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 Ecrits personnels

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Orlamonde

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Mer 3 Oct - 23:42

Je comprends ce que les gens disent. C’est pénible, je n’en ai pas l’habitude. Je déteste ça. Les gens parlent, j’entends sans avoir besoin d’écouter et je comprends. C’est infernal. J’ai l’impression de me mêler de ce qui ne me regarde pas. D’ailleurs ça ne m’intéresse pas, je ne veux pas savoir. Il me jettent des regards lourds de reproches et agitent devant moi leurs doigts crochus. Bien sûr il pensent que je suis folle mais moi je sais bien que je suis la seule saine d’esprit, et connais la cause de leurs agissements. Ils m’ont enfermée ici parce qu’ils en voulaient à ma maison, à mon argent.
Comment des enfants peuvent-ils enfermer leur propre mère ?
Mais ce ne sont plus mes enfants, ce sont des étrangers.
Je ne veux plus les voir, je ne veux plus les entendre mais malgré moi je saisis des bribes de conversation. Je crois que je comprends depuis qu’on a réduit ma dose de comprimés.
Et dans mes oreilles bourdonnent encore longtemps après leur départ les mots « allumée », « tarée » « folle ». Les mots sont comme des mouches. Ils me font mal aux oreilles. Je voudrais qu’on me redonne des médicaments pour ne plus rien entendre.




(Ce texte est ma participation au jeu du sablier : une amorce de texte (tirée d'un blog) est donnée, à nous d'écrire la suite avant de découvrir le lendemain le texte intégral original)
c'est par ici : http://www.samantdi.net/dotclear/index.php?2007/10/03/974-sablier-d-automne-031007
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Jeu 4 Oct - 0:58

Non! Nous aurions des concurrents? Mais c'est inadmissible!
J'appelle immédiatement mon comptable et mon gérant pour acheter Internet et virer ces odieux copieurs!!



... Mon comptable vient de me rappeler. Je n'ai pas assez d'argent pour avoir un comptable, et encore moins un gérant. Mais mon psy est d'accord pour augmenter mes doses gratuitement.
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Orlamonde

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MessageSujet: Ma colère.   Dim 7 Oct - 1:55

Je n’ai pas de mot. C’est rare. Mais c’est ainsi. Ma colère est au-delà des mots.
Moi qui aimais encore cette femme ce matin, je la hais à présent.
Quand je pense que je lui faisais entièrement confiance.
Comment a t’elle pu faillir à ce point ?
J’ai du mal à accepter l’implacable réalité.
Je serre les poings, je me retiens pour ne pas aller vociférer dans le salon où elle sanglote doucement. J’ai beau plonger tout au fond à la recherche d’ une once de compassion, d’un soupçon de tendresse; la colère me submerge.
Pas question d’aller la consoler : cette connasse a embouti ma titine.


(Comme avant-hier, ce texte est une participation au jeu du sablier de Kozlika et Samantdi :
http://www.samantdi.net/dotclear/index.php?2007/10/06/978-sablier-d-automne-061007)
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Amy

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MessageSujet: En cours d'écriture on a travaillé sur "Je me souviens"   Mer 17 Oct - 13:40

______Je me souviens de ma peur des mots. Toutes ces étiquettes à apprendre par coeur. Je me souviens du poids du grand dictionnaire bleu sur mes genoux et de mes larmes qui s'écrasaient sur sa couverture.
Je me souviens de mon désespoir pensant qu'il fallait apprendre par coeur tous les mots existants pour devenir adulte. Et je souris : aujourd'hui je ne les connais toujours pas tous, mais je suis capable de les déchiffrer et de lire leur définition.

______Je me souviens de ma première rédaction. Une histoire farfelue à continuer. Comment les héros pourraient-ils aller sur la lune ? Mon esprit pratique n'a pas hésité une seconde.
Je me souviens avoir eu zéro. J'avais fait une liste de courses et j'y avais noté tout ce qu'il fallait pour construire une fusée.

______Je me souviens ne jamais avoir lu. Je ne lisais pas, je dévorais avec appétit. Jusqu'à ce que les devoirs, l'école, le collège, le lycée, la fac, les stages, le travail et la vie me prennent trop de temps. Je me souviens qu'un jour, d'une saine activité, la lecture est devenue un luxe.
Je me souviens que je lisais beaucoup plus avant d'être happée par la vie et les choses à faire.
Je me souviens de mes crises de boulimie littéraire. La dernière fois j'ai passé des journées et des nuits blanches à relire la saga des Malaussène. C'était l'hiver dernier.

______Je me souviens de mon amour des mots. Je voulais être poétesse ou écrivaine.
Je me souviens des Papous dans la tête, le dimanche midi, quand on oubliait pas, et du bonheur d'écouter leurs sympathiques trouvailles. Je me souviens des calembours familiaux et de ce plaisir de jouer avec les mots qui s'est imprimé jusque dans mon ADN.

______Je me souviens du bruit réconfortant de la pointe du stylo qui court sur le papier et de l'état de grâce qui s'installe en moi quand ma plume part seule, comme si elle rédigeait sans moi.
Je me souviens avoir écrit des lettres fleuve à ma meilleure amie, pour le plaisir d'écrire, d'attendre, puis de lire sa réponse.

______Je me souviens de Mlle Perrin, ma prof de français en 6ème, de l'expression écrite, de l'enthousiasme qu'elle nous transmettait et qu'obsolète est une fleur esquimaude. Je me souviens de ses encouragements et de sa conviction qu'un jour j'écrirai un livre.
Je me souviens ne jamais être arrivée à écrire sans contrainte.

______Je me souviens mon premier sonnet, un travail à faire à la maison. Je me souviens mon coup de foudre pour cette forme : abba - abba - ccd - eed ou ede.
Je me souviens de mon amie Laure, de nos productions de masse, de nos influences mutuelles, de nos inspirations, de nos coïncidences terminologiques et thématiques et du bonheur, chaque matin, à l'arrêt de bus, de se faire partager nos nouveaux poèmes.

______Je me souviens avoir toujours aimé la musique des langues étrangères. De l'anglais, de ses "How do you do" et de ses "roundabout", du plaisir d'apprendre cette langue et, aujourd'hui, de la satisfaction de pouvoir regarder mes films en VO sans sous-titre.
Je me souviens de l'italien et de sa mélodie. Sono bianchi i panettieri, si alzano prima degli uccelli e han la farina nei capelli.
Je me souviens de mes cours de japonais à la fac avec et de mon stage au lycée Seijo : sore wa tokei desu.

______Je me souviens de ma joie en découvrant une école de traduction technique qui me permette d'envisager un avenir conciliant le français, les langues et les sciences.
Je me souviens avoir adoré découvrir une méthodologie de traduction. Une technique scientifique et rigoureuse avec laquelle j'utilise les mots des autres pour faire un texte français clair et précis avec mes mots à moi.
Je me souviens de l'époque où les phrases allemandes étaient un casse-tête à décortiquer, alors qu'aujourd'hui je les décompose comme les légos de mon enfance.

______Je me souviens de ma peur des mots aux débuts de mon apprentissage. Je ne me souviens plus quand j'ai commencé à les aimer, mais j'ai la certitude que je passerai ma vie entière à jouer avec.


Dernière édition par le Mer 6 Fév - 19:54, édité 1 fois
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Mer 17 Oct - 14:35

Ouaaaaaaah...
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Orlamonde

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Mer 17 Oct - 17:25

*sourire jusqu'aux oreilles
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Amy

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MessageSujet: La dernière fois on a bien rigolé   Jeu 8 Nov - 22:05

Deux petits textes rédigés dans le cadre de l'atelier d'écriture auquel je participe.
Par un principe simple, mais néanmoins trop complexe à décrire, chaque participant s'est retrouvé avec 12 mots. Je me suis retrouvée avec éclipse, éclair, cacophonie, collapse, Islande, lapsus, sucette à l'anis, habitude, ananas, conserve, servitude, échalas.

