner le monde après tout), [3] et je trouverai bien un truc une fois Dieu pour physiquement empêcher les araignées d’être possibles. Non mais.
Et je testerai jusqu’à ce que je trouve s’il est possible pour Dieu de créer un univers où même Lui ne pourrai pas exister.

Hum, je n’aurais pas dû commencer aussi fort. C’est une erreur scénaristique, on est supposé aller crescendo. Tant pis, passons au deuxième.

Maître du monde. Tout simplement. Je ne vais pas m’étendre là-dessus, j’ai déjà répondu au sujet 32 de Vinz.

Au rythme où ça décroit, la dix-septième entrée sera « je veux être un ver de terre mort »… Alors, troisième idée…

Être un chat ne serait pas mal. Pas un chat de gouttière, un chat errant ou un chat-ingrédient-de-cuisine dans un pays où on manque de lapin, bien sûr. Un chat choyé dans une maison cool sans gosse, avec des maîtres sympas qui achètent du shéba top qualité voire même de la viande chez le boucher spécialement pour leur cha-cha minou. Une maison de profs de français ou d’écrivains, des calmes qui lisent des livres et ne mettent pas la télévision trop fort. Faire des siestes de dix-huit heures est un boulot à temps plein, et je ne voudrais pas être distrait d’une si importante carrière par des bruits importuns, vous comprenez ?
Entre deux siestes éclair de dix-douze heures je sortirai bien sûr chasser. Les souris sont des crâneuses, elles passent leur temps à parader dans les champs en transportant des morceaux de fromage, des céréales et des bouteilles d’anticorps volées aux laboratoires [4]. Il faut parfois les réveiller en les coursant à fond à travers la campagne, et en dévorer une ou deux pour l’exemple.
Et puis on n’a jamais assez de chats pour faire enrager tous ces chiens de jardins, en se postant juste au-delà de la portée de leurs crocs et en les regardant droit dans les yeux d’un air moqueur. Allez, vas-y toutou, fait ton ouaf-ouaf de crétin.

Puisons un peu dans l’imaginaire maintenant.

En cinquième je me verrais bien un nain. Pas le nain du lancer de nain, hein, ni Passe-Partout de Fort Boyard. Je parle des nains barbus en armure du Seigneur des Anneaux, de l’Heroic-Fantasy, de l’Epic-Fantasy… Je veux avoir une barbe tressée aussi grande que moi, passer mon temps libre à boire de la bière (surtout de la Tueuse d’Elfe) ou à creuser ma mine, à chanter des chants racontant la gloire passée de mon peuple et sa richesse avec mes potes nains, à raconter des blagues sur les elfes (c’est un elfe qui entre dans une mine où ya un nain avec une hache et SCHLAC l’elfe…), à compter mes pièces d’or… [5]
Je veux juste une fois sortir de ma mine et aller dans une taverne des villes de la surface (pour fêter par exemple la découverte d’un nouveau filon d’or dans ma galerie sud) et rencontrer une bande d’aventuriers qui auraient besoin de moi et de ma hache de combat, partir à l’aventure, braver les dangers du chemin, maraver les gobelins et les orcs, trancher menu les agents du mal, secourir les gentils en détresse et trouver un trésor immense dont la plus grosse part me reviendrait (parce que, bah, parce que !) et ainsi revenir chez moi couvert d’or et de gloire. Et dans deux générations, ce seront mes exploits qui seront chantés par mes descendants en train de creuser dans mes mines.
« Heureux qui comme Kakeukh le preux est allé défier le dragon de la montagne bleue-marine et lui a flanqué un bon coup de hache dans le nez… »

Pour résumer je veux être petit, riche, nerveux, bling-bling… Argh, mais c’est Sarkozy, ça ! Passons au 6e.

Mener la belle vie de pilote de chasse… Dans la marine spatiale ! Piloter un chasseur allant à mach50 dans l’espace profond, défendant les valeurs terriennes contre la racaille de l’univers, les gros aliens verts baveux, les pirates de l’espace, les cultistes de la Nova Apocalyptique, les cyborgs du futur et les sarkozystes du passé dans leurs combinaisons temporelles bling-bling ! Frôler les astéroïdes lors de folles poursuites, défendre les colonies lointaines lors de guerres intergalactiques, draguer les aliennes bleues en bikini dans les spatiobars entre deux missions, blaguer avec les potes juste avant de repartir combattre et de les voir crever sous mes yeux en criant « Noooooooooooon ! » avant de buter l’ordure responsable à grands coups de lasers dans les dents…

Maintenant que j’y pense, le 7e choix est facile.

Mener la belle vie de pilote de chasse… Dans la marine spatiale, mais en étant un nain d’Epic-Fantasy ! Pareil qu’avant mais avec une hache sous le siège du pilote (réhaussé, car un nain est aussi petit qu’une Lapalissade), plus de bière et avec des blagues concernant les aliennes bleues en bikini « qui ressemble à des elfes, haha ! ». Et bien sûr à chaque fois qu’un combat se déroule au-dessus d’une planète, il y aura un atterrissage forcé et un combat acharné pour ma survie à grands coups de hache-laser dans la tronche de ces fichus cyborgs.

