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 La plus jolie fille de la ville : nouvelle de C. B.

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tontonstou



Nombre de messages : 39
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MessageSujet: La plus jolie fille de la ville : nouvelle de C. B.   Dim 25 Juin - 16:17

Mise en ligne samedi 1er juillet Smile
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sev
Invité



MessageSujet: C.B.:un alcoolique anonyme   Lun 26 Juin - 22:49

Un p'tit coup de pouce, le début de la nouvelle est dispo chez Grasset. Promis, je ne l'avais pas lu avant !!
http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_bukowski.htm
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Amy

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MessageSujet: Re: La plus jolie fille de la ville : nouvelle de C. B.   Ven 30 Juin - 13:05

Merci sev !
Avec ça, il y a au moins 4 passages qu'on peut identifier avec certitude, en plus du sien.
C'est pas bien de casser la baraque à Tonton Stou quand même. (Mais il le mérite, il n'a toujours pas officialisé la passation de pouvoir et je n'ai toujours pas reçu le mail !!! Que fais-tu Tonton ?)
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tontonstou



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MessageSujet: Re: La plus jolie fille de la ville : nouvelle de C. B.   Ven 30 Juin - 16:55

Meuh si je t'ai envoyé un mail, je sais plus quand mais si ! En tout cas tu as le relais Smile
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tontonstou



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MessageSujet: Re: La plus jolie fille de la ville : nouvelle de C. B.   Ven 30 Juin - 23:09

La voici, la voilà. la plus jolie fille de la ville, Charles Bukowski. Editions Grasset, nouvelle extraite de "Contes de la folie ordinaire".
http://www.amazon.fr/gp/product/225303133X/402-1139037-4119310?v=glance&n=301061

La plus jolie fille de la ville

De ses cinq sœurs, Cass était la plus jolie. D’ailleurs Cass était la plus jolie fille de la ville. Cinquante pour cent de sang indien dans les veines de ce corps étonnant, vif et sauvage comme un serpent, avec des yeux assortis. Cass était une flamme mouvante, un elfe coincé dans une forme incapable de la retenir. Longs, noirs, soyeux, ses cheveux tournoyaient comme tournoyait son corps. Tantôt déprimée, tantôt en pleine forme, avec Cass c'était tout ou rien. On la disait cinglée. On : les moroses, les moroses qui ne comprendront jamais Cass. Pour les mecs, elle n'était qu'une machine baiseuse. Cinglée ou pas, ils s'en moquaient. Cass aimait la danse, le flirt, embrasser les hommes, mais, sauf pour deux ou trois, au moment où les types allaient se la faire, Cass leur avait toujours filé entre les pattes, salut les mecs.


Ses sœurs lui reprochaient de mal utiliser sa beauté, et de ne pas se servir assez de sa tête. Pourtant, Cass était intelligente, et elle avait une âme. Elle aimait la peinture, la danse, le chant, la poterie, et quand les gens souffraient, allaient mal, Cass avait vraiment de la peine pour eux. C'est bien simple : Cass ne ressemblait à personne ; Cass n'avait pas l'esprit pratique. Ses sœurs étaient jalouses parce qu'elle séduisait leurs bonshommes, et puis elles lui en voulaient de ne pas mieux les exploiter. C'est avec les laids qu'elle se montrait la plus gentille, les soi-disant beaux mâles lui répugnaient :
" Rien dans le ventre, rien dans la tête, disait-elle. Un joli petit nez, des petites oreilles bien ourlées, et ils commencent à rouler. Tout en surface, rien à l'intérieur. " Telle qu'elle était, Cass frôlait la folie ; telle qu'elle était, on la traitait de folle.



L'alcool avait tué son père et la mère avait disparu en abandonnant ses filles. Les filles étaient allées voir un oncle, qui les mit au couvent. Là, plus encore que ses sœurs, Cass avait été malheureuse. Toutes les filles étaient jalouses de Cass, et Cass avait dû se battre avec la plupart. Elle était marquée au rasoir sur le bras gauche, en souvenir de deux bagarres. Une cicatrice lui barrait la joue mais cette cicatrice, loin de l'enlaidir, rehaussait sa beauté.