Il fallait dans un premier temps faire un texte de 15 lignes maximum en utilisant tous les mots une seule fois. Le voici tel que je l'ai rédigé le jour même.

Amy a écrit:
C'était il y a 30 ans. J'étais partie un mois en Islande pour observer une éclipse. Pierre, mon ami d'alors... Tu te souviens de Pierre ? Un grand échalas qui adorait les sucettes à l'anis, il en avait toujours une en bouche et moi, folle que j'étais, j'avais craqué pour cette habitude ridicule. Bref, Pierre m'avait accompagnée. Nous avions trouvé un gîte pas trop cher auquel on ne pouvait accéder que par une servitude de passage qui longeait la gendarmerie. Un soir, après une longue randonnée, alors que nous courrions nous abriter au gîte, un éclair déchira le ciel. La foudre avait pris pour cible le sac à dos de Pierre qui contenait une boîte d'ananas en conserve. La seule chose métallique que nous portions. Heureusement, son collapse fut de courte durée. Il n'était plus qu'assourdi par la cacophonie que faisait le tonnerre. Et là, il me dit : « A partir d'aujourd'hui je n'aime plus les nanas ! » Quel lapsus ! Un mois plus tard il me quittait pour un homme.

Ensuite, nous devions classer nos mots par sonorité. J'ai obtenu : cacophonie, Islande, éclipse, éclair, collapse, lapsus, sucette à l'anis, ananas, échalas, habitude, servitude, conserve. Et il fallait ensuite rédiger un nouveau texte selon la consigne précédente, en respectant l'ordre obtenu. Voici mon texte (légèrement modifié).
NB : à l'oral ça irait, mais, derrière vos écrans, sachez que le dernier paragraphe doit être lu avec une perfidie douçâtre.

Amy a écrit:
Quelle cacophonie ! Tais-toi, femme ! Je veux du silence. Puisque je te dis que je pars en Islande. Oui, très chère. Je m'éclipse. A la vitesse de l'éclair. Pas de collapse, ma chérie, cesse de jouer la comédie. Tu as fait trop de lapsus. Mon psy a confirmé mes doutes et Freud ne se trompe jamais. Entre moi et la confiserie, ton choix est fait. Et puisque tu préfères les sucettes à l'anis et les bonbons à l'ananas, je te quitte. Oui, ton grand échalas va rompre avec ses habitudes. J'en ai marre de trimer pour un salaire de misère. Finie la servitude !
Mais, si toi aussi tu es prête à changer de vie, tu peux m'accompagner là-bas. Tu sais, le froid, ça conserve...
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Orlamonde

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Jeu 8 Nov - 23:02

Je suis admirative.
Tes textes sont vraiment chouettes.


Mais quand même...


je me demande......



Comment êtes vous arrivés à l'obtention de ces 12 mots ? ( Twisted Evil je fais exprès de poser la question, comme si tu n'avais pas déjà laissé entendre que c'était trop complexe à expliquer)


Edith ajoute vu que tu vas devenir une pro des ateliers d'écriture on va te donner deux fois plus la main sur ce forum ! (d'ailleurs le coup des mots imposés ferait un petit sujet sympa)
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Amy

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Ven 9 Nov - 0:47

Orlamonde a posté quelque chose ?
Où ça ?
Non, vraiment, je ne vois rien...

*Amy s'en va en sifflottant innocemment*
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Jérôme

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MessageSujet: L'amour du fisc   Sam 8 Déc - 13:54

C'est par une froide matinée de novembre que commence cette histoire. Jérôme, qui ne savait pas trop quoi faire depuis les récents évènements, avait fini par décrocher un emploi ultra-précaire de vacataire à la Trésorerie de Forbach, pour deux mois.
Il avait donc franchit les portes du bâtiment, avait patiemment écouté les explications de sa chef, et s'était mis au travail à un bureau inoccupé. Sa principale tâche était de s'occuper du courrier. Courrier reçu, courrier à envoyer, courrier à renvoyer, courrier à déchiqueter. Courrier à classer.
La pile du courrier à envoyer, surtout, était tellement haute qu'elle en touchait le plafond. Ou alors était-ce le plafond qui était bas? Toujours est-il que Jérôme, occupé à plier les feuilles et à les mettre dans les enveloppes, finit par être comme hypnotisé au bout de quelques heures par ce constant ballet de feuilles.
Les noms et les adresses des contribuables dansaient devant ses yeux en une samba obsédante, jusqu'à ce que deux adresses attirent son regard de par leur ressemblance.
Henry Wachsmuehle, 124 rue de la tourbe, Kerbach.
Sophie Steinmetz, 126 rue de la tourbe, Kerbach.
Tous les deux allaient avoir droit à une relance pour leur redevance audiovisuelle.
C'est un pur hasard si ces deux lettres, identiques en tant de choses, étaient passées l'une après l'autre devant les yeux de Jérôme. Et cela le fit réfléchir.

De nos jours l'esprit de village n'existe presque plus. Les gens habitent les uns près des autres, à côté des autres, les uns au-dessus des autres, même, mais personne ne se connaît plus. Ne se parle plus.
Henry et Sophie, voisins par hasard, partageant même selon toute vraisemblance un mur mitoyen, ne s'étaient sans doute jamais adressé la parole. Ils auraient pu vivre l'un à côté de l'autre depuis des années sans même se croiser dans la rue.
Et pour une raison inconnue Jérôme en fut attristé.
D'ordinaire cela ne le touche pas. Il préférait même cela, cette espèce d'anonymat de proximité, ce snobisme d'exclusion, ce "on ne se connaît pas, on se dit juste bonjour si on se retrouve par accident ensembles dans l'ascenseur".
Mais là, était-ce Noël qui approchait, était-ce un gâtisme précoce, était-ce pour des raisons scénaristiques? Cela le touchait de savoir deux personnes si proches n'avoir rien en commun à part une redevance télé de 116 euros.

Alors il décida d'agir, en secret, en se cachant de ses collègues. Utilisant des ruses de sioux il subtilisa une feuille d'autocollants blancs et un stylo. Il s'en servit pour cacher l'adresse des deux inconnus et réécrire dessus.
Henry allait recevoir la taxe de Sophie, Sophie celle de Henry.
Jérôme allait forcer les deux être à communiquer.

Deux semaines passèrent après l'envoi des deux lettres de rappel sans que rien d'étrange ne se passe. Jérôme faisait son courrier de l'écœure, ses collègues majoraient de 10% des contribuables par centaines (mais en restant professionnels, pas par plaisir. Sauf l'un d'eux qui s'écriaient "yes" à chaque majoration), Sarkozy faisait baisser à mains nues le prix des bouées gonflables pour l'été tout en cachant la hausse du prix du fioul pour l'hiver, bref le monde suivait son court.
Jérôme avait fini par oublier ses deux contribuables intervertis.
Puis, en ouvrant une enveloppe arrivée le matin même, il tomba sur un petit mot griffonné sur une feuille blanche (et qui commençait par "Chers comptables du Trésor", ce qui est très inhabituel et change de l'habituel "Bande de connards, pourquoi m'avez-vous majoré?"). Ce petit mot venait de la part de Sophie et d'Henry.
Voyant cela et craignant un blâme, un procès ou un ridicule qui malheureusement ne tue pas, Jérôme couru s'enfermer aux toilettes pour la lire.
"Chers comptables du Trésor, nous enverrons bientôt nos chèques pour nos redevances télévisuelles. Nous avons mis un peu de temps avant de nous en occuper car nos lettres de rappel avaient été inversées dans le courrier."
Glp, Jérôme allait se faire virer!
"Ceci nous a forcé à nous rencontrer, et après nous être parlé un peu nous nous sommes rendu compte de nos nombreux points communs. Nous venons de passer deux excellentes semaines ensemble et venons tout juste de nous souvenir de cette taxe qui nous a rapproché, aussi nous espérons que vous nous pardonnerez.
Pour la redevance de l'année prochaine, veuillez ne nous en faire parvenir qu'une. Nous allons en effet nous marier en mars prochain.
Sophie S. et Henry W."

