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 Réponse : version djeun's de la rue (par Plaf)

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MessageSujet: Réponse : version djeun's de la rue (par Plaf)   Lun 1 Mai - 17:48

20h03. Banlieue strasbourgeoise.

« Robert tu veux bien descendre la poubelle s’il te plait ? » « Vas’y arrête de me saouler, dégage là j’ai pas le temps tu vois, ok ? ». C’est par ces doux mots que Robert avait l’habitude de signifier à sa mère son mécontentement. Ce soir était un soir un peu spécial, et c’est la raison pour laquelle Robert était irritable. Pour calmer ses nerfs il décida d’aller importuner sa sœur. Brenda était une jeune femme mûre, prête à tout pour percer dans le monde du cinéma (elle a 15 ans et demi). Robert, son grand frère de 2 ans, aime à lui rappeler le caractère éphémère et illusoire d’une carrière derrière les caméras :
« - Hey bouffonne tu te maquilles pour te faire embaucher à « Alerte à Malibu » ? mouahahah
- Z y vas, dégage Robert, j’ai pas que ça à faire que de te parler là tu vois. J’ai un auditoire dans une demi-heure alors barre-toi vas.
- Mouah l’autre, un auditoire, une audition tu veux dire ? Apprends le français d’abord avant de venir me causer, hé bouffonne...
- ‘Tain mais tu me saoules, tu crois que toi tu vas arriver à quelque chose dans la life ? Tu me fais bien rigoler, retourne faire du tunning va (Robert, comme tout strasbourgeois qui se respecte, aime à passer ses samedis après-midi à polisher sa caisse, une super 5 gti couleur cendre, pour qu’elle brille, et pour draguer les minettes du quartier bien sûr)
- Arschloch, j’me casse (NDLR : ceci est une insulte allemande dont la définition n’est pas mentionnée ici, pour des raisons évidentes de censure parentale)
- Ouais c’est ça dégage, hé bouffon ! »
Robert était nerveux ce soir parce qu’il avait un rendez-vous avec Sophia. Enfin. Ca faisait plus de trois mois qu’il attendait ce moment, guettant sa sortie du lycée, à l’affût du moment où toutes les conditions seraient réunies : qu’elle soit seule, qu’il soit seul, et qu’il pleuve (pour qu’ils puissent tous deux s’abriter sous un porche, non loin de la grille d’entrée du bahut). Constatant que les jours ensoleillés se suivaient et se ressemblaient, constatant qu’ils n’étaient jamais seuls tous les deux, constatant que le seul jour de pluie Sophia ne s’est pas abritée sous le porche mais a sorti son parapluie, constatant que bientôt « Fast & Furious 3 » ne passerait plus au cinéma, Robert passa à l’attaque. Voici, sans déformation aucune, une retranscription de la discussion que ces deux êtres passionnés eurent devant le lycée Louis Pasteur, par cette belle matinée d’automne (et oui décidément il ne pleuvait jamais à l’heure de sortie des cours !) :
Robert (tapant l’épaule de Sophia, un brin surprise par ce geste) : euh Sophia .. euh .. tu veux aller .. euh au cinéma demain soir .. enfin ensemble quoi
Sophia : (mâchant son chewing-gum) euhhhh d’main soiiir … ouais pourquoi pas, j’peux ramener ma pote Gina ? voir quoi ?
Robert : ouais ouais no problem.. fast et furious chais pas
Sophia : c’est pas un film de mecs ça, avec des bagnoles ?
Robert : ouais c’est cool
Sophia : j’préfère voir « mariage à Noting Hill »avec Julia roberts, c’est plus romantique tu vois
Robert (hésitant) : euh.. ouais ok
Sophia : cool.
Robert : cool.
Sophia : à d’main alors
Robert : ouais, à demain
Robert avait réussi, mais il gardait en travers de la gorge cette concession qui, si elle venait à être diffusée, ruinerait sa réputation. « Mariage à Nothing Hill , c’est quoi ce film de tapette ? » s’interrogea Robert qui avait l’habitude de se poser beaucoup de questions.
20h37 : Il est l’heure de partir, Robert enfile ses baskets et son anorak rembourré. « Hey mum’s je me casse, tchao » lance-t-il désoeuvré. A mi-trajet jusqu’au cinéma, où il a donné rendez-vous à Sophia, Robert est pris d’un doute, a-t-il emmené de l’argent ? Bien sûr que non, dans sa précipitation il a bondi hors de la maison et foncé d’un pas rapide vers le centre-ville, oubliant que c’est pas Sophia qui va lui payer sa place, eh oh faut pas déconner, Robert connaît la galanterie (en témoigne la semaine précédente où il a pris soin d’offrir un mouchoir à Samantha à qui il venait d’exploser le nez « parce qu’elle le saoulait grave »). Non, à part quelques sautes d’humeur, Robert n’est pas un homme violent. D’ailleurs, y’a-t-il une once de violence dans mariage à Nothing Hill ? Certainement pas ! (NDLR : je n’ai pas vu le film, bon j’avoue). La question fatidique qui tiraillait Robert était simple : devait-il faire demi-tour, au risque de faire attendre Sophia, ou poursuivre son chemin, et demander des thunes à son invitée, ce qui, Robert en était pleinement conscient, n’est pas très classe.
« Bah de toute façon elle viendra pas », trancha Robert qui poursuivit donc son chemin basé sur un raisonnement un peu paradoxal : si il pensait qu’elle ne viendrait pas, pourquoi se dirigeait-il vers le cinéma, sans le sou de surcroît ?