J'ai connu Cass au West End Bar quelques nuits après sa sortie du couvent. Plus jeune que ses sœurs, elle avait été relâchée la dernière. Elle est venue s'asseoir à côté de moi, sans façons. J'étais sûrement l'homme le plus laid de la ville, ça a peut-être un rapport.
Je lui ai demandé :
- Tu bois quelque chose ?
- Pourquoi pas ?
Je ne crois pas que nous ayons dit des choses extraordinaires cette nuit-là. Mais avec Cass, tout changeait. Elle m'avait choisi, c'était aussi simple que ça. Rien ne la pressait. Son verre lui a paru bon et elle en a repris d'autres. Cass avait l'air d'une gamine, mais on la servait quand même. Elle devait montrer de faux papiers au barman, je ne sais pas. Bref, à chaque fois qu'elle revenait des w.?c. et qu'elle s'asseyait à côté de moi, je me sentais très fier. Cass était la plus jolie fille de la ville et aussi une des plus jolies filles que j'ai jamais connues. Je l'ai prise par la taille et je l'ai embrassée.



- Tu me trouves jolie ?
- Oui bien sûr, mais il y a autre chose... il y a plus que ton visage...
- Tout le monde me reproche d'être jolie. Je suis vraiment jolie ?
- Jolie n'est pas le mot, c'est même presque impoli.
Cass a plongé la main dans son sac et j'ai cru qu'elle cherchait un mouchoir. Elle a ressorti une longue aiguille à chapeau. Je n'ai rien pu faire, elle s'est plongé l'aiguille dans le nez, juste au-dessus des narines. J'ai été dégoûté et horrifié.
Cass m'a regardé en riant :
- Alors, je suis toujours jolie ? J'attends ton avis, mec !



J'ai retiré l'aiguille et j'ai arrêté le sang avec mon mouchoir. Plusieurs personnes, dont le barman, avaient assisté à la scène. Le barman s'est amené :
- Dites donc, recommencez votre cirque et je vous mets dehors. On n'a pas besoin de vos comédies ici.
- Va te faire foutre, mec !
- Feriez mieux de la surveiller, m'a dit le barman.
- Ne vous en faites pas pour elle.
Cass a crié :
- C'est mon nez, et je fais ce que je veux avec !
- Non, dis-je, ça me fait mal.
- Ça te fait mal que je me plante une aiguille dans le nez ?
- Oui.
- Bon, je ne recommencerai plus. Allez, fais un sourire !
Cass m'a embrassé, avec une petite grimace sous son baiser, mon mouchoir pressé sur le nez. Le bar a fermé et nous sommes allés chez moi. Il restait de la bière, on s'est assis pour bavarder, et là, j'ai vraiment senti combien Cass était une fille gentille, ouverte. Elle se donnait sans réfléchir. Mais il suffisait d'une seconde pour qu'elle se referme, qu'elle retombe dans son incohérence sauvage. Schizo. Belle, intelligente et schizo. Un homme, le moindre accident, pouvaient la démolir pour toujours. Je me disais : pourvu que ça ne soit pas moi.



On est allés au lit, j'ai éteint la lumière et Cass m'a demandé :
- Tu as envie quand ? Tout de suite ou demain matin ?
- Demain matin.
Et j'ai tourné le dos.
Le lendemain matin, je me suis levé, j'ai préparé deux cafés et j'en ai porté un à Cass.



Elle a ri :
- Tu es le premier type que je rencontre qui débande la nuit.
- Bah, on n'a pas besoin de ça, toi et moi.
- Si, j'ai envie et tout de suite. Attends-moi, je reviens !
Cass a disparu dans la salle de bains. Elle est ressortie dans la minute, éblouissante, ses longs cheveux noirs brillaient, ses yeux brillaient, elle brillait. Cass ondulait vers moi tranquille et nue, et c'était bien. Elle s'est glissée sous les draps.
- Viens, mon amant.
Je suis venu.