Jérôme dû relire la lettre trois fois avant de bien comprendre.
Son petit manège avait marché, et même au-delà de ses espérances. Les deux voisins ne s'étaient en effet jamais vu avant, et grâce à lui avaient fait connaissance et allaient même se marier! Il n'aurait jamais cru jouer les entremetteurs un jour, pourtant.
Un plan germa alors dans son esprit (c'est une habitude chez lui de faire des plans, mais cette fois-ci cela ne concernait pas la conquête du monde). Il allait réitérer son inversion, mais à plus grande échelle. Une inversion systématique du courrier des célibataires!
Il passa donc de nombreuses heures chaque jour pendant les semaines suivantes à rechercher, chaque fois qu'une lettre portait un nouveau nom, dans son ordinateur pour voir si le foyer de cette personne comportait plus d'un membre. Si la réponse était non il cherchait alors d'autres personnes seules, du sexe opposé et n'habitant pas trop loin (car loin des yeux du cœur) parmi les autres lettres arrivées peu avant.
Il fit donc chaque jour des dizaines de "couples" de lettres, mélangeant allègrement les taxes foncières avec les taxes professionnelles, les amendes impayées avec les redevances audiovisuelles, les avis à tiers détenteurs avec les menaces avant huissier, les taxes d'habitation avec les chèques de notaires et les décisions de surendettement avec les impôts sur le revenu très importants (autant essayer d'aider), intervertissant leurs adresses avant de les plier, de les glisser dans une enveloppe et de les affranchir avec un petit sourire en coin.
Ce petit sourire en coin mit d'ailleurs très mal à l'aise la petite stagiaire dont le bureau jouxtait la machine à affranchir, mais ceci est une autre histoire.

Au bout de quelques temps les fruits de ses machinations portèrent leurs fruits. Il intercepta bientôt d'autres courriers faisant mention d'inversions dans l'envoi du courrier de la Trésorerie, souvent avec des remerciements voire avec des louanges. De nouveaux couples se formaient à un rythme effréné, des amitiés naissaient par dizaines, des dépressions chroniques dues à l'isolement s'évanouissaient d'un claquement de doigts. Jérôme était aux anges.
Il alla même jusqu'à répondre à ces lettres de remerciements, faisant référence à une "bienheureuse coïncidence" dans son "étourderie", disant qu'il n'avait pas fait exprès mais était très heureux que tout se soit bien passé, et signant toujours d'un "Votre dévoue Jérôme. P.S. : ne dites à personne ce qu'il s'est passé, s'il vous plaît."
Et ce petit jeu continua ainsi, dans la joie et l'allégresse. Certes il y avait parfois de petits heurts : un jeune homme d'à peine 18 ans se retrouvait avec une femme à la retraite et rien ne se passait, un homosexuel se retrouvait à échanger son courrier avec une femme, une femme avec un prénom masculin était de paire avec une autre femme, ou tout simplement les contribuables n'avaient pas d'atomes crochus. Parfois, même, les contribuables se glissaient les courriers dans les boîtes aux lettres l'un de l'autre et ne se rencontraient pas. Mais dans l'ensemble, se retrouver à échanger ses taxes avec quelqu'un d'autre était un bon moyen de commencer une discussion (le sujet étant tout trouvé : dire du mal de l'administration est un sujet fédérateur) et la plupart des gens s'en trouvaient bien.

Cela dura pendant presque un mois, jusqu'à la mi-décembre. C'est à ce moment là que les collègues de la Trésorerie commencèrent à se douter de quelque chose.
On recevait de plus en plus de coups de téléphone concernant des adresses inexactes, des inversions pures et simples, voire même des erreurs d'interversion (Jérôme pouvait se tromper en copiant l'adresse). Cela pouvait encore passer pour des erreurs normales, l'informatique étant capricieuse. L'ennui était que cela causait parfois des majorations non méritées, et Jérôme avait un peu mauvaise conscience dans ces cas-là.
Et puis vint LE coup de fil qu'il aurait mieux valu ne pas recevoir.
Un couple voulait remercier "Jérôme" pour son "intervention" de vive voix.

Aie.

Jérôme n'était pas censé être connu à l'extérieur de la Trésorerie, son nom n'apparaissant sur aucun document – en principe – envoyé aux contribuables. Il ne s'occupait d'aucun dossier, d'aucune taxe, juste du courrier et du classement.
Quand l'agent du Trésor ayant répondu demanda des précisions sur cette fameuse "intervention" de la part de Jérôme, le couple répondu en toute innocence. Jérôme avait interverti leurs courriers, et ils avaient l'impression que ce n'était pas un hasard car deux de leurs amis avaient vécu semblable mésaventure (devenue depuis aventure amoureuse). Merci, donc.
Le téléphone fut raccroché violemment. L'agent se précipita dans le bureau de la chef et Jérôme, bien que n'ayant rien entendu de l'échange téléphonique, sentit que le vent tournait et qu'il valait mieux se mettre en arrêt maladie dans les deux minutes qui suivaient.
Trop tard. La chef l'intercepta alors qu'il signait lui-même son faux mot du médecin et le fit venir dans son bureau à son tour.
Les explications furent houleuses. En épluchant les retours et les dossiers classés les agents du Trésor purent retrouver plus de 2000 lettres de rappel comportant des autocollants et l'écriture de Jérôme.
Il fut remercié, conduit à la porte à coups d'agrafeuse dans les fesses, et on lui donna comme conseil de ne jamais revenir.
L'ex-vacataire reçut par la suite une facture de 32 euros pour les autocollants, 97 euros pour des affranchissements concernant les adresses mal recopiées, et un mot disant qu'il ferait bien de se sentir chanceux qu'on ne retienne pas sur sa paie de quoi rembourser toutes les majorations non méritées qu'il allait falloir rembourser.

Mais l'un dans l'autre Jérôme se trouva quand même satisfait de son passage à la Trésorerie. Il avait gardé les adresses des couples qu'il avait formé et était resté en contact avec eux. Depuis, presque chaque samedi, il est invité à un mariage, parfois même en tant que témoin. Assez souvent aussi, il assiste à des baptêmes de bébés qui ne seraient pas là sans lui.
Et il a maintenant 14 filleuls.

Accessoirement le prénom "Jérôme" fut le prénom le plus donné aux nouveaux-nés pour les années 2008 et 2009 dans tout le secteur de Forbach.

A bon intervertisseur, salut.

JB
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Orlamonde

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Sam 8 Déc - 15:27

C'est un bien joli conte de Noël que voilà, Jérôme ... Ca plus la
lecture de ta critique sur la "horde du contrevent" (que je me suis
empressée de commander sur amazon) et me voilà toute émue et de bonne
humeur pour la journée !
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Sam 8 Déc - 15:48

Ravi d'avoir pu faire l'inverse de ce que nous faisons habituellement aux contribuables.