Ou alors je pourrais juste écrire une telle histoire…

En huitième possibilité, on trouve l’écrivain à succès, mondialement connu.
« Le Stephen King français » comme on m’appelle alors. « Celui qui a donné ses lettres de noblesse à l’Heroic-Space-Epic-Fantasy-Fiction ». Et oui, car après avoir connu le succès avec la parution de deux sagas en collaboration (Plaf pour The Saga Of The Mort Qui Tue, qui avait pulvérisé les records des Harry Potter pour sa première édition, et Stargate CP1 avec Nouni et Greges, qui avait donné naissance ensuite à trois séries dérivées et huit films ayant raflé collectivement quatorze oscars), j’ai confirmé que les Lorrains aussi savent écrire des trucs ne parlant pas de vaches ni de mines de charbon. Mon premier roman en solo, « Quarkeukh, le nain de l’espace », a été traduit en 287 langues et s’est vendu à plus d’un milliard d’exemplaire (j’avoue, c’est uniquement dû au fait que le bouquin est sorti sous huit couvertures différentes et que les collectionneurs voulaient les avoir toutes, en double – huit pour la collection, huit pour lire). Alors bien sûr, la saga de « Capitaine Georges et son vaisseau téléporteur » est ensuite resté pendant deux ans et demi numéro un de la liste des best-sellers du New-York Times, c’était évident. Cela m’a permis de publier des romans plus personnels (« Jérôme, sa vie, son œuvre », « Raison, Sentiments et Microscopie Multiphotonique », « Je ne suis pas Sparafucile : histoire d’un auteur de CP1 incompris », « Pourquoi j’aime les chats – avec illustrations » et « Foutez-moi la paix avec vos gâteaux qui puent – Deux ans en Allemagne ».) et de me reposer un peu en vivant de la vente de mes livres.
J’en profite donc pour donner des conférences aux quatre coins du globe, dans des facs, des lycées, librairies, pour expliquer aux jeunes générations que la bonne façon de devenir célèbre n’est pas de faire le con devant une caméra [6] mais de s’appliquer dans ce que l’on fait. Et bien sûr de mettre assez de violence et de sexe dans ce qu’on écrit, sinon ça ne se vend pas. [8]

Ce qui nous amène donc à la neuvième idée…

J’aimerais être acteur de porno.

Non, en fait. Pas du tout.

Et tant qu’à dire des choses ridicules, en dixième position…

J’aimerais bien être le narrateur de ce texte. C’est classe. Quelle diction, quelle facilité d’élocution, et puis regardez-moi ce texte en italique, mais c’est fou comme c’est tendance !

Vil flatteur, va. Tihi !

En onzième position j’ai pensé à quelque chose d’assez évident, car on en parle de plus en plus ces derniers temps. En tout cas on en fait des tas de films.
Superhéros. Bah ouais. Protéger la veuve et l’orphelin, mettre les superméchants en prison (en attendant leur évasion prochaine), jeter des voitures à la gueule des nazis, voler dans les airs pendant que des quasi-aveugles se demandent si je suis un oiseau ou un avion [9]… Tous ces trucs.
Peu importe que je sois le premier de mon monde, comme dans Spider-man (le film), ou un parmi d’autres, comme Spider-man (le comic). Peu importe que je sois solitaire à la Batman ou en groupe à la X-Men. Peu importe le superpouvoir en fait, que ce soit une armure robotisée à la Iron-man, une invulnérabilité-superforce-vision X-souffle froid à la Superman, un facteur de régénération à la Wolverine, ou la faculté d’invoquer des toasts grillés à la perfection à partir de rien comme ToastMan. Le plus important est d’avoir un pouvoir, de l’utiliser pour le bien, et de porter un costume ridiculement homo-érotique en spandex sans bonne raison. Enfin… Tant que je n’ai pas le fameux superpouvoir de « Parler avec les poissons ». Heh, Aquaman, femelette…

Et sinon, à part les superhéros, il y a…

Ah, oui, supervillain en douze. C’est pareil, avec les superpouvoirs, les superpotes [10], les combats épiques pleins d’effets spéciaux en postproduction, sauf qu’on n’a pas besoin de s’inquiéter pour les veuves et les orphelins (le boulot c’est même d’en faire le plus possible en fait) et que les costumes sont en générale plus cools. Et puis j’ai toujours aimé les plans ingénieux de conquête du monde (avec ou sans point faible évident).
En plus, comme bonus dans la vie de supervillain, c’est qu’on sait qu’en face ils essayent de ne pas nous tuer. Alors que nous, hein, on ne se gêne pas… Mouahahahahahaha !
Piller les banques, détourner les avions, faire évader les copains, déclencher des vagues de terrorisme, devenir président des Etats-Unis avec un déguisement réussi, etc… Ce serait pas mal !

Tiens, en parlant de films qui font fureur en ce moment…

Survivant de l’apocalypse zombie, tiens. Ce serait bien en treizième. Certes, errer dans un monde sans vie, en évitant de se faire bouffer par des non-morts, avec la menace constante de chopper une maladie plus grave que le rhume (à pu hôpital), on pourrait trouver ça glauque. Désespérant. Horrible. Incitateur au suicide. Mais bon, il faut relativiser : quand on est dans ce cas, on a prouvé qu’on était mieux que les 99,9999% de la population qui se fait misérablement dévorer et/ou massacrer ! Haha, pendant qu’ils couraient vers les hôpitaux, les postes de police et les casernes de l’armée (nom de code « Buffet pour zombies »), il suffisait de se cacher dans un arbre et de ne redescendre qu’une fois la horde partie ! Après ça, plus qu’à ramasser une arme (silencieuse), des provisions (sans emballage bruyant), et à s’en aller (sans bruit) ailleurs.
Plus de problèmes de parking, plus de voisins emmerdants, plus de pubs à la télévision, plus de témoins de Jéhovah, plus de mobylettes… L’enfer de certains ressemble à mon paradis. Et ce n’est pas l’occasionnelle trépanation de zombie qui me fera changer d’avis.