Cass embrassait longuement et sans impatience. J'ai caressé sa peau, ses cheveux, puis je suis monté sur elle. C'était chaud et serré. Je lui ai fait l'amour doucement, je voulais que ça dure. Elle me regardait droit dans les yeux. J'ai demandé :
- Comment tu t'appelles ?
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ?
J'ai ri, et on a continué à baiser. Plus tard, elle s'est rhabillée et je l'ai ramenée au bar, mais impossible de l'oublier. Je n'avais pas de boulot et j'ai dormi jusqu'à deux heures, puis je me suis levé pour lire le journal. J'étais dans la baignoire quand Cass est arrivée avec une énorme plante, un bégonia.
- Je savais que je te trouverais dans la baignoire. Je t'ai amené de quoi cacher ton machin, petit sauvage !
Cass m'a jeté le bégonia dans la baignoire.
- Et comment savais-tu que je serais dans la baignoire ?
- Je le savais.
Presque chaque jour Cass arrivait quand j'étais dans la baignoire. Je n'avais pas d'horaire fixe mais elle se trompait rarement, toujours avec un bégonia. Ensuite on faisait l'amour.
Une ou deux fois, elle m'a téléphoné en pleine nuit pour que je vienne la sortir de taule, après une bagarre ou un verre de trop.



Cass racontait :
- Les salauds, tu les laisses te payer un verre et ils se croient obligés de te mettre la main dans la culotte.
- Quand tu dis oui, tu sais ce qui t'attend.
- Je crois toujours qu'ils s'intéressent à moi, pas seulement à mon corps.
- Moi je m'intéresse à toi et à ton corps. Cela dit, la plupart des types ne doivent pas voir plus loin que tes fesses. »
J’ai quitté la ville six mois plus tard, histoire de prendre l’air. Je pensais toujours à Cass mais on avait eu une petite discussion et puis j’avais envie de bouger. Quand je suis revenu je la croyais déjà loin, mais elle est arrivée au West End Bar une demi-heure après moi.



« Salut, salaud, alors on est revenu ? »
Je lui ai commandé un verre. Puis je l’ai regardée. Elle portait une robe à col montant. Je ne lui avais jamais vu une robe pareille. Et enfoncées sous ses yeux, deux épingles à tête de verre. On ne voyait que les têtes de verre, mais les épingles dessous étaient bien plantées.
« Bon sang, tu essaies encore de t’abîmer, hein ?
- Idiot, c’est à la mode.
- Tu es cinglée.
- Tu m’as manqué.
- Il y a quelqu’un d’autre ?
- Non, il n’y a personne d’autre. Rien que toi. Mais maintenant, je tapine. C’est dix dollars, gratuit pour toi.
- Enlève ces épingles !
- C’est la mode !
- Ca me fait beaucoup de peine.
- C’est vrai ?
- Bien sûr que c’est vrai. »
Cass a retiré les épingles, lentement, et les a mises dans le sac.



« Pourquoi vends-tu ta beauté , Ca ne te suffit pas d’être belle ? »
- Pour les gens c’est tout ce que j’ai, ma beauté. La beauté n’existe pas, la beauté ne dure pas. Toi tu es laid, et tu ne connais pas ta chance : au moins, si on t’aime, c’est pour une autre raison.
- D’accord, j’ai de la chance.
- D’ailleurs es-tu vraiment laid ? Les gens pensent que oui, moi je ne sais pas. Tu as un visage fascinant.
- Merci.
On a repris un verre, puis Cass m’a demandé :
« Qu’est-ce que tu fais, en ce moment ?
- Rien. Je n’arrive pas à m’y mettre. Rien ne m’inspire.
- Moi non plus. Si tu étais une femme, tu pourrais tapiner.
- Je n’ai pas très envie de contacts intimes avec tous ces inconnus. C’est épuisant.
- Tu as raison, c’est épuisant. Et puis tout m’épuise. »
On est sortis ensemble. Dans la rue, les gens se retournaient sur Cass, comme d’habitude.
Cass était toujours une belle fille, et plus belle que jamais.



On est rentrés chez moi, j’ai entamé un litre de vin et on a bavardé. Cass et moi on n’avait pas de problème pour parler. Elle parlait, j’écoutais, je parlais. La conversation roulait tranquille. On avait l’impression de découvrir des secrets ensemble. Quand on en découvrait un bon, Cass riait – de son rire à elle. On aurait dit la joie qui sort de la flamme. Tout en causant on s’embrassait et on se serrait l’un contre l’autre. Ca nous a chauffé le sang et on a décidé de se coucher. Alors Cass a enlevé sa robe montante et je l’ai vu – une cicatrice affreuse en travers de la gorge, large et profonde.