J'ai posté beaucoup aujourd'hui, mais c'est parce que j'essaye une nouvelle façon d'écrire.
Toute la semaine j'écris pendant la pause déjeuner, je corrige et réécris le vendredi, et poste le samedi.

On verra ce que ça donnera.

Et monsieur Damasio, si vous lisez ceci, je peux avoir un pourcentage sur les livres que vous allez vendre grâce à moi?
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Dim 16 Déc - 14:45

(Dans un tout autre registre que le texte précédent)



Les contes de la maison de retraite.

Jérôme, fort de son expérience avec les maisons de retraite, vous rapporte les contes quasi-véridiques de ces lieux souvent méconnus du grand public.


Episode 1 : le dernier Noël.

Bonjour, mes chers petits. Venez ici vous asseoir au coin du feu à côté de tonton Jérôme (en espérant que Tonton Stou ne me fasse pas de procès pour une sombre histoire de copyright sur « tonton »). Aujourd’hui, pour notre premier conte, je vais vous apprendre la vérité sur Noël. En effet c’est de saison.
Vous le savez sans doute mais ce sont les parents qui posent les cadeaux des enfants sous le sapin, et les parents, eux, ne reçoivent pas de cadeau. Pas des jouets, en tout cas, donc ça ne compte pas comme des cadeaux. Un tire-bouchon à Noël, non mais je vous jure…
Mais pourquoi ? Ils disent que le Père Noël n’existe pas. Mais c’est complètement ridicule, s’il n’existait pas, qui aurait créé Noël ? Et pour quelle occasion ? Non, mes amis, le Père Noël existe.
Et voici la vérité.

C’était le premier Noël dans la toute première maison de retraite, il n’y a pas si longtemps de cela. En effet ce sont les récents progrès de la médecine qui ont permis aux vieux de passer l’hiver passé 60 ans, avant cela on ne pensait pas encore à les regrouper ensemble dans des bâtiments lugubres et médicalisés où ils peuvent finir leur vie tranquillement sous perfusion en regardant la Chance aux Chansons.
Cette maison de retraite, « La Joie Edentée », avait été construite au début de l’année, et ses tout nouveaux pensionnaires préparaient avec joie et entrain la fête de ce soir, veille de Noël. Ou en tout cas ils regardaient avec beaucoup d’intérêt les aides soignantes accrocher les guirlandes aux fenêtres, c’est déjà ça. Les vieux bonhommes songeaient déjà avec lubricité à la fin de soirée où aurait lieu l’élection de Miss Maison de Retraite, la « vieille de Noël ».
Les pensionnaires, tout comme les aides soignantes, savaient très bien que le soir même des cadeaux seraient déposés sous le sapin comme par magie. C’était ça la magie de Noël : que quelqu’un puisse être assez gentil pour parcourir toute la Terre et distribuer des cadeaux faits main avec amour à toutes les personnes de bonne volonté (c’était avant les Made In Taiwan, et surtout à une époque où il y avait moins de 6 milliards d’êtres humains).

Et donc, le soir venu, alors que tous les pensionnaires de la maison de retraite étaient attablés en train de mâcher consciencieusement leur pudding de Noël sans noix (trop risqué), le Père Noël fit son entrée sans se faire remarquer.
La cheminée était toute neuve et n’était donc pas encore sale et pleine de suie. Le Père Noël en fut tout content, son manteau étant encore tout rouge et blanc sans une seule trace en en sortant. Il s’en vint donc, sifflotant et plein d’entrain, vers le sapin décoré pour y déverser de sa hotte une avalanche de cadeaux.
Malheureusement, à peine finie sa tâche en ce lieu, il tomba nez-à-nez en se retournant avec un aide-soignant de forte stature qui l’avait entendu siffloter.
« Alors, papy, on ne veut pas manger avec les autres ? » demanda le massif garde-chiourme.
« Comment ? » s’étonna le barbu vêtu de rouge.
« On préfère aller voir avant tout le monde ce que le Père Noël a déposé sous le sapin ? »
« Mais… J’ai peur de ne pas comprendre… »
« Ecoute, pépé, maintenant tu vas être bien gentil et tu vas revenir à ta table. Et surtout, tu arrêtes d’essayer de voler les cadeaux des gens. Que dirait le Père Noël s’il savait ce que tu fais, hein ? » continua l’aide-soignant en croisant les bras et fronçant les sourcils.
« Mais… Je SUIS le Père Noël ! » se défendit le Père Noël en question.
« Bien sûr, bien sûr. Tu t’es même déguisé comme lui, je vois. Mais tu pensais vraiment que ça prendrait avec moi, le vieux ? Allez ! » dit l’aide-soignant, ponctuant sa phrase en agrippant solidement le bras du Père Noël et le serrant avec force. « Maintenant tu reviens dans la salle à manger et tu restes gentil ! »
« Mais non, veuillez me lâcher ! Je vous dis que je suis le Père Noël ! »

Le Père Noël commençait maintenant à avoir vraiment peur. C’était bien la première fois que quelqu’un ne le croyait pas, mais il est aussi vrai que c’était la première fois qu’il visitait une maison de retraite…
Il tenta de se débattre, d’appeler à l’aide, d’invoquer la clémence de l’aide-soignant, de dire qu’il avait garé ses rennes en double file, qu’il avait de nombreux lutins à charge, rien n’y fit. L’aide soignant en appela d’autres, et à quatre ils réussirent à maintenir le Père Noël assis à une table et à le sangler dans un bavoir de contention « pour sa propre sécurité ». Le vieux et gentil bonhomme en rouge fut par la suite conduit dans une chambre, mis sous sédation et gardé sanglé au lit pour son propre bien et pour ne pas trop gêner les autres avec ses histoires farfelues de Pôle Nord, de fabrique de jouets et de « si vous ne me laissez pas partir, bientôt ce seront les Chinois qui feront tous les jouets, et ils seront de moins bonne qualité ! »

Le jour de Noël, au matin, quelle ne fut pas la surprise des enfants (et des grands qui, je le rappelle, recevaient à cette époque de vrais cadeaux aussi) qui n’avaient pas été visités par le Père Noël et ne trouvèrent rien sous leur sapin ! Combien de pleurs, de déceptions et de crises de nerf cette absence causa !
Et le choc lorsque l’an suivant absolument personne ne reçut le moindre cadeau !
Et encore l’année suivante, qui confirma les précédents désastres…
Il fut conclu par les plus hautes autorités scientifiques et politiques que le Père Noël était mort, ou bien malade, ou avait disparu, ou bien encore qu’il n’en avait tout simplement plus rien à faire des cadeaux.
Cela était catastrophique ! Les enfants qui ne recevaient plus de cadeaux devenaient rapidement des délinquants désabusés, rackettant les vieux, embêtant les femmes enceintes, se droguant au Coca-Cola light, vadrouillant dans les rues passé 22 heures, et écoutant de la musique barbare (le concerto de Brahms en famille mineure, je rappelle que cette histoire se passe il y a bien longtemps et que la musique de jeunes d’aujourd’hui est le classique de demain, pensez au rock)…
Donc, pour sauver la nation, le monde et les lendemains qui chantent, il fut décrété une nouvelle loi :
« La veille de Noël, les parents et tuteurs légaux doivent déposer sous le sapin de beaux cadeaux pour les enfants en faisant croire que c’est l’œuvre du Père Noël. »

Et voici donc pourquoi les parents offrent des cadeaux aux enfants en se faisant passer pour le Père Noël. Ce n’est pas mercantile, ce n’est pas parce que le Père Noël n’existe pas, mais c’est parce que depuis de nombreuses, très nombreuses années le Père Noël est retenu de force dans une maison de retraite. Aujourd’hui il sucre les fraises, complètement gaga, ne repensant à ses chers elfes que dans ses rêves induits par les pilules vertes distribuées généreusement par les aides-soignants de notre époque.