Le dernier homme sur Terre, hein ? Pourquoi pas après tout. Oméga man… Et sinon, alpha man ? Ca ne te tente pas ?

Le premier homme sur Terre en quatorzième ? Oui, ce serait une idée. C’est un fantasme que j’ai depuis tout gosse : être le premier à me balader là et tout découvrir et nommer. Je m’étais souvent demandé comment les choses avaient trouvé leurs noms, qui le leur avait donné, et j’aurais bien aimé avoir cette tâche.
« Tiens, un machin qui bat les bras dans le machin bleu… Je vais appeler ça… Un oiseau ! Oui, c’est bien, oiseau. Ca roule sur la langue. Et les bras tout plats on va dire que ce sont des ailes. Oui. Et puis l’oiseau, euh, vole ! Il vole avec ses ailes dans le… Ah ben je n’ai jamais donné de nom à ça… Hum… Dans le Gewürtz ! Ou non, plutôt ciel, ce sera moins dur à épeler une fois que j’aurais inventé l’écriture. » [11]

On dit que celui qui nomme un objet ou un animal détient un pouvoir sur lui, et que c’est pour cela que l’Homme donne un nom à tout ce qu’il rencontre…

Ah, oui, un sorcier aussi. Un magicien. Comme Merlin, Gandalf, Henri Pottier, tout ça… Pouvoir manipuler le réel, lancer des sorts, être brûlé comme hérétique, créer des illusions, effrayer les paysans du coin… [12] Le truc vraiment gênant avec ça c’est qu’il faut des années (des siècles ?) d’apprentissage de la magie avant de pouvoir manipuler les sorts de tornade de feu ou d’invocations d’élémentaux. Avant, on doit se contenter de faire léviter des plumes ou de transformer des princes en crapauds, des trucs bien inutiles. Enfin bon, tant pis…

Courage, on arrive à la fin.

Ah, ça se sent que je suis à court d’inspiration ?
Bon, en seizième, j’aimerais être un de ceux qui savent. Être dans le secret. Connaître la vérité.
Laquelle ? Celle des X-Files. Je veux faire partie des Men in Black, ou plutôt des chefs des Men in Black (l’homme à la cigarette donc ?). Je veux savoir si on a vraiment contacté les aliens, si les crop circles c’est des conneries, si le monstre du Loch Ness n’est pas qu’une maquette, si le Migou hante l’Himalaya, si Elvis est réellement mort, si Michael Jackson danse encore quelque part, qui a tué JFK, qui était Jack l’Eventreur, ce qu’il y a réellement ua fond des océans…
Y a-t-il des alligators dans les égouts ? Qu’était la bête du Gévaudan ? Le projet Philadelphie concernait-il les dimensions parallèles, la téléportation, le voyage dans le temps ? Pourquoi ne trouve-t-on que « ballon météo » comme excuse à la con pour expliquer les crashs aliens ? [13] Le triangle des Bermudes est-il réellement plus étrange que les zones terribles de la Mer de Chine ? Pourquoi les Allemands font-ils semblant d’avoir une langue à eux alors qu’en fait ils font semblant ? Qui a ordonné le meurtre de Lady Di, et de qui était-elle réellement enceinte ? (Pas un homme-lézard, eux c’est après Britney Spears qu’ils en ont.) Ben Laden est-il réellement mort récemment, ou bien était-il congelé quelque part depuis 2003 ? Qui était cet acteur qui a fait semblant d’être un président attardé appelé Georges W. Bush pendant huit ans ? Qu’y a-t-il réellement comme ingrédients dans le Coca Light ? Combien de cosmonautes sont morts dans un secret absolu pendant la guerre froide ? Est-ce que Soleil Vert c’est vraiment des gens ?
Je veux savoir tout ça. Je veux avoir accès aux documents non censurés, aux vidéos réelles, aux enregistrements non coupés, à la salle de maquillage de la Maison Blanche (si comme je le crois Barrack Obama n’est pas noir mais alsacien)…
Et puis je veux avoir accès au sérum de croissance instantanée, et l’agiter sous le nez de Sarkozy en chantant « et toi t’en auras pas, nananananèreuh ! ».


J’ai gardé mon vrai choix pour la dernière position.