J’ai crié du fond du lit :
« Putain de bonne femme, qu’est-ce que tu as fait encore ? »
- C’est l’autre nuit avec un tesson, un coup d’essai. Quoi tu ne m’aimes plus ? Je ne suis plus jolie ? »
J’ai tiré Cass sur le lit et je l’ai embrassée. Elle s’est dégagée en riant :
« Il y a des types qui me filent les dix dollars, je me déshabille et hop, ils n’ont plus envie de baiser. Je garde les dix dollars. C’est très drôle.
- Très ; je meurs de rire… Cass, connasse, je t’aime… arrête de te démolir. Tu es la fille la plus vivante que j’ai jamais rencontrée. »
On s’est encore embrassés. Cass pleurait sans bruits, ses larmes gouttaient sur ma peau. Ses longs cheveux noirs m’enveloppaient comme le drapeau de la mort. Notre étreinte fut lente, obscure et merveilleuse.



Au matin, Cass s’est levée pour préparer le petit déjeuner. Elle avait l’air calme et heureuse. Elle chantait. Je suis resté au lit, je savourais mon bonheur. Cass est venue me secouer :
« Debout les morts ! Débarbouille toi, lave ta queue et viens becqueter, je t’invite ! »
Ce jour-là, on est allés à la plage en bagnole. Un jour de semaine, désert et magnifique, à la fin du printemps. Les clodos de la plage dormaient dans leurs guenilles, sur l’herbe à côté du sable. D’autres étaient assis sur les bancs de pierre et partageaient une triste bouteille. Les mouettes tournoyaient, follement indifférentes. Des vieilles de soixante-dix ans et plus étaient assises sur les bancs et parlaient de liquider des héritages laissés depuis longtemps par des maris lâchés au train et achevés par la connerie. Pour tout dire, il y avait de la sérénité dans l’air et nous avons marché un moment avant de nous allonger sur l’herbe, sans un mot. On était bien ensemble, voilà tout. J’ai acheté deux sandwiches, des chips, des bières, et nous avons déjeuné sur le sable. Puis j’ai serré Cass contre moi et nous avons dormi une petite heure. C’était meilleur encore, peut-être, que de faire l’amour. Filer ensemble dans le sommeil sans la secousse du désir. Nous sommes revenus chez moi et j’ai préparé à dîner. Après le dîner j’ai demandé à Cass si elle voulait vivre avec moi. Elle a pris son temps, puis elle m’a regardé et elle a dit :
« Non ».



Je l’ai reconduite au bar et je l’ai laissée après un dernier verre.
Le lendemain, j’ai déniché un boulot de magasinier dans une usine et j’ai terminé la semaine en bossant. J’était trop crevé pour faire autre chose mais le vendredi soir je suis retourné au West End Bar. Je me suis installé et j’ai attendu Cass. Les heures ont passé. Quand j’ai été bien beurré, le barman m’a parlé :
- Désolé, pour votre petite amie.
- Quoi ?
- Vraiment désolé. Vous n’étiez pas au courant ?
- Non.
- Suicide. On l’a enterrée hier.
- Enterrée ?
Et moi qui guettais son arrivée. Comment avait-elle pu faire une chose pareille ?
« Ses sœurs se sont occupées de tout.
- Suicidée ? Je peux vous demander comment ?
- Elle s’est ouvert la gorge.
- J’ai compris. Donnez moi à boire.




J’ai picolé jusqu’à la fermeture. Cass, la plus jolie des cinq sœurs, la plus jolie fille de la ville. J’ai réussi à rentrer avec ma bagnole et je suis resté à cogiter. Quand elle m’a dit ce non, j’aurais du insister au lieu de me taire. Je lui avais demandé de vivre avec moi et ça l’avait touchée, j’en suis sûr. Dans cette histoire j’avais été trop réservé, trop distant, trop flemmard. Je méritais de crever et je méritais sa mort. Je n’étais qu’un chien. Je me suis levé, j’ai déniché une bouteille de vin et je l’ai vidée comme une brute. La plus jolie fille de la ville, Cass, morte à 21 ans.
Dans la rue, ça klaxonnait. Les types appuyaient à fond, ils insistaient. J’ai balancé la bouteille et j’ai gueulé :
« FERMEZ LA, FILS DE PUTES ! »
La nuit tombait lentement et c’était trop tard.




Magique
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Orlamonde

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MessageSujet: Re: La plus jolie fille de la ville : nouvelle de C. B.   Dim 2 Juil - 22:21

C'est vrai qu'elle est chouette cette nouvelle, merci Stou.
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MessageSujet: Re: La plus jolie fille de la ville : nouvelle de C. B.   

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