Voilà, les enfants. Vous pouvez maintenant rentrer chez vous et vous mettre au lit. Dans vos prières, ayez une petite pensée émue pour ce pauvre petit vieux tout triste qui aurait encore eu beaucoup de belles années devant lui et qui les a gâchées pour vous.
C’était : le dernier Noël.
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Sam 22 Déc - 15:20

Les contes de la maison de retraite.

Jérôme, fort de son expérience avec les maisons de retraite, vous rapporte les contes quasi-véridiques de ces lieux souvent méconnus du grand public.


Deuxième épisode : les retraités vivants.

Bonjour mes chers petits. Alors, vous n’avez pas trop cauchemardés après le premier conte ? Non ? Vous saviez déjà pour le Père Noël ?
Bien. Pour notre deuxième conte nous allons changer de registre, et tant pis si Noël se rapproche encore plus.
Je vais vous raconter l’histoire de Kevin, le fan de films d’horreur qui était venu rendre visite à sa grand-mère à la maison de retraite « Les Acacias Cacophoniques ».

Par une belle soirée du mois de mai, Kevin, jeune infographiste de la région parisienne, était allé rendre visite à sa grand-mère qui était depuis quelques temps en maison de retraite. Il avait bravé les embouteillages, surmonté les radars automatiques, et avait même risqué sa vie sur les routes de campagne (pour un Parisien, une autoroute avec des arbres autour c’est la campagne) pour venir jusque là.
Il avait tout de suite pris le chemin de la chambre individuelle de sa grand-mère mais à sa grande surprise il la trouva vide (la chambre, pas sa grand-mère).
Oui, car Kevin ne le savait pas mais à cette heure-ci son aïeule comme chaque jour était à la messe avec une voisine de chambrée. Ce cher Kevin ne rendait pas assez souvent visite pour être au courant de ces détails.
Il revint donc sur ses pas et tenta de surmonter sa timidité pour parler à l’une des aides-soignantes présentes dans le bureau d’accueil.
« Euh, vous sauriez où est ma mémé ? Haute comme ça, vieille, avec des lunettes… » demanda le jeune homme avec hésitation.
« Vous avez regardé dans sa chambre ? »
« Oui, elle n’y est pas. »
« Son nom ? »
« Euh… Hortense. »
« Ah, madame Boch. Venez, nous allons la chercher. »

Et ils cherchèrent à deux. La gentille aide-soignante l’emmena vérifier partout pour voir où était sa grand-mère (elle aussi ignorait qu’Hortense était à la messe, mais bon elle avait autre chose à faire, aussi) : dans le jardin, dans la salle d’exercice, dans la salle télé, dans le salon de lecture, dans les couloirs, sur le toit, à l’infirmerie, dans la morgue (on ne sait jamais), mais nulle part ils ne la trouvèrent.
Pour finir ils se séparèrent. L’aide-soignante s’en alla vérifier les chambres des autres étages au cas où Hortense serait allée rendre visite à des amis, et Kevin alla regarder dans la salle à manger.

Cette salle à manger était une vraie cantine. Des dizaines de tables, la plupart sans chaises (pour les personnes en fauteuil roulant), avec sur chacune les mêmes quatre assiettes, les mêmes quatre couteaux, quatre fourchettes, quatre verres, un pichet d’eau, un bouquet en fleurs artificielles fanées (il faudra qu’on m’explique ce prodige), et un gros tas de pilules au milieu. Le tout divisé en plusieurs sous-salles, avec des recoins, des alcôves, des retours, bref un vrai labyrinthe parfait pour le cache-cache. Kevin mit donc presque une heure à tout fouiller.
A peine avait-il finit que la sonnerie se déclencha pour l’heure du repas. Il était temps, la nuit tombait. Kevin décida d’aller se placer à l’entrée de la salle à manger afin d’intercepter sa grand-mère qui allait sûrement venir manger elle aussi.
Se postant donc tel un garde dans l’embrasure des doubles portes Kevin se mit à attendre, et à regarder. Et au bout d’un moment, il se sentit mal à l’aise. De plus en plus inquiet.
Toutes ces personnes bougeant au ralenti, par à-coups, par saccades presque, allant toutes dans la même direction, n’ayant qu’un seul but… Manger. Dans leurs yeux d’habitudes éteints brillait maintenant une lueur de convoitise, un appétit féroce (par comparaison), ces êtres dans des états de délabrement plus ou moins avancés se mouvaient tous en une horde compacte vers la salle à manger pour y prendre leur repas, moment important de socialisation.
Ils avançaient tous. Lentement. Vers lui. Pour manger.
Son faible esprit, tout emprunt de films d’horreur, ne mit pas longtemps à en conclure que…
« Des morts-vivants ! Ils veulent me dévorer ! A moi ! » glapit Kevin de toute la force de ses petits poumons de fumeur (il a vraiment tous les défauts).
Et Kevin fit alors ce que tout personnage de film de zombies devait faire : il s’empara d’un extincteur et visa les cerveaux.
Ce fut un massacre.

Ne prenez pas cette mine écoeurée et révoltée, mes amis. Ce n’est pas ce que vous pensez. Un aide-soignant assez musclé et vigoureux était heureusement à proximité et intercepta à temps l’extincteur qu’il arracha des mains de Kevin. Les yeux fous et la bave aux lèvres de ce dernier fit que l’aide-soignant décida immédiatement de ceinturer le jeune homme et de le mettre à terre en appelant ses collègues. Kevin se débattit de toutes ses forces, hurlant qu’en plus des zombies il y avait maintenant aussi un golem qui l’attaquait, et c’est là que le drame survint : dans un sursaut ultime avant d’être mis sous sédation par une aide-soignante venue en renfort avec une seringue, le fan de Romero donna un coup de genou involontaire dans l’entrejambe de l’homme qui le ceinturait.
Juste ce qu’il ne fallait pas faire. Kevin y perdit quatorze dents, trois dixièmes à l’œil gauche, eu huit côtes fracturées, les deux tibias fêlés, un genou tordu, les épaules luxées et les mains broyées.
Il ne faut jamais viser l’entrejambe de plus costaud que soi.

Voilà, c’était le récit de Kevin, l’homme qui confondit « maison de retraite » avec « horde de zombies ». Il est vrai que l’on pourrait presque confondre, mais quand même…
Maintenant cet infographiste est patient à temps plein d’un asile d’aliénés, dans une section réservée aux débiles légers et à ceux qui souffrent d’hallucinations. Ces derniers sont mis sous tranquillisants à hautes doses, cela fait partie de leur traitement.
Et quand sonne l’heure de la soupe, Kevin fait partie d’une horde d’êtres marchant au ralenti, bougeant par saccade, bavant, grognant, en état hygiénique plutôt passable, qui ont tous dans leurs yeux habituellement éteints une lueur d’appétit intense et qui se dirigent tous dans la même direction…

Et le cuisinier se dit qu’il devrait changer de métier.

Voilà, c’était notre deuxième conte de la maison de retraite. Si vous arrivez à dormir je vous dit bonne nuit, et sinon, je vous conseillerai de… Prendre des tranquillisants ! Mouahahahaha !!
A bientôt les enfants.
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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Sam 22 Déc - 17:15

Tu parles d'un "conte de noël"... moi qui pensais que j'allais lire un truc tout mignon et plein de bons sentiments... Arf.