PAUSE
J’arrête là l’histoire pour signaler au lecteur (qui n’aura d’ailleurs pas manqué de le remarquer) que je suis totalement en train de me vautrer sur le scénario qui m’avait été imposé (NDLR : ce n’est pas voulu, je me suis vraiment trompé, mais là j’ai la flemme de recommencer). Robert n’a pas oublié son portefeuille, arshloch ! (ou du moins on ne le sait pas encore) mais son anorak lek mich am arsh ! Jesssus nééé (prononcer avec l’accent lorrain, et si vous le connaissez pas, apprenez ou demandez à Alex).
Et le métro ?? Il est où le métro ??
Essayons de corriger ça.

Epuisé par la marche qui n’en finit plus, Robert décide d’écourter son trajet et d’emprunter le métro (qui n’existe pas à Strasbourg mais bon tout le monde n’est pas censé le savoir). Arrivé à destination, il se poste devant le cinéma et attend. Les secondes passent. Les minutes aussi. Voilà facilement une heure que Robert est posé sur un banc trempé par la pluie, attendant patiemment mais sans plus trop y croire Sophia, qui accuse déjà un retard de 1h03, condamnant tout espoir pour Robert de consoler sa déception sur la deuxième séance de Fast&Furious qui venait déjà de commencer. M’enfin, « mariage à Nothing Hill » c’était mort aussi se rassura Robert. Alors qu’il allait s’en aller et regagner son foyer, une voix s’éleva de la nuit obscure « Robeeeert, héé attends z’y vas ». C’était Sophia. Elle était là, seule (Gina ne voulait pas tenir la chandelle), magnifiquement vêtue d’un jogging et d’un survêtement adidas. « J’avais entraînement de basket ce soir, chuis désolé Rob’, j’ai pas pu te prévenir, mon portable il est raide déchargé, tu m’en veux ? ». Robert ne lui en voulait pas. Mais il risqua un reproche, pour l’honneur : « Poufiasse tu fais grave chier là, t’aurais quand même pu trouver le moyen de me prévenir plutôt qu’me faire attendre comme un blair’ sous la pluie, je te défoncerais les dents si t’étais pas une meuf ». Ignorant que ces propos amicaux à ses yeux déclencheraient le courroux et la fuite immédiate de Sophia qui s’était mise à sangloter, Robert se retrouva seul. Dans le silence à peine interrompu par le passage furtif d’une voiture, ou le clapotement de fines gouttes d’eau sur le trottoir inondé, notre compagnon Robert se mit à trembler. Il avait froid. Ce n’était pas son anorak rembourré qu’il avait enfilé avant de partir au cinéma, mais sa veste d’été ! L’excitation du trajet aller aidant, il ne s’en était pas rendu compte ! Je crois qu’on peut dire que Robert a oublié sa veste !!
Bon il allait au cinoche, c’est un djeuns de la rue, il a oublié sa veste aussi finalement, je crois que tout y est. Vendu !
(NDLR, la dernière : cette fin minable, si si j’en suis conscient, a au moins le mérite de recadrer avec la perte de veste imposée par le scénario. Et aussi j’ai plus trop le temps d’écrire et je voyais pas vraiment comment achever un texte comme ça. Bien le bonsoir, chers lecteurs !)
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