Si je n’avais qu’une possibilité d’être un autre, de vivre une autre vie, ce serait…
Être un idiot. Un imbécile. Un crétin fini. Le genre d’abruti dont il est évident pour tout le monde qu’il n’a pas inventé l’eau tiède à couper le beurre, mais qui est mystérieusement incapable lui-même de s’en rendre compte. Pas un idiot qui s’excuse, « je suis désolé mais je n’ai pas très bien compris », pas l’idiot rigolo que l’on peut voir dans les films (« Hihi, t’as de bons yeux pour voir que c’est une mouche et pas un mouche »), non. Le sombre idiot. Le genre d’abruti qui fait baisser la luminosité de la pièce rien qu’en y entrant et qui donne leurs sens aux termes de «obscurantisme » et par opposition « individu brillant ».
Ne pas réfléchir, tout simplement. Ne pas essayer de comprendre. Là où dans la vraie vie je ne peux m’empêcher de me demander comment tout marche, tout fonctionne, quelle est l’origine ou le but final, j’aimerais juste me dire « M’en fous. », voire même ne rien me dire du tout. Ne même pas me rendre compte qu’il y a des questions à se poser.
J’aimerais que ça aille au point que j’insulterai les conducteurs d’ambulances qui mettent leurs sirènes pour me dépasser. « Nan mais sont fous avec leur bruit de cons, là ! Et puis moi aussi chuis pressé, foutez-moi la paix ! » Sans songer un instant que la vie de quelqu’un est sans doute en danger, sans me demander s’ils arriveront à temps, sans même avoir le petit réflexe de conduire moins vite après que l’ambulance soit passée.
J’aimerais pouvoir me réjouir à l’avance du match de foot du soir, à l’idée de la branlée que « on » va mettre à l’équipe adverse. Parce que oui bien sûr je participe, hein ? Après tout j’ai allumé la télé.
J’aimerais pouvoir accepter avec soulagement l’argument « C’est la faute aux immigrés ! » qui explique tous les problèmes de la vie. C’est la faute des bronzés si la sécu est dans le rouge, s’il y a moins de boulot, si tout est plus cher, si les rues sont devenues dangereuses la nuit – car il y a cinquante ma bonne dame on pouvait sortir la nuit sans avoir peur de se faire attaquer, on pouvait sortir de chez soi sans fermer la porte, on ne se faisait pas tuer ni violer, tout le monde le sait, mais maintenant il y a les jeunes maghrébins à scooter – et tout redeviendrai rose si on les renvoyait chez eux.
J’aimerais pouvoir diviser le monde en blanc et noir, en bon et mauvais, en eux et nous, en tout l’un et tout l’autre. J’aimerais avoir une vision manichéenne sans même savoir qu’il y a un mot pour ça.
J’aimerais croire qu’en achetant cet appareil et en l’utilisant dix minutes par jour pendant deux semaines je deviendrais le sosie de Chouarzanaga… Shwartnzege… Chouartzie… Le gars, là, gouvernator.
Ce serait cool de croire avec certitude que les savants (et ce mot évoquerait toujours une tête à claques avec des dents de lapin et des grosses lunettes, avec une fiole pleine de liquide bleu dans la main et une blouse blanche trop grande sur les épaules) sont juste des connards qui inventent des bêtises, comme l’évolution ou le réchauffement climatique, juste pour emmerder les gens normaux. Ils sont jaloux, ces têtes d’ampoules.
J’aimerais pouvoir croire sans réserve à des enseignements religieux. Oui, les homos sont des créatures de satan, oui j’irais au ciel si je donne mon fric au curé/rabin/prophète, oui Dieu est juste et bon et si t’es pas d’accord t’iras souffrir toute l’éternité dans le feu éternel même si t’étais sympa de ton vivant.
J’aimerais ignorer totalement ce qui se passe dans mon propre corps. Les réactions chimiques, les mouvements automatiques, les perturbations physiques… Oui parce que oui, quand je vois une jolie fille je peux aussi « voir » ce qui se passe en elle, et, euh, c’est moins bien, du coup. Mesdemoiselles, votre système limbique est tout sauf charmant, et je passerai sur votre système digestif sans le citer.
Ca rendrait les films hollywoodiens plus regardables, soit dit en passant. Conservation de masse, d’énergie, d’élan ? Peuh, les films d’action s’en foutent.
Franchement ce serait reposant de s’arrêter à la première impression. D’arrêter son jugement une fois la première version exposée. Par exemple, lors d’un débat gauche-droite, être toujours d’accord avec celui qui parle le premier. C’est toujours celui qui parle en deuxième qui ment, parce qu’il ne dit pas la même chose. (Ou, alternativement, croire celui qui crie le plus fort. C’est toujours plus reposant que de « réfléchir ». Puis ça sert à rien, réfléchir, c’est un truc de centriste, ça pue.)
J’aimerais pouvoir traverser la vie en estimant être toujours dans mon droit, toujours avoir raison (mais sans réfléchir afin d’essayer d’arriver à une conclusion censée), toujours être juste.
En parlant de traverser, j’aimerais pouvoir utiliser la caisse « moins de dix articles » avec plus de vingt trucs dans mon caddie en me justifiant sans ironie d’un « Mais je suis pressé, MOI ». Bah ouais. Les autres sont juste là pour faire chier. Et barrez-vous les vieux, vous avez le temps de passer après. Et puis pareil pour me garer sur les emplacements interdits. Non mais.
Ouaip. J’aimerais être un idiot et un connard. Ce serait plus reposant. [14]



[1] selon un recensement daté des années 90. Le nombre a depuis changé, et surtout maintenant la plupart ont un nom autre que « Jérôme », c’est mieux rangé ainsi. Signé : Auteur, sa partie créative.

[2] si Dieu a crée le monde et est en même temps omniscient et omnipotent, alors il l’a crée, forcément, de façon à ce que tout se déroule tel qu’il s’est déroulé (même le fait de manger le fruit défendu). C’est le déterminisme extrême et l’abolition du libre arbitre et du hasard. Et c’est Sa faute si votre équipe de foot a perdu dimanche dernier.

[3] En plus, comme le chantait John Lennon, « All unit is Love… Tin tin tin tintin… »

[4] C’est notre théorie actuelle pour expliquer la disparition des anticorps, que l’on avait pourtant bien rangés. Foutues souris.

[5] Je passe déjà certaines soirées de ma vraie vie à compter et recompter mes pièces. Je blâme les BD Picsou que je lisais et relisais étant jeune.

[6] Il n’y a pas de mots. Pas de concept. Je chie tellement fort sur la télé-réalité et ses dérivés que j’en déforme le continuum espace-temps et que j’en chie dans la bouche de sa mère. Désolé, mais il fallait que ça sorte. [7]

[7] Je… Je n’ai pas fait exprès ce double sens.