Mais bon j'aime quand même bien tes écrits du samedi, Jérôme !
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MessageSujet: Bibz et le mystère des trois noix de coco   Jeu 3 Jan - 14:06

Les merveilleuses aventures de Bibz : Bibz et le mystère des trois noix de coco


Chapitre 1 : une arrivée mouvementée

Les roues de l'avion entrèrent en contact avec la piste. Le voyage avait été long, très long, mais les paysages entraperçus dans le hublot par Bibz laissaient présager des vacances fantastiques. Et décembre était, lui avait-on dit, l'une des meilleures périodes pour visiter la Réunion.
La porte de l'appareil s'ouvrit, laissant entrer une atmosphère tropicale. On avait bien du mal à se croire la veille de Noël.

Elle n'avait pas de bagage à récupérer, elle avait décidé de voyager léger : quelques tenues légères, un ou deux bikinis, le climat s'y prêtait assez bien. Elle fut donc la première à sortir de la salle de débarquement. Elle récupéra les clés de la voiture de location et partit pour le petit hôtel qu'elle avait réservé. Après ses dernières aventures en Finlande, face aux hommes-saumon, elle était bien décidée à se reposer : plage, soleil, farniente, et quelques visites aussi, voila tout son programme.

C'était sans compter sur le jeune homme qui se dirigeait vers elle d'un pas pressé.
Brun, d'une taille moyenne, des lunettes sur le nez, il n'avait vraiment rien de remarquable. Si ce n'est qu'il semblait venir droit sur elle, pour lui parler.
Il se retournait régulièrement, comme si il avait peur d'être suivi.

"Mademoiselle, n'ayez crainte, je ne vous veux pas de mal. Mais il faut que vous me rendiez un service : pourriez-vous me garder ceci pendant quelques temps. Ce n'est pas une bombe, ce n'est pas de la drogue. Mais c'est très très important. L'avenir du monde en dépend !"

Le "ceci" en question, qu'il lui tendait, se composait de trois toutes petites noix de coco, sans rien de bien particulier à première vue.
Ayant réussi à la forcer à les prendre, il repartit aussitôt et disparut dans la foule.
Etonnée, un peu épuisée par le décalage horaire et la chaleur, Bibz resta quelques instants hébétée. Puis haussant les épaules, elle glissa les trois noix dans son sac et partit prendre ses quartiers.
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MessageSujet: Bibz et le mystère des trois noix de coco   Ven 4 Jan - 12:59

Chapitre 2 : le mystère s'épaissit

Deux jours plus tard, sur une plage paradisiaque.
Définitivement ces vacances étaient une bonne idée. Le soleil, la mer. De quoi ressourcer n'importe quelle personne. Bibz profitait pleinement du bain de soleil qu'elle prenait. Elle écoutait les bruits de la mer, les cris des oiseaux. La plage où elle se trouvait était presque déserte. Elle laissait son esprit vagabonder, sans penser à rien de précis. Machinalement elle jouait avec les trois petites noix confiées par l'inconnu lors de son arrivée. Elle ne l'avait pas revu. Soudain un déclic lui fit reprendre pied dans la réalité : sans faire attention, elle avait ouvert une des noix de coco.

A l'intérieur, pas de lait, pas de chair, une pellicule de plastique protégeait un petit objet oblong. Bibz reconnu tout de suite une clé USB.

Une bien étrange noix de coco.

Elle sorti son petit ordinateur. Comme tout bon geek - elle avait gagné deux fois le championnat de programmation d'un script les yeux fermés et une main dans le dos et trois fois le titre de plus grande participante au programme Werttit - il ne la quittait jamais.

Dans la petite mémoire portative se trouvaient des plans : plans de l'île, plans de bâtiments, et même ce qui sembla être la reproduction ou la photo d'une ancienne carte au trésor. Sur cette dernière, on pouvait voir une partie de la Réunion, et en plein milieu un grand "X" rouge apparaissait. Sur le côté on trouvait un certain nombre de commentaires.

Diable, diable. Voila qui était étrange. Elle essaya d'ouvrir les deux autres noix de coco. L'une contenait une clé. L'autre une liste de noms, tous droits sortis de vieilles histoires de flibuste : Rackam le Noir, Joe le Trembleur, Guybrush Threepwood, Barbe-Orange, William du Crochet.

Qui étaient ces hommes ?
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MessageSujet: Bibz et le mystère des trois noix de coco   Sam 5 Jan - 3:05

Chapitre 3 : la chasse au trésor

Comme tous les mystères, celui-ci ne manqua pas d'intriguer la jeune détective. A chaque fois c'était la même chose : dès qu'elle était confrontée à quelque chose d'étrange, il fallait qu'elle aille jeter un coup d'oeil. Et puis après tout, elle avait prévu une petite balade dans l'île demain. Et comme elle n'avait rien prévu de vraiment précis, autant se donner un objectif. Et une grande croix rouge sur une vieille carte, voila qui se posait là comme objectif d'excursion.

Le lendemain matin, dès potron-minet, Bibz était prête. Elle avait toujours été matinale, ne supportant pas de rester au lit.
Elle avait regardé la veille au soir le chemin pour se rendre au plus près de l'endroit indiqué sur le plan. Elle en avait pour une bonne heure de route, suivi d'une bonne balade à pieds. Visiblement l'endroit était situé dans une zone très peu habitée.

Elle se rendit compte une heure plus tard, en se garant, qu'effectivement, la présence humaine ne se faisait guère sentir. Partout on trouvait des champs de canne à sucre, arrêtés au loin, là où elle devait se rendre, par le début de la forêt primaire. De grandes fougères arborescentes, des arbres gigantesques masquaient l'horizon. En s'approchant, traversant difficilement les champs trop denses de canne, elle comprit à quel point cette forêt était impressionnante. On avait l'impression que jamais l'homme n'y avait mis le pied. Qu'à tout moment, un animal sauvage pouvait surgir. Voila qui n'avait pas grand chose à voir avec les forêts de métropole.

Toutefois, lorsqu'elle se retrouva à l'orée, elle aperçut un petit sentier qui s'enfonçait dans la dense végétation. Sentier était peut-être un bien grand mot, il s'agissait d'une légère piste à peine marquée, et pourtant on décelait ça et là des signes indiquant l'origine humaine de cette sente.

Elle était sûre d'être sur la bonne piste.

Enfin notre aventurière déboucha dans une petite clairière, apparemment creusée par la main de l'homme. Même si la végétation semblait commencer à reprendre ses droits, on voyait un peu partout des souches entaillées à la hache, des traces d'anciens feux.

Au centre de la clairière se tenait un édifice en bois. Une forte odeur de rhum en émanait. Une distillerie clandestine. Et visiblement occupée : la lumière vacillante d'un feu apparaissait à travers les ouvertures du bâtiment. Mais aucune silhouette n'était visible.
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MessageSujet: Bibz et le mystère des trois noix de coco   Lun 7 Jan - 13:51

Chapitre 4 : rebondissement

Bibz s'approcha discrètement du bâtiment. Une fenêtre cassée lui permit de jeter un coup d'oeil à l'intérieur du bâtiment. Une fois ses yeux habitués à la pénombre, la jeune fille se retrouva à observer un spectacle surprenant. Autour d'un feu, au-dessus duquel on pouvait voir une énorme broche, une dizaine d'hommes dormaient. Ce qui étonnait n'était pas tant la présence de ces hommes, mais plutôt leurs habits. Car ils étaient tous vêtus à la mode pirate : chemises ouvertes, bandeaux, jambes de bois et crochets, on aurait dit la salle de repos du tournage de "Pirate des Caraïbes".
Si les acteurs de ce film avaient passé leur temps à se saouler au rhum lors de leurs pauses.
Car l'endroit empestait littéralement le taffia. Des effluves rances et alcoolisées semblaient avoir envahies toute la pièce. On pouvait presque se demander comment la batisse entière n'explosait pas avec le feu à proximité.