[8] Bien sûr, « Les aventures érotiques de la Princesse Leia et de Fouffi son dromadaire extraterrestre » ont été publiées sous un nom de plume. *S’en va en sifflotant d’un air innocent.*

[9] « C’est un oiseau ! » « C’est un avion ! » « Non, c’est Superman ! Par contre, bande de nazes, pourquoi vous vous mettez à crier dès que vous croyez voir un oiseau ou un avion ? » « Euuuuh… »

[10] J’aimerais bien prendre un brunch avec Magnéto, Lex Luthor et Doc Oc. La conversation serait passionnante.

[11] En tout premier il faut inventer le langage, mais rien n’oblige d’inventer tout de suite les règles à la con, les exceptions et le subjonctif du plus-que-présent.

[12] Et prendre le brunch avec Hermionne Granger. *Sifflote*

[13] S’il y avait réellement autant de ballons météo, ils ne se tromperaient pas dans 95% des cas comme ils le font. Ils tomberaient juste de temps en temps.

[14] Bien sûr il y a toujours la possibilité que je SOIS un idiot et un connard et que je ne m’en rende pas compte. J’essaye de me rassurer en me disant qu’un vrai idiot connard ne se poserait même pas la question…

Hey, mais que voilà-t-y pas une illustration à ma réponse (surtout la dernière partie).

http://dilbert.com/strips/2011-05-18/
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MessageSujet: orlamonde ORLAMONDE ORLAMONDE   Mer 29 Juin - 18:19

L’île du chat moustachu

La deuxième fois que j’ai entendu parler de l’île au chat moustachu, c’est par le biais de ma copine Ana. Quand à la première fois, je ne parviens plus à me remémorer les circonstances mais la description qui en avait été faite m’avait fait croire qu’elle n’était que pure fantasme, petite île au nom poétique pour rêveurs du dimanche.

Elle en connaît des trucs et des gens Ana, c’est qu’elle a déjà pas mal bourlingué. Alors quand elle aussi y a fait allusion j’ai pris ça très au sérieux et je n’ai plus eu qu’un objectif : aller là-bas, découvrir cette mystérieuse île uniquement connue par un cercle de gens très fermé. Fermé le cercle, hein, pas les gens, au contraire, te vexe pas Ana. Le problème c’est que pour aller sur l’île, il faut y être invité. Ana y connaissait bien quelqu’un, elle, un organisateur de chasses aux trésors. Mais pas moyen qu’elle me lâche son prénom, à croire qu’elle voulait le garder rien que pour elle, ce gars là, et après elle me dit qu’elle s’en fiche… Gontran, Gauthier, j’ai bien essayé de la tanner mais pas moyen qu’elle crache le morceau. J’ai donc dû employer les grands moyens : une soirée au « cassoulet » (bar croix-roussien) avec parties de ping-pong enivrées. Au cours de la troisième partie et du septième verre de gewürztraminer, elle a à la fois lâché le prénom du gars et sa raquette. J’ai ensuite profité d’une absence aux toilettes pour subtiliser le numéro de son ami sur son téléphone portable.
Le lendemain j‘ai appelé le type en question (« Jules» au fait), aussitôt que je lui ai dit de la part de qui je l’appelais il n’a pas hésité à me divulguer une partie de ce qu’il savait sur l’île mystérieuse. Celle-ci était une propriété privée mais, un beau jour de 1874, son propriétaire avait autorisé à s’y installer un cercle de bons amis. Les années passant, la population de l’île avait légèrement augmenté mais le nombre d’habitants de l’île restait stable depuis une dizaine d’année. Peu de gens en connaissaient l’existence et ses habitants prenaient soin d’en préserver le secret. Lorsque j’ai abordé la question de l’invitation sur l’île le jeune homme a tout d’abord paru surpris. Etais-je bien sûr d’appeler de la part d’Ana ? Je lui ai confirmé que oui et il m’a accordé une invitation d’une semaine au début du mois de juin. (On était en novembre)

Pendant ces longues semaines, je n’ai plus fait qu’attendre. Ma vie à côté de celle qu’elle devait être sur l’île m’apparaissait tout à coup fade et sans intérêt. Même mon conjoint ne me semblait pas à la hauteur des artistes ténébreux que j’allais n »cessairement rencontrer là bas et j’eu vite fait de détruire ce que nous avions si patiemment construits. En moins de trois mois, nous étions séparés… Pour mon boulot d’instit, j’avais également perdu toute motivation et tout enthousiasme. Je me suis retrouvée en arrêt maladie à regarder la télé en mangeant des kebabs et des pains d’épice.
Quand enfin arriva le mois de juin ma vie reprit un sens. Je courus chez le coiffeur, je fis mes sacs, bien trop chargés pour une semaine mais j’avais déjà dans un coin de ma tête l’idée de ne jamais revenir.
Dans moins d’une semaine je serais là bas sur cette île ne figurant sur aucune carte ! Mais à propos de carte, comment y aller au fait ? Impossible d’y aller à pied, c’est une île. Impossible de louer un bateau avec un chauffeur puisque je n’avais le droit de communiquer son emplacement à personne. Impossible d’y aller à la nage ma condition physique ne le permettant pas surtout avec mon régime des derniers mois… Je rappelais Jules pour lui demander de l’aide. Il me dit qu’il pouvait me trouver un bateau. Par contre le trajet aller-retour me reviendrait à 3000 €. C’était le prix du secret et de mon nouveau rêve. Qu’à cela ne tienne j’ai cassé mon PEL.

Le 3 mai au matin je débarquai avec cinq autres invités sur l’île du Chat moustachu.

Il faisait beau ce jour là, et la première chose que je remarquais en arrivant c’était les vélos. Chacun circulait sur d’élégantes bicyclettes hollandaises. Les hommes portaient tous la moustache, en hommage à leur île. Quand aux femmes je ne le remarquais pas tout de suite mais elles étaient toutes en jupes longues et colorées. Ces quelques détails donnaient d’emblé un air joyeux et décalé aux habitants de ce paradis.
Aussitôt débarquée, des officiers à moustache nous délivrèrent un permis de séjour en échange de notre invitation et de 200 € par jour passés sur l’île. Je louais une chambre chez l’habitant. Le prix de celle-ci était assez exorbitant mais il fallait bien faire vivre les résidents de l’île. Et puis à quoi sert un livret A si n’est à être dépensé ?
Le bonheur se raconte t’il ? J’ai passé une semaine incroyable, profitant de la nature, me baignant dans de somptueuses petites criques. Partout des sourires, des paroles aimables, tout le monde s’enquérant de savoir d’où je venais et si je me plaisais ici. Jusqu’aux commerçants qui s’excusaient presque du prix faramineux de leurs marchandises. Les habitants auraient pu détester la quinzaine d’invités actuellement sur l’île de venir ainsi troubler leur quiétude, mais non, ils semblaient au contraire heureux de profiter de notre présence.
J’ai bien essayé de consommer au minimum mais comme j’étais conviée à toutes sortes d’endroit je ne pouvais me permettre d’arriver les mains vides. Un bouquet par ci, une bouteille par là. Sans parler de la location du vélo… J’ai passé une soirée mémorable à sillonner la ville avec les musiciens d’une fanfare, une autre à refaire le monde avec un cercle d’écrivains. Une après-midi un artiste peintre m’a proposé de m’initier à l’aquarelle et m’a gentiment vendu une de ses toiles à moitié prix. Un autre jour c’est toute une famille qui m’a invité à dîner. Je n’ai pas compris de quoi les gens vivaient sur cette île, leurs réponses sont restés évasives peut-être pour ne pas se faire plaindre ou parce que ce sont des gens de valeur qui n’aiment pas parler d’argent. L’avant-dernier jour j’ai fait la connaissance de Boris qui habite l’île depuis toujours. Ca a été un coup de foudre immédiat, fulgurant. Jamais je n’aurais pensé que je puisse être aimé par un homme comme lui. On a pique-niqué sur la plage, pris un bain de minuit puis on s’est endormis tout nus à la lumière des étoiles. Le lendemain je n’ai pas compris tout de suite pourquoi il me demandait 300 € mais je les lui ai donné de bon cœur. L’amour c’est aussi ça, aider l’autre quand il en a besoin.
Le lendemain de cette nuit si chaude était aussi le jour du départ. J’ai bien évidemment songé à rester là-bas définitivement mais les officiers m’ont expliqué qu’il y avait des quotas et que la ville n’acceptait plus d’habitant pour le moment. Cependant, je pouvais m’inscrire sur une liste d’attente. Je pouvais aussi rester quelques jours supplémentaires sur place. J’aurais bien aimé mais mes cartes bancaires n’étaient pas de cet avis. Et bien entendu je pouvais revenir ultérieurement sur l’île en tant qu’invitée. Ca tombait bien, j’avais dans mon sac l’invitation de mon loueur de chambre, de l’aquarelliste ainsi que celle de Boris.

Dès mon retour j’ai beaucoup travaillé dans le but de revenir le plus souvent possible sur « mon » île. A chacune des me deux autres visites les officiers m’ont laissé entendre que ma place sur liste d’attente diminuait de jour en jour et que dans un avenir proche je serai autorisée à m’installer durablement là-bas. En attendant le coût de la vie en tant qu’invitée était tel que j’étais obligée de faire énormément d’heures supplémentaires. J’ai aussi été obligée de vendre mon appartement pour récolter des liquidités et j’ai réduit mon train de vie de façon drastique.
Mais peu importe, le bonheur n’a pas de prix.
C’est du moins ce que je pensais jusqu’à ce que je recroise Ana un an tout pile après que j’eus débarqué sur l’île pour la première fois. Nous nous sommes assises à une terrasse (pour une fois j’allais faire une concession à mes économies et me payer un verre) et je me suis empressée de tout lui raconter. Comment grâce à elle j’avais entendu parler de cette île, comment j’avais récupéré le téléphone de son ami, mes trois séjours fantastiques passées là bas, ma vie ici qui avait perdu tout son sens.
Pendant tout mon récit, Ana n’a pas touché à son verre (c’est comme ça que j’ai senti qu’il se passait quelque chose de grave). Puis, elle m’a regardé avec des yeux plein de larmes et s’est excusée de m’avoir menée malgré elle jusqu’à cet endroit. Je me souviens encore mot à mot des paroles qu’elle a prononcées ensuite et qui m’ont broyé les intestins :
« Pardon Orla mais ton île au Chat Moustachu n’est qu’une vaste escroquerie destinée à plumer des touristes naïfs tels que toi. Les habitants vivent grâce à l’argent dépensé par ceux-ci en taxes de séjour et en frais divers. Jamais tu n’obtiendras ton statut de résidente, quand à Boris si c’est celui que j’ai croisé un jour avec Jules ce n’est qu’un goujat qui en veut uniquement à ton argent. »