Les pirates, apparemment assomés par l'alcool, ronflaient bruyamment, certains bavant dans leur barbe sale et emmêlée.
Au fond de la pièce, à l'opposé de la seule entrée, une porte semblait donner vers l'arrière du bâtiment. Une porte qui semblait fermée à clé.

Cela était déjà arrivé à Bibz : une clochette sembla tintiller à l'arrière de son crâne. Elle était convaincue que cette porte ne pouvait s'ouvrir qu'avec la clé trouvée dans la noix de coco.

Elle se dirigea précautionneusement vers l'entrée du bâtiment, essayant d'éviter les déplacements trop bruyants. Arrivée devant la porte, ou plutôt devant les vestiges de la porte, l'air âcre chargé de transpiration et d'alcool à moitié régurgité la frappa comme un coup de poing. Détestable. Mais n'ayant pas l'habitude de reculer, elle entra dans la distillerie. Doucement, tout doucement, elle traversa la pièce, enjambant les corps, évitant de faire le moindre bruit. Arrivée devant la porte close, elle sortit la clé qu'elle possédait et l'essaya. Comme son intuition lui avait suggéré, la clé déverrouilla la porte métallique, qui tourna doucement sur ces gongs. Pas un grincement, pas un gémissement. Bibz poussa un soupir de soulagement. Elle avait craint le crissement d'une porte mal huilée.

Elle entra. Un noir d'encre régnait dans la pièce. Heureusement Bibz avait une lampe torche, souvenir d'une ancienne aventure au fin fond d'un château d'Ecosse. Le faisceau lumineux voleta un peu partout dans la salle : un alambique, un établi, une cage occupée, des bouteilles, une cuve...
Une cage !
Le faisceau revint en arrière.
Une cage trônait effectivement au milieu de la pièce. A l'intérieur, une forme bougea. Bibz s'approcha : il s'agissait d'un pingouin.
Celui-ci apparemment un peu aveuglé par la lampe torche leva.

"Vous tombez bien. Je m'appelle Georges. Il faut absolument que vous me fassiez sortir d'ici !" Le pingouin venait de parler.
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MessageSujet: Bibz et le mystère des trois noix de coco   Lun 7 Jan - 17:49

Chapitre 5 : "Courage, fuyons !"

La porte de la cage ne résista pas longtemps. Bibz avait trouvé par terre un pied de chaise et s'en était servi comme pied de biche. Rapidement le pingouin avait été libéré. Il faisait pâle figure : l'oeil bas, sale, il semblait souffrir de malnutrition et d'un bon coup de chaud. Ce n'était pas un animal habitué à vivre dans ses climats. Un animal... pouvait-on vraiment dire ça alors qu'il parlait et semblait penser comme un homme. Bibz n'essayait pas de réfléchir aux tenants et aboutissants de sa découverte.

Une pensée fugace la traversa : un pingouin qui parlait capturé par des pirates, mais, mais, c'est vraiment n'importe quoi ! Elle chassa l'idée : ce n'était pas le moment de penser, il fallait agir et fuir cet endroit. Elle chuchota au pingouin : "Nous allons essayer de sortir : ils dorment tous alors tâchons d'être silencieux. Normalement nous devrions pouvoir rejoindre ma voiture avant qu'ils ne se réveillent." Le pingouin opina. Les paroles n'étaient pas nécessaires, il était temps de se mettre en route.

Ils s'avancèrent doucement dans la première salle, contournant les corps ronflant, évitant le moindre bruit qui pourrait leur être fatal. Hélas, le pingouin n'était pas remis de son incarcération. Essayant de contourner le corps d'un énorme pirate à la grande barbe mauve, il se prit les pieds - ou plutôt les pattes - dans un jeu de timbales d'étain. Il réussit à garder son équilibre tant bien que mal, mais les timbales n'eurent pas la même présence d'esprit. Un boucan infernal résonna dans toute la pièce. On aura cru un concert de cloches sonnant le tocsin. Un bruit tel qu'il parvint à traverser les rêves alcoolisés des boucanniers. Des clameurs de rage explosèrent tout autour des deux fugitifs. Il faut avouer qu'un pirate étant déjà quelqu'un d'assez peu fréquentable, il est presque suicidaire de se trouver à côté d'un pirate réveillé en sursaut avec la gueule de bois.

Des jurons fleuris surgirent de partout : "Palsembleu ! Tonnerre ! Mordious ! Bachibouzouc ! Par les cornes du triton ! Flûte !" Mais Bibz n'était déjà plus là pour les entendre. Dès que les verres étaient tombés, elle avait saisi le pingouin sous les nageoires et était partie en courant, piétinant en passage quelques braas et quelques jambes.
Peu de temps après elle courrait ventre à terre à travers le bois, puis plongea dans le champs de canne à sucre. Elle pensait être rapide, mais rapidement, elle entendit derrière elle les respirations des pirates, hors d'haleine. Entamer une course poursuite en se réveillant d'une soirée trop bien arrosée, n'est jamais très facile, il faut bien l'avouer.

Mais dans sa fuite, Bibz ne faisait pas attention à la direction. Peut-être obliqua-t-elle légèrement sur sa droite, peut-être était-elle dès le début partie dans la mauvaise direction. Toujours est-il qu'elle se retrouva, à bout de souffle face à une rivière rendue infranchissable par la végétation luxuriante. 500 mètres à sa droite, elle apercevait sa voiture. Hélas pour elle, elle voyait aussi entre elle et le véhicule des remous dans les cannes à sucre : les pirates lui coupaient le chemin.

"Et bien soit, dit-elle, je vais essayer de nous amener à bon port. Accroche-toi bien !"

Et sans réfléchir aux conséquences, elle pongea droit dans le champs de canne, fonçant directement vers la voiture. Elle avait une chance sur deux de ne croiser personne, le champs étant particulièrement touffu.
Hélas, cette fois-ci, Murphy se rappela au bon vouloir du destin. Elle tomba en plein sur un pirate qui s'était arrêté pour refaire son lacet. Sur sa lancée elle voulut assommer l'homme d'un coup de pied. Mais Murphy, qui visiblement s'amusait beaucoup, lui fit se prendre la jambe dans une racine et elle tomba en avant. Elle était fichue.

Mais alors qu'elle s'attendait à ce que des mains la saisissent, elle entendit un bruit de lutte rapide, puis le silence. Relevant la tête, elle vit la scène la plus improbable qui soit : le pingouin maintenait l'homme à terre grâce à une clé de bras.

Bibz n'en revenait : "Georges, vous êtes assez incroyable pour un pingouin."

Mais il n'était pas temps de rêver. Les bruits de luttes avaient attiré le reste des hommes. Bibz et Georges se remirent en route. L'une courant, l'autre semblant plutôt glisser sur le sol.

Enfin, épuisés, à bout de souffle ils arrivèrent devant la voiture. Ils étaient saufs.

Une silhouette sorti de derrière la voiture. Bibz mis du temps à le reconnaitre. C'était l'homme qui lui avait confié les noix de coco.
Il épousseta tranquillement son costume. Il ne semblait pas s'inquiéter de l'arrivée des pirates.
Puis avec un grand sourire, il se mit à applaudir.

- Mademoiselle, vous ne me décevez pas. Je ne doutais pas de votre talent, mais là, je peux dire que vous nous avez épaté. Messieurs, ajouta-t-il en direction des pirates qui venaient de surgir du champs de canne, merci pour votre aide. Nous n'avons plus besoin de vous. Vous pouvez rentrer. Georges, comme d'habitude vous avez joué votre rôle à merveille.
- Tout le plaisir est pour moi, V, répondit le pingouin. Vous savez bien que j'adore me promener en charmante compagnie. Allez je file, ma femme doit m'attendre.

D'un bon, le pingouin disparut dans les cannes.

L'homme reprit :
- Mademoiselle Bibz, je vous dois des excuses. J'ai, je l'avoue, un peu gâché vos vacances. Je vais tout vous expliquer. J'appartiens à une organisation assez, hum, confidentielle, qui lutte contre certaines menaces cachées. Comment dire ça de manière plus précise. Disons qu'il existe dans le monde certains personnages qui veulent à tout prix faire main basse sur l'ensemble de la planète. Et nous sommes quelques uns à essayer de les en empêcher. Cela fait un moment que nous suivons vos aventures. Vous êtes douée, très douée. Aussi nous nous sommes permis de vous faire passer un petit test : curiosité, courage, obstination, réaction face à des choses inimaginables (Georges était là pour ça). Vous avez été parfaite.
- Mais je ne comprends...
- Laissez-moi terminer et tout deviendra plus clair. Voila, nous aimerions que vous travailliez pour nous, avec nous. Si vous acceptez, vous serez amenée à voir des choses étonnantes, et à vivre des aventures incroyables. Nous avons récemment perdu la trace de deux de nos meilleurs agents, surnommés Orlamonde et LeChatDesVoisins - des noms de code bien sûr. Ils ont apparemment réussi à défaire les plans machiavéliques du plus grand super-vilain de l'histoire, le docteur TheCursed, mais on ne sait pas ce qu'ils sont devenus. Nous aimerions que vous vous mettiez à leur recherche, et à la recherche aussi du docteur TheCursed. C'est une mission dangereuse, mais je suis sûr que vous y arriverez. Allez, ne niez pas vous êtes interessée.

Evidemment Bibz ne pouvait qu'être tentée : de nouvelles aventures, des choses étonnantes, un pingouin qui parle ! Elle accepta d'un hochement de tête.

- Excellent, fit l'homme, visiblement réjouit. Je serai votre contact. Vous pouvez m'appeler V. Voici ma carte et le moyen de contacter l'organisation.

Il tendit une carte de visite à la jeune fille. Dessus figurait un V et en dessous une adresse sur internet : riendetel.cultureforum.net.

- Ceci est l'adresse d'un forum sur Internet. Inscrivez-vous, et si vous voulez de l'aide, des informations ou tout autre chose, envoyez un message, nous répondrons tout de suite. D'ailleurs, c'est là que vous trouverez le plus d'informations pour commencer votre enquête. Bien, bien, bien, y'a-t-il autre chose ? Non je ne vois. Bon et bien maintenant que les formalités sont terminées, puis-je vous offrir un verre ? Mojito ?

Bibz ne se doutait pas encore de toutes les aventures qu'elle allait vivre. Sa vie venait de changer.
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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Lun 7 Jan - 19:14

Excellent, excellent... Y aura-t-il une suite?
J'aime bien les sagas.

P.S. : dans la catégorie "ceux qui veulent faire main basse sur l'ensemble de la planète", tu inclues mon personnage de Jérôme?

P.P.S. : j'espère que je n'interromps rien en postant ici...
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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Lun 7 Jan - 19:20

Jérôme a écrit:
Excellent, excellent... Y aura-t-il une suite?
J'aime bien les sagas.

P.S. : dans la catégorie "ceux qui veulent faire main basse sur l'ensemble de la planète", tu inclues mon personnage de Jérôme?

P.P.S. : j'espère que je n'interromps rien en postant ici...

Une suite peut-être, un prequel, sans doute (surprise surprise).
C'est bien sûr "un peu" romancé, j'ai un tout petit peu exagéré ma manière d'enrôler cette chère Bibz.

PS : je te rappelle que tu es l'assistant du docteur TheCursed... pour l'instant au moins

PPS : non rien de rien, non tu n'interromps rien
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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Lun 7 Jan - 19:27

Non. L'assistant du docteur, c'est Igor (Aïgaurre). A la limite c'est moi aussi, l'auteur au chômage.
Mais le personnage Jérôme (que seuls Plaf et moi pouvons utiliser, pour des raisons de copyright autant que de "vous savez pas comment qu'il est pasque vous zavez pas lu les bouquins où s'qu'il apparait") est autre. Par exemple, il est la raison aéroportée de l'absence du Père Noël.
Et ce personnage a semble-t-il une affection profonde pour els hélicoptères que je ne m'explique pas. Il n'en avait jamais eu jusqu'à il y a peu, préférant la marche à pied. Sans doute a-t-il des plans de conquête du monde que lui seul connaît.

Vous savez, c'est un personnage très contraignant. Il tiens à écrire lui-même ses répliques...

Je cherchais justement un agent du bien pour le contrecarrer. J'utiliserai peut-être V...

Si O et LC faillissent à leur tâche.
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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Lun 7 Jan - 19:35

Jérôme a écrit:
Non. L'assistant du docteur, c'est Igor (Aïgaurre). A la limite c'est moi aussi, l'auteur au chômage.
Mais le personnage Jérôme (que seuls Plaf et moi pouvons utiliser, pour des raisons de copyright autant que de "vous savez pas comment qu'il est pasque vous zavez pas lu les bouquins où s'qu'il apparait") est autre. Par exemple, il est la raison aéroportée de l'absence du Père Noël.
Et ce personnage a semble-t-il une affection profonde pour els hélicoptères que je ne m'explique pas. Il n'en avait jamais eu jusqu'à il y a peu, préférant la marche à pied. Sans doute a-t-il des plans de conquête du monde que lui seul connaît.

Vous savez, c'est un personnage très contraignant. Il tiens à écrire lui-même ses répliques...

Je cherchais justement un agent du bien pour le contrecarrer. J'utiliserai peut-être V...

Si O et LC faillissent à leur tâche.

Les personnages vont-ils se percuter de plein fouet ?
Vous le saurez dans les futurs aventures du forum riendetel !
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Jérôme

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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   Lun 7 Jan - 19:42

Rien De Tel que de continuer les sagas! Yes!


D'ailleurs saviez-vous que "sagas" est un palindrome?
Que "palindrome" rime avec "Jérôme"?

Qu'il y a autant de Jérôme dans l'écriture qu'il y a de Kevin dans les cours de récré?

Que si Jérôme avait écrit la Bible, elle ferait 14.000 pages de plus (et il y aurait plus d'action et moins de "machin a alors enfanté truc qui enfanta chose")?
Que Jérôme écrit tellement que ses SMS lui reviennent à 250 euros chacun?
Que quand Jérôme écrit une petite annonce il faut un porteur pour chaque exemplaire du journal?
Que quand Jérôme réalise des sous-titres on ne peut plus voir le film derrière l'avalanche de mots?
Que si Jérôme était un mot, ce serait "anticonstitutionnellement"? (trop long, jamais utilisé, mais peu rapporter gros à certains jeux)
Que si Jérôme avait plus de temps libre, la moitié d'Internet serait écrite par lui?
Que si Jérôme écrivait moins on se rendrait compte qu'il n'a rien à dire?

Tiens, je dévie, là.
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MessageSujet: Re: Ecrits personnels   

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