J’ai payé l’addition avant de partir en pleurant.
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MessageSujet: EL GATITO NEGRO DU VOISIN!!!!!!!!!!   Mer 29 Juin - 18:21

Vendredi 18 février 2011

Annabelle mon amour,

Je t’écris cette lettre dans des conditions un peu difficiles, et si je n’arrive pas au bout c’est que j’aurais glissé dans la Saône. Si je suis là aujourd’hui suspendu à ce qui me reste de vie, c’est parce que j’ai encore l’espoir de te retrouver et qu’enfin tu me regardes avec ces yeux que tu m’as offert le soir de la fête de la musique, le 21 juin 2010. Je sais je t’en ai déjà beaucoup parlé de cette nuit là. C'est parce que tu étais là et que j’étais là aussi, avec mon accordéon, jouant avec les groupes que je croisais sur les pentes. De marches d'escaliers en traboules, j'accompagnais au détour des rencontres les tubas et les guitar héro d’un soir, et je me suis dit, pourquoi ne pas essayer un bœuf avec ces punks à chiens ? C’était tes amis et tu connais la suite. Je t’ai fait danser Annabelle, je t’ai fait rire, et je suis tombé amoureux, fatalement. Tu es celle que j’attendais, celle pour qui je vis depuis cette nuit là.
Toi tu ne me connaissais déjà plus le 22. Au téléphone ce jour là, tu as eu du mal à me remettre. Tu m'as laissé monter te voir après avoir vomi et je t'ai expliqué que je n'étais pas un de ces patachons aux cheveux hirsutes, un de ces forains qui te font monter sur des éléphants. Non, je m'appelle Daniel et je suis démonstrateur sur les marchés, comme mon père, je vends des économes et des passoires en inox. On a failli faire fortune avec les balais magiques «top clean», «d'un seul geste le balai est essoré, fini les mains dans l'eau». C'est l'invention de mon père, deux ans de mise au point, mais malheureusement les chinois l'ont copié et l'ont vendu sur M6 boutique.
Tu as été mon déclic, j'ai bien compris que moi Daniel, ma vie ne te faisait pas vibrer. Et je te comprends, je ne suis jamais allé très loin, ou alors en bus avec mes parents (j’ai visité le Lichtenchtein à 12 ans). Ce qui te plaît chez moi c'est ma musette, mais je peux beaucoup plus pour toi, je suis encore jeune, je n'ai que 41 ans et je peux aller loin... d'ailleurs c'est ce que j'ai fait.
Il fallait tout changer, devenir riche autrement, parce qu'on ne pouvais pas continuer bien longtemps avec la concurrence des jaunes et on ne sait pas parler avec eux. Il fallait trouver autre chose pour devenir riche. Parce qu’avec de l’argent, je pourrais apprendre et devenir marin pour t’emmener sur mon bateau là où tu voudras… Je ne pense qu'à ces regards pétillants que tu me lançais et à ta taille de femme souple et fine que j’ai entourée de mes mains. Annabelle, je veux que tu deviennes ma femme.
J’ai risqué le tout pour le tout, pour toi, pour te plaire, et ça a foiré. Enfin non, mais c'est compliqué, d'où cette lettre. Mon idée était de faire un coup pour me refaire une vie, je voulais gagner de l'argent pour partir avec toi. J'espère que tu ne m'en voudras pas.
Le truc pour gagner de l'argent c'est de vendre plus cher ce que tu achètes, c'est la base du commerce. C’est mon père qui me l’a appris mais sa manière était beaucoup trop longue. Là où tu peux gagner beaucoup d'argent rapidement c'est quand tu vends très cher un truc que tu n'as pas payé. Je l’avoue, c'est une escroquerie, mais comme je ne suis pas un salaud, j'ai décidé de m'en prendre à des riches qui se remettraient vite fait de ce menu larcin. Fallait juste trouver une idée.

Mon cousin Bruno est un escroc, c'est son métier, il vend des voitures qu'il achète à la casse. Il a un appartement dans une station de ski, à Courchevel, chez les riches. Il a acheté un studio meublé dans les années 82 et maintenant il le loue l'hiver. Du coup il en a achetés deux autres et il les loue aussi. Il s'est fait des couilles en or. Ça m'a fait réfléchir, et alors que j'étais sur le marché en train de montrer «l'épluche carottes» «qui épluche la carotte en un seul geste», je me suis dit : je vais louer un appartement pour le vendre. Alors là tu vas me dire que je dois passer devant un notaire avec mes papiers. Oui, mais tu sais, dans l’immobilier il y a souvent des dessous de table, et plus l’appartement est cher plus il y a du magot qui passe de mains en mains sans que les impôts s’en mêlent. C’est ce magot que je voulais récupérer ni vu ni connu.
En février, j'ai dit à Bruno que j'avais gagné au quarté et que je voulais essayer d'aller sur les pistes de ski avec des amis. Ça l'a inquiété un peu mais il m'a donné une adresse d'un loueur d'un F4 meublé avec vue sur les pistes. Un papi m'a fait confiance en me laissant les clés de son appartement meublé dans la barre des cèdres, en haut de Courchevel. Il m'a rien demandé comme je l'ai payé tout de suite en liquide. Ça m'a coûté une demi e année de marchés pour deux semaines de location. Je suis allé dans l'appartement avec un minimum d'affaires : un survêt pour tous les jours, mon costume du dimanche pour les visites, et quelques balais magiques.
J'ai tout de suite posé une annonce au syndicat d'initiatives avec le numéro de téléphone de l'appartement. Je savais que le proprio restait à Grenoble la semaine, il y avait donc peu de chances pour qu'il tombe sur l'annonce. «Urgent vend cause mutation, beau F4 traversant en haut de la barre des cèdres, à Courchevel, 375000 euros€ » prix 50000 en dessous de ce que j'avais pu voir aux agences immobilières. Ça n'a pas loupé, je suis arrivé le samedi, j'ai posé l'annonce le dimanche, le lundi j'avais trois visites, alors j'ai mis mon costume.
La première visite c'était un couple d'épiciers de Mâcon qui, arrivés à la cinquantaine avec 25823 bonbonnes de butane dans les bras, ont vendu leur commerce. Celui ci sera transformé en restaurant, en plein sur la rue piétonne, une bonne affaire. A l'époque à laquelle ils se sont installés c'était rien que des ouvriers dans le quartier. On a tout de suite sympathisé. Ils m'ont expliqué que l’appartement qu’ils voulaient acheter était pour leur fils qui travaillait au ponts sur la commune. Je n'allais pas les voler ! Non pas ces gens là. Alors je leur ai dit que je n'étais plus sûr de vendre et ils m'ont pris deux balais (pour le prix d'un).
La deuxième visite aurait pu marcher mais ils ne m'ont pas rappelé. Je n'ai rien compris à la carte visite du mec. Un «managère éxécutif», avec une grande brune qui parlait anglais dans son portable avec un air très énervé. Quand je leur ai expliqué que l'appartement était très en dessous de son prix normal, que c'était pour ne pas tout déclarer aux impôts, l'homme a fait un sourire, et m'a dit «je vois, combien?». Je lui dit c'est 30000 de plus en liquide. Il a réfléchi cinq secondes et m'a dit qu’il me rappellerait la semaine suivante…
Il n'a pas compris pourquoi le balai est magique.
Je crois qu'il voulait négocier.

La troisième visite c'est celle qui a marché. J'ai reçu un coup de téléphone d'une femme qui parlait bien le français mais qui n'était pas de chez nous. En réalité c'était des Ruscofs. Elle m’a dit que c'était pour son patron, qu'il était très pressé et qu'il voulait faire «proposition intéressante». J'ai dis d'accord, et ils ont débarqués dans l'appartement mercredi après midi : Une pute en fourrure, un grand chauve aux joues creuses, avec un imper en cuir blanc, et un petit gros avec un chapeau de cowboy et un cigare. Celui là avait des yeux d'un bleu très clair, comme ceux d'un loup. C'est lui qui avait la main sur le cul de la pute. Ils sont rentrés sans me regarder comme s'ils étaient déjà chez eux. La pute a fait le tour de l'appartement en gloussant et en laissant du rouge à lèvres sur les baies vitrées. Le grand chauve s'est baissé vers le petit gros, le petit a parlé au grand, le chauve m'a regardé, le gros est sorti avec la pute, l'imper blanc est venu vers moi, il s'est ouvert et il m'a tendu une mallette. Il m'a juste dit « C'est 400000 Dollars américains tout de suite, dans mallette. Moi donner carte de visite pour paperasse. Mais quand patron de retour ce soir toi parti avec toutes les affaires à toi, oki monki?... Toi faire affaire, c'est mieux.»
J'ai ouvert, il y avait tous ces billets... 400 000 Dollars.
J'étais tellement content que je lui ai laissé deux balais magiques gratos. Il n’a pas semblé y porter intérêt, mais je suis sûr que quand il les offrira à sa femme, elle comprendra l’intérêt de l’essorage automatique, et elle sera ravie !
Je suis rentré à Lyon avec la mallette, j'ai planqué les billets dans la nuit de jeudi sous les géraniums de ma maman. Heureusement elle en a tout autour de la villa. Et puis j'ai cherché à te voir. J'ai pris une première liasse de dollars, mon costume du dimanche, ma bite et mon couteau comme on dit. Mais tu es partie. Personne chez toi. Tu es partie sans rien me dire. La boulangère m'a dit en Afrique ou en Norvège, elle n'avait pas bien compris...
Alors je suis rentré chez mes parents . Juste au moment où j’arrivais avec ma R18, j'ai vu un gros 4X4 noir devant chez le plombier (le voisin de mes parents). Le genre avec les vitres fumées et le moteur qui tourne… C’était les russes !J'ai filé tout droit sans m’arrêter. Le lendemain je suis allé voir mon père au marché, j'y suis allé prudemment et je l'ai vu de loin. Il vendait deux balais magiques à un homme grand et chauve qui avait un grand manteau noir. Le tueur russe !
Je crois qu'ils ont retrouvé ma trace avec l'adresse de l'inventeur du balai magique (qui est inscrit sur tous les manches de ceux-ci).
Je me suis sauvé et je ne savais pas où aller, je ne peux pas laisser mes parents comme ça… avec tous ces billets autour de la maison. Je sais qu'ils me cherchent, ils ont même demandé au vendeur de lingerie s'il savait où me trouver...
A toi je peux le dire, je suis sous le pont Bonaparte, rive gauche, avec la mallette presque vide, j'ai juste un épluche carottes et ce n’est pas pratique pour le saucisson, pareil pour les dollars, en fait ce n’est pas pratique.
Peut être que tu peux m'aider. Personne ne peut faire le lien entre nous deux. J'espère que tu rentreras bientôt, et tu verras, tu m'aideras à déterrer les géraniums.
Bien à toi, Daniel.
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